DURETÉ
(degré allemand)
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158 DU SOL. [Hygiène
La présence de Y ammoniaque se lie aux mêmes circonstances et a la même signification, sans que cependant, ainsi que le font remarquer Roth et Lex et qu'il résulte des recherches de G. Schmidt, il y ait ni parallélisme ni antagonisme nécessaires entre la proportion de ce gaz et celle des nitrates. Les 125 puits de Dorpat, examinés par G. Schmidt, renfermaient de 0gr,0û019 à 0,02849 d'ammoniaque. La méthode employée (distillation avec la potasse hydratée) a pu forcer un peu les résultats. Wanklyn et Ghapman, expertisant des puits de Londres, notoirement infects, n'ont obtenu que de 0,0010 à 0,0075 AzH3 (par distillation avec le carbonate de soude). Houzeau a constaté que les eaux de puits bien fermés renferment plus particulièrement de l'ammoniaque et s'en débarrassent à la lumière.
Enfin, l'on a pu rencontrer, dans les eaux de source, des traces d'iode et de brome, de fluor, de lithium, cœsium, rubidium, strontium, manganèse, cuivre, arsenic.
Il y a toujours des matières organiques, même dans les eaux les plus pures, celles qui jaillissent du granité ou des schistes argileux (4 à 10 milligrammes par litre). Ces matières, empruntées au sol que l'eau a traversé, peuvent s'élever jusqu'à près d'un gramme. Elles ne gardent pas toujours de l'azote. Dans des cas assez rares, elles contiennent des acides gras. Schweitzer y a trouvé l'acide butyrique, à l'état de butyrate de chaux, s'élevant à la proportion extraordinaire de lgr,50 par litre ; c'est l'eau d'un puits alimenté par les infiltrations d'un fossé à détritus organiques, éloigné de plus de 30 mètres. Scherer, Gorup-Besanez, Vogel, ont démontré la présence de l'acide formique dans certaines eaux; celles qui filtrent des marais tourbeux contiennent les acides humiques, ulmiques, etc.
Les matières organiques azotées de l'eau des puits proviennent des excrétions des hommes et des animaux, des cadavres, des détritus alimentaires, industriels et autres, qui, rapidement envahis par le processus fermentatif et la putréfaction, continuent à évoluer dans le même sens dans l'eau ellemême. Les phases diverses et successives du phénomène sont fugaces et difficiles à saisir; c'est toujours une consommation d'oxygène ; l'ammoniaque, l'acide azotique et les azotates en sont le dernier terme. Ces corps peuvent donc servir d'indice assez exact de la souillure organique. Cependant, il est des eaux très souillées qui sont pauvres en nitrates; ainsi la Spréeenaval de Berlin (Reich). Il peut, suivant Pelouze, y avoir eu une réduction opérée sur les nitrates eux-mêmes, par continuation des actions fermentatives.
D'ailleurs, le poids de ces matières est extrêmement variable. Dans les analyses de Moleschott, il n'a pas dépassé 0sr,024 par litre ; Parkes, dans une série de puits peu profonds, à Londres, a obtenu jusqu'à 0,117; dans une source à Norwich, au voisinage d'un cimetière 0,148, et dans un puits de Brighton 0,250; Reich, dans les eaux de 25 puits de Berlin, par le procédé de l'évaporation avec dessiccation au rouge, constata de 0,088 à 0,417 de matières organiques avec une moyenne de 0,0042 d'ammoniaque et de substances azotées. Fischer, dans une eau d'aspect lactescent, désagréable au goût et qui sentait le gaz d'éclairage, reconnut la proportion de 4&r;1984 de
générale.]
LES EAUX LIBRES OU TERRESTRES
matières organiques par litre. Cette eau recevait les immondices d'une usine à gaz située à 300 mètres de là.
Ritter a analysé l'eau de 269 puits, situés dans les divers quartiers de la ville de Nancy. Voici ses principaux résultats :
i° Résidu, rarement au-dessous deOgr,30, 7 fois au-dessus de 2 grammes, le plus habituellement aux environs de 1 gramme (78 fois).
