DÉTENTE
des jambes.
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travail des bras à l'air libre..
travail des bras à l'air confiné.
Urbaines \
Soumis à un exercice soutenu, régulier et d'une certaine énergie, l'homme bien constitué gagne en général, c'est-à-dire voit s'élever toutes ses mesures anthropométriques sauf celle du poids qui, chez l'adulte, doit plutôt diminuer qu'augmenter sous l'influence de l'exercice. Le gain est encore plus marqué si, au lieu d'être la préparation à un travail utile, les exercices ont eu seulement en vue l'éducation corporelle générale et le
générale.]
INFLUENCE SANITAIRE DE L'EXERCICE
développement physique pour lui-même, comme sont les exercices de gymnastique proprement dits. Chassagne et Daily rapprochent, à ce point de vue, les résultats obtenus en cinq mois d'exercice : 1° chez 440 recrues du 35e régiment d'artillerie, soumis à la vie régimentaire ordinaire ; 2° chez 401 élèves de l'École de gymnastique de Joinville-le-Pont, ayant été l'objet d'un entraînement rationnel des plus énergiques.
a. Les recrues qui, à l'arrivée, présentaient un périmètre thoracique moyen supérieur seulement de 5 centimètres à la demi-taille, avaient atteint un excédent de 12 centimètres ; soit un gain de 7 centimètres. La circonférence thoracique avait augmenté moyennement de 2ccnt.,27 chez 60 p. 100; la circonférence du bras, de 1 centim. chez 75 p. 100; le poids avait diminué de 2kil., 566 chez 22 p. 100.
b. Les élèves de l'École de gymnastique ont gagné :
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Force de soulèvement (dynamique générale)..
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chez 63,6
La signification de ces comparaisons est très nette ; on gagne par les exercices militaires, et davantage par la pratique de la gymnastique.
Augmentation de la capacité respiratoire. — D'ailleurs, il résulte
d'observations faites à la même école de la Faisanderie (Joinville-le-Pont) par Marey et Hillairet, que le développement thoracique conquis par la gymnastique correspond réellement à une aptitude respiratoire plus considérable, constatée et enregistrée au pneumographe, qui trace des courbes proportionnelles au volume d'air respiré. On prit cinq jeunes hommes qui arrivaient à TÉcole, on nota (le 19 août) la respiration de chacun d'eux au repos ; puis immédiatement après une course de 600 mètres au pas gymnastique, en 4 minutes environ. Un mois après (21 septembre), on reprit un tracé chez les mêmes sujets avant et après la course; l'amplitude des mouvements thoraciques au repos avait plus que doublé. On répéta l'observation de mois en mois. Au cinquième mois, il était à peu près impossible de remarquer un changement du mode respiratoire sous l'influence de la course; le nombre des respirations s'était réduit en moyenne de 20 à 12 par minute et leur amplitude avait plus que quadruplé.
Le professeur Jàger (de Stuttgart) comparant 25 soldats de recrue avec 25 soldats de un à deux ans de service et ceux-ci à cinq jeunes gens de même âge, assidus à l'École de gymnastique, constate que les premiers ne consomment que 59 cent, cubes d'air par kilogr. de leur poids, tandis que les seconds en admettent 60 cent, cubes, et les élèves de l'École de gymnastiques 74 cent, cubes. L'un de ceux-ci allait même à 80 cent, cubes par
DIS L'EXERCICE ET DU REPOS
[Hygiène-
kilogr. de son poids. Jiiger lui-même assure avoir porté sa propre capacité respiratoire de 39,2 à 46,8 décimèt. cubes par un exercice régulier à la course, continué pendant deux mois et demi.
Augmentation «lu poids spécifique et réduction du poids absolu. —
Selon le même observateur, qui attache avec raison une extrême importance à l'élimination de la graisse et de l'eau par l'exercice, le poids spécifique du corps augmenterait, quelle que soit la diminution de poids absolu. Il a constaté que , dans la garnison de Stuttgart , les recrues pèsent 843gr.,7 par litre; les soldats d'un an de service, 917gr.,l; ceux de deux ans, 947gr.,4.Il y a donc condensation de la fibre, évidemment par disparition de l'élément le plus léger des tissus, à savoir la graisse.
