‹ Nouveaux éleménts d'hygiène [electronic resource]Chapitre 43 sur 267 · MOIS · texte numérisé non relu

MOIS

Juillet

Octobre

2ti,9

Marié Davy fait remarquer la coïncidence de l'élévation du chiffre de

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GO2 en 1878 et 1879 avec l'humidité et les mauvaises récoltes, tandis que 1876 et 1877, moins chargées d'acide carbonique, ont été moins humides et ont eu des résultats meilleurs. On voit, dans ce tableau, que la fin de 1879 semble être le commencement d'une nouvelle période d'abaissement du chiffre de GO'2, faisant présager une bonne année pour 1880.

L'air de la mer ne renferme jamais guère plus de 3 parties d'acide carbonique pour 10,000 ; l'air libre au-dessus des terres, comme on vient de le voir, guère plus de 4. La grotte du Chien, près de Naples, et les vallées empoisonnées de Java font exception ; l'atmosphère y est mortelle pour les animaux.

On dit que l'air des appartements est pur, quand il n'a pas plus de 2 pour 10,000 d'acide carbonique; à 7 pour 10,000, il est inoffensif ; à 10 et au-dessus, il est impur, insalubre (Wiel et Gnehm). Que de fois, dans les wagons de chemin de fer, les théâtres, les cafés, les brasseries, les écoles môme, la proportion d'acide carbonique n'est-elle pas au-dessus de ce taux !

A 25 p. 100 d'acide carbonique, l'air ne peut plus entretenir la combustion ; la tension de GO2 de 13,5 à 17 est mortelle pour les reptiles ; celle de 24 à 28 pour les moineaux; elle atteint et dépasse 30 pour les mammifères (P. Bert). On a vu de telles asphyxies dans l'entre-pont de navires, dans des locaux où l'on avait entassé des prisonniers de guerre, etc. Pettenkofer a passé quelques heures dans une atmosphère à 10 pour 1,000 de CO2, sans en être positivement incommodé; bien plus, Forster a respiré sans difficulté pendant dix minutes dans une cave où fermentait du vin et à 40 pour 1,000 de GO2. Selon Smith, quand la richesse de l'air en GO2 provient de la respiration, la tolérance est moins facile ; il lui a paru impossible de rester un temps notable dans une atmosphère à 40 pour 1,000 de CO2 de cette origine.

La plupart des auteurs pensaient que l'acide carbonique n'a aucune propriété toxique et qu'il éteint la vie simplement à la façon dont l'eau éteint la flamme. Les expériences de Demarquay, dans lesquelles l'homme a respiré pendant 4 à 6 minutes un mélange de 8 ou 10 parties d'oxygène ou d'air avec 1, 2, ou même 3 de GO2, sans éprouver autre chose que des troubles passagers, semblent prouver à la fois que la tolérance de l'organisme pour ce gaz peut être poussée très loin et qu'il n'est pas toxique, puisque les troubles (oppressions, vertiges) ne se prolongent que pendant peu de temps après l'expérience. Néanmoins, Smith a remarqué que les proportions assez ordinaires dans quelques mines mal tenues peuvent devenir tout à coup dangereuses. Une dame était entrée dans une chambre close où la proportion de CO2, faisant obstacle à l'entretien de la flamme des bougies, n'allait pas à moins de 21 pour 1,000, et où l'on ne pouvait d'ailleurs reconnaître la souillure organique de l'air qui a servi à la respiration ; pendant cinq minutes, cette dame, bien portante et nullement impressionnée, se trouva parfaitement bien dans cette atmosphère carbonique; mais, tout à coup, elle pâlit et l'on dut venir à son aide pour la faire sortir.

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On a cherché à expliquer de tels incidents par la difficulté des échanges gazeux intra-pulmonaires lorsque GO2 s'est accumulé dans le sang; cela n'emporte pas encore la "toxicité. Mais Ludwig Hirt fait observer que : 1° un animal meurt plus vite dans GO2 que dans l'azote, qui est simplement irrespirable ; 2° l'animal dans GO2 meurt néanmoins quand on introduit assez d'oxygène pour que la flamme reprenne vigueur. Selon cet auteur, et d'après l'influence anesthésique (contestée) de ce gaz, l'acide carbonique appartiendrait à la classe des poisons narcotiques. Smith et surtout Forster partagent cette manière de voir et comparent l'action de CO2 à celle de l'opium.

Les récentes expériences de Paul Bert ont confirmé les propriétés anesthésiques de CO2 et, en le rangeant parmi les réels poisons, montré comment il faut comprendre son rôle. « Quand un animal respire en vase clos, soit dans l'air comprimé, soit dans un air suroxygéné, à la pression normale, en telle sorte que l'oxygène ne lui fasse jamais défaut, la tension croissante du GO2 dans l'air maintient une proportion croissante du même gaz dans le sang, si bien que l'acide carbonique produit dans la profondeur des tissus reste dans ces tissus. Il résulte de cette accumulation un ralentissement progressif des oxydations intra-organiques, d'où, comme conséquence, un abaissement considérable de la température du corps. Le système nerveux central, dans cette action générale sur l'organisme, manifeste le premier qu'il est atteint, par la perte des transmissions réflexes, d'abord aux membres, puis à l'œil, puis enfin au centre respiratoire, d'où résulte la mort, » sans agitation, ni mouvement convulsif ; ce qui ruine la théorie de Brown-Séquard, d'après laquelle CO2 serait un poison convulsivant. Les convulsions qu'on remarque sous l'influence de l'acide carbonique n'apparaissent qu'au moment où l'on fait cesser son action.

