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DE L'ANCINE COUENNEUSE
Observation IV.— Dans le village du Pont, près d’Andouillé, venaient de mourir du croup deux enfants du nommé Pelé, aubergiste, lorsque je fus appelé à voir, le 18 septembre 1862, le jeune Michel Couillet, âgé de cinq ans, et demeurant dans une maison contiguë à celle dudit P...
La difficulté extrême que le petit malade avait à respirer, la nature de la toux, et surtout la présence de fausses membranes sur les amygdales, me firent de suite reconnaître le croup d’emblée.
Je prescrivis le sirop de copahu et le sirop de styrax; le premier à la dose d’une cuillerée à café, et le second à la dose d’une cuillerée à bouche toutes les deux heures, altcrnativeraenl, de manière à ce que toutes les heures l’un des deux sirops fût administré.
Dès le lendemain, les fausses membranes avaient presque entièrement disparu ; la dyspnée était moins forte.
Au bout de quatre jours du môme traitement, guérison complète.
Dans le courant du mois de mai 1863, le jeune Michel G... fut pris, pour la seconde fois, d'angine couenneuse. Appelé à le traiter dès le début de la maladie, je lui prescrivis, avec le plus grand succès, le sirop de copahu et les dragées au copahu et cubèbe.
Observation V. — Dans la maison située en face de celle de Pelé, deux enfants du nommé Trillion, cultivateur, Marie, âgée de dix ans, et Baptiste, âgé de neuf ans, se trouvaient pris d’angine couenneuse en même temps que le jeune Michel Douillet Je prescrivis pour chacun des jeunes malades : une cuillerée à café de sirop de copahu et une cuillerée à bouche de sirop de styrax, toutes les deux heures, en alternant.
Après deux jours de traitement, Marie est complètement guérie.
I Quant à Baptiste, on eut, tout d'abord, beaucoup de peine à lui ’ faire prendre le sirop de copahu. La maladie fit des progrès rapides.
I Les amygdales et la luette étaient entièrement recouvertes de fausses . membranes. Le petit malade s’affaiblissait de plus en plus, refusant , toute nourriture, et ne pouvant quitter le lit. il A force d insistance, les remèdes ayant enQn été pris, la guérison eut I lieu au bout de sept jours.
Observation VI. — Le 2 janvier 1863, les époux Mieuset, de la Chai pelle-aux-Grains, commune de Saint-Georges-Butte-à-Vent, m’amènent 1 deux de leurs enfants, Léon, âgé de dix ans, etLéa, âgée de cinq ans. . Je constate chez ces deux enfants tous les symptômes de l'angine I couenneuse : amygdales tuméfiées et recouvertes de fausses memt branes.
Chez la petite Léa, complication de coqueluche.
Pour les deux enfants, je prescris les sirops de copahu et de styrax.
Apres cinq jours de ce traitement, les deux enfants sont guéris de
Trjdead.
1 angine couenneuse, et la petite Léa, chose cligne de remarque, est complètement débarrassée de la coqueluche.
Le 25 du môme mois, au milieu de la nuit, on vient me chercher pour le jeune Almire Mieuset, âgé de sept ans et demi, irère des précédents.
Je trouve cet enfant très-oppressé, fort affaibli par suite d’une hémorragie nasale considérable. La voix est éteinte, et la toux croupale. Fausses membranes occupant tout le pharynx.
La maladie date de sept jours au moins.
Nul doute que le malade ne se trouve dans la période adynamique.
Pendant tout le cours de la maladie, la mère s’était bornée à tenir cet enfant au lit et à lui faire prendre des bains de pieds.
La guérison si prompte de ses deux autres enfants par le copahu et le styrax lui avait sans doute fait supposer que celte maladie n’offrait aucun danger, et que les soins d’un médecin étaient superflus.
Grande était son erreur. L’enfant mourut le lendemain ‘ .
Observation VII. — Dans le courant du mois de janvier 1863, une enfant de la veuve Desbois, et le nommé Jaillier, Jean, âgé de trentesept ans, après quelques jours de traitement par les topiques, mouraient d’angine couenneuse dans le village de Launay-Noyer, commune de Sacé.
Le 30 du même mois, le nommé Secoué Louis, âgé de vingt-neuf ans, beau-frère dudit Jaillier, se rend à la ferme de Launay-Noyer, pour prêter son concours à la veuve Jaillier, sa sœur.
Le 2 février, il éprouve un léger mal de gorge, accompagné de fièvre. Une sœur de charité de Martigné lui toucha les amygdales avec une éponge imbibée d’un caustique. N’éprouvant aucun soulagement par celle médication, Secoué vient me trouver le 4 février. 11 a de la fièvre; le pouls bat plus de cent pulsations à la minute. L’amygdale gauche tuméfiée est recouverte de fausses membranes, d’un blanc jaunâtre. Quelques taches blanches sur l’amygdale droite. Ganglions du cou douloureux du côté droit, tête inclinée de ce côté.
Prescription : une cuillerée à bouche de sirop de copahu toutes les deux heures et une cuillerée à bouche de sirop de styrax dans les intervalles. Il commença ce traitement le 4 février, àsept heures du soir.
Le lendemain, 5 février, plus de fièvre; diminution des fausses membranes.
Continuation du traitement jusqu’au 8 février.