L'appréciation des effets de l'exercice par cette détermination du poids spécifique paraît plus rationnelle que la constatation de la perte du poids absolu, perte dont il ne faut, d'ailleurs, se louer qu'autant qu'elle coïncide avec une élévation de la dynamique générale et partielle et l'augmentation de volume des muscles. Lorsque l'individu exercé s'est débarrassé de la graisse accumulée par l'oisiveté et de la succulence inutile des tissus, il est plutôt normal qu'il cesse de perdre du poids et même en reprenne, du moment que le système musculaire continue à s'hyperplasier et à se condenser. Même, dans les méthodes d'entraînement, on s'est trop acharné à faire disparaître la graisse; encore faut-il que le sujet soumis à l'entraînement s'y soit présenté avec un réel excès de richesse du tissu adipeux; si le cas se réalise chez des adultes, en particulier chez les Anglais buveurs de bière, on le voit rarement chez les jeunes gens à un point tel qu'il faille se préoccuper de les en exonérer. Brayton-Ball fait la même réflexion en ce qui concerne l'amoindrissement de la proportion d'eau par la sudation ; les muscles doivent garder 75 p. 100 d'eau pour pouvoir fonctionner; il ne faut donc pas chercher la dessiccation à outrance. La méthode de Jâger, de pousser l'exercice et Yéchauffement jusqu'à épuisement, en vue de provoquer la sudation, nous paraît d'une violence inutile et dangereuse. Quand les entraînés sont « en condition », comme on dit en Angleterre, ils ne suent plus ; mais ce n'est pas qu'ils n'aient plus d'eau à perdre, c'est le résultat du jeu plus facile des fonctions, de la diminution des frottements,, en particulier des frottements vasculaires ; d'où une moindre accumulation de chaleur et une nécessité moindre d'évaporer.
En Angleterre, au camp d'Aldershot (Parkes) ; à Berlin, à l'Institut central de gymnastique {Central-Turnanstalt), selon Roth, on fait régulièrement des mensurations et des pesées semblables à celles que Ghassagne et Daily ont exécutées au fort de la Faisanderie. Les résultats relatifs à l'augmentation du périmètre thoracique et du volume des membres sont dans le même sens que ceux des observateurs français. Il en est autrement du poids, et nous relevons ici cette différence, parce que la diminution observée généralement chez nos compatriotes (lki,,359 en moyenne dans les 2/3 des cas, selon Chassagne et Daily), est quelque peu étrange et révèle peut-être une lacune, soit dans la conduite des exercices, soit dans le régime alimentaire de nos élèves de l'école de Joinville. Ces élèves ont un supplé-
.générale.]
INFLUENCE SANITAIRE DE L'EXERCICE
ment de solde de 10 centimes par jour, qui sont versés à l'ordinaire. Ce n'est peutêtre pas une amélioration proportionnée à l'intensité de l'exercice. A Berlin, 75 p. 100 des officiers exercés (régime généreux) ont gagné du poids ; l'augmentation maximum a été de 19 livres et demie en 6 mois ; 66 p. 100 des sous-officiers (3 mois d'exercices très actifs, saison chaude, régime moins riche) ont gagné en poids maximum 19 livres; enfin, les gens du civil, généralement plus âgés et moins habitués que les précédents aux exercices physiques, ne gagnèrent que 17 livres et demie au maximum. Hammersley (in Parkes), qui constate, chez 360 hommes, après 5 mois d'exercices deux à trois fois la semaine, une augmentation du périmètre thoracique de 0m,026 à 0m,052, note également une augmentation de poids de 1,000 grammes en moyenne, nonobstant la disparition du remplissage adipeux sous- cutané. Schultze et Léo, en Allemagne, ont obtenu les mêmes résultats des mensurations thoraciques chez les cavaliers (Roth et Lex).