Le cœur ralentit ses mouvements, mais conserve très longtemps toute sa force ; il est encore Yultimum moriens. Donc GO2 n'est pas non plus un poison du cœur.

« La vie végétale, la germination, le développement des moisissures, la putréfaction, sont ralentis, suspendus, arrêtés définitivement par l'acide carbonique sous une tension suffisante.

« Ainsi, l'acide carbonique est un poison universel, qui tue animaux et végétaux, de grande taille ou microscopiques; qui tue les éléments anatomiques isolés ou groupés en tissus. Et tout cela n'a rien d'étonnant, puisqu'il est le produit d'excrétion universelle de toutes les cellules vivantes ; sa présence empêche l'excrétion et arrête par conséquent, en y opposant un obstacle terminal, toute la série des transformations chimiques de la vie, qui commencent par l'absorption d'oxygène et finissent par le rejet de l'acide carbonique. »

D'une autre façon, quand, dans une atmosphère, GO2 s'élève à 2 ou 3 p. 100, c'est d'ordinaire l'oxygène qui diminue d'autant et dont la tension s'abaisse de 21 à 18, ou aux environs. Or, toutes les fois que la tension de l'oxygène se trouve ainsi réduite, que ce soit par diminution delà pression totale de l'atmosphère (comme aux grandes altitudes), ou par raréfaction

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de l'oxygène seul sous la pression atmosphérique normale (comme dans la cloche à expériences de P. Bert), les accidents asphyxiques, vertiges, nausées, céphalalgie, anxiété, etc., commencent à se faire sentir. On peut ainsi éprouver le « mal de montagnes » (Voy. plus loin : Climats) en plaine, au niveau de la mer, ou même au-dessous, au fond d'une mine. Forel fut saisi de troubles intellectuels, de faiblesse musculaire, d'accélération des mouvements circulatoire et respiratoire dans la Grotte des Fées de Saint- Maurice (le 23 juin 1864), où le professeur BischofF constatait 2 p. 100 d'acide carbonique. Mais la proportion d'oxygène était réduite à 15,33, c'est-à-dire que la tension de ce gaz équivalait à celle qu'il possède dans l'atmosphère à une altitude de plus de 2,000 mètres.

Le poumon rend d'autant moins de GO2 qu'il y en a plus dans l'air fourni à la respiration. Gréhantfait respirer à un chien 50 lit. d'air pur et, recueillant les gaz expirés, constate qu'ils renferment 2gr,747 de GO2. 11 fait ensuite respirer au même animal un mélange de 49 lit. d'air et de 1 lit. GO2 ; l'air expiré contient 3sr,61 de GO2 ; d'où il suit, en retranchant le poids lgr,83 du litre de GO2 préalablement ajouté, que le poumon n'a fait, cette fois, que 3,61 —1,83 = 1,78 GO2. A 48 lit. d'air et 2 lit. de GO2, il ne rend que 0gr,533. Enfin, si le mélange contient 4 à 5 lit. GO2, non seulement l'élimination de l'acide diminue, mais elle est remplacée par une absorption et l'on trouve, dans les gaz expirés, moins de GO2 (0gr,52 à lsr,25 en moins) que dans le mélange inspiré. Ainsi, à 1/10 de GO2, le gaz est absorbé. A cette dose, l'animal ne paraît pas souffrir; il est seulement un peu agité et multiplie les efforts inspirateurs.

Les accidents aigus de l'inhalation d'acide carbonique à haute dose ne sont pourtant que des exceptions presque négligeables en comparaison de la vulgarité de ses effets lents, à petites doses répétées. L'histoire des troupes anglaises, asphyxiées sur le vaisseau transport Maria S orne s, en 1846, celle des passagers du steamer Londonderry (1848), la prison noire (Black Hole) de Calcutta, resteront des raretés d'émouvant souvenir. Mais les accidents lents et chroniques de l'usage habituel et continu d'un air chargé de GO2 sont de tous les jours et intéressent des groupes nombreux et variés de la population : les ouvriers des mines, les soldats dans les chambres de caserne, les écoliers de tout degré dans les salles de classe, les habitués des théâtres et des cafés ou brasseries, les garçons et filles de comptoir et de magasin, la population des ateliers, etc., etc. Sans doute, l'acide carbonique n'a pas de rapport direct avec le développement de la phthisie pulmonaire, de la scrofule, de la fièvre typhoïde ou du choléra, ainsi que le faisait remarquer Boudin. Mais il ne saurait être douteux que la consommation régulière d'un air entaché de la présence d'un élément qui n'est pas fait pour la nutrition des animaux, qui est étranger dès que la proportion s'en élève et qui est probablement toxique, ne soit parfaitement apte à maintenir lafonction d'hématose dans un état d'infériorité dangereuse, dans une souffrance permanente. Un tel état déprime la vitalité, ouvre la porte à toutes les influences nuisibles et affaiblit d'avance les ressources de la réaction. La maladie ne va-t-elle pas naturellement se faire jour par le point faible

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[Hygiène

de l'organisme, par le poumon lui-même, dont la fonction est depuis longtemps alimentée par un air incomplet et anormal? Les faits semblent démontrer que cette vue théorique se réalise en ce qui concerne la phthisie.