A cette date, guérison complète. Cependant, un examen minutieux
1. Avant celte mort, j’avais traité environ cinquante malades atteints d’angine couenneuse sans en perdre un seul. On voit du reste clairement par l’observation même que je fus appelé alors que tout traitement devait fatalement demeurer mpuissant.
DE L’ANGINE COUENNEUSE
révèle encore l'existence de deux débris de fausses membranes du diamètre d’un grain de blé. Ils se trouvent l'un à la base de la luette, du côté gauche, l’autre à la partie postérieure du pharynx du côté droit.
Observation VIII. — Le 5 février 1863, la femme Géhan, de la Chapelle-aux-Grains, commune de Sainl-Georges-Butte-à-Vent (Mayenne), que j’avais guérie, quelques jours auparavant, d’une angine couenneuse fort grave, m’amène son lils Julien, âgé de huit ans.
11 est pris seulement de la veille (c’est du moins ce que me dit la mère) et rejette déjà de fausses membranes par le nez.
Je prescris les sirops de copahu et de styrax.
Je n’ai des nouvelles du jeune Julien que le 10 février. Le malade est, à cette époque, considérablement affaibli; il ne peut se lever; il refuse toute nourriture, et continue à rejeter par le nez une grande quantité de fausses membranes qui sont promptement remplacées par de nouvelles; un liquide âcre coule des narines; les yeux sont larmoyants; tuméfaction œdémateuse du nez, légère épistaxis; en un mot, état tellement désespéré, que les derniers sacrements sont administrés au malade.
Je pus bientôt m’expliquer celte aggravation de la maladie, en apprenant que le jeune Julien n’avait pu supporter le copahu.
N’espérant pas vaincre la répugnance du malade pour le médicament, j’y substituai le poivre cubèbe que je prescrivis à la dose d’une cuillerée à café toutes les trois heures dans des confitures.
En môme temps je lis cesser l’emploi du styrax sur la pureté duquel j’avais des doutes sérieux.
Au bout de vingt-quatre heures, le petit malade cesse de rejeter les fausses membranes; l’appétit commence à reparaître.
La guérison est complète après six jours de traitement par le poivre cubèbe seul.
Observation IX. — Victor Ghaussy, âgé de quinze ans, domicilié à la Guérivais, commune de Placé, venait de mourir d’une angine couen* neuse, au commencement du mois de février 1863, après avoir reçu, pendant plusieurs jours, les soins d’un médecin qui avait employé les topiques, lorsque, le 10 du même mois, son frère Eugène, âgé de huit ans, me fut amené.
Je constate tous les symptômes d’une angine couenneuse. Les amygdales, tuméfiées, étaient tapissées de fausses membranes.
Prescription : une demi-cuillerée à bouche de sirop de copahu toutes les deux heures, alternant avec une cuillerée de sirop de styrax.
Soit erreur, soit espoir de hâter la guérison, on üt prendre le sirop de copahu par cuillerée à bouche. Le malade n’en put supporter plus de deux cuillerées. Je fus appelé le lendemain. La maladie avait fait
NOUVEAU THAITEMENT
(les progrès rapides. La partie postérieure du pharynx et la luette étaient envahies par les fausses membranes.
Allaiblissemeot considérable du malade qui ne ci uitte pas le lit. Prescription : cesser le sirop de copahu, continuer à prendre le sirop de styrax. De plus, 16 grammes par jour de dragées de copahu et cubèbe.
Pour arrêter le dévoiement, occasionné par le sirop de copahu, sirop diacode, quatre à six cuillerées à café par jour.
Le 13, le dévoiement a cessé.
Le 14, rejet de fausses membranes. Continuer le même traitement. Le 15, amélioration très-notable; retour de l’appétit : cependant il existe encore quelques fausses membranes.
Les 16 et 17, continuation du même traitement.
Le 18, éruption scarlatiniforme sur tout le corps.
Disparition complète des fausses membranes.
Guérison suivie d’une longue convalescence.
Observation X.— Le 12 mars 1863, Guittier Jean, ùgé de cinquantedeux ans, cultivateur, demeurant à la ferme de Pérouseaux, commune de Contest, vient chez moi pour me remettre le montant d’une petite somme qu’il me devait. Il avait fait à pied plus de 14 kilomètres, et i: n’éprouvait aucune fatigne. Cependant, comme il ressentait, depuû la veille, un léger mal de gorge, qui au début avait été précédé de fièvre, il m’a prié de l’examiner. Je constatai sur l’amygdale droite k présence d’une pseudo-membrane de très-petite dimension. Ne doutan pas que j’avais affaire à une angine couenneuse, je prescrivis une cuil lerée à bouche de copahu, toutes les deux heures, avec une cuillerée à bouche de sirop de styrax, dans les intervalles, toutes les deux heure: également.
Je ne dissimulai point à Guittier la gravité de sa maladie, et l’enga geai à revenir me voir le lendemain.
De retour chez lui, il rencontra le propriétaire de la ferme, M. Beau chêne de Mayenne, fils d’un ancien pharmacien, et lui apprit qu’i venait de me consulter, qu’il avait une angine couenneuse et que je lu avais ordonné les sirops de copahu et de styrax. M. Beauchêne s’amus; beaucoup de la frayeur de son fermier et lui dit qu’on n’était guèr malade lorsqu’on faisait sept lieues à pied ; que le copahu était un drogue horrible à prendre, etc., etc.
