NATIONS
0 à 1 an.
1 à 5 ans.
5 à 15 ans.
15 à 30 ans.
ans.
MORTALITÉ générale.
Angleterre (1857-66)
Belgique (1851-60)
Il y a, en France, 9,276,720 personnes de 15 à 30 ans; si elles ne mouraient pas plus qu'en Prusse, ce serait une économie annuelle de 15,121
spéciale.]
LA DÉMOGRAPHIE
existences, la natalité d'un département d'Alsace. Malheureusement, pour une cause encore mal connue, la mortalité de 20 à 25 ans, en France, est particulièrement élevée; la léthalité militaire actuelle pèse probablement pour une part dans cette fâcheuse circonstance.
Mortalité de 0 à 1 an. — Elle n'est pas plus forte en France que dans les pays voisins ; elle l'est même moins. Mais elle nous est plus grave, parce que nous n'avons pas les moyens de perdre beaucoup d'enfants. En outre, elle va en s'aggravant. En 1850-59, 172 décès de 0 à 1 an p. 1 ,000 naissances (et non pas enfants) ; 1860-69, 175 ; 1870-75, 178. Les chiffres les plus lourds sont dans le rayon des grandes villes, Paris, Lyon, Marseille, à cause de l'industrie des nourrices; et dans les départements qui bordent la Méditerranée, pour une cause qui va être indiquée.
Décès deOàï an sur 1 ,000 naissances : Creuse, 118; Deux-Sèvres, 139; Cher, 153; Basses-Pyrénées, 138; Ariège, 131 ; Hérault, 172; Gard, 220 ; Basses- Alpes, 228.
Mortalité de 1 à 5 ans. — La moyenne de la France est de 34,6 décès de \ à 5 ans sur 1,000 vivants de cet âge. — Est : Haute-Marne, 49; Côte-d'Or, 25. — Ouest : Calvados, 22; Gironde, 25, — Région périméditerranéenne : Alpes-Maritimes, 50; Basses-Alpes, 56...; Pyrénées-Orientales, 77. Ce remarquable et fâcheux privilège des bords méditerranéens n'est pas encore bien expliqué; mais il est vraisemblable que les bouffées du vent saharien, qui a passé par-dessus la Méditerranée, ont un grand rôle dans ce fléau; la chaleur est meurtrière aux petits enfants; sur quelques points (l'Hérault), il n'est pas irrationnel de suspecter les influences palustres. Bertillon calcule encore que la proportion dont ces départements méridionaux dépassent la moyenne nous coûte annuellement 15,000 enfants.
Mortalité au-dessus de 5 ans. — De 5 à 20 ans, la mortalité est extrêmement faible, en France et partout. C'est vers 15 ans qu'elle atteint son minimum (5 décès p. 1,000 vivants). Sauf la réflexion faite précédemment sur la forte mortalité de 20 à 25 ans, la mortalité n'est pas très élevée dans notre pays. La Champagne, la Bourgogne, le bassin de la Garonne, sont les points où les chiffres se trouvent les plus faibles ; la Bretagne, le Centre, l'Alsace, le bassin du Rhône, l'Auvergne, la Corse, ont les plus forts. — Décès de 30 à 40 ans p. 1,000 : Aube, 7; Ardennes, 7 ; Gascogne, 6; Bretagne : Finistère, 13 ; Alsace, 11 ; Isère, 11 ; Var, 12. Moyenne de la France, 9. — Les vieillards sont remarquables par leur solidité: on meurt 70 p. 4000 au-dessus de 60 ans; moins en Provence, Champagne, Bourgogne; plus en Bretagne, Alsace, Franche-Comté, Dauphiné, Alpes. Le froid est aussi meurtrier aux vieillards que la chaleur est redoutable aux enfants.
Influences qui règlent la mortalité. — 1° L'état civil (enfants). — Les enfants légitimes, de 0 à 1 an, meurent moins que les illégitimes; les uns et les autres meurent plus à la campagne qu'à la ville, dans les premières semaines de la vie, mais l'infériorité des illégitimes est plus prononcée à la campagne et s'accentue.
LES GROUPES ETHNIQUES
[Hygiène
Mortalité pour 1,000, dans le premier mois de la vie.
en voie de diminution.
Viiies S Légitimes 66
vmes { Illégitimes 163
i Légitimes .... » 80
Campagnes...... J m6 itibei
Illégitimes .......... 232 )
Après le premier mois, la mortalité des illégitimes décroît à la ville, où, avec plus de lumière, on pardonne à la fille-mère, et on lui vient en aide ; tandis qu'elle continue à la campagne, où l'on est intolérant et où l'on repousse la prétendue coupable.