Par ailleurs, dans les locaux habités, l'acide carbonique a été longtemps regardé comme le critérium de la souillure de l'air, avant que l'on sût reconnaître les germes atmosphériques et comprendre leur rôle, doser la matière organique de l'atmosphère et en apprécier la nociveté. Ce critérium n'est pas à rejeter et nous dirons plus loin (Analyse de Vair) comment on peut l'obtenir sans difficulté.

Vapeur d'eau. — Il convient, apparemment, de séparer l'étude de la vapeur d'eau atmosphérique de celle de la pluie, des rosées, de l'humidité en quelque sorte aiguë qui en résulte. Bien que ces derniers phénomènes dépendent absolument du premier, au point de vue de la physique, ils prennent pour l'hygiène un aspect très différent. La vapeur d'eau de l'atmosphère intéresse, et même à un haut degré, l'air des lieux habités, que nous rendons le plus possible indifférent à la météorologie; la pluie, au contraire, n'influence immédiatement que l'air extérieur.

La vapeur d'eau n'est que mêlée à l'atmosphère ; l'air n'a pas de pouvoir d'absorption à son égard. Il en existe moyennement 1 p. 100 (en volume) dans l'air atmosphérique ; mais cette proportion est soumise aux oscillations les plus considérables. Jourdanet note que la vapeur d'eau contribue à maintenir la chaleur à la surface de la terre; aux premiers âges du globe, une atmosphère éminemment humide emmagasinait une part énorme de la chaleur du soleil.

Fonssagrives, après J. Tyndall, fait remarquer que l'excursion diurne du thermomètre est très grande partout où l'air est très sec (Sahara, Australie). Mais, inversement, la tension et la quantité de la vapeur d'eau mêlée à l'atmosphère dépendent de la température et de la pression. Plus la température est élevée, plus l'air est capable de contenir de la vapeur d'eau; l'augmentation dépression (ou mieux la compression), équivaut, au contraire, au refroidissement (Jamain), c'est-à-dire hâte le moment où la vapeur se résoudra en eau.

On dit que l'air est saturé (circonstance rare), quand il renferme toute la vapeur d'eau dont il est capable à la température du moment. La tension de la vapeur, variable selon les températures, est représentée par la hauteur de la colonne mercurielle à laquelle cette vapeur fait équilibre; Kaemtz, August, Regnault, ont dressé des tables, légèrement divergentes, dans lesquelles on peut rapidement trouver la tension de la vapeur à l'état de saturation et pour une température donnée. Nous reproduisons une partie de celle de Regnault.

générale].

ÉLÉMENTS NORMAUX DE L'ÀTMOSPHÈKE

Tension de la vapeur à diverses températures (Regnault).

Température.

Tension en millimètres.

Température.

Tension en millimètres.

La connaissance de la tension sert à évaluer le poids p. 100 de la vapeur d'eau de l'air. On sait que tous les éléments de l'atmosphère occupent, chacun pour son propre compte, tout l'espace qui leur est offert et que chacun est sous sa pression propre. Si l'on exprime le volume de ces divers éléments pour 100 volumes d'air, c'est comme si l'on déterminait les espaces relatifs qu'occuperait chacun des gaz en le supposant sous une pression égale à la pression totale de l'atmosphère. La tension de la vapeur est-elle de 9mm,165 (à 10°), c'est que la vapeur d'eau de l'air à la

la surface du sol est sous une pression égale à ~fôô'=j^ de la normale ; elle se réduirait donc à 1,2 p. 100 de son volume, ou du volume de l'air (d'après la loi de Mariotte), si elle était sous la pression normale. C'est-àdire qu'il y a 12 centimètres cubes de vapeur d'eau dans 1000 centimètres cubes (ou 1 litre) d'air, 12 litres dans 1 mètre cube d'air. Gomme, à pression et à température égales, la pesanteur spécifique delà vapeur d'eau est 0,622 (celle de l'air étant 1), il suffit de multiplier par ce rapport le chiffre du volume pour 100; dans le cas particulier, 0,622 X 1,2 =0,746.

Chaque litre d'air peut contenir un poids déterminé de vapeur d'eau (i ). Cette limite est de 5, 9, 18, 33, 58 milligrammes à des températures

(1) Poids de la vapeur d'eau par mètre cube d'air à l'état de saturation :j

Température.

Saturation.

Température.