Guittier ne se laissa que trop facilement persuader et il mit de côt le copahu et le styrax.
Le 13 et le 14, il continue ù se livrer à ses travaux habituels.
Le 15 on remarque chez lui un enrouement assez prononcé.
Le 16, le malade garde le lit. On vient me chercher.
Le 17 seulement, je puis me rendre auprès du malade. Le pouls es
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fréquent et petit. Aphonie et dyspnée considérables. Sueur abondante sur le visage. Rejet continuel d’un liquide filant comme du blanc d’œuf et mêlé de fausses membranes, le pharynx en est tapissé.
Son .état est des plus graves ; il offre beaucoup de ressemblance avec celui d’un malade à la dernière période d’une phthisie laryngée. Sans espoir de réussir, je lui fais prendre cependant du sirop de copahu et du sirop de cubèbe. 11 succomba le lendemain.
-M. Beauchéne, en apprenant la mort de son fermier, manifesta un -grand chagrin et se reprocha d’en être l’auteur involontaire.
J’ai l’intime conviction que celte fois il ne se trompait pas.
Observation XL — Quelques jours après, un des frères de Jean .Guittier, Joseph G..., ûgé de quarante-huit ans, est pris d’angine couenneuse. On vient me chercher dès le commencement de la maladie. • Je prescris du sirop de copahu et des dragées copahu et cubèbe.
Quatre jours de ce traitement suffisent à enrayer la maladie.
Observation XII. Le 23 avril 1863, Rosalie Ferrand, veuve Charfpentier, âgée de quarante-neuf ans, cultivatrice, domiciliée à la ferme :lu Plessis, commune de Contest, vient me trouver.
^ La veille elle avait ressenti de la fièvre et souffert de la gorge. La Lièvre est tombée ; mais je constate sur les deux amygdales la présence de taches pseudo-membraneuses.
Cette femme dit : « Ma fille Pélagie, âgée de vingt ans, est morte du
> croup, il y a huit jours. Un médecin de Mayenne qui l’avait vue,
> m a dit qu’il n’y avait rien à faire. Moi, je viens vous trouver pour que 1 vous me traitiez, car je ne veux pas mourir L i
^ Ayant son domicile à plus de vingt kilomètres d’Andouillé, elle se ixa dans celte localité, pour suivre son traitement.
Après avoir pris du sirop de copahu et des dragées, copahu et mbèbe, pendant quatre jours, elle put retourner chez elle compléteuent guérie.
Observation XIII. - La femme Fougeray Michelle, femme Carré -gée de trente-trois ans, demeurant à la Closerie de la Planche com- ■mne d’Andouillé, est prise de fièvre et d’angine couenneuse le 2 3ai 1863. Elle ne vient me trouver que le 6. L’amygdale droite seule ■St recouverte de fausses membranes.
1 . La diphthérie s’est montrée très-maligne dans la ville de Mayenne (où DOS les malades furent traités par les topiques, et notamment par la cautérisation, •U plusieurs même subirent avec le même insuccès la tiachéotomie). M. le -octeur L..., médecin des épidémies pour l'arrondissement de Mayenne, me
isait un jour : « Jamais nos successeurs ne pourront croire que cotte épidémie it fait autant de victimes. »
Je prescris : sirop de copahu, une demi-cuillcrée toutes les deux heures. Dragées copahu et cubèbe, 24 grammes par jour. Guérison après deux jours de ce traitement.
Le 25 septembre de la même année, cette femme reçoit un coup de pied d’un jeune cheval dans la hanche droite. Il n’y a qu’une légère excoriation d’un centimètre d’étendue environ .
Le 27, perte de l’appétit.
Le 28, fièvre violente.
Dans la nuit du 1er au 2 octobre, oppression, ronflement.
Je suis appelé le deux. Je constate une lièvre très-forte. Le pouls bat 127 [pulsations à la minute. Tuméfaction des deux amygdales qui sont tapissées de fausses membranes très-épaisses. 11 s’en trouve aussi tout autour de la luette. La malade est très-aiï'aiblie.
Je prescris ; sirop de copahu, une demi-cuillerée à bouche toutes les deux heures. Dragées copahu et cubèbe, 30 grammes dans les vingtquatre heures.
Le 3, faiblesse extrême; lipothymies fréquentes ; dévoiement. Supprimer le sirop de copahu; prendre 40 grammes par jour de dragées au copahu et cubèbe.
Le 4, pas de changement. La malade reçoit les derniers sacrements.
Le 5, la malade peut prendre un peu de nourriture.
Prescription : 60 grammes de dragées au copahu et cubèbe dans les vingt-quatre heures.
Le 6, épistaxis, grande faiblesse, continuation des dragées copahu et cubèbe. Trois lavements par jour contenant chacun 15 grammes de cubèbe.
Le 7, les fausses membranes commencent à se détacher. Les liquides pris sont rejetés par les narines. Continuation du traitement.
Le 8, éruption scarlatiniforme sur tout le corps. Les fausses membranes sont presque entièrement détachées. Sur quelques points, elles sont remplacées par un enduit pultacé. Difficulté extrême à manger. Rejet par les narines de tous les liquides pris.
