‹ Nouveaux éleménts d'hygiène [electronic resource]Chapitre 4 sur 267 · WELLCOME INST1TUTE LIBRARY · texte numérisé non relu

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PREFACE

Quoiqu'il existe, dans toutes les langues, beaucoup de traités d'hygiène, j'ose présenter au public celui-ci, qui ne prétend faire oublier aucun des autres. L'étude de l'hygiène est assez vaste pour que les livres puissent se multiplier, dans son domaine, sans produire l'encombrement; assez importante et assez mouvementée aujourd'hui, pour que les travaux se succèdent sans se répéter. A tout prendre, le même objet gagne à être étudié à plusieurs reprises et par des explorateurs différents.

Mon but a été d'offrir aux étudiants et aux jeunes médecins le cadre à peu près complet de l'hygiène, sous une forme abordable à toute personne d'une préparation scientifique moyenne. C'est dire que je me suis refusé, sur bien des points, les développements que la matière eût pu comporter, afin de ne laisser à l'écart aucun des objets sur lesquels il convenait d'appeler l'attention. Je reconnais, en particulier, que la partie consacrée à Y Organisation et à la Législation sanitaires n'a pas l'extension que lui vaudrait son importance; néanmoins, cette lacune est atténuée par l'indication, plus ou moins explicite, dans le corps de l'ouvrage, des principales dispositions législatives à côté de l'objet même qui les a motivées. D'ailleurs, chez le médecin, l'appréciation médicale des situations qui intéressent l'hygiène précède naturellement le recours aux mesures légales de protection. J'espère avoir rassemblé ici, pour les jeunes praticiens, les éléments essentiels de cette détermination scientifique et spéciale.

Dans les écoles, l'acquisition des connaissances qui, pourtant, ne

PRÉFACE

sont que les moyens de l'art de guérir, et aussi de Tart de prévenir, prélève une lourde part du temps des études, quand elle ne le prend pas tout entier. Il n'est peut-être pas impossible de modifier cet état de choses; mais^ il faudra toujours, pour être médecin, savoir d'abord l'anatomie, la physiologie, la pathologie générale, etc. Après tout, l'hygiène elle-même a besoin de ces sciences et de quelques autres; elle en est la synthèse. Seulement, la préparation est si longue qu'elle laisse peu de place à la science d'applications. Cependant, l'hygiène préoccupe aujourd'hui un peu tout le monde, et il est certain que, de plus en plus, le médecin ne sera pas consulté rien que par des malades. Les familles, les associations et les établissements de bienfaisance^ les grandes industries à personnel nombreux, les administrations publiques, sollicitent de lui, chaque jour, des formules qui ne sont pas dans le Codex.

Prévenir le jeune médecin des questions qui se présenteront, lui en montrer les faces diverses et l'étendue, préparer sa réponse et, sans lui dicter aucune formule, le mettre à même de légitimer celle qu'il fournira, ce ne peut être qu'utile et désirable, pour l'intérêt public et pour Thonneur médical. Si l'on reconnaît que je me suis approché de ce but, la tentative actuelle sera suffisamment justifiée.

Dans l'exécution, il eût été difficile et à coup sûr dangereux de vouloir être constamment original; je me suis borné à rester indépendant. Les livres que je ne ferai pas oublier, je n'ai pas cherché à les rappeler, même par la forme ; les imiter, ce serait leur faire tort. 11 y a un principe au-dessus des traditions; c'est de suivre, dans les productions scientifiques, le mouvement de l'époque. Or, si l'hygiène ne date pas d'aujourd'hui, elle est certainement dans une phase nouvelle d'études et d'applications, dont ce livre devait refléter nettement le caractère, sous peine d'être démodé avant de voir le jour.

La science contemporaine creuse particulièrement les questions relatives à ce qu'on appelait autrefois « la matière » de l'hygiène; elle y applique les procédés puissants d'investigation, qui sont comme la marque du siècle : l'analyse profonde, les instruments qui reculent indéfiniment la portée des sens, l'expérimentation, qui est devenue le contrôle suprême et universel. J'ai cherché à fixer les résultats obtenus dès maintenant, à l'aide de ces moyens nouveaux, et même à tenir compte de ceux qui sont plutôt entrevus que définitivement acquis.

Mais je n'ai eu garde d'oublier que l'hygiène est en quelque sorte le trait d'union entre les sciences physiques ou naturelles et la patho-

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