‹ Nouveau traité élémentaire d'anatomie descriptive et de préparations anatomiquesChapitre 612 sur 670 · NERF AUDITIF · texte numérisé non relu

NERF AUDITIF

Nous avons vu que ce nerf pénétrait dans le conduit auditif interne avec le facial, et qu'il présentait une espèce de gouttière pour le recevoir ; il traverse les trous de la lame criblée qui forment le fond du conduit auditif interne et pénètre dans l'oreille interne; là il se divise en deux branches :

i° \^ne antérieure, la branche Umacienne, de laquelle partent les filets limaciens, dont les premiers s'étalent à la surface de la columelle, en rayonnant et en s'anastomosant sur le premier tour de la lame spirale; les seconds pénètrent dans la columelle, sortent au niveau du second tour par les trous dont l'axe est criblé, et se répandent sur le second tour de la lame spirale ; enfin, les troisièmes, au nombre de deux ou trois petits filets, se distribuent de la même manière sur le troisième demi-tour. Il est inutile d'ajouter que les filets d'épanouissement sont d'autant plus longs qu'ils sont plus inférieurs.

2° Une postérieure ou vestibulaire, qui se divise en trois rameaux : un plus volumineux se rend à l'utricule et aux ampoules des canaux vertical supérieur et horizontal ; un moyen est destiné au saccule; un inférieur, plus petit, se rend à l'ampoule du canal demi-circulaire vertical postérieur. (Voyez Oreille interne, p. G93, etfig. 152 et 153.)

GLOSSO-PHARYNGIEN.

Préparation des nerfs glosso-pharyngien, pnenmogastrîque, spinal et grand hypoglosse. — Ces quatre troncs nerveux peuvent être préparés sur le même sujet ; il faut enlever, par une coupe triangulaire, la moitié postérieure du trou déchiré postérieur , détacher avec soin la veine jugulaire ; les nombreux rameaux qui par-

NÉVROLOGIE.

tent de ces nerfs seront suivis dans les organes auxquels ils se distribuent; les racines du spinal seront découvertes dans le canal rachidien, entre les racines antérieures et les racines postérieures des premiers nerfs cervicaux.

Nous avons vu que le glosso-pharyngien tirait son origine des corps restiforines, immédiatement au-dessus des filets du pneumogastrique, et qu'il sortait par le trou déchiré postérieur dans un canal ostéo-fihreux qui lui est propre, et situé en avant de celui du pneumogastrique et du spinal.

Dans son passage à travers ce canal, le nerf glosso-pharyngien présente un renflement ganglionnaire désigné sous le nom de ganglion pétreux, ganglion d'Andersch.

De la partie supérieure et interne de ce ganglion, part un petit filet nerveux désigné sous le nom de rameau de Jacobson, rameau d'Andersch (fig. 185. 3, et 187, 5), qui s'engage dans un petit canal particulier situé sur la crête de séparation, que l'on aperçoit entre la fosse jugulaire et le canal carotidien en dehors de l'aqueduc de Fallope. Ce petit nerf est dirigé en haut et en arrière, pénètre jusque dans la caisse du tympan, arrive sur le promontoire, où il se loge dans un sillon que nous avons déjà décrit, et se divise en six filets ; ce sont : V le filet de la fenêtre ronde (fig. 185. 4) ; 2° celui de la fenêtre ovale (fig. 185. 5) ; 3° un filet qui s'anastomose avec le plexus carotidien (fig. 185. 9); 4° un filet qui se porte à la muqueuse de la

Fig. 185. — Rameau de Jacobson.

1. Nerf glosso-pharyngien. — 2. Ganglion d'Andersch.— 3. Rameau de Jacobson ou d'Anderscli. — 4, Filet de la fenêtre ronde. — 5. Filet de la fenêtre ovale. — G. Filet de la trompe d'Eustache, — 7. Filet anastomotique avec le grand nerf pétreux. — 8. Filet anastomotique avec le petit nerf pétreux. — 9. Filets carotidiens. — 10. Nerf facial. — 11. Coude du facial, ganglion géniculé. — 12. Origine de la corde du tympan. — 13. Grand nerf pétreux. — 14. Petit nerf pétreux. — A. Artère carotide interne. — B. Veine jugulaire interne. — C, Trompe d'Eustache. — D. Muscle interne du marteau.— E. Muscle del'étrier.

