‹ Nouveaux éleménts d'hygiène [electronic resource]Chapitre 129 sur 267 · NUIT · texte numérisé non relu

NUIT

Travail

grammes.

grammes.

grammes.

grammes.

On a négligé, dans ces chiffres, les fractions de grammes.

On sait d'ailleurs, vulgairement, que l'exercice augmente tout d'abord la fréquence du rythme respiratoire, au point de produire l'essoufflement chez les non habitués. Il pousse en même temps à l'augmentation d'amplitude des respirations et il vient un moment où ce gain d'amplitude suffit à la suractivité respiratoire que le mouvement réclame; l'augmentation de fréquence des respirations devient inutile et disparaît.

Circulation.— L'exercice augmente la fréquence eL l'énergie des battements du cœur ; les artères se dilatent et le sang afflue plus particulièrement aux muscles en contraction. D'autre part, cette contraction même favorise la circulation veineuse; le ventricule droit se distend en conséquence et il se pro-

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PHÉNOMÈNES ÉLÉMENTAIRES DU MOUVEMENT

duit une réelle congestion pulmonaire qui joue le premier rôle dans la dyspnée des exercices violents chez ceux qui n'en ont pas l'habitude. Ace moment, le pouls esttoujours fréquent, mais il faiblit etpeut devenir irrégulier. Clifford Albutta fait remarquer qu'il se produit alors une sorte de cercle vicieux ; la poitrine se dilate énergiquement pourintroduire l'air nécessaire à l'oxygénation du sang, mais cette introduction même augmente la pression intrapulmonaireet empêchele cœur droit de se vider. Le cœur gauche, selon Traube, est soumis à un surcroît de travail en raison de l'augmentation de la pression artérielle. On a dit qu'il pouvait en résulter la dilatation des cavités gauches avec ou sans hypertrophie. Si la situation durait, il arriverait un moment où les muscles respiratoires seraient épuisés, tant par excès de travail que par insuffisance d'oxygénation du sang qu'ils reçoivent (asphyxie musculaire). Mais le cas se réalise rarement. Il peut toujours être évité par la progression dans l'énergie de l'exercice jusqu'à amener cet état si avantageux que Ton appelle « être entraîné » (de l'anglais : to train).

Système nerveux. — Le muscle n'agit pas sans incitation nerveuse ; ces deux systèmes sont solidaires et étroitement liés l'un à l'autre dans leur fonctionnement. Il se passe probablement, dans la substance nerveuse en action, des phénomènes fort voisins de ceux qui s'accomplissent dans les muscles, au point de vue de l'afflux du sang et des oxydations interstitielles. Lombard (de Harward-University) a démontré que le cerveau s'échauffe dans le travail intellectuel; Schiff, que les filets nerveux s'échauffent par la transmission des impressions sensitives ou motrices. On peut en conclure que la participation du système nerveux à la manifestation de l'activité musculaire lui assure à un degré plus ou moins intense des modifications analogues à celles qu'éprouvent les muscles mêmes.

Y a-t-il, à la suite de cette participation, une sorte d'épuisement, comme lorsque les physiologistes multiplient et renforcent à l'excès les irritants d'un nerf en expérience ? Toujours est-il que l'effet général de l'exercice sur le système nerveux est, le plus constamment, tout de sédation. Avec un exercice méthodique et modéré, cette sédation se traduit presque aussitôt par une régularisation plus parfaite des diverses formes de l'action nerveuse, par une sûreté et une énergie plus grandes de ses manifestations. Hygiéniquement conduit, l'exercice est le véritable moyen d'établir et de maintenir l'équilibre entre l'homme physique et ce qu'on appelle l'homme moral. Mais ce résultat est à longue portée et nous le verrons mieux dans les effets éloignés de l'exercice.

Fonctions digestives. — Le mouvement excite l'activité des organes digestifs. Il y a dépense plus grande de matériaux; par conséquent, le besoin de restitution augmente aussi et l'absorption se fait naturellement plus rapide. Il est probable aussi que, par l'exercice, les viscères abdominaux sont mécaniquement aidés dans leur mouvement et, d'ailleurs, bénéficient de la suractivité générale de la circulation. Ces conditions, toutefois, manquent le but dans un cas ; celui où l'individu se livre à un exercice énergique en se levant de table; l'afflux du sang aux muscles détourne celui qui devrait, à ce moment, se concentrer vers l'estomac, et les secousses mécaniques

990 DE L'EXERCICE ET DU REPOS. [Hygiène

précipitent trop tôt le contenu de celui-ci dansl'intestin. Nous avons maintes fois personnellement remarqué et signalé, dans l'armée, l'inconvénient sérieux qui résulte, pour les jeunes cavaliers, de l'obligation assez répétée de monter à cheval immédiatement après le repas. C'est une façon d'annuler l'alimentation.

