G, TROISIÈME CUNÉIFORME
Position. — Placez la bîise en haut, la face qui présente deux facettes articulaires en dedans ; la plus grande de ces deux facettes doit être dirigée en arrière.
Le troisième cunéiforme est situé en dehors du précédent ; il est un peu plus volumineux que lui (fig. 41. 12).
On lui distingue: — Une face antérieure, lisse, qui s'articule avec le troisième métatarsien. — Une face postérieure, un peu inclinée en dedans, qui reçoit le scaphoïde. — Une face interne, présentant en avant une facette très étroite qui s'articule avec le deuxième métatarsien ; une autre plus étendue, convexe, qui s'articule avec le deuxième cunéiforme. — r Une face externe, présentant en arrière une face articulaire, concave, pour le cuboïde, en avant une petite facette oblique en dehors qui reçoit le quatrième métatarsien. — La base et le bord tranchant sont rugueux et ne présentent rien d'important à signaler. Sur le côté externe du bord tranchant s'insèrent le court fléchisseur du gros orteil et un faisceau de l'abducteur oblique.
Cet os s'articule avec le deuxième cunéiforme, le scaphoïde, le cuboïde, les deuxième, troisième et quatrième métatarsiens.
Les os du tarse se développent chacun par un point d'ossification, à l'exception du calcanéum qui en présente deux.
H. MÉTATARSE.
Le métatarse a la plus grande analogie avec le métacarpe ; comme lui il est formé de cinq os longs, parallèles, en forme de grille. Nous lai considérerons comme au métacarpe : — Une face supérieure ou dorsale, convexe, en rapport avec le muscle pédieux et les extenseurs des orteils. — Une face inférieure ou plantaire, concave en rapport avec les muscles de la plante du pied. — Un bord interne, très épais, qui répond au gros orteil. — Un bord externe qui correspond au petit orteil. — Un bord postérieur ou tars>en formé par l'articulation des
METATARSIENS. 117
OS du tarse avec ceux du métatarse. — Un bord antérieur ou digital, formé par les têtes articulaires des métatarsiens.
L'espace que laissent entre eux les corps des métatarsiens, plus grêles que les extrémités, est désigné sous le nom d'espace iulerosseux ; il est rempli parles muscles interosseux dorsaux et plantaires.
MÉTATARSIENS.
Nous ne décrirons point les métatarsiens les uns après les autres, nous ferons connaître leurs caractères communs, puis leurs caractères différentiels.
1° Caractères généraux.
Position. — Pour les 2% 3» et 4' métatarsiens, placez en avant l'extrémilé arrondie, la face la plus larg'e de l'extrémité postérieure en liaul, la face concave en dehors.
Pour le i" métacarpien, l'extrémilé arrondie en fivant.la face convexe en dehors et en haut.
Pour le 5", l'extrémité arrondie en avant, la tubérosilé de l'extrémilé postérieure en dehors, le bord le plus tranchant en haut.
Comme à tous les os longs, on leur décrit un corps et deux extrcmilés. Le corps est prismatique, convexe en haut, concave en bas, aplati latéralement. Il présente une face externe, concave, la plus large de toutes ; les deux autres faces sont internes et séparées par un bord à peine saillant. L'une de ces faces est supérieure, l'autre est inférieure ; la supérieure est la plus étroite, elle correspond aux es'.paces interosseux. Le bord interne est à peine apparent. Le bord inférieur el\e bord supérieur -sont au contraire tranchants.
h' exlrénûté postérieure est cunéiforme; elle présente cinq facettes; la facette supérieure, plus large, et la facette inférieure, beaucoup plus étroite, donnent attache aux ligaments dorsaux et plantaires. Les trois autres sont articulaires ; l'une postérieure, en général triangulaire, s'articule avec l'os correspondant du tarse ; les deux autres, souvent multiples, s'articulent avec les métatarsiens qui les avoisinent.
