VENTRICULES LATÉRAUX
du cerveau, dans le sillon qui sépare les tubercules quadrijumeaux antérieurs, entre les deux feuillets delà toile choroïdienne. Elle a été comparée à une pomme de pin, d'où le nom de glande pinéale; son sommet, dirigé en arrière, est libre, ainsi que ses parties latérales ; sa base est réunie à l'encéphale : 1° par une commissure transversale située au-dessus de la commissure postérieure du cerveau ; 2'^ par quatre prolongements blancs : deux supérieurs, freins ou rênes de la glande pinéale (fig. 161. 11), qui passent au-dessus des couches optiques et vont former une des racines des piliers antérieurs de la voûte à trois piliers ; deux inférieurs, qui se portent verticalement en bas la partie la plus reculée de la paroi interne du troisième ventricule.
La glande pinéale est composée de quelques fibres blanches qui partent de ses pédoncules et de sa commissure transversale ; entre ces fibres, on trouve de la substance grise. Cet organe est souvent creusé d'une cavité remplie d'un liquide visqueux, on y rencontre très souvent des concrétions calcaires jaunâtres ; il n'est pas rare de trouver des concrétions à l'extérieur et au milieu du tissu de la glande pinéale, lorsque ce corps ne présente pas de cavité. M. Cruveilhier en a rencontré plusieurs fois sur les pédoncules.
Au-dessous de la glande pinéale, on trouve la commissure postérieure (fig. 161. 15) du cerveau, moins longue et moins volumineuse que la commissure antérieure, et présentant, d'ailleurs, la même forme ; elle se perd dans l'épaisseur des couches optiques.
Au-dessous de cette commissure, on remarque lorifice antérieur de l'aqueduc de Sylvius, Vanus.
L'aqueduc de Sylvius est un canal qui établit la communication entre le troisième et le quatrième ventricule (fig. 161 . S). Il est situé sur la ligne médiane, au-dessous des tubercules quadrijumeaux. Oblique en bas et en arrière , il présente sur sa paroi supérieure une dépression médiane; celle de la paroi supérieure fait suite au sillon longitudinal du calamus scriptorius.
VENTRICULES LATERAUX.
Préparalion. — Enlevez la portion îles hémisphères qui surmonte le corps calleux, divisez le corps calleux d'avant en arrière sur les côtés de la h'gne médiane. Pour étudier l'étage inférieur, introduisez le manche d'un scalpel d'arrière en avant dans la portion réfléchie et incisez la paroi externe. On peut encore arriver dans la portion réfléchie par la base du cerveau, en écartant les bords de la grande fente cérébrale et en séparant la paroi inférieure de cette portion réfléchie par une incision pratiquée d'avant en arrière à partir de la scissure de Sylvius.
Les ventricules latéraux sont deux cavités considérables creusées dans les hémisphères cérébraux, séparés du troisième ventricule par le trigone cérébral, et l'un de l'autre par \e septum lucidum. Ils communiquent ensemble, et avec le troisième ventricule, par les trous de
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Monro. On peut les considérer comme formant un canal dans lequel font saillie les corps striés et les couches optiques, et présentant, comme le corps calleux qui les circonscrit dans une grande étendue, trois prolongements : l'un antérieur et frontal; un autre postérieur et occipital; un troisième inférieur ou sphénoïdal.
Nous décrirons au troisième ventricule : i° un élage supérieur formé par la partie située au-dessus du corps strié et de la couche optique, et par les prolongements antérieur et postérieur ; '2° un élage inférieur, constitué par la portion réfléchie du ventricule autour de la couche optique, et par le prolongement sphénoïdal.
A. Étage supérieur des ventricules latéraux.
L'étage supérieur du ventricule latéral présente deux extrémités : l'une antérieure ou frontale, limitée en avant par le bourrelet du corps calleux; l'autre -postérieure, qui se prolonge dans le lobe postérieur du cerveau, sous le nom de cavité digitale on ancyro'ide; en dehors, le ventricule est limité par l'union dii corps strié avec le corps calleux ; en dedans, il est sépSré de son congénère par l'union du corps calleux avec la voûte, et par le septum lucidum ; sa paroi supérieure , a concavité inférieure, est formée par la face inférieure du corps calleux ; sa paroi inférieure est constituée par la face ventriculaire du corps strié, et la face supérieure de la couche optique : entre ces deux saillies, on remarque un sillon dans lequel nous trouvons de haut en bas, la lame cornée, la veine du corps strié, la bandelette demicirculaire.
1° Corps strié.
Ainsi nommé à cause des nombreuses stries blanches qui traversent la substance qui le constitue, le corps strié {ïïg. 161, 1) est une masse grise, ovoïde, à convexité tournée en bas et en dehors ; son côté interne, qui fait saillie dans le ventricule latéral, a l'aspect d'une éminence pyriforme dont l'extrémité la plus volumineuse est située en avant et en dehors de la couche optique, et dont l'extrémité postérieure, beaucoup plus grêle, se prolonge jusqu'à la portion réfléchie du ventricule latéral. Son côté externe, qui répond au lobule de Vinsula, est plus volumineux que l'interne et représente un segment d'ovoïde, dont la grosse extrémité est dirigée en avant.