Saturation

lsr,2 1 8

1 lsr,2

DE L'ATMOSPHÈRE

[Hygiène

de Oô, 10°, 20°, 30°, 40° (Jamain). Mais ce n'est pas le poids absolu de la vapeur d'eau dans l'air qui intéresse le plus l'hygiène ; c'est le rapport de la quantité existante ayec celle qui s'y trouverait si l'air était saturé à la température du moment, en d'autres termes, le degré de saturation.

Le procédé le plus sûr pour déterminer la quantité d'eau contenue dans l'air est le procédé chimique, qui consiste à faire absorber par de la pierre ponce imbibée d'acide sulfurique la vapeur contenue dans un volume d'air connu ; l'augmentation du poids de l'appareil indique le poids p de la vapeur absorbée. En cherchant dans la table la tension maximum à la température à laquelle on opère, on calcule facilement le poids P, que le

volume d'air contiendrait s'il était saturé. Le rapport | est l'état hygrométrique cherché (Gréhant).

Les hygromètres à condensation (Daniell, Regnault) sont encore des instruments d'une exactitude satisfaisante. On sait qu'il s'agit de déterminer la température du point de rosée, c'est-à-dire celle à laquelle l'air est saturé par refroidissement ; on connaît, d'autre part, la température réelle de l'air. On cherche dans les tables la tension maximum de la vapeur à la température du point de rosée, on la divise par la tension maximum à la température de l'atmosphère. Le quotient est l'état hygrométrique.

Pour des observations rapides, les médecins et les agronomes emploient de préférence Y hygromètre à cheveu de Saussure, plus ou moins modifié (fîg. 29). Il faut savoir que l'échelle est une simple division en parties égales de la distance qui sépare le point de saturation du point d'extrême sécheresse ; mais que les états hygrométriques ne sont pas proportionnels aux degrés de l'instrument. Ainsi, la division 50 n'indique pas la demi-saturation (qui est la circonstance la plus favorable) ; ce point correspond à peu près à 72 degrés de l'hygromètre (72°, 11).

Fig. 29. — Hygro mètre à cheveu.

72°, 11 de l'hygromètre, l'air contient par mètre cube :

à (5 degrés 6gr,4l d'eau. à 40 degrés 23gr,20 d'eau,

(A. Bouvet.)

Enfin, l'état hygrométrique de l'air peut aisément et avec assez de précision être déterminé à l'aide du psychromètre , instrument dont le psychromètre d'August est resté le type, mais dont il existe d'assez nombreuses modifications (fig. 30). On comprend d'autant mieux ces variantes que le jeu de l'instrument se réduit en définitive à la comparaison de deux thermomètres, l'un sec, l'autre mouillé, qui sont associés dans les psychromètres ordinaires, mais qui pourraient évidemment être libres l'un

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et l'autre. A la rigueur même, un seul thermomètre alternativement sec, puis mouillé, suffirait au but qu'on se propose. Les indications du psychromètre sont incertaines pendant les gelées et par certains vents. Il ne donne immédiatement que la température T du thermomètre sec, T' température du thermomètre mouillé, d'où l'on déduit la différence T — T'. On trouve la tension (<?) de la vapeur dans l'air par la formule : e = ë — K (X — T') b ; dans laquelle ë représente la tension correspondante à la température T', b la hauteur du baromètre, etK un facteur empirique évalué par Regnault,

Dans de petites chambres fermées, à 0,00128

Dans de grandes — — 0,00100

Dans des salles, les fenêtres ouvertes 0,00077

Dans des cours 0,00074

A l'air libre, sans vent 0,00090

Du reste, la tension de la vapeur et l'humidité relative de l'air, correspondantes aux indications du thermomètre, sont inscrites d'avance dans des tables toutes faites, dont se servent les météorologistes. Les annuaires de Montsouris possèdent de pareilles tables avec l'indication des corrections nécessaires. En 1864, l'on construisit pour les observations météorologiques des

hôpitaux de l'armée des tables très étendues et très commodes, qui se trouvent dans le Recueil de mémoires de médecine militaire (3e série, t. XI, 1864).

L'humidité absolue de F air, journalière ou mensuelle, marche parallèlement à la température ; l'humidité relative, en sens inverse. Celle-ci a son maximum au commencement de l'hiver, son maximum au commencement de l'été. La moyenne annuelle, dans nos contrées, est un peu au-dessus de la demi-saturation, 70 p. 100. Selon Dove, la moyenne annuelle dans les six stations de l'Institut météorologique prussien a varié entre 54 et 94 p. 100. La limite inférieure, de 11 degrés hygrométriques, observée à Montsouris en juin 1871, est exceptionnelle chez nous. En Algérie, la moyenne hygrométrique est de 45 à 50°. Dans la zone méditerranéenne, à Hyères, la moyenne annuelle est de 56°, 47 (Fonssagrives), avec des oscillations de 20° à 80°. A Nice (Roubaudi), avec une moyenne de 58°, 2, il y aurait des oscillations de 15° à 90°. Le voisinage de la mer, surtout de l'Océan (non de la Méditerranée), tend à élever le chiffre de l'hygrométricité : à Lille, Meurein trouve un peu plus de 77 p. 100 d'humidité relative pour l'année moyenne (Lille est presque un climat marin).

