L'HOMME CONSIDÉRÉ COMME GROUPE DANS L'ANIMALITÉ
Mais la suprématie devait rester à la branche aryenne, dont le berceau paraît être la vallée supérieure de l'Oxus (aujourd'hui Amou-Daria), entre la mer Caspienne au N.-O., et la chaîne de l'Hindoukusch au S.-E. Jusqu'aujourd'hui, on le sait, c'est la linguistique qui fournit le plus grand argument en faveur de cette hypothèse. Douée d'une extraordinaire force d'expansion, de bonne heure en possession d'une langue flexible, d'une philosophie naturelle et de l'art de travailler le cuivre, cette famille aurait envoyé, dans les temps les plus anciens, trois rameaux : l'un vers l'ouest, rameau celtique, suivi on ne sait à quelle distance du rameau gréco-latin; l'autre au sud, rameau indien; un troisième au nord-est, rameau iranien. A une époque peutêtre plus rapprochée, mais très longue et composée de migrations successives, des tribus de même provenance, contournant la mer Caspienne, auraient pénétré en Europe par cette vaste dépression qui existe entre l'Oural et le Caucase et qui est comme la grande route des nations (Gaëls, Germains, Lithuano-Slaves). Le savant Ad. Pictet (de Genève), qui, à l'aide de la linguistique et de quelque hardiesse, avait ainsi tracé la carte des migrations des peuples, les résumait dans un schéma qui figure à la fois la direction des principaux rameaux et le chemin parcouru par chacun d'eux
Malheureusement pour cette théorie, les études ostéologiques, celles des monuments, les données de l'histoire, et la linguistique elle-même poussée plus avant, ont fait concevoir àd'Omalius d'Halloy, J. Périer et G. Lagneau, des doutes sérieux sur l'origine asiatique des Celtes. On en retrouve la trace en Occident aussi loin que celle des Ibères et Ligures, que les archéologistes ne comprennent pas dans les migrations aryennes. La constatation faite par Ujfalvy et citée plus haut, en supposant qu'elle soit exacte, ne serait pas une preuve péremptoire de l'origine asiatique des Celtes, vu la grande extension de cette famille et, d'ailleurs, des types brachycéphaliques. En outre, il faudra expliquer pourquoi ces Aryens sont bruns, tandisque les autres sontl>londs et dolichocéphales.
A considérer le rôle qu'ont joué les Celtes dans la civilisation moderne, et l'incontestable vigueur physique et morale qu'ils possèdent encore, aussi bien que leurs voisins, Ibères et Ligures, il n'y a donc pas lieu d'affirmer dès aujourd'hui que l'avenir appartient aux seuls Aryas, dont la supériorité, d'ailleurs, n'est pas contestable. Les Aryas de l'Inde et de l'Asie, du reste, paraissent avoir bien dégénéré, et ce doit être pour quelque autre raison que des aptitudes ethniques que leurs parents d'Europe s'élèvent si haut. En
(fig. 218).