2° Degré hydrotiméirique total; 28 fois au-dessous de 30°, 77 fois entre 50 et 60°, 68 fois entre 60 et 100°, 6 fois au-dessus de 100°.
3° Degré hydrotiméirique permanent ; 26 eaux marquent moins de 10 degrés, 89 de 10 à 20, 127 de 20 à 30, 69 de 30 à 60, 2 plus de 60°.
4° Chlorures comptés comme chlorure de sodium; 121 eaux, moins de 0gr,10; 113 de 0,10 à 0,20 ; 7,1 gramme et au-dessus.
5° Matières organiques; 65 eaux réduisaient moins de 1 milligramme d'hypermanganate; 88, de \ à 2 milligr. ; 95, de 2 à 4 milligrammes ; 56, de 4 à 10; 9, plus de 10.
6° Sels ammoniacaux ; 74 eaux n'en renfermaient point ; 93 en renfermaient de 0mgr,01 à0mgr,l ;59, de 0,1 à 1 milligr. ; 77, de 1 à 5 milligr. ; 10, plus de 5 milligr.
7° Azotites;^ eaux en contenaient de 0mgr,00002 à 0,0002; 68, de 0,0002 à 0,002; 99, de 0,002 à 0,02 et 63, de 0,02 à 0,2.
8° Azotates; 143 sont au-dessous de 0m§r,0005 ; 156, de 0,0005 à 0,001 ;
7 de 0,001 à 0,01.
Le volume des gaz a varié de 27 c. c. à 84 c. c. La moyenne de l'oxygène dans les puits relativement purs oscillait entre 4 et 6 c. c. ; elle s'élevait à
8 et 10 c. c. pour les eaux des puits souvent pompés.
Il va sans dire que d'autres matières encore que les substances dissoutes, minérales ou organiques, peuvent se rencontrer dans les eaux de source et de puits, débris visibles de végétaux ou d'animaux, êtres vivants, infusoires, œufs d'entozoaires, spores d'algues, corpuscules-germes, vibrions, bactéries, microbes. Ce sont peut-être ces éléments qui ont la plus grande importance, et la science moderne a révélé à cet égard d'inquiétants mystères : «. Je prouverai, dit Pasteur (1878), qu'un petit être microscopique, non signalé jusqu'à ce jour, introduit dans l'organisme vivant, provoque la formation abondante du pus ; qu'il n'est pas le seul ayant cette propriété; que Veau commune renferme les germes de ces organismes et d'autres plus dangereux ; que le simple lavage d'une plaie avec une éponge mouillée peut présenter des inconvénients très graves qui n'ont jamais appelé l'attention du chirurgien.» L. Figuier soupçonne, non sans raison, que si les azotates sont une si mauvaise note pour l'eau des puits, c'est qu'ils sont précisément encore accompagnés d'une partie des matières organiques en décomposition qui ont déjà fourni de l'azote.
Les eaux courantes : fleuves, rivières, i^uisseaux. — Ce sont, originairement» des eaux de source, sortant très pures des flancs de quelque montagne ; ou la collection de filets issus d'un glacier et coulant sur le roc, par conséquent irréprochables dès l'abord. Cependant, quelques cours d'eau naissent d'un
DU SOL
[Hygiène
marais ou sortent du sol spongieux de grandes forêts, telles que les forêts vierges d'Amérique, où les débris végétaux ont formé une couche épaisse à la surface ; en pareil cas, l'eau courante est primitivement mauvaise.
A partir de son origine, le cours d'eau est soumis à des vicissitudes nombreuses, à ne parler même que des influences naturelles. 11 traverse des terrains de constitution très diverse, s'enfonce dans des coupures profondes ou s'étale en surface, quelquefois disparaît sous terre dans une portion de son cours, et par conséquent dissout ou abandonne des matières terreuses selon l'occasion. A ses eaux, dans tous les cas, les pluies ajoutent de saison en saison leur contingent, formé de la partie des précipitations atmosphériques qui n'a pas le temps d'être évaporée ou qui ne trouve pas à filtrer dans le sol. Les pluies d'averse, comme sont généralement celles d'orage, fournissent donc l'apport proportionnel le plus considérable. Toutes, mais celles-ci plus que les autres, en raison de leur violence, entraînent avec elles dans les cours d'eau ce qu'elles ont pu dissoudre de l'atmosphère et du sol, et surtout des matières minérales ou organiques, recueillies et véhiculées mécaniquement. Des sources secondaires, des affluents, les communications avec la nappe souterraine, alimentent encore les fleuves, chemin faisant.