Sécrétions. — Le mouvement excite la fonction sudorale de la peau d'une façon d'autant plus intense que l'assuétude est moindre chez les individus et que la température extérieure est plus élevée. C'est la conséquence de l'accumulation du calorique intérieur, de l'exagération des combustions interstitielles qui fournissent la chaleur transformable en travail et, sous l'appel du système nerveux, ont une tendance à en fournir trop pour qu'il y en ait assez. L'économie se défend contre la tendance au suréchauffement en évaporant de l'eau. Cette eau est fournie d'abord par celle des tissus et du sang; puis, par les combinaisons nouvelles des matières alimentaires; enfin, par les boissons, dont le besoin ne tarde pas à se faire sentir. L'exercice est un moyen sûr d'exprimer de la fibre animale les sucs aqueux superflus, de la raffermir par conséquent et de concentrer en quelque sorte le sang.

Voit et LPettenkofer ont reconnu que l'exercice fait plus que doubler la perte d'eau par la peau et les poumons. Maclaren porte à une moyenne de 40 onces (1,245 grammes) la perte subie parle fait de l'évaporation cutanée et pulmonaire, en six jours consécutifs, avec une heure d'escrime énergique par jour. Des membres d'une société nautique ont assuré à Brayton Bail qu'il leur arrivait parfois de diminuer déplus de 2 kilog. de leur poids en une après-midi, à la suite de l'exercice de la rame pendant la saison chaude. Un étudiant anglais parvint à perdre près de 6 kilog. en une seule course soutenue, avec un vêtement épais.

En revanche, et comme on pouvait leprévoir, la quantité d'urine diminue, à moins qu'il n'y ait eu ingestion de boissons abondantes.

Le chlorure de sodium rendu diminue également (puisque la sueur en a éliminé). Les acides urique, sulfurique, phosphorique, et le pigment augmentent. La potasse et la soude excrétées l'emportent sur la chaux et la magnésie.

En ce qui concerne l'azote urinaire, ses variations sous l'influence de l'exercice sont un point très controversé. J. E. Simon (1842), Lehmann(1844), W. A. Hammond (1855), Edward Smith (1861), ont donné comme constante une élévation plus ou moins sensible du chiffre de l'urée rendue. Voit et Pettenkofer (1866) trouvaient à peine une différence. Parkes (1866) reconnut une augmentation de l'urée en comparant, chez deux soldats de Netley, des périodes de repos et des périodes d'exercice énergique (marche de 8 à 10 lieues); mais, en tenant compte des différences de régime, il lui parut que l'excrétion d'urée dépendait plutôt de la richesse de l'alimentation en azote que de l'activité musculaire dépensée. Haughton (1868), expérimentant sur lui-même, ne trouva aucune différence sérieuse entre l'urée rendue pendant un exercice modéré (marche de 8 kilomètres par jour) et celle d'une période d'exercice énergique (32 kilonu par jour pendant cinq jours). Byasson (1868), Ritter (1872), constatèrent une légère augmentation de l'urée par l'activité musculaire.

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Austin Flint (1870) et Pavy (1876) ont repris la question en observant sur le même individu, le coureur Edward Payson Weston. Dans le premier cas, Weston avait parcouru une distance de 317 milles et 1/2 (environ 511 kilom.) en cinq jours ; dans le second, il avait franchi 450 milles en six jours (724 kilom.) ; les circonstances sont donc comparables. Or, les résultats furent de même sens dans les deux cas : avec un régime azoté, V exercice énergique, continué pendant une série de jours, augmente C excrétion d'urée pendant le travail même , plus que ne le comporterait la richesse azotée du régime. D'ailleurs, l'hypersécrétion d'urée se prolonge au repos, quelques jours encore après la cessation du travail, même modéré (Parkes, Flint). C'est, peut-être, pour avoir négligé l'observation de cette période, que beaucoup d'auteurs sont arrivés à des résultats contraires à l'énoncé ci-dessus.

William North (de Cambridge) a, de même, constaté (1878) que l'exercice énergique augmente, quoique dans des limites modérées, l'excrétion d'azote urinaire ; mais il a soin de faire remarquer que cet azote provient beaucoup plus des réserves de l'économie, c'est-à dire de l'azote fixé dans les tissus, que de celui de l'alimentation. Lawes et Gilbert, ayant tourné leur attention vers les conséquences d'une fatigue excessive, comme il arrive chez le chasseur, le pugiliste, le cheval de fiacre, le chien de chasse, acquirent la certitude que, à moins que l'organisme ne soit surmené, la demande provoquée par une augmentation d'exercice musculaire est plutôt caractérisée par un besoin des constituants non azotés des aliments, que de leurs constituants azotés.

