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DÉCÈS PAR DIARRHÉE-ENTÉRITE A LILLE EN

Ie* trimestre. 2e trimestre. 3e trimestre. 4e trimestre.

De 0 à 1 an 86 106 169 79

De 1 à 5 ans 26 34 31 24

2° Humidité. Pluie. Rosées. — Nous ne revenons pas sur la présence de la vapeur d'eau dans l'atmosphère, étudiée plus haut (page 204). Il s'agit, cette fois, des précipitations aqueuses, qui continuent l'hygrométricité atmosphérique.

Origine de la pluie. — Ce sont les vapeurs de la mer qui fournissent les pluies. Celles du sol peuvent bien former des nuages, mais ne sont pas assez abondantes pour que l'atmosphère ne puisse les tenir en suspension ; au-dessus du sol, dans une région donnée, les abaissements de température ne sont pas assez considérables pour déterminer une surcharge aqueuse de l'air, transformable en pluie.

Mais quand les vapeurs se sont élevées de la surface de l'Océan et qu'à la faveur des courants aériens chauds elles ont pourvu l'atmosphère d'une abondante provision d'eau, invisible ou à l'état vésiculeux (nuages), il suffît que ces colonnes d'air chaud et humide arrivent au voisinage d'une surface froide pour que la condensation et la précipitation aient lieu. De là vient que les vents du large déchargent tout d'abord une partie de leurs vapeurs, sous forme de pluie, sur le littoral en rencontrant la terre ; qu'ils peuvent passer par-dessus la bande de territoire parallèle au littoral sans y laisser beaucoup d'eau, si le sol ne s'y relève pas d'une façon notable, et qu'ils font de nouveau pleuvoir abondamment dès qu'ils se heurtent à des reliefs accentués de la surface (zone froide) dans l'intérieur des terres. On l'a dit et c'est vrai, quand certaines dispositions d'orientation et de voisinage ne modifient pas cette loi : la pluviométrie d'une région en reproduit l'orographie. Les forêts agissent dans un sens analogue.

Dans les contrées à vents périodiques, le régime des pluies est marqué d'avance ; on y attend l'ondée journalière, qui est quelquefois très abondante en raison de la chaleur de l'air qui apporte les vapeurs océaniques et qui s'en est chargé en proportion de sa température.

Dans nos régions, les vents équatoriaux du sud-ouest, chauds et moites, apportent les vapeurs de l'océan Atlantique et la pluie; les vents polaires de nord-est, pauvres en vapeur puisqu'ils sont froids, ne peuvent nous abandonner d'humidité ; ils nous en prennent, ce sont les vents secs.

DE L'ATMOSPHÈRE

[Hygiène

Les vents qui soufflent de la Méditerranée vers l'Afrique ne font pas pleuvoir sur le Sahara, parce que la chaleur de la région rend l'air capable de maintenir toute cette humidité et au delà à l'état de vapeur invisible. Mais les montagnes de l'Atlas, au nord du Sahara, en attirent une partie. Gomme d'autres montagnes, au sud, dépouillent d'une bonne portion de leur eau les vents venus de l'Atlantique, la zone saharienne reste sans pluie. C'est à cause des montagnes Rocheuses que la vaste région située à l'est de ce massif est également vouée à l'aridité.

Pluviomètres. — On appelle pluviomètres, ou udomètres ou ombromètres, des appareils destinés à mesurer les quantités de pluie qui tombent annuelle-

Fig. 52. — Pluviomètre (*). Fig. 53. — Enregistreur du pluviomètre.

ment sur un point donné. Celui dont se sert la Société météorologique de France est constitué par deux vases communicants, l'un cylindrique très large, surmonté d'un entonnoir lui transmettant l'eau de pluie et prévenant son évaporation^ l'autre tubulaire gradué en millimètres et permettant de lire directement la quantité d'eau tombée dans une période connue (Fonssagrives). La plupart de ces instruments donnent des indications au-dessous de la vérité, contrairement aux thermomètres, qui sont presque toujours

