PLACENTA
(oïde atteint la paroi de l'œuf, elle s'étale de manière à lui fornner une enveloppe nouvelle et complète (troisième chorion) qui se couvre de villosités par sa face externe. Ces villosités sont primitivement privées de vaisseaux comme celles qui appartiennent aux deux premiers chorions ; elles possèdent cependant une cavité centrale dans laquelle pénétrera ultérieurement l'anse vasculaire émise par les vaisseaux placentaires. Le troisième chorion et ses appendices sont constitués par
Frc. 197. — L'œuf complet, vers le commencement du quatrième mois.
i. Cai.iiKiue maternelle. — '2. Caduque rénéchie on éfichorioii. — 3. Cavité utérine remplie d'un liquide albnmineux filant. — 4. Chorion en r.ipport avec la caduque réfléchie, et dont les villosités vasculaires sont atrophiées. — 5. Face interne du chorion, lisse, polie, séparée de l'amnios par un espace rempli par les fausses eaux de l'amnios, ou liquide intcrblastodemiique. — 0. Sac amniotique. — 7. Placenta fœtal formé par le développement considérable des villosités vasculaires du chorion allantoïdien (1).
(1) Cette figure et les suivantes, 198, 199, 200, sont empruntées au Manuel d'accouchements de M. Jacqnemier (t. I, p. 250, 267, 318, 320).
Four les autres figures d'embryologie, nous avons puisé dans les ma-nifiques planches de M. Cosle, de BjscliolT, etc., elc,
un tissu spécial, subslance choriule, disposé sous forme membraneuse ou tubuleuse. Cette substance est grisâtre, résistante, quelquefois fii)roïde, parsemée de nombreuses granulations moléculaires et de noyaux ovoïdes abondants, épars, situés dans l'épaisseur même du tissu et qu'il est très difficile d'en séparer. Les villosités peuvent accidentellement devenir kystiques par accumulation de liquide dans leur cavité. Robin a fait sur ce sujet d'excellents travaux. Vers le troisième mois toutes les villosités du cborion se sont atrophiées, sauf en un poiut qui correspond à la portion renflée de l'allantoïde ; dans ce dernier point les villosités choriales, loin de s'atrophier, continuent à croître ; elles poussent des branches, des rameaux, de telle sorte que chacune d'elles forme un petit système, une touffe particulière bien isolée de ses voisines. Elles deviennent de plus très vasculaires ; chacune d'elles reçoit une branche des artères ombilicales et émet une veine correspondante ; mais de même que les villosités choriales primitives se ramifient de manière à former un grand nombre de prolongements de deuxième, troisième et quatrième ordre, de même les vaisseaux seramifient dans la touffe choriale et se subdivisent, de façon que ch^acune de ses branches reçoit une anse vasculaire artérioso-veineuse d'une grande ténuité.
Chacune des touffes que nous venons de décrire constitue ce qu'on appelle un lobule placen faire ou cotylédon ; réunies les unes aux autres, elles forment la masse du placenta, mais elles restent toujours assez distinctes entre elles. (Voy. fig. 197. 7.)
Au terme de la grossesse, la structure du placenta est plus compliquée, plus difficile à constater, mais elle reste essentiellement la même. Les cotylédons sont formés d'un tissu gris rosé, mou, élastique, composé d'une immense quantité de filaments plus ou moins intriqués, agglutinés par une matière unissante amorphe, et représentant les anciennes villosités choriales et leurs branches. 11 est utile de faire remarquer que, par suite du développement énorme des vaisseaux, le tissu propre de ces villosités est presque complètement atrophié. Les branches terminales elles-mêmes des villosités, appendices digitiformes libres qui plongent immédiatement dans la muqueuse utérine, peuvent quelquefois devenir pleines, par suite de la dis • parition de l'anse vasculaire qu'elles renferment (voy. Cazeaux, Traité d'accouchement, 3^ édit., p. 202 et suiv.). Quant au système vasculaire général du placenta, il se compose des deux artères ombilicales et de la veine ombilicale qui pénètrent l'organe par sa face fœtale, pour se diviser dichotomiquement presque à l'infini. Les deux artères communiquent largement ensemble dans chaque cotylédon. Une injection poussée par l'une revient immédiatement par l'autre, et un peu plus tard par la veine. L'injection poussée par la veine revient difficilement par les artères, pourtant il n'y a pas de valvules. Quand le placenta est frais et qu'il n'a pas éprouvé de déchirures, on peut, après l'avoir détaché de la surface utérine, l'injecter par les vaisseaux du