En été, il s'évapore de la surface des eaux une quantité de plus en plus grande à mesure que la chaleur du jour monte ; cette vapeur se répand dans l'air, dont la richesse en humidité va par conséquent en augmentant.

Fia.

;>0. — Psychromètre ordinaire.

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Celte situation dure jusqu'à 9 heures du matin environ. A ce moment, réchauffement du sol est suffisant pour dilater les couches d'air en contact avec lui ; celles-ci s'élèvent, entraînant leur vapeur, et, bien que l'évaporation continue, les couches inférieures de l'air sont relativement sèches. Ce mouvement cesse vers 4 heures du soir ; alors l'humidité va en s'accumulant dans les couches inférieures de l'atmosphère jusque vers 9 heures du soir, instant auquel le refroidissement de l'air met une borne à l'évaporation.

En hiver, le soleil ayant peu d'action, les choses se passent autrement ; c'est vers 2 heures que l'air renferme le plus d'eau et au coucher du soleil qu'il en a le moins.

Quant aux saisons, le minimum d'humidité (absolue) est en janvier, le maximum en juillet. Au point de vue relatif, c'est l'effet inverse qne l'on observe communément. Au lever du soleil en été, l'air nous paraît très humide, quoique ce soit le moment où il renferme le moins d'eau.

L'humidité absolue décroît de l'équateur au pôle et croît inversement. L'air est plus sec sur le continent que sur le littoral ; il va sans dire que les collections d'eau intérieures peuvent modifier cette loi.

Influence sanitaire de l'humidité atmosphérique. Air sec. Air humide. — Il est rare que le degré hygrométrique de l'air puisse être envisagé seul ; comme tel, son influence sur la santé des humains serait probablement fort limitée. Mais la vapeur d'eau atmosphérique vient du sol et des eaux teîluriques ou superficielles ; elle ne saurait être séparée de la température de l'air ; enfin, nos habitudes intérieures dans nos abris divers modifient incessamment ses proportions et ses qualités. C'est dans ces états d'association qu'il est nécessaire d'envisager l'humidité atmosphérique pour en comprendre les effets.

Les contrées où les cours d'eau sont nombreux, où il existe des collections aqueuses à large surface ; celles où les pluies sont fréquentes et abondantes ; celles même où la nappe souterraine est peu distante de la surface, ou encore sujette à de grandes et fréquentes oscillations verticales, sont naturellement vouées à une humidité atmosphérique, toujours d'assez haut degré et assez constante. Les lieux élevés, les plateaux calcaires sans sources ni rivières, ont au contraire un air habituellement sec.

Si l'on se rappelle que l'humidité est la condition nécessaire (il faut, toutefois, que la chaleur s'y ajoute) des décompositions organiques à la surface et dans les premières couches du sol, on n'hésitera pas à suspecter tout d'abord la salubrité des régions humides. Elles sont, en effet, habituellement le domaine de la malaria ; mais l'on sait qu'elles sont loin d'en avoir le monopole. Il est à remarquer, pourtant, que dans les pays chauds et à fièvres (Algérie, Sénégal), l'endémo-épidémie malariale arrive avec les pluies ou un peu après et se montre d'autant plus sévère que le temps antérieur a été plus humide. Dans les années 1866 et 1867, alors que la sécheresse causait la famine en Algérie, les fièvres fui ent bénignes ; l'hiver de 1867-68 ayant été pluvieux, les fièvres graves reparurent.

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Étant donné le sol malarial, il n'a paru douteux à aucun hygiéniste que la vapeur d'eau atmosphérique ne joue un rôle énorme dans la véhiculation des principes fébrigènes, quelle qu'en soit la nature. Léon Colin a noté d'une façon très précise les rapports de la salubrité de divers points de VAgro Romano avec le brouillard qui en couvre tous les matins les espaces les plus déprimés ; plus les villas, couvents ou bourgades, sont élevés au-dessus de ce brouillard, plus salubres sont les localités.

C'est aussi aux heures où se forme ce brouillard et qu'il est le plus abondant, soir et matin, c'est-à dire au moment où la sursaturation atmosphérique se trahit, que l'air malarial est le plus dangereux.

Davidson, après Fracastor, attribue un grand rôle à l'humidité chaude dans l'éclosion des épidémies de typhus exanthémalique. C'est après les pluies qu'il reparaît le plus volontiers en Silésie et en Pologne (A. Kelsch).

Il est vraisemblable que l'évaporation de la surface du sol fournit de même un véhicule aux principes ou germes morbides dont l'élaboration ou la prolification ont eu lieu dans les couches terrestres. Michel Lévy signalait tout particulièrement cette véhiculation redoutable. Il est possible que les germes du choléra, de la fièvre typhoïde, etc., s'en passent quelquefois et soient simplement charriés par l'air sec ; mais il n'y a pas moins une loi d 'exacerbaiion estivo- automnale (Ernest Besnier) de la fièvre typhoïde des grandes villes, c'est-à-dire à l'époque qui suit la saison des pluies et où la chaleur rend l'évaporation puissante et active. A la vérité, pendant l'été, l'air est relativement plus sec ; mais, grâce à l'élévation de la température, la quantité réelle de vapeur est plus considérable (Voir le tableau emprunté à Latham, page 185).