(*) A, vase dont l'ouverture supérieure, libre, a une surface de 300 centimètres carrés. - B, réservoir du pluviomètre. — C, entonnoir dont l'ouverture inférieure a 1 centimètre de diamètre. — D, cylindre de verre gradué de telle sorte que chacune de ses divisions corresponde à une épaisseur de 1/10 millimètre d'eau sur une surface de !,U0 centimètres carrés. - À, robinet par lequel on peut faire écouler l'eau du réservoir dans le cylindre D.

générale.] PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DE L'AIR. — MÉTÉOROLOGIE.

au-dessus. La force du vent par lequel tombe la pluie, en chassant celle-ci obliquement sur l'ouverture du pluviomètre, tend à diminuer le chiffre que marquera l'instrument. On a remarqué, de plus, que de deux pluviomètres installés à des hauteurs inégales en un même lieu, l'inférieur donne les indications les plus élevées. La figure 52 représente un pluviomètre ordinaire.

A Montsouris, on se sert de l'udomètre-décuplateur de Hervé-Mangon. Un second udomètre est destiné à l'enregistrement des pluies. La figure 53, empruntée à l'Annuaire de cet observatoire, donne le dessin de l'appareil enregistreur, construit par Bréguet.

Dans le même établissement, on a eu aussi l'idée de recueillir l'eau pluviale, en vue de l'analyse chimique, sur un grand récepteur formé de quatre glaces de près d'un mètre carré de surface, légèrement concaves, convergeant sur une rigole en cristal, et qui fournit 4 litres d'eau par millimètre de pluie.

Moyennes udométriques. — Régime des pluies. — Il y a des écarts étonnants entre les chiffres donnés par les divers observateurs relativement àla quantité annuelle d'eau tombée dans nos régions européennes, où la météorologie compte de nombreux fidèles. Pour n'en citer qu'un exemple, la moyenne udométrique de la France est évaluée à 605 millimètres parLevasseur, à 681 par Ch. Martins, à 719 par Vallès, à 770 par Delesse et à 810 millimètres par Fonssagrives. Ne convient-il pas dès lors de ne voir qu'un sens général dans les chiffres énoncés par de rares explorateurs, relativement aux contrées lointaines, où les observations n'ont pu être longuement continuées et n'ont pas été contrôlées ?

Nous reproduirons quelques-uns des tableaux qui ont cours, sous la réserve contenue dans les lignes précédentes.

D'après Hann, cité par Lincoln:

Suez reçoit annuellement

Fort Yuma (vallée du Colorado)

Astrakan

Madrid

Goimbre

New-York

Londres

Singapoure

Sierra-Leone

Cayenne

Gherraponjee

Les villes d'Allemagne, dont les noms suivent, reçoivent, selon Roth et Lex, qui ont probablement emprunté ces renseignements au savant climatologiste prussien Dove :

Kœnisberg

Breslau

Berlin

Cologne

Francfort- sur- M ein Hanovre

28 millimètres d eau.

600 millimètres,

296 DE L'ATMOSPHÈRE. [Hygiène

Fonssagrives reproduit les chiffres udométriques ci-dessous, d'après Ch. Martins:

Mathouba 7,140 millimètres.

Bombay 2,080 —

Bergen 2,250 —

Gênes 1,400 —

Rome 700 —

Londres 630 (!)

Saint-Pétersbourg 460 —

Enfin, nous avons nous-même emprunté au travail considérable de V. Raulin les résultats recueillis dans des stations françaises :

France méridionale. Pluie en millimètres.

Agen 679

Poitiers 57G

Niort 594

La Rochelle 655

Bordeaux 792

Pau 1,190

Toulouse 585

Bayonne 1,290

Garcassonne 739

Perpignan 529

Glermont-Ferrand 529

Châlon-sur-Saône 623

Lyon 681

Le Puy 672

Limoges 883

Nîmes „ 619

Montpellier 866

Chambéry 1,026

Grenoble 972

Briançon... 522

Orange 804

Marseille 476

Toulon , 721

Nice , 792

Cannes 898

France septentrionale. Pluie en millimètres.