V extrémité antérieure on digitale présente une Icte aplatie sur les côtés ; c'est un condyle verticol, plus étendu dans le sens de la flexion que dans celui de l'extension ; de chaque coté de ce condyle on trouve comme aux métacarpiens une dépression qui donne attache à des ligaments.
2° Caractères différentiels.
Le premier métatarsien est très gros et le plus court de tous ; son corps est prismatique, triangulaire; de ses trois bords, l'un est supérieur, l'autre interne, l'autre externe ; sa partie postérieure n'a
pas de facettes arliciilaires latéi'ales ; la facette postcrieure est tiiang'ulaii'C, elle s'articule avec le premier cunéiforme ; l'extrémité antérieure est creusée inférieuiement de deux facettes latérales qui logent les os sésamoides. La partie inférieure et extérieure de son extrémité postérieure donne attache au jambier antérieur.
Le deuxième mélalarsien est le plus long; il s'articule par sou extrémité postérieure avec les trois cunéiformes entre lesquels il s'enchâsse comme dans une mortaise.
Le troisième métatarsien et le quatrième sont plus grêles que le précédent : ils ont à peu près le même volume et la même longueur. Le troisième présente à la partie interne de son extrémité postérieure deux facettes ; le quatrième, au contraire, n'en présente qu'une de chaque côté.
Le cinquième métatarsien n'a qu'une facette articulaire sur son côté interne ; sur son côté externe on trouve une apophyse très considérable appelée apophyse du cinquième métatarsien, a laquelle s'insèrent le court péronier latéral et l'abducteur du petit orteil ; cette apophyse peut être facilement sentie à travers les téguments.
Les os du métatarse s'articulent en arrière : le premier métatarsien avec le premier cunéiforme ; le second avec les trois cunéiformes et le troisième métatarsien ; le troisième, avec le troisième cunéiforme et les deuxième et quatrième métatarsiens ; le quatrième, avec le cuboïde et les troisième et cinquième métatarsiens; le cinquième, enfin, avec le cuboïde et le quatrième métatarsien ; en avant, les métatarsiens s'articulent avec les premières phalanges des orteils auxquels ils correspondent^
Les métatarsiens se développent par deux points osseux, un pour le corps, l'autre pour l'extrémité antérieure; le contraire a lieu toutefois pour le premier métatarsien.
m. ORTEILS.
Les orteils sont beaucoup plus courts que les doigts ; les pièces osseuses qui les constituent présentent les mêmes caractères que les phalanges des doigts.
Les premières phalanges sont semblables à celles des doigts, elles sont seulement plus arrondies ; elles sont plus longues que celles des autres phalanges des orteils. La première phalange du pouce donne attache à l'aide de deux os sésamoïdes, en dedans aux tendons réunis de l'adducteur et du court fléchisseur du gros orteil, en dehors à l'abducteur oblique et à l'abducteur transverse ; celle du petit orteil donne attache en dedans au court fléchisseur, en dehors au court adducteur.
Les secondes sont tellement petites, que le corps paraît manquer. Il n'existe pas de seconde phalange pour le gros orteil. A la partie su-
os SÉSAMUÏDES. 1 19
périeuie de la circonférence de l'extrcmité postéiicuie, on remarque un tubercule auquel s'allache une portion du tendon de l'extenseur. Les deux divisions du court fléchisseur commun s'insèrent aux bords et à la face inférieure de cet os.
Les troisièmes sont tout à fait semblables à celles des doigts, mais proportionnellement un peu plus larges ; la phalangette du gros orteil présente des dimensions beaucoup plus considérables que celle du pouce. Leur extrémité postérieure donne attache à la division médiane du tendon de l'extenseur commun ; les deux divisions du court fléchisseur commun s'insèrent aux bords et à la face inférieure de cet os.
Leur mode de développement est le même que celui des phalanges des doigts.
os SÉSA510ÏDES.