La vapeur d'eau promène, d'ailleurs, dans l'air, surtout dans l'air de nos habitations, les molécules organiques de toute sorte, excessivement ténues, qui résultent des putréfactions qui s'échappent des poumons et de la peau des animaux et que, naguère, on redoutait si fort sous le titre d'émanations. Il va sans dire que l'humidité atmosphérique assure la continuation, dans l'air, de la décomposition de ces molécules organiques, fussent-elles d'origine banale.

J'inclinerais à penser que c'est de cette façon que les eaux du sol et l'humidité aérienne qui en résulte peuvent agir dans le développement de la phthisie pulmonaire, dont l'étiologie est si complexe. A peu près à la même date (1862) et sans avoir connaissance de leurs travaux respectifs, Bowditch aux États-Unis et Buchanan en Angleterre arrivaient à cette formule, que « l'exposition à l'humidité du sol est une des principales causes de la consomption». Simon confirma cette vue étiologiqne, à la suite d'une enquête conduite par les soins de la direction du Privy Council. Tout récemment (1877), Winsor, après étude de l'état du drainage dans 128 localités du Massachusetts, concluait que les maladies le plus habituellement attachées à l'habitation des lieux humides sont : les inflammations des organes respiratoires, spécialement les bronchites ; puis le rhumatisme subaigu ; puis la phthisie, la pneumonie, les gastrites chroniques; enfin, un affaiblissement de la résistance générale.

Arnould. — Hygiène. 14

2Ï0 DE L'ATMOSPHÈRE. [Hygiène

Il est remarquable que ce sont aussi des accidents des voies respiratoires que Ton signale comme conséquence du séjour dans l'air sec. Falk, expérimentant sur des animaux, constate que l'air sec irrite vivement les voies respiratoires, abaisse la température du corps de 0°,1 à 0°,7 et provoque des convulsions. Dans l'Amérique du Nord, où souffle le vent de Sud-ouest, qui a passé sur l'immensité continentale du Far- West et, par conséquent, est tout à fait dépouillé d'eau, la statistique prouve que les maladies respiratoires sont très communes.

Ce n'est peut-être pas une contradiction. Quand l'air est très humide, le poumon ne peut se débarrasser de son eau de respiration ; quand l'air est trop sec, il est fait une sorte d appel à son humidité intrinsèque. Dans les deux cas, il y a une cause de trouble local.

Toutefois, en ce qui concerne la phthisie, notons que les fameuses stations d'altitude qui sont réputées si favorables aux phthisiques, comme Davos, dans le canton des Grisons, se distinguent par un haut degré hygrométrique, 85° en moyenne, mais par une très petite quantité absolue de vapeur d'eau: 2gr, 428 par mètre cube d'air, au lieu de 6?r,5I0 à Pise (Vacher). Cette circonstance permet le facile passage des rayons du soleil.

Bien que le régime des pluies soit une des déterminantes de l'humidité du sol et de l'atmosphère, il ne faut pas confondre ni réunir ces deux termes. C'est peut-être pour avoir commis cette méprise que Casper et Lombard ont assigné une salubrité plus grande aux saisons et aux climats humides qu'aux régions sèches. En comparant, pour Paris et Berlin, les mois humides aux mois secs, Casper trouve la plus lourde mortalité dans les derniers. Et Lombard (de Genève) formule la conclusion suivante, après des recherches de statistique comparée : « l'humidité et une température modérée exercent une action favorable, tandis que la sécheresse et une température extrême, surtout quant au froid, exercent une action défavorable et augmentent la mortalité. » A vrai dire, l'on voit apparaître ici un élément, du reste toujours associé à l'humidité (la température), qui prime souvent de beaucoup la richesse de l'air en vapeur d'eau et, dans tous les cas, comme nous le dirons, modifie singulièrement les effets propres de l'humidité.

Par elle-même, et vis-à-vis de la fonction de respiration, la vapeur d'eau dans l'air paraît être un modérateur de l'action de l'oxygène ; ce gaz vivifiant devient offensif s'il n'est dilué, et, en quelque sorte, émoussé. On comprend ainsi que l'air sec produise un effet d'excitation pulmonaire exagéré. L'air inspiré humide n'a pas cet inconvénient ; d'ailleurs, le degré d'humidité du milieu atmosphérique ne saurait empêcher l'expiration de débarrasser l'économie de la quantité normale d'eau ; c'est un phénomène mécanique, favorisé aussi par la haute température de l'air à sa sortie du poumon. Pourtant, il semble que l'on respire plus aisément dans l'air sec que dans le brouillard.