Le 9, toutes les fausses membranes se sont détachées. Celle qui enveloppait la luette vient tout d’une pièce et présente l’aspect d’une gaine très-épaisse. L’éruption est à son plus haut degré.
Ayant senti, en m’approchant de la malade, une odeur extrêmement fétide, j’en cherche la cause. La hanche droite où la malade avait reçu un coup de pied de cheval est frappée de gangrène.
Le 17, une vaste escarre se détache, la plaie fournit une suppuration abondante, mais ne se recouvre pas de fausses membranes.
Cette plaie finit par se cicatriser, mais la malade, d une constitution éminemment lymphatique, épuisée par la suppuration, et frappée d’une paralysie diphthéritique du pharynx qui l’empêche de senourrir, succombe le 18 novembre 1863, dans un état de marasme profond.
DE L’ANGINE COUENNEUSE
Observation XIV. — Marie-Aiigustine Lemonnier, âgée de douze ans, demeurant au moulin Morand, commune de Saint-Germain d’Anxure, meurt le 30 août 1863, d’une angine couenneuse traitée par la cautérisation. Quelques jours après, le nommé Victor Lemonnier, son frère, âgé de sept ans, est pris de la môme maladie. Un médecin le cautérise à plusieurs reprises, et sans aucun succès. Lorsque je suis appelé, l’enfant est très-alfaibli, il refuse toute nourriture; il a de fréquentes lipothymies.
M. le curé de Saint-Germain, ne doutant pas d’une mort prochaine, veut administrer les derniers sacrements au petit malade.
Je constate dans la gorge de fausses membranes très-épaisses. Immédiatement je fais prendre plusieurs dragées au copahu et au cubèbe. Voyant que le petit malade les prenait sans trop de difficulté, je crois pouvoir compter sur une guérison certaine. En effet, après quatre jours de traitement par le sirop de styrax et les dragées copahu et cubèbe, l’appétit reparaît, les forces reviennent et les amygdales sont complètement dépouillées des fausses membranes qui les recouvraient.
Observation XV. — Le père de cet enfant, Lemonnier Urbain, âgé de quarante-six ans, est atteint de la même maladie quelques jours plus tard.
Traitée dèsledébut par le sirop de copahu et les dragées de copahu et cubèbe, elle est enrayée en moins de trois jours.
Observation XVI. — Le 24 septembre 1863 , Charles Legrand, âgé de quinze ans, demeurant avec ses parents à Andouillé, tombe d’un chêne assez élevé. Malgré cette chute, il continue à vaquer à ses occupations habituelles jusqu’au 26. Ce jour-là il se plaint d’un grand mal de léte et garde le lit. Je suis appelé. Le malade a une fièvre très-forte.
Les parents attribuent cette maladie à la chute dont nous venons de parler.
Cette explication ne me parait pas suffisante. J’examine la bouche du jeune Charles, et je constate sur les amygdales tuméfiées la présence de fausses membranes. C’était une angine diphthéritique. Traitée par les sirops de copahu et de styrax, cette affection céda en trois iours.
ObservationXVn.— Le 12 décembre 1863, je suis appelé pour la jeune Julie Bourgoin, âgée de douze ans, demeurant à la ferme de la Poterie, commune de Saint-Germain d’Anxure. Je constate tous les symptômes d’une angine couenneuse commençante.
Pour préserver de la contagion les autres enfants de Bourgoin, autant que pour être à même de mieux surveiller le traitement, j’en-
gage le père à conduire la jeune malade chez sa grand’mère , dans le bourg de Saint-Germain d’Anxure, qui est plus proche de mon domicile que ne l’est la ferme de la Poterie.
Deux jours se passent, et je ne reçois aucune nouvelle, le me rends inutilement à Saint-Germain d’Anxure, chez la grand’mère de la malade. Cette dernière n’y a pas été transportée. Je rencontre le maire de Saint-Germain, à qui je manifeste tout le mécontentement que me cause l’indifférence de Bourgoin au sujet de ses enfants. Vertement réprimandé par le maire, Bourgoin se décide à conduire la jeune Julie chez sa grand’mère. Je la vois le 15. La maladie a fait des progrès rapides. Les deux amygdales et la partie postérieure du pharynx sont recouvertes de pseudo-membranes. Il en existe aussi sur la luette.
Prescription; une demi-cuillerée à bouche desirop de copahu toutes les deux heures ; de plus, 25 grammes de dragées copahu et cubèbe, à prendre en douze fois dans les vingt-quatre heures.
Le lendemain 16 , vomissements, intolérance du sirop de copahu. J’en réduis la dose à une cuillerée à café toutes les deux heures. Continuation des dragées aux doses indiquées ci-dessus.
Le 17, dévoiement, défaut d’appétit.
Prescription : cesser le copahu, continuer à prendre les dragées. De plus, sirop diacode, quatre cuillerées à café dans les vingt-quatre heures.
Jusqu’au 21, même traitement.
Ce jour-là, septième du traitement, apparition d’un exanthème scarlatiniforme sur toute la surface du corps. Disparition des fausses membranes. Guérison.
Quelques jours plus tard, Lucie Bourgoin, âgée de cinq ans, et Clémentine Bourgoin, âgée de huit ans, sont prises d’angine couenneuse.