PNEUMOGASTRIQUE. 837

trompe d'Euslache (fig. 185. 6) ; 5° un filet se porte en haut, devient horizontal et s'anastomoseavec le petit nerf pétreuxsiiperficiel(fig. 185. 8) ; G° un filet qui s'anastomose avec le grand nerf pétreux superficiel, et va se rendre au ganglion optique (fig. 185. 7).

Au niveau du ganglion d'Andersch, le glosso-pharyngien s'anastomose : 1° avec le facial par un filet qui se porte en bas et en dedans entre l'apophyse styloïde et la veine jugulaire interne ; 2'' avec le 'pneumogastrique et peut-être avec le spinal ; 3° avec les p.ets carotidiens du grand sympathique.

Au-dessous du trou déchiré postérieur, le glosso-pharyngien se comporte de la manière suivante : il se dirige en bas, en dedans et en avant de la carotide interne et en arrière des muscles styliens, puis entre le stylo-pharyngien et le stylo-glosse ; passe entre les piliers du voile du palais, en dehors de l'amA'gdale, et gagne la partie supérieure de la base de la langue dans laquelle il se termine.

Dans son trajet, il fournit les filets suivants :

1° Rameau du digaslrique et du stylo-pharyngien (fig. 187. 10). — Il naît sur la partie externe du glosso-pharyngien ; il paraît venir de l'anastomose du facial.

2^^ Filets carotidiens. — Ils se portent sur l'artère carotide ; quelques-uns vont au ganglion cervical supérieur ; d'autres s'anastomosent avec le nerf cardiaque superficiel ; ils forment un plexus appelé inlercarotidien (fig. 187. 7).

3° Rameaux pharyngiens (fig. 187. 9). — Au nombre de deux ou trois, ils forment, avec les filets du grand sympathique, du pneumogastrique et du spinal, le plexus pharyngien ; ils paraissent destinés à la muqueuse du pharynx.

4*^ Rameaux lonsillaires. — Ils sont destinés aux amygdales el à la muqueuse du voile du palais ; si quelques filets se distribuent aux glosso-staphylin et pharyngo-staphyhn, ils paraissent venir de l'anastomose du facial.

5° Rameaux linguaux, branches terminales du glosso-pharyngien (fig. 187. II). — Au nombre de trois, ils s'engagent, à la base de la langue, au-dessous de la muqueuse, et se distribuent à toute la partie de cette membrane située en arrière du V de la langue. Les filets les plus externes s'avancent un peu plus, et se perdent sur les côtés de la langue.

PNEUMOGASTRIQUE.

Nous avons vu que le pneumogastrique prenait son origine du bulbe rachidien sur les corps resliformes, dans le sillon qui faisait suite à la ligne des racines postérieures de la moelle, et que de là il s'engageait dans le trou déchiré postérieur, dans le même canal que le spinal.

Le pneumogastrique se distribue aux organes de la région du cou, de la poitrine et de l'abdomen. Pour faciliter son étude nous l'exami-

838 NÉYROLOGiE.

lierons successivement: 1° au niveau du trou déchiré postérieur; 2° le long du cou; 3° dans le thorax ; 4" dans l'abdomen.

A. Du pneumogastrique au niveau du trou déchiré postérieur.

1° Le pneumogastrique présente, à son passage au trou déchiré postérieur, un renflement ganglionnaire quia été comparé aux racines postérieures des nerfs spinaux : de ce ganglion partent des filets anastomotiques : 1° avec \e ganglion d'Andersch, 2° avec le ganglion cervical supérieur, 3° avec le nerf facial. (Voy. Nerf facial.)