Le mouvement de l'eau dans les fleuves et rivières, les heurts du courant contre les aspérités de la rive, lui font perdre les gaz en excès, ou au contraire servent à aérer ces eaux. La proportion des sels qu'elles tiennent en dissolution dépend des terrains d'où jaillissent les sources, de ceux que le cours d'eau traverse et de l'apport minéral des pluies. L'analyse des eaux de fleuves donne donc des résultats variables d'un fleuve à l'autre et d'un point à un autre du fleuve.
Une circonstance qui peut contribuer pour une part à la richesse des eaux courantes en sels et déterminer la nature de quelques-uns de ceux-ci, mais qui est capitale vis-à-vis de la richesse en matières organiques, c'est la présence sur l'une ou l'autre rive d'un fleuve, ou sur les deux, d'une grande cité, d'une ville industrielle, et la façon dont les coutumes urbaines respectent l'intégrité des eaux fluviales, ce qui est rare et difficile, ou au contraire se servent du fleuve comme d'un canal d'évacuation naturel pour les immondices de l'agglomération humaine et pour les déchets des industries diverses.
La température des eaux fluviales est elle-même influencée par ce mélange d'impuretés, d'ordinaire amenées par voie liquide et toujours en possession d'un degré de chaleur assez élevé. Mais la déterminante principale de la température de l'eau des fleuves est la température atmosphérique, avec laquelle cette eau tend incessamment à se mettre en équilibre.
On voit que le caractère général des propriétés de l'eau des fleuves et rivières esi X inconstance et la dépendance. L'eau des sources, surtout des sources jaillissantes, a une individualité ; celle des fleuves en est dépourvue et reflète à chaque pas quelque influence étrangère. Le professeur Reichardt(d'Iéna), ayant consacré une année à des comparaisons dans ce sens, affirme qu'une source importante dans le voisinage d'Iéna, jaillissant d'une colline de calcaire perméable, et dont la température moyenne est de 10°G, n'a pas varié d'un
générale.] LES EAUX LIBRES OU TERRESTRES. 161
demi degré en un an ; tandis que l'eau de la Saale, en amont de la ville, a oscillé entre 1°,4 et 18°, 6. La température de l'eau du Rhône varie, en un an. de 0° à 25°, celle de la Seine atteint parfois 27° ; celle de la Moselle 24°, 3 (Poggiale). La Saale présenta à Reichardt (sur 100,000 parties) des oscillations comprises :
Entre 8,2 et 31,2 matières fixes.
— 0,7 et 6,4 sulfates.
— 0,9 et 4,1 matières organiques.
Le degré de dureté varia de 2, 3 à 11, 7 degrés. Pendant que la source oscillait, quant aux matières fixes, entre 1 et 1 ,6 (1 représentant le minimum), le fleuve allait de 1 à 4 ; les matières organiques étant de 0,16 à 1,26 sur 100,000, dans l'eau de la source, leur richesse flottait entre 0,9 et 4,1 pour l'eau du fleuve.
Les gaz des eaux fluviales s'élèvent de 16 à 50 centimètres cubes par litre, en moyenne à 32,5 (Moleschott, Bolley) ; l'oxygène y est régulièrement, par rapport à l'azote, dans des proportions supérieures à celles qu'il présente dans l'air atmosphérique; le premier atteint quelquefois à près de la moitié du second. L'acide carbonique y oscille entre 0,5 et 50 centimètres cubes ; d'ordinaire, son abondance est en raison inverse de celle de l'oxygène, celui-ci ayant été consommé par l'oxydation de matières organiques. Le tableau ci-dessous, emprunté à Miller par Roth et Lex, exprime ces relations entre l'oxygène et l'acide carbonique pour cinq stations sur la Tamise, en aval l'une de l'autre et dans Tordre suivant :