Le père, me gardant rancune sans doute des reproches que je lui avais adressés sur sa négligence, ne réclame pas mes soins. Les deux petites Lucie et Clémentine, traitées par la cautérisation , succombent au bout de quelques jours.
Observation XVIII. - Théophile Mérienne, âgé de huit ans, demeurant chez le nommé Besnier, au Tertre-Méral, près d’Andouillé, succombe à une angine couenneuse le 9 mai 186i. Le médecin qui l’avait traité avait eu recours à un vomitif, et avait appliqué un vésicatoire à la partie antérieure du cou.
Le 10 mai, dans la soirée, ledit Besnier Léon, âgé. de vingt-sept ans, tisserand, qui avait couché dans la môme chambre que le jeune Mérienne, éprouve un frisson suivi de fièvre, et ressent un mal de gorge.
Le 11, en se levant, il s’examine la gorge au moyen d’un miroir, et aperçoit sur l'amygdale gauche, qui est douloureuse, de petites taches blanches.
DE L’ANGINE COUENNEUSE
U vient sur-le-champ me trouver. Je reconnus tous les symptômes d’une angine couenneuse à son début. Il a de la fièvre, l’amygdale gauche est tuméfiée, elle est parsemée de petites taches blanches.
Prescription : une demi-cuillerée à bouche de sirop de copahu toutes les deux heures. Après vingt-ciualre heures de traitement, on ne voit plus aucune trace de fausses membranes. Besnier est parfaitement guéri.
Observation XIX. — Le 9 juin 18G4, dans la matinée, je visite la nommée Piau Jeannette, âgée de quarante ans, domestique au Tertre- Méra!.
Dès le S juin, la tille Piau a ressenti un léger mal de gorge. Elle a continué son travail ordinaire jusqu’au 9 juin. Ce jour-là, pas de lièvre; l’amygdale droite est tuméfiée; elle est recouverte en son entier d’une fausse membrane.
Prescription : sirop de Copahu, une cuillerée à bouche toutes les deux heures, et 25 grammes de dragées copahu et cubèbe dans les vingt-quatre heures.
Le 10, dévoiement très-fort.
Je fais suspendre l’emploi du copahu : sirop diacode, 30 grammes dans les vingt-quatre heures. Continuation des dragées copahu et cubèbe aux doses précédentes.
Le 1 1 , la fausse membrane couvre la luette en son entier. Petites taches blanches sur l’amygdale gauche.
La malade est très-indocile; la nuit dernière elle n’a pas pris de dragées.
Le 13, pas de changement notable. Continuer le même traitement.
Le 14, l’amygdale gauche est recouverte par la fausse membrane. Dans l’après-midi, la malade rend un litre d’un liquide filant comme du blanc d’œuf. Enrouement, toux fréquente.
Prendre d’heure en heure des dragées au copahu et cubèbe jusqu’à concurrence de 60 grammes dans les vingt-c[uatre heures.
Le 15, la malade continue à expectorer un liquide visqueux. Elle se plaint d’une augmentation de mal de gorge. Le soir, prurit violent par tout le corps. Ce prurit augmente pendant la nuit. Fièvre.
Le 16 au malin, exanthème scarlatiniforme sur le cou et les bras. Expectoration du liquide filant dont il a été parlé ci-dessus.
Prescription : continuer jusqu’au soir les dragées copahu et cubèbe. Le soir, la malade a cessé tout à coup de cracher.
Le 17, l’éruption s’étend sur tout le corps; les fausses membranes ont presque entièrement disparu.
Le 18, rien à noter, si ce n’est une constipation opiniâtre.
Prescription: sulfate de magnésie, 50 grammes.
Le 20, guérison complète; les derniers vestiges de fausses membranes
ont presque entièrement disparu en sens inverse (ainsi que cela arrive constamment) de leur production : 1° de l’amygdale gauche; 2» de lu luette; 3» de l’amygdale droite.
L’appétit n’est revenu que quelques jours plus lard.
L’éruption a mis cinq jours à accomplir son évolution, et a fini par une desquamation de l’épiderme.
Observation XX. — Huneau Jean, âgé de onze ans, domicilié chez ses parents, à la Gouvrie, commune de Saint-Ouen-des-Toits, me fut amené par son père le 8 octobre \ 864, vers midi.
La veille, son frère jumeau était mort d’une angine couenneuse, traitée par la cautérisation. Le père me dit que son dis Jean était malade depuis le b. Il ressentit ce jour-là un assez grand mal de gorge, sans toutefois garder le lit, ni rien changer à ses habitudes.
Respiration sifflante; aphonie complète ; toux croupale.
Les amygdales et le fond du pharynx sont tapissés de fausses membranes disposées en îlots.
Le pouls est plein, il bal cent dix-huit pulsations à la minute. Engorgement ganglionnaire du côté droit.
Prescription : sirop de copahu, une demi-cuillerée toutes les deux heures, alternant avec une cuillerée à bouche de sirop simple contenant un gramme de poivre cubèbe récemment pulvérisé.
Le lendemain : absence de fièvre; le pouls bat quatre-vingt-douze pulsations à la minute. L’enfant a dormi toute la nuit; on a beaucoup de peine à le réveiller pour lui administrer les remèdes. U a vomi le sirop de copahu deux fois dans la matinée, à quatre et à six heures. Pas de dévoiement, chaleur normale de la peau. L’aphonie persiste. Mais la toux n’est plus croupale. Elle est grasse.
