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KILOMÈTRES

LOCALITÉS

OXYGÈNE eu c. cub.

Auteuil (en aval de la ville, mais au-dessus de la bouche du grand égout) .

Arnould. — - Hygiène. 11

DU SOL

[Hygiène

Ce même tableau exprime encore la facilité avec laquelle l'eau fluviale reprend son oxygène, soit à l'atmosphère par le mouvement, soit à la nutrition des grands végétaux qui fixent du carbone.

Les matières fixes sont en général moins abondantes dans l'eau des fleuves que dans celle des sources, probablement par suite d'une sorte de décantation spontanée. La somme de ces matières, dans les grands fleuves d'Europe, varie deOgr,114à 0gr,396 par litre. Dans le Rhin, elle est entre 0,16 et 0,32; dans le Danube, entre 0,12 et 0,23; dans la Tamise, entre 0,273 et 0,396 (en amont des villes). La Seine en présente de 0,18 à 0,33. Le Nil atteint jusqu'à 1,6. Deville calcule pour le Rhône 0,18; pour la Garonne 0,30; la Marne 0,511. Un singulier témoignage de l'inégalité des eaux fluviales est la constatation, due à Poggiale, que la Seine offre dans le même moment une proportion de matières fixes de 0,230 sur l'un de ses bords, tandis que l'autre en possède 0,c296. De même, G. Schmidt a reconnu que les sels sont plus abondants en hiver, époque où les eaux courantes sont aussi plus riches en CO2, qu'en été. Ces sels, des carbonates en majeure partie, sont surtout des sels terreux, chaux, magnésie et du chlorure de sodium. La Seine contient de petites proportions de nitrates, 0,014 suivant Deville ; le Rhin près de Dorpat a révélé la même particularité. Ge qui explique qu'on y ait également décelé des traces d'ammoniaque.

Indépendamment des matières dissoutes, tous les fleuves charrient, même en dehors des grands « troubles », une certaine proportion d'éléments solides en simple suspension. Bischoff donne l'estimation suivante pour quelques fleuves : l'Elbe, 0,009; le Rhin 0,017 à 0,020; le Danube 0,092; le Mississipi, jusqu'à 0,588; le Gange 0,217 à 1,943. Poggiale a trouvé dans la Seine de 0,007 à 0,118 de matières suspendues ; Terme, de 0,35 à 1,25 dans le Rhône. Dans le Rhin et le Danube, ces éléments sont surtout siliceux, puis argileux, ferrugineux, calcaires. Ils sont parfois d'une ténuité telle qu'ils passent à travers les filtres et mettent 4 mois à se précipiter par le repos (le Rhin à Bonn). Ge sont eux dont la constance donne une véritable coloration à certains cours d'eau et leur mérite des noms qui rappellent le fait : Rio Colorado (le fer), fleuve Blanc à Java, fleuve Jaune en Chine (l'argile), Weissbach en Suisse (la chaux), Nil blanc, fleuve Bleu, Red- River, etc.

Enfin, l'eau des fleuves renferme des matières organiques de toute espèce, sans compter les êtres vivants ou leurs débris. Knapp les a évaluées, dans une série d'analyses, à des proportions qui varient de 0sr,01 à 0*r,12 par litre. On en trouve davantage dans certains cas, particulièrement au-dessous des routoirs en eaux courantes. En général, c'est au moment où le cours d'eau quitte une grande ville qu'on y trouve la plus haute proportion de matières organiques. Gelles-ci se précipitent ensuite, à quelque distance en aval, plus ou moins rapidement selon la pente et la rapidité du flot, la direction en ligne droite ou les flexuosités. Frankland ne partage pas la sécurité de Letheby lorsque celui-ci prétend qu'un liquide d'égout, étendu dans 20 parties d'eau, ne peut plus être chimiquement reconnu après 3 à 4 lieues de parcours, dans un fleuve poissonneux et dont les bords sont occupés par de la végétation. Le fait est que la Seine, qui reçoit par jour 263,000 mètres

générale.]

LES EAUX LIBRES OU TERRESTRES

cubes d'eau d'égout, avec \ kilogramme de matière organique par mètre cube, présente encore à Saint-Ouen, à Epinay, 2 a 3 milligrammes d'azote par litre, de l'hydrogène carboné et sulfuré, de l'acide carbonique, de l'oxyde de carbone, et que la végétation est tuée par cette eau plutôt qu'elle ne la purifie. Dumas a calculé que pendant la sécheresse de 1858, la Seine ne débitant que 44 mètres cubes à la seconde et recevant néanmoins, dans le même temps, \ mètre cube d'eau d'égout, l'eau du fleuve était devenue une dilution d'eau d'égout au 44e (Riche).