Le corps strié présente les rapports suivants :
Il est recouvert en dehors par les circonvolutions de Vinsula ; en dedans, il est en contact avec les couches optiques et avec la substance grise du troisième ventricule; en avant, il se prolonge dans l'épaisseur du lobe frontal et se trouve en rapport avec la portion réfléchie du corps calleux.
fie corps strié peut être énncléé dans la plus grande partie de son
VEiNTRICULES LATEHAUX,
étendue, excepté en haut et en dehors, où il est traversé par de gros faisceaux blancs qui s'enfoncent dans la substance blanche des hémisphères cérébraux. Celte substance blanche, située sur le prolonge-
FiG. 162, — Cinquième ventricule et partie supérieure dss ventricules latéraux {d'après Vicq d'Aiyr).
A. Substance corticale. — B. Substance blanche ou médullaire sur laquelle on voit de petits points correspondant aux vaisseaux du cerveau coupés dans la préparation. — C. Sillon qui sépare les lobes antérieurs du cerveau. — D. Sillon qui sépare les lolies postérieurs. — E. Lamelles blanches et grises qui entrent dans la structure des circonvolutions. — \. Corps striés sur lesquels on voit de petites veines qui passent sous le tœnia semicircularis . — 2. Fibres tranversales appartenant au corps calleux. — 3. Prolongements antérieurs des ventricules latéraux. — 4. Parois écartées du septum lucidum. — 5,5. Espace compris entre les deux lames du septum lucidum ou cavité du cinquième ventricule, dont on ue voit que la moitié inférieure. — 6. Pilier postérieur de la voûte à trois piliers. — 7. Lame cornée. — 8. Ergot de Morand. — 9. Cavité digitale ou ancyroïde. — 10. Coupe du bourrelet du corps calleux. — H. Extrémité supérieure do la corne d'Amnion. — 12. Plexus choroïde.
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ment du pédoncule cérébral^ est plus épaisse en arrière qu'en avant, et s'épanouit en haut et en dehors; elle sépare le corps strié en deux portions : l'une interne, qui fait saillie dans le ventricule latéral et qui constitue le noyau intr avenir iculaire ; l'autre externe, qui forme la portion insulaire du corps strié ou noyau extra- ventriculaire. Ce noyau blanc central est désigné par "Vieussens sous le nom de double centre semi-circulaire.
2° Couches optiques.
On désigne sous le nom de couches optiques, deux renflements volumineux, ovoïdes, qui constituent les parois latérales du troisième ventricule, et dont les faces supérieures forment le plancher des ventricules latéraux.
Les couches optiques présentent les rapports suivants : elles sont situées en avant des tubercules quadrijum-eaux, en arrière et en dedans des corps striés. On leur considère :
Une face supérieure recouverte par le plexus choroïde et la voûte à trois piliers ; elle présente un renflement désigné par Vicq d'Azyr sous le nom de tubercule antérieur de la couche optique. C'est de cette saillie que partent les fibres blanches qui se rendent aux tubercules mamillaires correspondants, pour former le pilier antérieur de la voûte; elle est séparée du corps strié par la lame cornée et la bandelette demi-circulaire.
Une face interne, séparée de la face supérieure par les freins de la glande pinéale; la moitié antérieure de celte face f#rme la paroi du ventricule moyen ; la moitié postérieure répond aux tubercules quadrijumeaux. Les faces interne^ des deux couches optiques sont réunies parla commissure molle, commissure grise, que nous avons déjà décrite.
Une face externe, confondue ^vec le corps strié et l'hémisphère correspondant ; de cette face partent des faisceaux blancs qui vont se jeter dans la substance blanche de l'hémisphère.
Une extrémité antérieure, étroite, embrassée par le corps strié et contournée par le pilier correspondant de la voûte. L'intervalle compris entre le pilier et la couche optique constitue le trou de Monro, orifice de communication entre le troisième ventricule et les ventricules latéraux.
Une extrémité postérieure, continue en dedans avec les tubercules quadrijumeaux, et en rapport, en dehors, avec les piliers postérieurs de la voûte et le plexus choroïde qui la contourne.
En soulevant celte extrémité, on trouve deux renflements qui sont les corps genouillés, distingués en interne et en externe.
Le corps genouillé interne, plus saillant et moins volumineux que l'externe, est réuni par une bandelette blanche, à son extrémité postérieure et interne, au tubercule quadrijumeau postérieur; son extré-
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mile antérieure et externe est l'origine de la racine interne du nerf optique.
Le corps genouillé externe est plus volumineux, d'une couleur plus blanche que l'interne ; il est réuni, par une bandelette blanche, au tubercule quadrijumeau antérieur; à son extrémité antérieure se trouve la racine externe du nerf optique.