Lundi 10, le pouls est faible; il marque quatre-vingt-douze à quatrevingt-quinze pulsations à la minute.
Ayant demandé à voir ce qui restait des médicaments, je remarquai avec surprise qu’ils n’étaient pas diminués en proportion des doses que j’avais prescrites. Sur l’observation que je lui en fis, le père me répondit :
* Si je ne lui ai pas donné de sirop toutes les heures, c’est que je ne » pouvais le réveiller ; j’avais beau le virer et le retourner dans son » lit, et le secouer de toute ma force, il ne se réveillait point. Je ne sa- » vais si c’était bon ou mauvais signe. Seulement, ne l’entendant plus * ronfler comme les nuits précédentes, j’ai pensé qu’il était mieux. »
En effet, le malade respire librement ; les fausses membranes se détachent.
Le sirop de copahu provoquant une répugnance invincible, j’en fais cesser l’emploi.
Continuation du cubèbe.
DE L’ANGINE COUENNEUSE
Le niiircii 11 octobre, le père devait me ramener le jeune malade. Iiu]uiet et ne les voyant pas, je me rends chez eux le lendemain. L’enfant était à se promener.
L’appétit était vif. Il n’y avait plus de fausses membranes et l'aphonie avait cessé dès le mardi.
C’est ce que m’a dit le père pour s’excuser de la négligence que je lui reprochais.
Le malade avait pris eu tout 24 grammes de poivre cubèbe et de 60 à 80 grammes seulement de sirop de copahu.
Observation XXL — Le 9 janvier 186S, le nommé Cottereau, aubergiste à Saiut-Roch, commune de Saint-Ouen-des-Toits, perd une petite lilte nommée Marie, âgée de deux ans et demi. La veille de sa mort, la petite malade avait été vue, pour la première fois, par un médecin qui, ayant reconnu le croup, avait déclaré qu’il n’y avait rien à faire.
Le lendemain, il janvier, Auguste Cottereau, frère de la petite Marie, est pris d’une fièvre violente. Il garde le lit. Le 12, la fièvre continuant, la mère examine la gorge du petit malade et aperçoit des taches blanches, toutes semblables à celles qu’elle avait remarquées chez la jeune Marie la veille de sa mort.
On vient me chercher. Je trouve le malade au lit, avec une fièvre très-forte. Le pouls bat cent trente-sept pulsations à la minute. Gangüons douloureux du côté gauche. Les deux amygdales, tuméfiées, sont recouvertes de fausses membranes, quelques parties de la muqueuse cependant n’ont pas encore été envahies.
Prescription : une cuillerée à café de sirop de copahu toutes les deux heures. Dans les intervalles, une deini cuillerée à bouche de sirop simple, tenant en suspension 50 centigrammes de poivre cubèbe, récemment pulvérisé.
Mercredi 14, l’enfant m’est amené en voiture. La fièvre est tombée. Les fausses membranes ont diminué d’étendue.
Continuation du traitement comme ci-dessus.
Jeudi lo, l’enfant a du dévoiement. On ne voit plus, sur les amygdales, que quelques taches blanches. Je fais cesser le sirop de copahu et continuer le cubèbe.
Le 16, guérison. L’appétit est vif.
Le petit malade a pris, en tout, 12 grammes de poivre cubèbe et douze à quinze cuillerées à café de sirop de copahu.
Observation XXII. — Marie Larue, âgée de six ans et demi, demeurant dans la commune de Saliit-Jean-sur-.Mayenne, est prise, le 13 février 1863, dans la soirée, d’une fièvre très-forte. Le lendemain, elle se plaint de mal de gorge.
Le 17, la mère aperçoit sur les amygdales des taches blanches. On m’amène la malade le 19.
Pendant toute la nuit précédente, la malade a accusé une grande oppression.
Le pouls bat cent huit pulsations à la minute. Les amygdales sont lumétiées et tapissées, ainsi que la luette, de fausses membranes. Engorgement ganglionnaire.
Prescription ; sirop de copahu toutes les deux heures, et, dans les intervalles, toutes les deux heures également, 50 centigrammes de poivre cubèbe, récemment pulvérisé, suspendu dans une cuillerée à bouche de sirop simple.
Lundi 20, le copahu n’est plus toléré ; vomissement et dévoiement. Il est rendu huit à dix gouttes de sang par la narine droite.
Pendant la nuit précédente, l’oppression et les ronflements n’ont pas cessé. Je fais suspendre l’emploi du copahu. Continuation du cubèbe.
Mardi 21, nouvelle épistaxis par la narine droite. Les fausses membranes commencent à se détacher. Continuation du cubèbe seul.
Mercredi 22, rejet d’un paquet de fausses membranes.
La malade accuse un grand mal de gorge. Les ronJlements ont cessé. Continuation du cubèbe.
Le 23, amélioration notable : l’appétit revient; on n’aperçoit plus que des fragments de fausses membranes. Cessation de tout traitement.
Le 24, guérison complète.
Observation XXIII. — Une petite fille, âgée de vingt-neuf mois, Marie Nérée, demeurant au village du Noyer, commune de Saint-Germaiu-le-Fouilloux, est prise de fièvre, le samedi 5 mars 18G5. Elle refuse toute nourriture.