Régularisation «le la circulation. — On s'est peu OCCUpé d'étudier
expérimentalement les effets à longue portée de l'exercice sur la circulation. Théoriquement, la souplesse et l'élasticité des vaisseaux, mises plus souvent en jeu par l'afflux du sang dans les parties exercées, ne peuvent que se développer. Nous venons de dire que cette plus grande liberté de la circulation est une des causes pour lesquelles les entraînés ne suent plus. On sait, en effet, que partout où le mouvement du sang est retardé par un obstacle, ce mouvement se convertit en chaleur. Le rapide échauffement des non habitués, à la suite d'un exercice, peut bien ainsi dépendre, pour une part, du défaut de souplesse de leurs artères. On comprend, du reste, aisément que l'augmentation de la capacité pulmonaire par l'exercice contribue aussi, puissamment, à éviter la stase sanguine dans les poumons, à permettre au ventricule droit de se vider, à dispenser le ventricule gauche des efforts auxquels il est soumis au début. Aussi Schrôtter a-t-il pu, avec quelque apparence de raison, nier que l'exercice, même exagéré, fût jamais la cause unique de la dilatation cardiaque. Le fait, pourtant, n'est pas aussi net que cette formule pourrait le donner à penser. Les exercices violents et répétés paraissent positivement finir par apporter de sérieux désordres dans les fonctions et la nutrition cardiaque. Da Costa signale la fréquence des palpitations dans les troupes surmenées de la guerre de Sécession américaine. Peacok a remarqué que l'insuffisance mitrale avec dilatation est commune chez les mineurs de Gornouailles qui, après avoir travaillé huit heures au fond des galeries, grimpent aux échelles pendant une autre heure pour en sortir; les ouvriers des mines de Durham et de Northumberland, que l'on remonte avec des machines, ne présentent pas cette infirmité dans la même proportion. Mîinzinger attribue la fréquence des affections cardiaques dans les environs de Tubingen à la nécessité pour les habitants de gravir les montagnes du pays avec de lourds fardeaux. On sait aussi que les coureurs de profession, d'Angleterre et d'Amérique, sont communément victimes de leurs exploits.
Mais il n'en est pas de même des exercices qui ne vont pas jusqu'à faire appel au fonds de réserve des ressources de l'économie. Un exercice, de vigueur cependant, très en faveur en Angleterre, celui de la rame (boat-ra-
DE L'EXERCICE ET DU REPOS
[Hygîene
cing), avait été accusé par Skey (4867) et par Hope de causer plus de maladies du cœur que le rhumatisme lui-même. La Société clinique de Londres s'en émut. Le docteur Morgan (de Manchester) releva tous les cas de maladie qui s'étaient déclarés à la suite des luttes à la rame dans les concours annuels d'Oxford-Cambridge, de 1829 à 1869; sur un chiffre de 294 concurrents, il ne trouva que trois décès de maladies du cœur, dont aucune ne pouvait être rapportée aux circonstances de l'exercice, et deux cas d'hypertrophie ou de palpitations chez les survivants, mais survenus dans un âge avancé. En somme, une notable partie de la population anglaise, pendant presque toute l'année, pratique le canotage, et les maladies du cœur ne frappent point par leur fréquence dans ce milieu.
Régularisation du fonctionnement nerveux. — Le professeur Jâger
assure avoir constaté une rapidité plus grande du courant nerveux à la suite de l'élimination d'eau à l'aide d'un bain de vapeur; lui-même aurait recouvré, après cinq bains de vapeur, l'activité cérébrale qu'il sentait lui échapper dans le travail de rédaction. Si les sudations de l'exercice produisent le même effet, ce serait donc un moyen de rendre le fonctionnement cérébral et nerveux plus libre, plus parfait, plus productif. 11 ost possible que le résultat se manifeste dans ce sens et de prime abord chez des sujets de constitution moyennè, un moment surchargés d'embonpoint par l'oisiveté et engagés dans une existence par trop animale. Mais ce qui arrive d'ordinaire, immédiatement, c'est qu'une séance d'exercice énergique fasse tomber l'éréthisme nerveux, s'il existe, et dispose mal aux élaborations intellectuels pures. Par la continuité méthodique, l'exercice entraîne toute la vitalité , par conséquent aussi la puissance nerveuse, tout en la pondérant d'une façon favorable; nous allons voir combien est désirable ce précieux équilibre. Si la culture musculaire l'emporte d'une manière exclusive ou trop sensible, il est rare qu'il n'en résulte pas une sorte d'encrassement du système nerveux, sauf celui de la vie organique, dans la masse charnue des sujets. Les athlètes, les hercules, se sont acquis une fâcheuse réputation d'infériorité intellectuelle.