La mortalité des enfants trouvés ou assistés, de 0 à 12 ans, a été de 100 p. 1000 (Bertillon), dans la période 1845-1855, alors que la normale est de 33 à 35. Vacher prouve par les chiffres que la mortalité des enfants assistés à l'hospice ou, surtout, exposés et recueillis dans les tours, dépasse habituellement un tiers et arrive souvent à 60 p. 100 (Voy. Tours, F 1086).
2° Le climat. — La France perd 205 enfants de 0 à 1 an pendant que la Suède n'en perd que 146. On pourrait en conclure que le milieu social prime le climat, si l'on ne savait que la chaleur est l'agent météorique le plus dangereux pour les enfants. Cependant, en analysant la situation, on reconnaît que le froid est plus meurtrier que la chaleur pendant une fraction de la première année, à savoir : le premier mois. A cette période, Lombard compte 390 décès pendant les 4 mois les plus froids et 290 pendant les 4 mois les plus chauds..
Pour l'ensemble de la France, si l'on prend 100 décès de 0 à 1 an comme moyenne annuelle, il y en a 68,5 en mai, — c'est le minimum, — 105,4 en juillet, 178 en août, — c'est le maximum, — 153 en septembre, 108 en octobre. A Paris, le maximum atteint 191, toujours en août. A Bordeaux (Marmisse), ce sont les mois les plus froids et les mois les plus chauds, qui ont la plus haute mortalité infantile. A Lille, les mois les plus froids (janvier et décembre), pour le premier mois de la vie (Lober) ; de 1 mois à 1 an, ce sont encore les mois les plus chauds. A Rochefort (Maher), la mortalité maximum de la première semaine appartient à février, janvier, mars; aux âges suivants, à septembre, octobre, août. Il y a peut-être ici un peu plus d'influence palustre que d'influence thermique. A Berlin (Virchow) et à Boston (Gurtis), la plus haute mortalité infantile appartient aux mois d'été et monte d'autant plus que les mois sont plus chauds.
3° L alimentation, les soins et abris (Voy. Hygiène de l'enfance, p. 1073).
4° Chez les adultes ou sur l'ensemble : V habitat rural ou urbain. — La mortalité des villes est, en Suède, de 26,5 p. 1000; celle des campagnes, 19,65. En Belgique : villes, 25, 1 ; campagnes, 21,1. En France :
Villes /. 26,1 décès p. 1000 j ^ommeS
v [ lemmes 25,5
Campagnes.... 21,5 - j '10mmes l\\
\ femmes 21,4
En Angleterre et pays de Galles, il y a 8,250,000 citadins contre
spéciale.]
LA DÉMOGRAPHIE
9,750,000 ruraux; la mortalité des premiers est de 25 p. 1000; celle des seconds, S 7, suivant Stockton-Hough.
Partout, la mortalité urbaine pèse plus sur les enfants et sur le sexe masculin.
Aux États-Unis, en 1870, les citadins étaient 5,075,000, le 1/7 de la population totale; en 1874, ils formaient les 15 centièmes. Mais, à Philadelphie, la durée moyenne de la vie (1860-1871) n'est que de 24 ans; elle est plus courte encore à New-York. Pourtant, dans l'ancienne Rome, suivant Dornitius Ulpianus, au temps d'Alexandre-Sévère, elle était de 30 ans (Stockton- Hough).
Mortalité pour 1000.
Sexe masculin. Sexe féminin.
Angleterre et Galles 23,61 21,28
Londres 26,55 22,34
District de Manchester 35,38 30,46
District de Liverpool 40,97 36,36
Ensemble des grandes villes anglaises 29,48 25,91
( W. Farr.)
A Paris, où il y a peu d'enfants et de vieillards, la mortalité est moindre que dans l'ensemble de nos villes, 25,4 p. 1000.
5° Les sexes. — Ainsi qu'on le voit ci-dessus, la mortalité du sexe masculin est toujours supérieure à celle de l'autre. Elle l'est surtout de 20 à 25 ans, malgré les dangers de la parturition.