Strasbourg 673

Golmar 475

Mulhouse 768

Metz 674

Nancy 710

Fort de Joux 1,008

Besançon 1,062

Lons-le-Saimier 1,016

Reims 464

Sens 605

Joigny 585

Cambrai 413

Valenciennes 689

Meaux 574

Melun 417

Pontoise 459

Versailles 555

Bourges 621

Vendôme 577

Saint-Dié 1,082

Vesoul gj2

Bourg 982

Dijon 696

Abbeville 697

Beauvais 558

Saint-Quentin 589

Paris 570

Orléans 634

Le Mans 631

Tours 562

Saint-Omer 490

Blois 634

Bar-le-Duc 872

Châlons-sur-Marne. 585

Bourbonne-les-Bains 61 '2

Tonnerre 685

Laon 652

Verdun 809

Dunkerque 520;

Lille: i 681

Maubeuge 698

Calais L 735

Rouen 687

Fécamp 817

Il ressort de ces tableaux que l'abondance des pluies, toujours notable sur le littoral océanique, augmente dans les régions de haute altitude et diminue généralement à mesure que Ton envisage des zones plus continen-

générale.] PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DE L'AIR. —

MÉTÉOROLOGIE

taies. On peut y voir que, pour la France, la mer intérieure (Méditerranée) n'élève pas sensiblement la quantité d'eau tombée annuellement.

D'une façon générale, la quantité d'eau tombée a son maximum à l'équateur et va en diminuant avec une certaine régularité lorsqu'on s'élève en latitude. Lincoln a exprimé cette gradation dans le tableau suivant où nous conservons la mesure en pouces, afin de ne pas altérer la netteté des proportions :

Pluie annuelle.

Latitude. Pouces.

Latitude.

Pouces.

A l'équateur, il y a une zone de quelques degrés où il tombe tous les jours une large ondée, accompagnée de tonnerre, entre midi et 2 heures. Dans la zone tropicale, les pluies sont périodiques et ont lieu pendant l'été. La zone sous-tropicale, de 24° à 28°, est aride et presque sans pluies. La partie chaude, de 28 à 35°, de la zone tempérée a des pluies semipériodiques d'hiver, peu en été ; la partie moyenne, de 35 à 45°, a les pluies d'équinoxe; sa partie froide, de 45 à 65°, se distingue par la pérennité des pluies, avec le maximum d'été. La zone polaire a les hivers secs et de petites pluies estivales, assez fréquentes. Ces zones sont plutôt limitées par les lignes isothermes que par les parallèles.

L'Atlas de Berghaus indique dévastes régions sans pluie ou presque sans pluie, sauf sur les hauteurs ; elles forment une large zone entre 24° et 28° lat. N., comprenant le Sahara, l'Arabie, une partie de la Perse, du Thibet, de la Mongolie. Le centre de la Nouvelle-Hollande constitue une région aride isolée. En France, l'espace compris entre Meaux, Épernay, Troyes, Compiègne, Vendôme, est très peu humecté (40 à 50 centimètres).

Nous avons trois stations montagneuses où la tranche annuelle de pluie dépasse 2 mètres ; ce sont les Pyrénées de Gavardie, les montagnes du ïanargue, entre les sources de TArdèche et celles de la Loire; la région des Alpes au nord de Gap. Dans l'année météorologique 1871-1872, il est tombé 2m,391 d'eau à Pont-de-Montvert ; 2m,413 à Villefort, 2m,600à Vialas. Ces trois localités appartiennent au département de la Lozère.

La notion du régime des pluies n'a pas moins d'utilité que celle de leur abondance totale. Le régime des pluies comprend la répartition des précipitations aqueuses par saison, par mois, par jour, la quantité d'eau fournie en un temps donné, le nombre de jours successifs de pluie, et quelques autres déterminations moins importantes.

Dans le tableau ci-dessous, de Ch. Martins, la répartition des pluies par saison est indiquée pour l'Angleterre, la France, l'Allemagne et Saint- Pétersbourg, en représentant par 100 la quantité totale d'eau :

DE L'ATMOSPHÈRE

[Hygiène

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