11 ressort de ces observations que la mémorable expérience de Fick et Wislicenus (1866) conserve sa signification; ce n'est pas l'oxydation des albuminoïdes, mais celle des hydrocarbonés et de la graisse, qui fournit la chaleur transformable en travail ; la destruction d'albuminoïdes (sous forme d'urée dans l'urine) traduit seulement l'usure de la machine humaine par le travail.

Nous reproduisons, au surplus, dans le tableau ci-après, les chiffres de Pavy (en traduisant en grammes et en nombres ronds les grains anglais).

Recette et dépense journalière d'azote du coureur Weston (Pavy).

PENDANT

PENDANT

PENDANT

LES SIX JOURS

LES SIX JOURS

LES SIX JOURS

ijui ont précédé

de

qui ont suivi

la marche.

marche.

la marche.

sr.

non calculé.

Urée

Rapport de l'azote excrété à 100 d'azote ingéré

non calculé.

DE L'EXERCICE ET DU REPOS

[Hygiène

Nutrition musculaire. — Les muscles s'accroissent en volume par l'exercice ; c'est la conséquence de ce qui a été dit précédemment de l'afflux du sang dans le muscle en contraction. L'observation vulgaire a depuis longtemps établi que le système le plus exercé est aussi celui qui gagne le plus: les mollets des danseuses, les bras des boulangers, etc. Il est vraisemblable que cet accroissement est à la fois une hypertrophie (augmentation de volume des fibres), et une hyperplasie (multiplication des éléments anatomiques).

Source de la puissance musculaire. — Les expériences et les observations précitées prouvent que le muscle est essentiellement destiné à manifester au dehors la force latente dont la combustion des hydrocarbonés alimentaires est l'origine. Cependant, la formule peut ne pas être aussi simple que l'ont présentée Fick et Wislicenus. Outre que la machine humaine ne possède pas aussi visiblement que les machines à vapeur de condensateur de force, le muscle est autre chose qu'un piston ou qu'une bielle passive. L. Hermann a démontré qu'un muscle, détaché du corps et lavé de son sang à l'aide d'une injection alcaline dans les vaisseaux, est pourtant encore capable de contraction. Donc, il est, lui aussi, un réservoir de force latente. Hermann suppose que la substance contractile renferme june matière albuminoïde, inogène, capable de fournir par oxydation de l'acide carbonique et de l'acide lactique. Peut-être que le muscle possède par lui-même le pouvoir contractile, tout en étant obligé de l'alimenter par la circulation des matériaux non azotés qui viennent prendre la place des produits de sa propre oxydation. Ces produits, en effet, sont un véritable poison pour le muscle ; et l'accumulation d'acide lactique dans ses fibres est précisément un signe que l'intensité de l'exercice a dépassé les ressources de l'économie.

IL — Influence sanitaire de l'exercice.

L'influence heureuse de l'exercice et même du travail hygiéniquement réglé ne fait de doute pour personne. Les moralistes et les philosophes, de Platon à Montaigne et à Franklin, ont unanimement proclamé, au moins autant que les hygiénistes, la supériorité sanitaire de l'occupation physique ou intellectuelle sur l'oisiveté. Mais il nous appartient d'appliquer à cette vérité générale les procédés modernes d'analyse, de préciser les appareils qui bénéficient de l'exercice, de déterminer dans quelles limites et quelles conditions ce bénéfice se fait sentir et dans quels cas il s'arrête ; d'indiquer, enfin, les règles d'équilibre que l'exercice physique doit observer vis-à-vis du travail intellectuel et que les exercices partiels doivent observer entre eux.

La recherche de ces diverses inconnues a pour point de départ certaines lois d'observation et emploie certains procédés spéciaux, qu'il paraît utile d'exposer au préalable.

générale.]

INFLUENCE SANITAIRE DE L'EXERCICE

Anthropométrie. — L'anthropométrie a pour but de déterminer : 1° la capacité

respiratoire des individus; 2° la dynamique générale; 3° la dynamique partielle; 4° le poids.

