‹ Nouveau traitement de l'angine couenneuse du croup et des autres localisations de la diphthérie par le baume de copahu et le poivre cubèbeChapitre 1 sur 5 · C. Baillt Baiuièee · texte numérisé non relu

C. Baillt Baiuièee

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NOUVEAT TRAITEMENT

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L’ANGINE COUENNEÜSE

Idées qui ont conduit à l’expérimentation de ce nouveau traitement. — Résultats obtenus au milieu d’une épidémie meurtrière. — Mode d’administration et doses des remèdes. — Traitement général. — Loi thérapeutique que révèlent les phénomènes observés. — Antagonisme constant entre l’exanthème médicamenteux et l’énanthème morbide.

Grâce aux remarquables travaux auxquels ont donné lieu les épidémies de diphthérie qui, depuis une quinzaine d’années, ont sévi sur tous les points de la France et dans l’Europe entière, les caractères et la marche de cette terrible affection sont aujourd’hui assez exactement connus par la majorité des praticiens.

Malheureusement, pour cette maladie, comme pour beaucoup d’autres, la thérapeutique est bien moins avancée que la nosologie. On n’en peut vraiment pas douter, lorsqu’on sait ( et M. le docteur Trousseau, dont les écrits ont jeté une si vive lumière sur cette maladie, n’a pas manqué de le faire remarquer), lorsqu’on sait, disons-nous, que, depuis une quinzaine d’années, la diphthérie a pris une gravité, une malignité qu’elle était loin ■ d’avoir il y a trente-cinq ans.

Témoin de l’épidémie cruelle qui a fait invasion, il y a près de I cinq ans, dans le département de la Mayenne, et principalement i dans les cantons de Chailland et de Mayenne-Est, épidémie qui

1: frappe encore, par intervalles, quelques personnes, j’ai pu véri- 1 fier toute l’exactitude et la profondeur des observations de M. le

docteur Trousseau, et poursuivre avec persévérance la recherche du traitement de cette redoutable affection.

Les succès constants obtenus par l’emploi des remèdes que cet opuscule a pour but de faire connaître m’autorisent à croire que j’ai trouvé le véritable traitement de la diphthérie.

Cette croyance sera, nous en avons l’intime conviction, partagée par tous les praticiens qui prendront la peine de lire les observations qui font suite à cette étude et viennent la compléter.

La maladie fit sa première apparition dans les communes de Juvigné et de Saint-Pierre-des-Landes, appartenant toutes deux au canton de Chailland. Les médications employées jusqu’à ce jour pour combattre le fléau furent aussitôt mises en œuvre. On recourut surtout à la cautérisation ; mais tous les moyens eurent le même insuccès, et deux cents personnes environ succombèrent en peu de temps.

Nous renonçons à peindre la consternation générale devant cette impuissance de l’art. On n’en aura qu’une bien faible idée quand nous aurons dit que la population tout entière de Saint- Pierre-des-Landes se rendit processionnellement, et pour la première fois, de mémoire d’homme, en pèlerinage à la chapelle de Charnay, près d’Ernée.

Cependant l’épidémie suivait son cours. Bientôt elle se manifesta dans la commune d’Andouillé, où je réside depuis longtemps, ainsi que dans les communes environnantes. Les premières personnes qui ressentirent les atteintes de la maladie me firent aussitôt appeler.

Bien convaincu déjà de l’impuissance des médications topiques qui me semblaient peu rationnelles, toujours fort douloureuses et d’une très-difficile application, je me refusai à en faire usage; mais cette médication était alors en crédit; de savants auteurs l’avaient tout récemment entourée du prestige de leur incontestable talent. Aussi les partisans de la cautérisation furent-ils au début seuls appelés.

Les résultats de leur traitement, je le dis à regret, ne furent pas heureux; mais on ne saurait en être fort surpris lorsque, suivant les idées admises par la science moderne, on considère la diphthérie comme une affection générale. On a peine, en effet, à comprendre que l’on ait prétendu enrayer une maladie générale au moyen d’une médication locale. Il serait, selon nous, tout aussi naturel de prétendre enrayer la variole en cautérisant une ou

DE L’aNGINE COUENNEUSE

deux pustules; la scarlatine et la rougeole, en brûlant quelques taches éruptives.

Ai-je besoin d’ajouter que dans nombre de cas la médication topique n’est pas sans danger? Il n’est pas difficile de le comprendre, car tous les praticiens savent de quelle importance est l’alimentation dans le traitement de la diphthérie.

Or « la cautérisation laisse après elle un dégoût insurmontable » pour les aliments, dégoût accompagné d’une véritable douleur ï dans la déglutition. Les enfants repoussent toute nourriture^ » M. le docteur Coulon a fait la môme observation A ce sujet, nous croyons utile de citer les paroles mêmes de M. le docteur Trousseau 3 :

« Un des signes les plus alarmants pour le pronostic, dit l’émii nent professeur, c’est le défaut d’appétit, c’est le dégoût de * toute espèce de nourriture. Il faut chercher à le vaincre par s tous les moyens possibles, et, pour y parvenir, je ne crains pas J d’aller quelquefois, chez les enfants, jusqu’auxmenaces; tant que t l’appétit est conservé, il y a grandes chances de guérison. »

ï Faire manger les enfants, tel est le secret des premiers succès » deM. Trousseau, i ont judicieusement observé MM. Fischer et Bricheteau, dans le mémoire cité plus haut. Nous partageons entièrement cette opinion.

Quoi qu’il en soit, les circonstances où nous nous trouvions étaient pressantes, l’épidémie continuait ses ravages et les malades, ne pouvant plus douter de l’inefficacité de la cautérisation, m’arrivaient de toutes parts, disposés à se conformer à mes prescriptions.

Nous étions certainement sur la voie du traitement véritable de la diphthérie, puisque nous avions acquis la certitude qu’une médication générale pouvait seule lutter avec succès contre cette affection qui est générale. Par suite, le champ de nos investigations se trouvait plus circonscrit. Il demeurait cependant assez vaste pour qu’il fût encore trop facile de s’égarer en s’y engageant au hasard. Aussi me gardai-je bien de m’aventurer dans de stériles recherches sur la nature intime de l’affection que j’a-

1. Fischer et Bricheteau, Traitement du croup, Mémoire couronné par la Société impériale des Sciences, de l’Agriculture et des Arts de Lille, au concours de 1861, 2» édit. Paris, 1863.

2. Coulon, De l’Angine couenneme et du Croup, page 16. Paris, 1865.

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