Il n'en va pas de même lorsque l'exercice est réglé, proportionné, mis en équilibre avec la culture morale. Le cerveau et les muscles fonctionnent à l'unisson, se développent de pair et se prêtent un secours réciproque; si le premier est moins fécond, c'est uniquement en produits mal venus, sans consistance, difformes. La culture cérébrale, seule et non compensée par la culture musculaire, est même infiniment plus dangereuse que celle-ci, exclusivement pratiquée. C'est elle qui imprime au cerveau une activité prématurée, marchant plus vite que le développement normal de l'organe, équivalant à une déformation ; elle, qui est responsable de l'impressionnabilité maladive de beaucoup d'organisations, des terreurs superstitieuses, des croyances absurdes, des débauches d'imagination, des manifestations bruyantes de passions folles ; autant de réelles perversions mentales qui font croire que cette mauvaise méthode, appliquée à l'éducation des enfants, n'est point étrangère à la fréquence de la folie.
générale.]
INFLUENCE SANITAIRE DE L'EXURCICli.
« Le meilleur moyen de combattre les travers de l'imagination chez les enfants comme chez les hommes, c'est de les soumettre à tous les exercices réguliers qui calment le cerveau en fortifiant le corps. Si l'on veut faire contre-poids aux formidables empiétements du système nerveux, il faut que l'on favorise la revanche du système musculaire (Paz). » En France, on exerce peu les filles; par contre, on les nourrit de superstitions, d'images mystiques, d'ardeurs concentrées. Aussi n'est-il pas de pays plus riche en hystériques, en extatiques, en possédées, manifestations morbides dont le caractère trahit suffisamment l'origine, et auxquelles se mêlent de temps à autre des déportements érotiques de la plus étrange physionomie.
Le fonctionnement cérébral, avons-nous dit, détermine physiologiquement l'afflux du sang vers les centres crâniens et réchauffement du cerveau.; ce n'est donc qu'une juste compensation d'obliger avec une fréquence égale le sang et le calorique à se disperser par tout le système musculaire, à la périphérie, eu permettant au cerveau une relâche intermittente.
Les exercices physiques sont une tradition dans les Universités anglaises, et nul ne saurait prétendre que les intelligences y soient moins bien trempées qu'ailleurs. Parmi les étudiants d'Oxford et de Cambridge, Glarke et Morgan ont constaté que les meilleurs rameurs et les plus habiles joueurs de cricket sont aussi ceux qui remportent le plus de palmes académiques. Les jeunes gens s'exercent systématiquement et s'entraînent pour pouvoir figurer honorablement dans les Universités auxquelles ils se présentent. À la veille des examens, ils cessent tout travail intellectuel et, pendant plusieurs jours, ne pratiquent que les exercices du corps (OEsterlen) ; contrairement à nos élèves qui, en pareille occurrence, passent à se surmener le cerveau les derniers jours qui les séparent des épreuves universitaires. En Allemagne et en Suisse, toute école a son gymnase; il n'est pas un jeune homme qui ne le fréquente jusqu'à un âge avancé de la virilité. « A Brème, dit Daily, ce sont les professeurs de sciences et de lettres qui, à la Biïrgerschule, donnent entre deux classes un cours d'exercices ; et il faut noter, d'ailleurs, que pas un des professeurs de n'importe quel enseignement n'a échappé, dans le cours de ses études professionnelles, à l'entraînement gymnastique. » Trouvera-t on que la productivité en œuvres scientifiques soit moindre de la part des professeurs allemands que de la part des nôtres?
Élévation de la résistance physique. — C'est la traduction la plus générale, la plus étendue et la plus complète des effets sanitaires de l'exercice. La résistance physique consiste dans le degré d'insensibilité à l'influence des agents atmosphériques, aux agents de traumatisme, aux causes de fatigue et même aux principes spécifiques des maladies. Quand on l'a obtenu par l'entraînement, les Anglais l'appellent c< endurance. »
Les résultats de l'exercice, sous ce rapport, sont prodigieux et atteignent même plus loin qu'on n'aurait pu s'y attendre. Les boxeurs anglais, entraînés, sont presque inaccessibles à la douleur et reçoivent en plein visage des coups effroyables, sans abandonner la lutte. Chez ceux qui sont bien
1000 DE L'EXERCICE ET DU REPOS. [Hygiène
«en condition », les coups de poing produisent à peine des ecchymoses, tandis que chez les autres il apparaît des bosses sanguines qui les aveugleraient, si on ne les incisait pour écouler le sang extravasé.
