POILS ET FOLLICULES PILEUX
La peau de Thomme n'est pas couverte aussi complètement de poils que celle des animaux. Cependant, excepté à la paume des mains et à la plante des pieds, on trouve sur les téguments de petits poils très fins et très courts qui ont reçu le nom de duvet. Dans certaines régions, les poils ont des dimensions beaucoup plus grandes et ont reçu des noms particuliers, selon les régions où ils se dévelojipent : à la tète, ce sont les cheveux; à la face, la fcarfce, la ntouslache, etc.
Le sysième pileux (fig. 145. 6 et 7) est plus développé chez l'homme que chez la femme ; il offre une coloration, une consistance et un diamètre variables suivant les individus, et surtout suivant les races.
Le poil prend son origine d'un follicule, /b//icu/e pi/eu^r, situé dans l'épaisseur du derme, traverse l'épiderme en passant dans un canal qui lui est particulier, et vient par son extrémité libre faire saillie à l'extérieur.
La partie qui sécrète le poil, papille pileuse, est renfermée dans une petite poche qui est le^ follicule pileux.
Le fo'licule pileux eM une espèce de petit cul-de-sac oblong ouvert à l'extérieur par un goulot qui donne passage au poil. D'après M. Dutrochet, Li membrane du follicule est composée de trois feuillets : le feuillet interne est épidermique; le feuillet moyen est vasculaire ; le feuillet externe, par conséquent le plus éloigné du bulbe pileux, est fibreux.
La papille pileuse occupe le fond du follicule pileux; elle est très courte, et son sommet est reçu dans la base du cheveu creusé en cône. Celte papille reçoit des nerfs et des vaisseaux très nombreux.
Structure du poil. — Au sommet de la papille se trouve un petit cône de nature cornée qui la coiffe pour ainsi dire, puis se forme un second cône qui repousse le premier, et ainsi de suite. C'est cette série de cônes qui forme le poil, de telle sorte que le poil se trouve constitué par la réunion d'un grand nombre de petits cornets superposés ; au microscope, il paraît comme formé pai'de petites lames imbriquées de haut en bas, de telle sorte qu'il est toujours f.;ci!e de distinguer l'extrémité libre du poil de son exlrémilô adhérente. Le poil est percé à son centre d'un petit tube qui n'est autre chose que le petit orifice qui existait sur le cône qui recouvre le sommet de la papille pileuse. La partie corticale du poil forme donc une espèce de
gaine épidermique incolore :1a matière colorante se trouve enfermée dans le tube central, disséminée au milieu d'une substance à disposition aréolaire.
Suivant quelques anatomistes, l'épiderme, après avoir tapissé le follicule, se réfléchit sur la face externe du poil en lui formant une gaîne épidermique; suivant d'autres, l'orifice du follicule serait recouvert par l'épiderme, de lelle sorte que la présence de. l'épiderme met obstacle au passage du poil à l'extérieur; dans cette hypothèse celui-ci se recourberait et se contournerait en spirale avant de passer à l'extérieur. Quoi qu'il en soit, il n'est pas possible denier la nature épidermique de la lame interne du follicule, et la difficulté qu'éprouve le poil à paraître à l'extérieur implique tout aussi bien un rétrécissement qu'une oblitération du goulot.
Le siège du toucher réside, avons-nous dit, dans la peau et à l'origine des membranes muqueuses. Le sens tactile n'est pas partout égal ; ainsi il est très développé à la pointe de la langue, à la face palmaire des premières phalanges ; il l'est déjà moins au niveau des secondes phalanges ; il présente au contraire un développement infiniment moindre à la peau de la face dorsale de la main, du dos, de la poitrine, et surtout au milieu du bras et de la cuisse.
ORGANE DU GOllT.
La langue est l'organe essentiel de la gustation. 11 résulte des expériences de MM. Vernières, Guyot et Admyraud, que le sens du goût réside à la partie postérieure de la langue, au delà du trou borgne, à toute la circonférence et à la pointe de cet organe ; que le milieu de sa face dorsale et de sa face inférieure ne Jouit que des propriétés tactiles : la langue serait donc à la fois un organe de tact et un organe du goût. Les expériences des physiologistes nous ont appris que les saveurs pouvaient encore être perçues dans une petite étendue du voile du palais.
Nous avons décrit, dans la Splanchnologie, la forme, le volume des papilles, les muscles de la langue. Les artères, les veines ont trouvé place dans VAngiologie. Nous avons mentionné les nerfs qui s'y rendent, ces filets nerveux seront complètement décrits avec la Névrologie : nous ne nous arrêterons pas sur ces différents points; nous renvoyons donc à la Splanchnologie, à l'Angiologie et à la Névrologie. Cependant, bien que cette question appartienne plutôt à la sur physiologie qu'à l'anatomie, nous croyons devoir dire quelques mots les fonctions des nerfs qui se distribuent à la langue.
Les nerfs de la langue viennent de quatre sources différentes :
1° Le nerf grand hypoglosse se rend tout entier à la langue, par cette raison il a été regardé comme destiné au sens du goût ; mais sa disposition anatomique (car il se perd exclusivement dans les fibres
APPAUEIL DE L ODURAI. 659
musculaires), les expériences faites sur les animaux, l'anatomie pathologique, ont démontré que le grand hypoglosse est un nerf essentiellement moteur.
2° Le nerf lingual, branche de la cinquième paire, se distribue à la muqueuse de la langue ; il a été aussi regardé comme le nerf essentiel de l'organe du goût : à la vérité il ne se distribue pas exclusivement à la base de la langue, mais son influence sur l'organe du goût ne saurait être mise en doute.
3° La corde du tympan, filet nerveux qui part du nerf facial, s'accole au nerf lingual et se distribue à la muqueuse de la langue, a été regardée, par quelques physiologistes, et entre autres par Bellingeri, comme transmettant au cerveau les sensations gustatives; mais cette proposition n'est pas exacte. M. Cl. Bernard a démontré que la corde du tympan ne perçoit pas les saveurs, puisque son absence ne fait que modifier la fonction sans l'abolir ; toutefois elle joue un grand rôle dans l'acte de la gustation. « La perception des saveurs, pour être régulière et normale, demande, de la part des papilles, une modification active qui leur permette de s'emparer complètement des molécules sapides et de rendre leur appréciation instantanée. Or, cette réaction particulière des papilles sur les corps sapides, que ce soit par simple contact ou autrement, semblerait dépendre de l'influence motrice de la corde du tympan, puisque la gustation est pour ainsi dire passive et perd son instantanéité lorsque le nerf lingual agit seul (i). » Quoi qu'il en soit, la véritable action de ce nerf est encore obscure.
4° Le nerf glosso-pharyngien, qui envoie de nouveaux filets à la muqueuse de la langue, paraît être, par son rameau lingual, le nerf qui agit le plus puissamment dans l'acte de !a perception des saveurs.
La langue reçoit encore un filet du laryngé supérieur, branche du pneumogastrique qui se distribue à la muqueuse de la base de la langue et des filets qui viennent du nerf grand sympathique.