On donne ce nom à de petits os qui se développent autour de certaines articulations, principalement de celles des doigts et des orteils ; on les rencontre surtout dans l'épaisseur des tendons. On leur considère deux faces^ dont l'une est recouverte par la substance tendineuse dans laquelle ils se sont développés ; l'autre est lisse, encj-oùtée de cartilages et en rapport avec l'articulation ; leur circonférence donne attache à la capsule 'articulaire. Ces os, dont on ne trouve aucune trace chez lee. enfants, se développent avec l'âge; il sont, comme les autres os, représentés d'abord par un point cartilagineux qui s'ossifie. Leur structure est la même que celle des os courts.
Ils se rencontrent ;
A lamain (fig. 31). — V'X la partie antérieure de l'articulation de la première phalange du pouce avec le premier os du métacarpe. Dans ce point on trouve deux os sésamoïdes ; 2" on trouve assez rarement un os sésamoïde au niveau de l'articulation de la première phalange du doigt indicateur avec le second métacarpien ; cet os occupe le côté interne de l'articulation ; plus rarement, il existe deux os sésamoïdes, l'un en dedans, l'autre en dehors; 3° quelquefois on trouve un os sésamoïde au côté interne et antérieur de l'articulation du petit doigt avec le premier métacarpien.
Au pied (fig. 41). — l'' On en trouve constamment deux à la parlie inférieure de l'articulation de la première phalange du gros orteil avec le premier métatarsien; 2° souvent on en trouve au niveau de l'articulation de la première avec la deuxième phalange du gros orteil ; 3^^ quelquefois on en rencontre à l'articulation de la première phalange du second orteil avec le second métatarsien ; 4° à l'articulation de la première phalange du petit orteil avec le cinquième métatarsien.
Au genou. — Outre la rotule que nous avons décrite et que nous avons considérée comme un os sésamoïde, on trouve à la partie postérieure de l'articulation, en arrière de chaque condyle du fémur, deux os sésamoïdes dans l'épaisseur des tendons du jumeau.
Enfin, on trouve souvent un os sésamoïde dans le tendon du long péronier latéral, dans le point où il passe sous le cuboïde, et dans celui du jambier antérieur, près de son insertion au scaphoïde.
ARTHROLOGIE
PRÉPARATION DES ARTICI'LATIOS.
Les arliculalions peuvent être étudiées sur un sujet qui a déjà servi pour la myoloo'ie ; cependant nous engageons les élèves à consacrer une ouverture à l'élude de cette partie si importante de l'analomie. Il arrive souvent, en effet, qu'après la dissection des muscles, les ligaments, mis à découvert, se salissent, se dessèchent, de sorte que, malgré les plus grands îoins,' on n'a qu'une préparation imparfaite. Nous les engageons encore à préparer l'articulation des deux côtés du corps : d'un côté, on disséquera avec soin les ligaments, puis on ouvrira l'articulation dès que ceux-ci seront étudiés ; de l'autre côté, on conservera les tendons qui s'insèrent sur les extrémités des os qui concourent à former Frirliculation. De cette manière on aura une connaissance beaucoup plus exacte des rapports, et l'on appréciera avec plus de facilité l'étendue et la nature des divers mouvements articulaires.
Lorsqu'on veut disséquer une articulation, il faut d'abord couper les os à une certaine distance des surfaces articulaires, assez grande toutefois pour que l'on n'ait pas la crainte de couper les ligaments qui les unissent ; celte précaution préliminaire permet de saisir la pièce avec plus de facilité, cl de la tourner dans le sens le plus favorable pour la dissection. Les ligaments seront découverts et isolés de prime abord ; les capsules articulaires seront séparées avec soin des parties qui les recouvrent. Il faut dans cette dissection apporter la plus grande précaution, car on s'exposerait îi ouvrir la capsule.