Le 6, mémo état.
Dans la nuit du 6 au 1, oppression, ronflement.
Le 7, l’enfant m’est apportée. Fausses membranes très-épaisses sur les amygdales. Ganglions du cou douloureux et tuméfiés.
Je prescris : sirop de copahu, une cuillerée à café toutes les deux heures; poivre cubèbe, récemment pulvérisé, 40 centigrammes toutes les deux heures, dans une demi-cuillerée à bouche de sirop simple.
Le 8,dévoiement. Cesser le sirop de copahu, continuer à faire prendre du cubèbe.
Le 9, enrouement. Peu de changement dans l’état général. Traitement ut supra.
Le 10, grande amélioration ; l’enfant est levée , les fausses membranes se détachent.
Le 11, le mieux continue, l’appétit revient; à peine quelques débris de membranes subsistent encore.
DE I.'ANGINE OÜUENNEUSE
Samcili 12, guérison.
Il avait été pris, en tout, 30 grammes de poivre cubèbe, et six ou sept cuillerées à café seulement de sirop de copahu.
Observation XXIV. — Dans le mois de septembre 1862, les trois enfants du nommé Neveu, fermier à Jouet, commune d'Andouillé, sont atteints d’angine couenfieuse. Je suis appelé, et l’on me demande de cautériser les petits malades. Je m’y refuse résolùment et l’on s’adresse à un autre médecin.
Les trois enfants succombent une dizaine de jours après.
Depuis, les époux Neveux eurent un antre enfant, le nommé Baptiste, qui, âgé de vingt- huit mois, vient à tomber malade le 23 juin 186o. La mère, ayant remarqué qu'après une nuit sans sommeil son jeune enfant salivait abondamment, s’empresse d’examiner la bouche du petit malade, etsaisie de terreur, en apercevant de fausses membranes, elle s’écria : « Mon enfant a le croup! » Elle me l’apporte sans délai.
Je constate un gonUement prononcé des amygdales qui sont parsemées de taches pseudo-membraneuses, au nombre de dix ou douze, se touchant toutes sans se confondre, il y a de la lièvre et de la diarrhée.
Prescription ; sirop de copahu, une cuillerée à café toutes les deux heures; l'heure suivante, une demi-cuillerée à bouche de sirop simple contenant 40 centigrammes de cubèbe récemment pulvérisé.^ Dimanche 2o juin, la fièvre est tombée, les taches ne se sont pas étendues : continuation du traitement «fswpj’a.
Lundi 26, les fausses membranes ont diminué. Vers dix heures, l’enfant en rejette plusieurs. Cessation 'du copahu. Continuation du cubèbe.
Mardi 27, guérison complète.
Observation XXV. — Le dimanche 13 août 1865, vers quatre heures de l’après-midi, Claire Fourmont, âgée de sept ans, domiciliée à Alexain, fut prise d’une fièvre violente.
Bien qu’elle ne se plaignît point de mal de gorge , elle refusa de souper et se coucha à six heures.
Le lundi 14, elle resta au lit jusqu’à huit heures du malin. A midi, elle se plaignit d’avoir mal au cou. On lui demanda, à plusieurs reprises, si elle souffrait de la gorge. Elle répondit que non, et dîna comme d’habitude. Sa mère remarqua qu’elle salivait abondamment. Une voisine, madame Daniel, qui avait été, ainsi que son fils, atteinte d’angine couenneuse quelque temps auparavant, fut invitée à venir voir la jeune Claire. Madame Daniel assura qu’elle croyait à uneangine couenneuse.
La malade me fut alors amenée en voiture. Je constatai une lièvre très-forte ; le pouls battait cent vingt-cinq pulsations à la minute.
L’amygdale gauche, dont le volume était augmenté, se trouvait entièrement recouverte de fausses membranes. Il en existait quelques-unes seulement sur l’amygdale droite.
Je prescrivis de suite : sirop de copahu, une cuillerée à café toutes les deux heures, en alternant avec une demi-cuillerée à bouche de sirop simple, tenant en suspension 50 centigrammes de poivre cubèbe récemment pulvérisé, également toutes les deux heures.
Le mardi 15, la fièvre a diminué, mais la malade refuse de manger. Elle fait deseiïorls pour vomir. L’enfant est triste, la tête penchée. Je trouve la luette collée sur l’amygdale gauche, qui est encore recouverte de fausses membranes.
Prescriptions : cesser le sirop de copahu, continuer le cubèbe; trois cuillerées à café, soit 75 centigrammes de cubèbe toutes les deux heures.
Mercredi 16, la petite malade a dormi toute la nuit d’une manière très-bruyante et la bouche ouverte. On avait eu beaucoup de peine à la réveiller pour lui faire prendre les médicaments. La mère, dans la matinée, avait arraché, avec le manche d’une cuiller, plusieurs fausses membranes. Il venait en même temps du sang. Depuis ces tentatives, la gorge est douloureuse, et la petite fille refuse toute nourriture. Elle a du dévoiement. Le soir, rejet de fausses membranes qui semblent venir du larynx; l’une d’elles a la forme de l’épiglotte. La respiration est plus facile; cependant on voit sur les amygdales quelques fausses membranes un peu moins épaisses que les premières.