Le degré hygrométrique de l'air a des effets plus certains et plus évidents sur les fonctions de la peau. L'air sec (absolument et relativement) densifîe la fibre de nos tissus, en épuisant les sucs aqueux; dans ce milieu, fût-il chaud, on peut agir avec énergie sans être incommodé par la sueur; nous

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l'avons personnellement éprouvé dans le sud de notre Algérie (Laghouat), où tous les hygromètres à cheveu se cassent pendant l'été* Mais, si l'air est à la fois sec et chaud, la déperdition aqueuse par la peau n'en existe pas moins et l'économie est entraînée à l'amaigrissement, à l'anémie, à l'usure rapide et précoce. Il peut se présenter des instants où cette extrême sécheresse crispe la peau et produit un état désagréable de l'enveloppe tégumentaire, surtout aux parties découvertes, mains et face. Par contre, dans l'air humide, l'évaporation cutanée est tout d'abord entravée ; l'élimination d'eau par le tégument n'est pas suspendue, mais elle devient visible et gênante ; au lieu de se disséminer dans l'air, elle perle ou ruisselle sur la peau sous forme de sueur. Dans les climats humides, chauds ou froids, l'individu et la race paraissent perdre de la fermeté et du ton de l'enveloppe tégumentaire et même des tissus plus profonds ; c'est là qu'on voit les fibres molles, le teint rosé, transparent, les chairs flasques, l'exubérance des tissus blancs, de la trame cellulo-adipeuse, les attributs du lymphatisme. Les toiles de Rembrandt ont été peintes dans l'atmosphère brumeuse des Flandres.

Du reste, les hygiénistes distinguent avec soin et très rationnellement Y humidité froide et Y humidité chaude. A première vue, celles-ci exagèrent, l'une les inconvénients du froid, l'autre ceux de la chaleur, la vapeur jouissant •d'un pouvoir conducteur assez élevé. Dans un air humide et froid, le corps est presque impressionné comme par un drap mouillé, auquel il céderait son calorique; dans une atmosphère humide et chaude, qui n'a rien à lui prendre, ni chaleur ni sueur, il respire et se meut péniblement ; la peau se ramollit et se macère comme sous un cataplasme, selon la comparaison un peu triviale mais exacte de Wiel. On éprouve ces sensalions dans les étés du littoral africain et dans la saison chaude et pluvieuse (hivernage^ du Sénégal. Cette souffrance de la peau n'est probablement pas étrangère £ l'origine de quelques dermatoses exotiques (gale Bédouine et autres). Indirectement, la dilatation des pores de la peau et cette macération la rendent éminemment susceptible vis-à-vis des refroidissements brusques, qui arrivent si fréquemment dans les pays chauds, et d'autant plus aisément que le passage d'une température très élevée (40° par exemple) aune modérée (15° à 20°) constitue un véritable et dangereux refroidissement.

L'humidité froide passe depuis longtemps pour être en rapport avec le rhumatisme. Une information plus complète, de nos jours, a bien diminué la valeur de cette vieille tradition. Le rhumatisme aigu est de tous les temps •et de tous les climats. Le rhumatisme chronique, ou les manifestations secondaires de la diathèse rhumatismale sont les seuls accidents que l'on puisse conserver légitimement dans l'étiologie par le froid humide.

De même, les bronchites et à la rigueur les pleurésies naissent de l'humidité froide, parce que le froid a un rôle certain dans leur genèse. Mais il faut éliminer de ce cadre la pneumonie, véritable maladie générale, qui est des régions chaudes et sèches aussi bien que des pays humides et froids (Hirsch).

Le froid humide n'a pas le rôle capital dans l'éclosion du scorbut, comme

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[Hygiène

le pensait Lind; mais il est incontestablement, de par les faits, un des adjuvants les plus puissants de la cause véritable, la privation d'aliments frais, végétaux surtout.

L'humidité atmosphérique, plutôt la froide que la chaude, peut bien être pour quelque chose dans le développement de la scrofule, qui effectivement ne naît pas des atmosphères ensoleillées, mais se plaît sous lesciels brumeux. Cependant, l'étiologie de la scrofule est bien complexe.

Ces questions se présentent avec un aspect nouveau, quand on envisage l'air des habitations. En été, quand les communications de l'intérieur avec l'extérieur sont libres, il n'y a guère de différence entre l'humidité de l'atmosphère du dehors et celle de l'air du dedans ; celui-ci est peut-être un peu plus humide (relativement) parce que sa température est moindre. Mais, en hiver, les conditions changent brusquement. La capacité hygrométrique de l'air, en passant de 0° à 21°, change dans le rapport de 2,13 à 7,99. Donc, un air saturé à 0° ne sera plus qu'au tiers ou au quart de saturation s'il est porté à 15 ou 20 degrés sans acquérir de nouvelles quantités de vapeur. C'est ce qui arrive dans la plupart des locaux chauffés autrement que par des cheminées ouvertes, c'est-à-dire par des poêles, par des appareils à circulation d'eau chaude ou de vapeur, par des bouches à air chaud. De Chaumont pense qu'un air ne renfermant que 15 à 20 p. 100 de l'eau qu'il contiendrait à saturation complète est incompatible avec la santé. Mais Lincoln, avec Billings et Cowles, ne se range pas à cette opinion, qui est cependant la plus répandue.