2° A sa sortie du trou déchiré postérieur, il présente un second ganglion, ganglion oUvaire de Fallope, plexus gangliforme de Willis, où il reçoit : 1° le rameau interne du spinal (fig. 186. 3), qui se confond en partie avec le pneumogastrique, et dont l'autre partie paraît simplement s'accoler au pneumogastrique et former les rameaux pharyngiens et le nerf laryngé inférieur ; nous reviendrons plus loin sur ces filets ; 2° une branche anastomotique avec le nerf grand hypoglosse (fig. 186. 2) ; 3° il communique encore dans ce point avec le ganglion cervical supérieur.

Les anastomoses du facial, du spinal et du grand hypoglosse, avec le pneumogastrique, sont de la plus grande importance ; elles expliquent comment le nerf pneumogastrique qui, à son origine, est exclusivement sensitif, devient mixte par l'addition de ces filets anastomotiques. Enfin les anastomoses du pneumogastrique avec les ganglions cervicaux et thoraciques du grand sympathique doivent être regardées comme les racines végétatives de ce nerf qui offre le type des nerfs mixtes, puisque par l'addition successive de ces filets nerveux il se distribue à des fibres musculaires, à des viscères, et qu'il préside à la sensibilité de ces organes.

B. Du pneumogastrique le long du cou.

Dans cette région le pneumogastrique est séparé de la colonne vertébrale par les muscles prévertébraux ; il est situé en dehors du pharynx et de l'œsophage, entre la carotide primitive qui est en dedans et la veine jugulaire interne qui est en dehors ; il est un peu en arrière de ces deux vaisseaux, et renfermé dans la même gaine fibreuse que l'artère; le nerf grand sympathique lui est externe et postérieur. Il fournit les branches suivantes :

1° Rameau pharyngien (fig. 186. 4). — Il vient à la fois du pneumogastrique et du rameau anastomotique du spinal, fournit quelques rameaux qui se portent sur la carotide, s'anastomose avec le glosso-pharyngien et avec des filets émanés du ganglion cervical supérieur, forme le plexus pharyngien et se distribue aux muscles constricteurs supérieur et moyen et à la muqueuse pharyngienne.

2° Nerf laryngé supérieur (fig. 186. 5, et 187. 14). — Il naît sur

PNEUMOGASTRIQUE. 839

le côté interne du pneumogastrique ; son origine est tout à fait indépendante du rameau anastoractique du spinal. Ce.nerf se dirige en bas, en avant et en dedans, derrière les carotides, sur les côtés du pharynx, gagne la membrane hyo- thyroïdienne, passe au-dessus du constricteur du pharynx et se termine dans la muqueuse du larynx. Dans son trajet il se divise en deux branches :

a. Rameau laryngé exlerne {^\%. 186. 6). — Il fournit quelques filets anastomotiques au nerf cardiaque supérieur et au grand sympathique, envoie des rameaux au couïtrictcur inférieur du pharynx (fig. 187. 17), au corps thyroïde et se perd dans le muscle crico-thyroïdien (fig. 187. 16).

b. Rameau laryngé interne (fig.- 187. 15). — Il suit le trajet que nous avons indiqué plus haut, et, arrivé au repli aryténo-épiglottique, s'épanouit en un grand nombre de filets : les uns, an/e'r/eurs, marchent en avant et se portent à l'épiglotte, aux replis glosso-épiglottiques et à la base de la langue; d'autres, Iransvermux^ se portent aux replis aryténo-épiglottiques, à la muqueuse du larynx, à celle des cordes vocales ; d'autres, descendants, se distribuent à la muqueuse qui revêt le larynx en arrière, traversent le muscle aryténoïdien auquel il n'envoie pas de filets moteurs, et se perdent sur la muqueuse qui recouvre le larynx en dedans. Un gros filet descend verticalement entre le cartilage thyroïde et les muscles thyro-{iryténoïdien et cricoaryténoïdien latéral, et s'anastomose avec le nerf récurrent.

3° Nerfs cardiaques cervicaux. — Filets doubles et multiples de chaque côté, qui partent du pneum(>gastri(iuc à une hauteur variable, s'anastomosent avec le rameau cardiaque du grand sympathique, et contribuent à former les plexus cardiaques.

Page 1