Souvent les commençants prennent pour des ligaments les tendons qui s'insèrent dans le voisinage de l'articulation ; ils éviteront toute source d'erreur en se rappelant que les ligaments sont insérés aux os par leurs deux extrémités, et que les tendons ont une extrémité adhérente à l'os, et que l'autre extrémité se continue avec des fibres charnues. On ne doit pas enlever le périoste qui entoure l'os au niveau des arliculalions, car on s'exposerait à détacher en même temps l'insertion du ligament. Si cependant, pour que la pièce soit plus propre, on jugeait à propos de rnginer l'os, il faudrait circonscrire avec un fort scalpel l'insertion du ligauienl, et l'on gratterait l'os de son exlréniilé articulaire vers son corps.
Quand on aura étudié les ligaments qui entourent l'articulation, il famlra passer à l'examen de rinturieur de cette articulation, c'est-à-dire, étudier les surfaces articulaires, les cartilages d'incrustation, les ligaments interatliculaires, les membranes synoviales, etc.
Pour les surfaces articulaires, il suffira d'ouvrir largement les articulations alin d'étudier leur forme. On constatera l'épaisseur du cartilage diarlhrodial en sciant l'os perpendiculairement à sa surface articulaire. Pour étudier les fibro-cartilages et les cartilages interarticulaires, il faut pratiquer des coupes dont la direction varie nécessairement avec l'articulation que l'on veut examiner. Nous aurons soin d'indiquer ces diflerentes coupes lorsque nous décrirons les articulations en parti-
122 ARÏHROLOGIE.
ciiliers. l.cs ciipsulcs synoviales soroiil prqjLirées par la disscclion, par l'insufllation ; • iaiis le plus ifrand nombre de cas, il siiliil d'ouvrir Tarliculation et d'examiner par l'ouverlure le trajet de la membrane synoviale ; on étudiera en même temps les franges synoviales et les gland ules synovipares.
Les articulations préparées peuvent être conservées par la dessiccation ; dans ce cas, il faut donner à l'articulation la position qu'on désire qu'elle consei^e. Nous ferons remarquer qu'à l'aide de ce procédé on ne conserverait qu'une pièce sans valeur; car, en se desséchant, les ligaments se racornissent, perdent leur coloration normale, deviennent très roides, rarliciilalion perd toute sa mobilité. Voici le procédé que conseille M. le professeur J. Cloquet pour conserver aux ligaments toute leur souplesse (i).
11 prend : eau, 10 parties; chlorure de sodium, 4 parties; alun, d parlio. H fait macérer dans ce mélange pendant quinze à vingt jours l'.-irliculalion bien préparée ; il recommande en outre de la mouvoir souvent, de tordre les ligaments, et de les frapper même avec une petite masse de bois léger. Puis il fait sécher l'articulation pendant cinq ou six jours, en ayant soin de la mouvoir et de frapper encore les ligaments; ensuite il la plonge pendant sept à huit jours dans une dissolution concentrée de savon ; enfin il la lave dans une lessive peu concentrée de carbonate de soude : 30 grammes de sel pour 1 litre d'eau ; après quoi il fait sécher. Il conseille encore un autre procédé qui consiste à faire macérer l'articulation dans un mélange à parties égales d'huile d'olive et d'essence de térébenthine. Bogros conseille de plonger les articulations dans un mélange de parties égales d'alcool et d'essence de térébenthine, et de faire exécuter souvent des mouvements à l'articulation. Nous devons ajouter que ces divers procédés de conservation n'ont paî donné à M. Lenoir des résultats complétements satisfaisants.
L'arlhrologie a pour objet l'étutle des articulations. Cette partie de l'anatomie est encore désignée sous le nom de syndesmologie, c'est-à-dire étude des ligaments. Mais à l'exemple de M. Cruveilhier, nous avons préféré le mot arthrologie, car nous devons étudier nonseulement les ligaments, c'est-à-dire les moyens d'union des os, mais encore les surfaces articulaires, les membranes synoviales, etc.