Mais nous ne citons que comme une preuve entre autres cet exemple extrême, qu'il ne faut pas imiter. Dans les conditions ordinaires, Jâger constate qu'à Stuttgart, les absences de l'école étant de 3,98 p. 100 élèves dans les gymnases ordinaires, elles ne sont que 3,33 dans l'établissement du Comité d'éducation gymnastique, où les exercices sont plus énergiques que dans les autres ; la différence est donc de 125 à 100. Ghassagne et Daily relèvent, sur 8,000 hommes qui ont suivi les cours de l'école de gymnastique de Joinville-le-Pont, 1,333 entrées à l'hôpital; soit 166,62 p. 1000, alors que la moyenne pour toute l'armée oscille à peine autour de 250 entrées p. 1,000 hommes d'effectif. Un des résultats les plus heureux que l'observation de ces auteurs ait mis en lumière est la rareté de la phthisie chez les élèvesgymnastes : 5 cas pour 8,000 hommes, alors que la moyenne de l'armée est de 3 à 4 pour 1000 (décès et réformes). Les élèves gymnastes ont pu, il est vrai, avoir été déjà l'objet d'un choix dans leur régiment; mais ce choix seul n'a pu suffire à constituer une pareille supériorité. Rien ne s'oppose à ce que l'on accorde en ceci une sérieuse importance à l'exercice respiratoire lui-même, à l'obligation dans laquelle se trouvent les gymnastes d'usër de toutleuv poumon, y compris le sommet, habituellement oisif et siège d'élection des tubercules ; à l'ampliation totale de la poitrine, démontrée plus haut. Mais nous pensons que le rôle de l'élévation générale de la vitalité n'est pas moindre que celui de cette amélioration locale en ce qui concerne l'immunité phthisique des jeunes hommes soumis à l'entraînement gymnastique.
Il serait bien intéressant de faire des comparaisons analogues d'un groupe populaire à l'autre et d'une nation à une autre, en rapprochant la mortalité par catégories d'âges dans chaque groupe. Les effets de l'habitude des exercices physiques sur la vitalité ne peuvent être appréciés par la considération delà mortalité générale.
11 est vulgaire que les individus à professions manuelles, particulièrement ceux qui travaillent à l'air libre, sont à peine influencés par le froid humide, par les hivers rigoureux, tandis que les hommes à profession sédentaire sont pris de coryza, de laryngite, de bronchite, à peu près au coin du feu.
On ne voit jamais mieux l'élévation de la résistance par l'exercice proprement dit qu'en comparant les troupes exercées avec les levées récentes, au point de vue de l'aptituJe à soutenir une campagne. L'armée française qui, en 1805, gagna la bataille d'Austerlitz, avait été préparée au camp de Boulogne; elle ne comptait pas d'homme au-dessous de 22 ans ; elle fit 400 lieues à pied sans pour ainsi dire laisser de malades sur sa route. Au contraire, l'armée de Wagram (1809), tout aussi héroïque, mais composée de jeunes soldats, avait encombré les hôpitaux avant d'arriver à Vienne, et jalonné la route de cadavres. Il faut, sans doute, tenir compte de l'âge. Mais nos mobiles et mobilisés de 1870-71, dans l'âge de la virilité, pris au champs ou à l'atelier et physiquement bien développés, ne résistèrent pas mieux ; leur force réelle ne suppléait pas le manque d'entraînement spécial, bien que
générale.]