Les raisons que donnent ces auteurs paraissent devoir être prises en considération. Tout d'abord, il existe des contrées, même en Amérique (Arizona), où l'air extérieur est très sec sans que le séjour dans le pays soit insalubre ou pénible. Quand on entre dans un appartement qui reçoit, non l'air surchauffé par des surfaces rayonnantes jusqu'aux environs de 100°, mais une ample provision d'air porté préalablement à la température convenable (sans doute à quelque distance de la pièce), on n'éprouve aucune sensation désagréable. Celle-ci est perçue dans les chambres chauffées par des « radiateurs à vapeur », lorsque ces chambres n'ont pas d'autre ventilation que cet apport d'un air à température très élevée ; c'est qu'alors l'air est non seulement chaud, mais raréfié (par dilatation). La sensation désagréable disparaît si, en avant de l'orifice d'entrée ou du registre, quel'on abaisse pour diminuer l'accès de cet air torride, on dispose un vase plein d'eau à large surface, un drap mouillé, une éponge saturée. Pourtant, ces moyens d'évaporation n'augmentent guère que de 5 p. 100 l'humidité de l'air intérieur et ne l'amènent certes pas aux 50 à 70 p. 100 de saturation que réclament les hygiénistes. Il paraît à John Billings que la modification heureuse de l'air ainsi obtenue consiste en ce que l'évaporation a absorbé de la chaleur, a refroidi l'air et, par conséquent en permet un apport réel plus considérable (puisqu'il est condensé). Le docteur Cowles, non plus que le précédent, n'a jamais été indisposé par un air à 20 ou 50 p. 100 seulement d'humidité (ce que de Chaumont regarde comme insalubre), à la condition que cet air ait été introduit dans les appartements à.

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une température peu supérieure à celle qu'on veut avoir dans la pièce.

Nous inclinons également à penser que la haute température, la raréfaction et l'imprégnation organique de l'air dans les pièces habitées, énergiquement chauffées et ventilées d'une façon insuffisante, sont aussi coupables (pour le moins) que le faible degré hygrométrique, dans les malaises divers qu'occasionne le séjour des humains dans de tels locaux.

L'air qui arrive d'un calorifère avec une bonne proportion de vapeur d'eau n'a pas besoin d'être élevé à un si haut degré thermique que l'air sec pour produire le même effet calorifique. L'air humide a une plus grande capacité pour le calorique que l'air sec ; il y a donc des échanges plus accentués de calorique entre le corps humain et l'air humide. D'autre part, dans l'air humide, l'évaporation cutanée est diminuée ; d'où il suit que le corps ne peut se refroidir par évaporation dans l'air humide chaud. Gomme on le dit encore, à température égale, la chaleur de l'air humide est plus sensible que celle de l'air sec.

On a fait remarquer avec raison que l'immobilité ou le mouvement de l'air modifient puissamment les impressions qui seraient produites selon ces lois. Le vent aide l'air humide à soustraire du calorique au corps ; immobile, cet air, rendu de plus en plus humide (dans un espace clos) par la respiration pulmonaire et la transpiration cutanée, peut devenir intolérable.

L'air saturé, dit Robert Briggs, est d'un froid insupportable de 35° jusqu'à 50° F (1°,66 à 10° G) ; le pouvoir conducteur et émissif de l'air étant énormément relevé de ce fait. Entre 50 et 65° F (10 à 18°,3 G), le point d'équiiibre entre le pouvoir émissif et le pouvoir conducteur de la vapeur dans l'air paraît être atteint, pourvu que l'on rende au corps la chaleur nécessaire pour contrebalancer l'évaporation pulmonaire cutanée. De 65° à 80° F, 'atmosphère saturée est étouffante; son pouvoir conducteur ne peut rien soustraire de la chaleur du corps ; l'économie n'ayant à sa disposition que l'évaporation. De telles conditions sont énervantes, tandis que l'atmosphère •humide de l'Angleterre, entre 10 et 18°, est stimulante. Dans presque tous les Etats de l'Union, au nord du 40e parallèle, il y a cinq mois d'hiver pendant lesquels la température oscille, avec des vicissitudes plus ou moins rapides, entre 2 et 10° G; telle est la raison qui exige des moyens de calorification artificielle. Le degré de température que l'on demande, dans les lieux habités, est aux environs de 70° F (21°, 1 G). Ge chiffre paraît élevé ; peut-être •est-ce la sécheresse habituelle de l'atmosphère américaine qui entraîne •ce besoin. Dans tous les cas, et l'habitude qui vient d'être signalée peut bien y être pour quelque chose, les Américains du Nord visitant l'Angleterre s'y plaignent d'une température qui accommode fort bien les Anglais. Les Allemands, en Grande-Bretagne, éprouvent la même sensation. En revanche, les Anglais se trouvent mal à l'aise dans les appartements américains, à murs épais, à doubles fenêtres et vigoureusement chauffés. Les jeunes gens, à la vérité, et les individus habitués à l'air du dehors, sont •dans le même cas.

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