NEZ
Situé sur la partie moyenne de la face, entre les deux yeux et les joues, au-dessus de la cavité buccale, le nez a la forme d'une pyramide triangulaire à base dirigée en bas, et présentant deux ouvertures,
(1) Gl. Bernard, Recherches sur la carde/lu tympan, extrait des Annales médico-psychologiques, mai 1843.
les narines, garnies de poils roides et séparées par la sous-cloison ; son sommet est confondu avec le front et les sourcils, dont il est séparé par un sillon dont la profondeur est très variable.
Les deux faces latérales sont planes à la partie supérieure ; à la partie inférieure, on rencontre deux surfaces légèrement convexes et mobiles, les ailes du nez, séparées de la lèvre supérieure par un sillon à concavité dirigée en dehors et en avant, et des faces latérales du nez par un sillon curviligne.
Le bord antérieur, formé par la réunion des deux faces latérales, forme le dos du nez, dont la forme varie suivant les individus et les races. Ce bord se termine par une petite saillie arrondie, \e lobule du nez ; une rainure superficielle, verticale et médiane, sillonne quelquefois le lobule.
La face postérieure fait partie des fosses nasales, les deux bords latéraux se confondent avec les joues.
Struclure du nez.
Le nez est formé : 1° d'une charpente pstéo-cartilagineuse; 2° de muscles ; 3° de vaisseaux et de nerfs; il est recouvert en dehors par la peau, en dedans par une membrane muqueuse.
1" Charpente du nez. — Elle est constituée par les os propres du nez (voy. Osléologie, p. 57); par des cartilages au nombre de cinq, quatre latéraux, un médian, cartilage de la cloison, qui fait plutôt partie des fosses nasales que du nez proprement dit.
A. Cartilages latéraux. — Triangulaires, ils présentent trois bords : un antérieur réuni sur la ligne médiane avec celui du côié opposé ; un postérieur et supérieur, réuni par du tissu fibreux très dense avec l'os propre du nez; un bord inférieur réuni au cartilage des ailes du nez.
B. Cartilages des ailes du nez. — Formés par une lame irrégulière contournée sur elle-même en forme de parabole ouverte en arriére, on leur considère une branche externe qui est unie par son bord supérieur au cartilage latéral, et donne attache par son bord inférieur aux muscles et aux téguments qui constituent l'aile du nez ; une branche interne qui, adossée avec celle du côté opposé dont elle est séparée en haut par le cartilage de la cloison, forme la sous-cloison. Ce cartilage ne se prolonge pas jusqu'à l'épine nasale ; la réunion des cartilages des ailes du nez, et la courbe qu'ils forment en se repliant, constituent le lobule du nez.
C. Cartilage de la cloison. — Épais, quadrangulaire, il présente deux faces recouvertes par la membrane pituitaire; un bord antérieur qui correspond au dos du nez, un bord supérieur et postérieur uni à la lame perpendiculaire de l'ethmoide ; un bord inférieur reçu dans les deux lames du vomer, au niveau de l'angle rentrant qu'on trouve entre l'ethmoïde et le vomer ; un bord antérieur très court en rapport
avec les branches internes des cartilages des ailes du nez. Le cartilage d&-la cloison envoie un prolongement qui passe enlre les deux lames du vomer et va se fixer à l'épine du sphénoïde. Tous les cartilages du nez sont maintenus par du tissu fibreux très dense qui leur permet quelques mouvements.
On trouve encore quelques petits noyaux cartilagineux, entre le cartilage des ailes du nez et celui de la cloison, décrits par Santorini sous le nom de cartilagines minores seii sesamoiies.
2^^ Couche musculaire. — {Voy. Myologie, p. 249).
3° Couche cutanée. — La peau qui revêt le dos du nez ne présente pas de caractères particuliers. Celle des ailes du nez est épaisse, se réfléchit sur elle-même, et forme la partie inférieure des ailes du nez, de telle sorte que leur face interne est tapissée par la peau qui ne prend qu'un peu plus haut les caractères d'une membrane muqueuse. Elle est remarquable par le grand nombre de follicules sébacés qu'elle contient.
4° Couche muqueuse. — Nous la décrirons avec la muqueuse des fosses nasales.