Deux cours d'eau anglais, l'Aire et le Galder, qui se rejoignent au-dessous de Leeds, ont été particulièrement signalés par W. H. Gorfîeld, comme souillés par les eaux d'égout, et les remarques ultérieures de Fonssagrives et de R. Nichols (de Boston) les ont rendus célèbres dans les deux Mondes. Ces deux malheureuses rivières reçoivent de plusieurs villes industrielles, un peu pressées comme toujours dans les transformations et les installations nouvelles qu'exige le développement de leurs industries, toutes les impuretés imaginables : matières fécales, urines des habitants, cadavres d'animaux, débris d'abattoir, eaux des filatures de laine ou de coton, des corroieries, tanneries, fabriques de produits chimiques, scories de forges, boues de la voie publique, etc. ; plusieurs millions de gallons par jour ! Les choses en sont arrivées au point de constituer une calamité publique ; les eaux ainsi outragées sont noires, fétides, et rien que leurs émanations poussent à la nausée. 11 y aurait donc tou t au moins une limite dans l'exercice de la tendance qu'ont les humains de charger les fleuves de les débarrasser des immondices et à laquelle les fleuves eux-mêmes ont l'air d'ouvrir leur lit.

En Allemagne, la Wupper (Barmen-Elberfeld) ; en France, la Vesle (Reims), le Trichon ou Espierre (Roubaix), ont acquis une réputation aussi fâcheuse et aussi méritée que celle des précédents.

Assainissement spontané de 1 eau des fleuves. — Le professeur Ripley Nichols (de Boston) attribue à trois ordres de causes les modifications spontanées qui s'accomplissent dans la proportion de matières organiques, d'origine urbaine, de l'eau des fleuves, à savoir : l'oxydation, la précipitation et la dilution (par l'abondance de l'eau et par les affluents). Mais la théorie ne permet pas de prévoir d'une façon certaine ce qui se passera en réalité sous l'action de ces forces chimiques ou physiques. L'auteur compare, à cet égard, le Blackstone-River et le Merrimack-River (Massachussets). Le premier reçoit les égouts de Worcester et, à quelques milles au-dessous de cette cité, est d'une putridité absolue; mais il reçoit aussi plusieurs affluents non pollués et, à Blackstone même, il a l'air tellement pur qu'il a pu être proposé comme source de l'approvisionnement d'eau. Les villes manufacturières deLoweletde Lawrence déchargent leurs eaux industrielles dans le Merrimack, leurs égouts mêmes et, cependant, les eaux de cette rivière sont encore moins sordides que celles du Blackstone-River au-dessous de Blackstone. Comment expliquer cet assainissement inattendu?

Les êtres vivants, poissons, organismes microscopiques, détruisent une notable quantité des impuretés. Les eaux industrielles renferment souvent (métallurgie, tanneries) des substances qui, en se combinant avec les ma-

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tières organiques, forment des composés insolubles, naturellement disposés à la précipitation toutes les fois que les inégalités du fond et des bords leur fourniront une surface propice aux sédiments. Enfin, la masse d'eau de quelques fleuves est telle qu'une pollution incontestable y devient parfois insaisissable aux procédés chimiques ; ce qui le prouve, c'est l'insignifiante oscillation de la proportion des chlorures, que Ton peut remarquer dans le tableau ci-dessous, bien que les eaux industrielles, les urines humaines, les fœces, ajoutent certainement de notables quantités de chlorure de sodium aux eaux des fleuves qui reçoivent les immondices des villes, régulièrement ou accidentellement. Les chlorures, très solubles, ne s'évaporent ni ne se précipitent, non plus qu'ils ne se décomposent ; l'analyse chimique les retrouve aisément; et pourtant les chiffres obtenus de ces sels ne révèlent à peu près rien de la souillure réelle de l'eau des fleuves.

L'auteur en conclut prudemment que l'analyse chimique n'est pas une garantie suffisante et que, lors même que ses indications porteraient à la confiance, l'on ne doit pas userpourla boisson des humains d'eaux fluviales que l'on sait d'ailleurs, par l'expérience vulgaire, être journellement contaminées. Cependant, l'on conçoit que cet assainissement spontané des fleuves, peut-être plus apparent que réel, ait pu justifier les tendances manifestées sur d'autres points (en Allemagne, par exemple, à la réunion des hygiénistes à Nuremberg, en 1877) à négliger le déversement des immondices dans les fleuves à débit puissant, au point de vue de la souillure des eaux et à réclamer l'utilisation systématique pour les villes de ces égouts en quelque sorte creusés par la nature.

(Les chiffres sont rapportés à 100,000 p. d'eau.

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