3° Cavité digitale ancyro'ide.
On donne ce nom au prolongement postérieur des ventricules latéraux; cette arrière-cavité commence au niveau du bourrelet du corps calleux, au moment où le ventricule change de direction, et elle se prolonge en pointe, à une distance plus on moins grande, dans le lobe postérieur du cerveau.
Cette cavité (fig. 162. 9) présente wne paroi supérieure iovmèe par la face inférieure de la corne postérieure du corps calleux; une paroi inférieure et interne, refoulée par une circonvolution retournée qui forme une saillie plus ou moins prononcée, désignée sous le nom d'ergot de Morand, petit hippocampe (Pig. 162. 8), dont le volume et la forme sont extrêmement variables ; on a vu manquer cette éminence chez un certain nombre de sujets.
B. Etage inféiieiir des venliicules lalcraux.
L'étage inférieur du ventricule latéral présente : une paroi supérieure et externe, concave, forjnée par la corne sphénoïdale du corps calleux ; une paroi inférieure et interne, formée par la corne d'Arry mon, le corps frangé, le corps godronné; son extrémité inférieure se prolonge dans le lobesphénoïdal du cerveau; son extrémité supérieure se continue avec l'étage supérieur du ventricule latéral.
La lame cornée (lig. 162. 7) est une bandelette demi-transparente, épaisse, d'apparence cornée, située dans le sillon de séparation du corps strié et de la couche optique; elle est formée par la membrane ventriculaire qui présente, dans ce point, une épaisseur et une résistance plus considérables.
Au-dessous de la lame cornée on trouve la veine du corps strié ; enfin, au-dessous de cette veine on rencontre la bandelette semi-circulaire {lœnia semicircularis).
La bandelette demi-circulaire est formée par des filets médullaires en rapport, en haut avec la veine du corps strié, en bas avec le double centre semi-circulaire de Yieussens. D'après M. Foville, cette bandelette forme un cercle complet partant, en avant, du quadrilatère perforé, et se terminant, en arrière, au même espace; suivant d'autres anatomiïtes, MM. Longet, Sappey, elle se terminerait, en avant, dans les piliers de la voûte et dans la couche optique ; son extrémité posté-
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rieure se perdrait dans la paroi supérieure de la portion réfléchie du ventricule latéral.
M. Foville a signalé une bandelette analogue à la précédente, située en dehors du corps strié dans l'étendue de la courbe qui détermine sa limite externe; cette bandelette est quelquefois très facile à voir chez les nouveau-nés, d'autres fois on ne peut la trouver qu'à Taide d'une dissection très délicate.
Corne d'Âmmon. ~ Cette éminence, désignée encore sous le nom de pied d'hippocampe, est concave en dedans, convexe en dehors, large et épaisse en avant, où elle présente trois ou quatre saillies séparées par des sillons peu profonds; plus mince en haut, où elle se termine, sans démarcations distinctes, avec le bourrelet du corps calleux. La corne d'Annnon n'est autre chose qu'une circonvolution dédoublée et renversée en dedans.
Au devant de la corne d'Ammon, sur le prolongement des piliers postérieurs de la voûte, on trouve une lame de substance blanche, inscrite dans le bord concave de la corne d'Ammon ; c'est cette partie que l'on désigne sous le nom de corps frangé, corps bordé.
Si l'on soulève le corps frangé, on trouve, immédiatement audessous et en arrière, une bandelette de substance grise, située aussi dans la courbure de la corne d'Ammon, et désignée sous le nom de corps godronné, corps denté, corpus finibriatum; en dedans et en haut elle fait suite au bourrelet du corps calleux, en avant et en bas elle se termine un peu en arrière de l'extrémité de la corne d'Ammon, se confondant avec la substance grise.
Dans les ventricules latéraux, se trouvent les plexus choroïdes qui ont été décrits avec la pie-mère.
TEXTURE DU CENTRE NERVEUX ENCEPH ALO-R ÂCHID lEN.
Le centre nerveux encéphalo-rachidien est formé de deux parties symétriques parfaitement semblables.
Chaque moitié est constituée par des fibres longitudinales que l'on peut suivre de l'extrémité inférieure de la moelle épinière jusque dans les circonvolutions des hémisphères cérébraux. Ces deux moitiés sont réunies par des fibres transversales, les commissures, et par des fibres annulaires. Autour de ces fibres viennent se grouper des masses de substance grise. Nous avons donc à déterminer la disposition des fibres longitudinales, des fibres transversales, des fibres annulaires, et nous terminerons par l'exposé de la disposition de la substance grise autour des fibres blanches (l).
(1) Cette division des éléments constitiUifs des centres nerveux encépiialo-racliidiens nous a été inspirée par la lecture du magnifique travail de M. N.Guillot, dont nous exposerons les principales idées ù la tui de cet article.