INFLUENCE SANITAIRE DE L'EXERCICE
d'autres condilions puissent être invoquées encore pour expliquer l'inconsistance physique des armées de la Défense. Nous relèverons toutefois ce fait étrange, dont se vantent avec quelque droit les écrivains allemands et qui contredit aux souvenirs de la retraite de Russie (1812); à savoir que les troupes allemandes ont mieux supporté le froid de l'hiver de 1870-71 que les soldats français. Avec quelques autres circonstances déjà indiquées, l'aguerrissement des soldats étrangers a certainement eu une bonne part dans cette supériorité d'endurance. W. Roth, médecin en chef du XIIe corps (Saxe), a également fait ressortir les aptitudes à la marche de ces vainqueurs naturellement lourds et positivement mal chaussés ; une division a fait 34 milles (251,872 mètres) en 9 jours consécutifs, à peu près 28 kilomètres par jour; 11 milles et demi (85,192 met.,) en 2 jours ; 55 milles et demi (41 1,144 mèt.,) du 29 octobre au 17 novembre. L'armée Bavaroise de von der Tann, battue à Coulmiers, trouva assez de jambes pour se retirer de 67 kilomètres en 26 heures. Les vainqueurs de Sedan firent de 35 à 45 kilomètres par jour pour gagner Paris. Personne n'a mis en doute que cette puissance d'efforts ne soit due aux soins avec lesquels on cultive le développement physique en Allemagne.
Nous n'avons pas les moyens de démontrer que l'accroissement de résistance par l'exercice confère un certain degré d'immunité vis-à-vis des maladies spécifiques. Mais nous avons dit ailleurs que la manière de ne pas faire du corps humain un milieu adéquat pour la pullulation des germes morbides consiste à porter à son summum l'intensité du mouvement vital. On peut donc se permettre ici un à priori qui n'est point trop téméraire, en attendant que des observations faites dans cette direction et pour ce but aient prouvé que les gymnastes et les entraînés bravent mieux que d'autres les influences épidémiques; ce qui ne nous paraît point une vaine espérance.
Bornons-nous à la simple mention du traitement du choléra au début parla marche forcée, indiqué par Pauly et, depuis, par Jâger, qui explique le succès de la méthode en faisant remarquer que l'appel de la sueur à la peau coupe court au flux séreux intestinal, et pense pour ce fait avoir droit au prix Bréant.
Harmonie des formes. — 11 semble que l'homme, qui marche sur deux pieds, ait naturellement plus de difficultés à trouver une attitude correcte et un mode de locomotion régulier que les quadrupèdes. Le fait est que, parmi les enfants de n'importe quelle classe, un certain nombre marche de travers et acquiert à un degré plus ou moins prononcé le développement anormal du membre inférieur qui est le pied plat valgus. Il peut, du reste, y avoir en ceci quelque vice de nutrition venu par transmission héréditaire. Concurremment, élevés avec quelque liberté ou soumis aux pratiques scolaires les plus répandues aujourd'hui, les enfants adoptent d'eux-mêmes ou à la faveur des défauts de construction du 'mobilier de l'école telle ou telle attitude vicieuse qui finit par se transformer en habitude de nutrition générale et déterminer le développement irrégulier des muscles et du squelette, des déviations du rachis, des torsions du bassin, l'atrophie relative d'un système de muscles, l'hypertrophie du système correspondant, etc. Plus tard, appliqués à l'agriculture et surtout à l'industrie, les jeunes hommes sont forcés de répéter incessamment le même mouvement et manquent d'aptitude à l'accomplissement des autres; souvent, une partie, un membre, se développe seul, laissant les autres dans un état d'incapacité relative. Les recrues de la campagne arrivant au régiment, quoique
1002 DE L'EXERCICE ET DU REPOS. [Hygiène
de belle stature, se distinguent d'abord par leur lourdeur et leur gaucherie; les hommes venus des ateliers sont habiles des mains, mais pèchent par le développement d'ensemble. Les filles, dont la destination à la maternité donne une si grande importance à la régularité du squelette, sont soumises aux mêmes déviations instinctives d'éducation ou professionnelles.
Cette altération de la forme humaine devient, dans nos habitudes, déplorablement commune et il en résulte des conséquences plus graves encore, que l'atteinte à la plastique. L'exercice, bien équilibré et, au besoin, compensateur, utile partout, devient une nécessité impérieuse chez les sociétés civilisées. Les résultats obtenus par la Kinésithérapie, dans des circonstances graves, prouvent d'ailleurs la puissance de l'exercice et permettent de compter qu'on ne fera pas appel en vain à cette sauvegarde.