Les fosses nasales sont constituées par une charpente osseuse que nous avons déjà décrite (voy. Osléoloyie, p. 69), et par une membrane muqueuse, mem,brane piluilaire, ou membrane de Schneider. C'est une membrane fibro-muqueuse qui tapisse les fosses nasales, bouche un grand nombre d'ouvertures que nous avons signalées dans VOsléologie, en rétrécit d'autres, prolonge les saillies formées par les cornets et efface leurs inégalités ; elle présente les dispositions suivantes :
En dedans, la membrane pituitaire tapisse le cartilage de la cloison, la lame perpendiculaire de l'ethmoïde; à la partie supérieure des fosses nasales, elle envoie un prolongement dans le sinus sphénoïdal après avoir rétréci l'ouverture de cette cavité.
En dehors, elle tapisse le méat inférieur, rencontre l'extrémité du canal nasal avec laquelle elle se continue, et qu'elle prolonge en bas en formant une espèce de valvule qu'on déchire souvent quand on pénètre dans le canal nasal par sa partie inférieure ; puis elle tapisse le cornet inférieur qu'elle prolonge en avant et en arrière ; arrive dans le méat moyen, pénètre dans l'infundibulum, dans les cellules ethmoïdales antérieures, les sinus frontaux et maxillaires dont elle rétrécit les orifices; passe sur le cornet moyen qu'elle prolonge en arrière, pénètre dans le méat supérieur, dans les cellules eth noïdales postérieures et passe en avant du trou sphéno-palatin. Enfin, en avant, elle se confond avec la peau, passe en avant du canal palatin antérieur ; en arrière, elle se continue, sans ligne de démarcation, avec la muqueuse du pharynx, celle delà trompe d'Eustache et de la face supérieure du voile du palais.
6()2 OHGÀiNES DES SEAS.
Les prolongenienls que fournit la pituitaire aux sinus n'ont plus les caractères de cette membrane, ils sont très minces et transparents.
La membrane pituitaire diffère des autres muqueuses par ses connexions : ainsi elle est en rapport, dans presque toute son étendue, avec des os; elle est doublée par une membrane fibreuse très forte, très épaisse, très adhérente aux os dont elle forme le périoste. Le feuillet muqueux est aussi très épais; il est riiou, criblé de trous dont on peut exprimer une grande quantité de mucus.
La portion de la membrane de Schneider qui tapisse la cloison gorgée de liquide, très vasculaire, est séparée par une limite peu distincte de la portion de muqueuse qui reçoit les filets du nerf olfactif ; cette dernière, plus mince, pâle, de couleur jaune rougeâtre, et moins riche en vaisseaux, s'étend de la paroi supérieure des fosses nasales à 2 centimètres au-dessous ; son étendue d'avant en arrière est d'environ 4 centimètres. Elle présente, à sa partie supérieure et postérieure, une région qui se distingue du reste par sa couleur franchement jaune, qu'Ecker, à qui l'on doit ces remarques, croit seule mériter le nom de région olfactive, et qu'il appelle locus luleus ; cette région a un diamètre d'environ 1 centimètre et demi et se trouve un peu déprimée. Ce corpus luteus s'observe aussi à la partie supérieure de la partie latérale du nez.
Structure de la membrane pituitaire. — La membrane pituitaire est constituée par un tissu propre, une couche épithéliale et des glandes. Tissu propre. — Il est formé par des fibres du tissu cellulaire disposé en faisceaux qui s'entrecroisent entre eux; par sa face profonde il adhère au périoste et au périchondre, avec lesquels il se confond dans les sinus.
Epithelium. — La partie inférieure et antérieure de la muqueuse est couverte d'un épilhélium paivmenteux.
L'épithélium vibratile commence, comme l'a indiqué Henle, sur une ligne qui s'étend du bord libre des os du nez à l'épine nasale antérieure du maxillaire supérieur ; au-dessus de cette ligne toute la muqueuse est couverte d'un épithélium vibratile, à l'exception du locus luteus. Entre les cellules vibraliles, qui ont environ O™", 09 delongueur, et qui sont pourvues de cils assez longs, on en trouve d'autres qui sont privées de cils à leur extrémité libre.
L'épithélium du locus luteus est tout différent des précédents : les cellules qui le composent sont allongées et se continuent, au-dessous de leur noyau elliptique muni d'un fiucléole distinct, en un long filament qui d'espace en espace se renfle généralement en forme de nœud, et qui, assez fréquemment , présente des courbures dans lesquelles sont logées les cellules de remplacement. Ces cellules se détruisent facilement, et on les rencontre rarement intactes sur le cadavre. Elles ne portent point de cils vibratiles. Leur portion supérieure est remplie de nombreuses granulations pigrnenlaires jaunes., accumulées surtout vers l'extrémité libre de la cellule : c'est ce qui expli-