Même prescription.
Jeudi 17, la fièvre est complètement tombée. Plusieurs fausses membranes très-volumineuses ont été rejetées. Il n’existe plus sur les amygdales que quelques points blancs. L’appétit est revenu ; plus de dévoiement; respiration naturelle.
Vendredi 18 et samedi 19, nouveau rejet de débris de fausses membranes ; augmentation de l’appétit; la petite malade a repris ses jeux. Il existe seulement de la constipation.
Le dimanche 20, guérison complète. Il avait été pris, en tout, 48 grammes de cubèbe et huit cuillerées à café de sirop de copahu.
Observation XXVI. - Léonie Guérin, âgée de quatorze ans, était à Saint-Denis-de-Gasline, chez son grand-père, lorsqu’elle fut prise, le jeudi matin 24 août 1865, de fièvre accompagnée de mal de gorge.
Le 25, un médecin opéra l’excision, puis cautérisa 1 amygdale
gauche.
Le 26, l’amygdale droite était prise. La malade fut ramenée chez son père, à Alexain.
Le 27, je fus appelé. Il était trois heures de l’après midi lorsque je vis la malade.
DE L’ANGINE COUENNEUSE
Elle était au lit. Son pouls marf|uait cent dix-huit pulsations à la minute. Les deux amygdales étaient entièrement recouvertes de pseudo-membranes moins épaisses du côté droit, qui avait été pris le dernier.
Je prescrivis une demi-cuillerée à bouche faible de sirop de copahu, à prendre toutes les deux heures, alternant avec une cuillerée à bouche de sirop simple, contenant en suspension 1 gramme de poivre cubèbe récemment pulvérisé.
Le lundi à midi, les fausses membranes sont presque complètement disparues. Plus de lièvre.
Depuis le malin à dix heures, le sirop de copahu n’est plus toléré. J’en fais cesser l’emploi. Continuation du cubèbe.
Le mardi 29, plus aucune trace de fausses membranes. Retour de l’appétit; guérison complète.
La malade avait pris 60 grammes de sirop de copahu et 24 grammes de poivre cubèbe. Pendant le traitement, elle dormait d'un si profond sommeil qu’on avait beaucoup de peine à la réveiller pour lui administrer les remèdes.
A tous ces faits, résultats de notre expérience personnelle, résultats qui prouvent d’une manière évidente, palpable et irrécusable, l’el'flcacité du traitement de l’angine couenneuse par les balsamiques; nous joindrons ceux obtenus par M. le docteur Garreau, chirurgien en chef de l’hôpital de Laval, ancien interne lauréat des hôpitaux de Paris.
Voici, en effet, le résumé d’une lettre que M. ledocteur Garreau nous a fait l’honneur de nous adresser, et que le peu d’espace qui nous reste nous empêche d’insérer en son entier.
M. le docteur Garreau a eu l’occasion d’employer les balsamiques « dans six cas d’angine couenneuse bien caractérisés, et dans lesquels, non-seulement les amygdales étaient recouvertes de fausses membranes, mais encore la paroi postérieure du pharynx et le voile du palais ’. Chez un des malades « les fausses membranes s’étendaient dans les fosses nasales et empiétaientmême sur la peau de la lèvre inférieure.» « Chez un autre, qui portait depuis longtemps au bras un vésicatoire, la plaie s’était recouverte de fausses membranes. »
Or, voici les résultats obtenus parM. ledocteur Garreau :
1° Sous le rapport de la durée de la maladie : « Je suis obligé de reconnaître qu’avec l’emploi des balsamiques elle a été bien moindre qu’avec le traitement que j’employais jusqu’à présent. *
1. Toulce qui se trouve entre guillemets est cité textuellement de la lettre de M. le docteur Garreau.
32 NOUVEAU TKAITEMENT
2“ Au poinUlc vue de la raorlalitô : « Je n’ai eu aucune mort a déplorer. »
Nous devons dire que, conjointement aux balsamiques, M. le docteur Garreau employait les insuffiationside tannin.
Après avoir ainsi parlé de ses expériences personnelles, M. le docteur Garreau ajoute :
« Notre confrère, M. le docteur Angot, sur mon conseil, a administré le sirop de copahu dans un cas d’angine couenneuse grave, chez un adulte, à l'exclusion de tout médtcaTwen^, et après cinq jours de traitement les fausses membranes avaient complètement disparu. Il m’a autorisé à vous en faire part. »
M. le docteur Garreau conclutenfin en ces termes ; * Je suisconvaincu que celte nouvelle médication rendra de grands services dans le traitement de la diphlbérie, car elle s’appuie sur une idée thérapeutique vraie ; la modification de la sécrétion des muqueuses. »
Df Garreau.
Nota.— Nous appellerons l’attention des observateurs sur une particularité fort remarquable au sujet de la production de l’exanthème médicamenteux. Cet exanthème, qui n’arrive ordinairement qu’après un usage prolongé des balsamiques, apparaît cependant quelquefois après un traitement de trois ou quatre jours. Mais, que la médication n’ait duré que trois ou quatre jours, ou qu’elle ait été continuée plus longtemps, que les doses même aient été exagérées, c’est toujours du septième au huitième jour que l’on voit l’ exanthème se produire.