6° L'aisance. — Rien n'est plus faux que le « pallida mors mqvo pede... ». Villermé opposait déjà le 2e arrondissement de Paris (Bourse), avec 13 à 16 décès, au 19e (Buttes-Chaumont), 25 à 31 décès. De même, il avait calculé qu'à Mulhouse la vie probable était : chez les patrons, 28 ans; chez les ouvriers, 10 ans et moins encore. Casper (Berlin) et Bertillon confirment ces résultats.
î° La profession. En Angleterre, suivant Bertillon, et dans l'âge de 35 à 45 ans, sur 1,000 individus de chaque profession, il meurt :
Ministres ou magistrats 6
Ouvriers et haut lords 9 à 12
Mineurs 13
Médecins 13 à 14
Marchands de spiritueux 19
Il y a quelques raisons de soupçonner que les excès, particulièrement alcooliques, contribuent à rapprocher, à cet âge, la mortalité des lords et celle des ouvriers. Dans l'enfance et la vieillesse, les premiers ont infiniment moins de pertes.
En France et dans presque tous les pays, la profession militaire crée des chances de mort (non compris la bataille). Chez nous, le chiffre obituaire de l'armée est aux environs de 10 p. 1000, supérieur à celui de toute la population de 18 à 30 ans, malgré la sélection attentive dont les soldats ont été l'objet et malgré les réformes qui, en allégeant l'armée, rejettent dans la population des éléments d'aggravation funéraire.
1070 HYGIÈNE DE L'ENFANCE. [Hygiène
Comparaison de ta mortalité avec la natalité.
iïi \j l\ i a lj i x Tj •
XTITA 1 fTlî HMALUll.
fi K TIOlVs
il J\. 1 1 \J il o •
DES HAIÏSANCES
Bavière (1861-68)
(Nous n'avons pas pris, pour la France, la période 1864-73, qui comprend deux années de guerre malheureuse et dont les chiffres sont naturellement encore plus désavantageux que ceux des périodes normales. Les voici, toutefois. Décès, 24-, 89; naissances, 25, 7; excès des naissances, 0,81.)
Quant aux oscillations d'année en année ou de période en période, la natalité et la mortalité marchent parallèlement dans tous les pays. L'Angleterre seule fait exception et dans le sens le plus heureux; depuis 1840, sa natalité s'est élevée de 32 à 35, 6, sans que le chiffre pour 1,000 de la mortalité change. Ce qui prouve que la mortalité baisse.
Bibliographie. — Anthropologie. ] — Dr Quatrefages et Hamy : Crania et/mica. Paris, 1874-1881, 1 vol. in-4 avec 100 pl. — De Quatrefages : Races humaines (Dictionn. encyclopéd. des sciences médic). — Broca (Paul): Le programme de l'Anthropologie. Leçon d'ouverture (Gazette méd. de Paris, 187G, n° 48). — Du même : Les races fossiles de l'Europe occidentale (Gazette méd., 1877, n° 37). — Lagneau (Gustave) : Celtes et France (Anthropologie) (Dictionn. encyclop. des scienc. méd.. — (D'Arrois de Jucainville (H.) : Les premiers habitants de l'Europe. Paris, 1877.
Démographie. — Engel (E.) : Die Ster^blichkeit und Lebenserwartung im preussischen Staate wâhrend der Zeit von 1816-1860. Berlin, 1863. — Neefe (Moritz) : Statistik der Todtgeborenen. Iena, 1874. — Wolff (A.) : Untersuchungen ùber die Kindersterblichkeit. Erfurt, 1874. — Lagneau (Gustave) : De Vinfluence de l'illégitimité sur la mortalité (Annales d'Hygiène, 2e série, XLIV, 1875). — Stockton-Hough (John) : De l'influence comparée des villes et des campagnes sur la santé, sur la fécondité, la longévité et la mortalité (Trad. par Destine (A.) : Annales d'Hygiène, 2e série, XLIII, 1875). — 37 Report of the Registrar gênerai. London, 1876. — Bertillon : Mouvement de la population dans divers États de l'Europe et notamment en France (Annales de Démographie internationale, I. Paris, 1877). — Bertillon (Jacques) : La statistique humaine de la France. Paris. — Curtis (Thomas B.) : Infant mortality — Vital statistics (A Treatise on Hygiène, by Alb. Buck, IL New-York, 1879). — Bertillon -. Mariage, Mortalité, Mort-nés, Natalité, France (Démographie) (Dictionn. encyclop. des scienc. méd.).
ARTICLE III te groupe infantile. — Hygiène de l'enfance.
Nous comprenons dans ce groupe, suivant les traditions classiques, \ ° le
spéciale.]