Capacité respiratoire. — Le moyen de mesurer la capacité respiratoire (capacité vitale, de Hatchinson) devrait consister à évaluer, au spiromètre, le volume d'air que peut contenir le poumon. Hutchinson a trouvé, au moyen de son instrument, une capacité moyenne de 3Ht,50 à 15°, chez les adultes. Mais le spiromètre est d'un maniement assez délicat ; il faut presque une éducation appropriée de la part des sujets observés. On a préféré, de nos jours, apprécier comparativement la capacité des diverses poitrines en mesurant simplement la circonférence thoracique, qui n'est qu'un des éléments de cette mesure, mais qui en est le plus important. Cette mensuration se fait à l'aide d'un ruban métrique en cuir, placé circulairement autour du thorax, en passant au niveau des mamelons, comme nous l'avons pratiqué à l'instar de beaucoup d'autres observateurs ; ou au niveau de l'insertion inférieure des grands pectoraux, ainsi que le recommande Vallin, pour éviter une légère erreur qui résulterait de l'accumulation graisseuse mammaire chez certains individus. Ce dernier mode donne un chiffre un peu moins élevé que le premier, de 2 centimètres environ. La règle est que la circonférence thoracique dépasse un peu la demi taille, si on l'a prise bi-mammaire ; qu'elle en approche de très près, si l'on a mesuré le périmètre sous-pectoral.

En joignant à cette mesure les indications du pneumographe, qui donne à la fois la fréquence et Y amplitude des respirations, on a des données suffisantes pour l'hygiène. Mais le pneumographe est déjà un instrument qui ne se trouve que dans des laboratoires bien outillés.

Dynamique générale. — Chassagne et Daily ont apprécié cette condition en mesurant au dynamomètre l'effort de soulèvement, celui qu'il faut pour enlever du sol un poids considérable. La mesure de l'effort de traction, obtenue delà môme manière, semblerait pouvoir concourir à la môme appréciation. La force de soulèvement moyenne, chez l'homme de 23 ans, est de 86kil,15 ; celle de trait, de 42kil,85 (Chassagne et Daily).

Dynamique partielle. — C'est la force de flexion ou d'extension d'un membre ou d'une portion de membre, avant-bras, main, jambe. Cette détermination se complète, à notre avis, de la mesure de la circonférence des membres. Selon Chassagne et Daily, chez un homme de 23 ans, la dynamique partielle moyenne est :

kil.

Force des fléchisseurs de la main droite . . 42,46

— — — gauche 41,19

— — des deux mains 72,68

— — des bras tendus 11,90

— do port des fardeaux 43,32

— de progression ou de trait 42,85

— de détente de la jambe (coup de piedj 41, OS

Poids. — Il se détermine avec la balance-bascule. Chez l'adulte jeune et bien conformé, de taille moyenne, le poids est à très peu près d'autant de kilogrammes que la taille a de centimètres au-dessus de 1 mètre. L'homme de 23 ans, d'une taille de lm,60, pèse moyennement 60 kilogrammes. Au-dessous de cette taille, il est presque normal que le chiffre des kilogrammes soit supérieur à celui des centimètres ; au-dessus de lm,65, il est presque normal qu'il soit inférieur : l'homme de im,70 pèse rarement 70 kilogrammes. D'ailleurs, régulièrement aussi, c'est chez Arnould. — Hygiène. 63

DE L'EXERCICE ET DU REPOS

[Hygiène

les grandes tailles que le rapport de la circonférence thoracique à la taille est le moins élevé (J. Arnould).

Nous pouvons maintenant comprendre la signification des résultats obtenus.

Résultats généraux. — En comparant les professions rurales aux professions urbaines, et, parmi ces dernières, comparant entre elles les professions manuelles à l'air libre, à l'air confiné, les professions assises et les professions intellectuelles, Chassagne et Daily constatent une remarquable supériorité des professions rurales, qui s'exercent à l'air libre, mais, en outre, se distinguent par la variété des mouvements et la mise en œuvre de tout l'ensemble musculaire, tandis que les ouvriers des villes répètent constamment les mêmes mouvements et n'exercent qu'une partie de l'appareil moteur. Les mêmes observateurs relèvent l'exagération du périmètre thoracique et de la dynamique des membres supérieurs chez les forgerons, serruriers, boulangers, qui, en revanche, ont les membres inférieurs faibles ; la gracilité des membres, inférieurs et supérieurs, chez les îaiîleurs, cordonniers, etc. ; la supériorité du poids sur les centimètres de taiîïe, pour les professions intellectuelles, vivant dans l'oisiveté musculaire et chez lesquelles la recette alimentaire prime la dépense. L'exercice rationnel, en effet, diminue le poids tout en augmentant les périmètres thoracique et musculaire et la dynamique générale ou partielle.

Nous reproduisons, au surplus, le tableau dressé par ces méritants et habiles médecins. Notons que chaque catégorie de ce cadre comporte au moins une centaine, quelquefois plusieurs centaines d'individus mesurés.

Influence des professions sur la musculature, la dynamique et le poids individuels

(Chassagne et Daily).

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