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PAYS

En France, la direction moyenne des vents est S. 88°-N. ; en d'autres termes, la résultante de tous les courants aériens partirait d'un point de l'horizon situé exactement à 2 degrés au sud de l'ouest.

Force du vent. — Un vent modéré, qui parcourt de 20 à 30 milles à l'heure, exerce une pression de 2 à 4,5 livres sur un pied carré (32 à 48 kilomètres; 1300 à 1900 grammes sur 9 décimètres carrés). Un vent fort, avec une vitesse de 60 à 70 milles, possède une pression de 18 à 24,5 livres par pied carré.

4° État du ciel : nébulosité. Luminosité.

— Les nuages sont de la vapeur

générale.] PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DE L'AIR. — MÉTÉOROLOGIE.

d'eau à l'état vésiculaire. Leur présence modifie, comme on l'a déjà vu, l'état thermique de l'atmosphère et les échanges de calorique entre celle-ci et le sol. Elle a surtout un effet immédiat sur la quantité de rayons lumineux qui arrivent à la terre ou qui sont réfléchis vers elle.

Forme des nuages. — On y attachait autrefois quelque importance. Howard aMistingué trois formes: les cirrus, les cumulus et les stratus, auxquelles on a ajouté des formes associées : cirro- cumulus, curnulo-stratus, etc., et les nimbus.

Le cirrus (queue- de -chat des marins) se compose de filaments déliés dont l'ensemble ressemble tantôt à un pinceau, tantôt à des cheveux crépus, à un réseau délié.

Le cumulus ou nuage d'été (balle de coton des marins) se montre souvent sous la forme d'une moitié de sphère, reposant sur une base horizontale. Quelquefois ces demi-sphères s'entassent les unes sur les autres et forment ces gros nuages accumulés à l'horizon, qui ressemblent de loin à des montagnes couvertes de neige.

Le st?*atus est une bande horizontale qui se forme au coucher du soleil et disparaît à son lever.

Sous le nom de cirro- cumulus, Howard désigne ces petits nuages arrondis, moutonnés, qui font dire que le ciel est pommelé.

Notation de la nébulosité. — Les météorologistes inscrivent le degré de nébulosité par un chiffre pris entre 0 et 10 ; 0 pour le ciel sans nuages, 10 pour un ciel entièrement couvert. On comprend d'avance la signification des chiffres intermédiaires et aussi leur peu de précision.

Luminosité. Actinométrie. — Cependant le degré de nébulosité du ciel règle un phénomène de grande importance, la luminosité de l'atmosphère; non exclusivement, puisque les brouillards et même la seule présence de la vapeur d'eau agissent dans le même sens que les nuages, mais d'une façon telle que souvent les chiffres de nébulosité marchent en sens inverse des degrés actinomè trique s.

L'actinométrie a pour objet la mesure de l'intensité des rayons qui éma nent du soleil, de l'atmosphère ou des objets terrestres. L'air atmosphé rique, et particulièrement l'air humide, arrête une fraction très notable des rayons qui nous sont destinés, et les nuages en interceptent une autre fraction au moins aussi grande en moyenne. Cependant, A. de Gandolle et les agriculteurs modernes ont démontré que la lumière, dont on connaît depuis longtemps l'influence décisive sur la transpiration des végétaux et la réduction de l'acide carbonique par eux, peut dans de certaines limites suppléer à la chaleur vis-à-vis de la végétation. Il faut à un grain de blé pour mûrir plus d'heures à Skibotten (69°, 28' lat. N.) qu'en Alsace, dans la proportion de 2500 heures contre 2000 environ. Mais si l'on multiplie chacun de ces chiffres par celui des moyennes thermiques respectives, on obtient pour Skibotten 26,600 et pour l'Alsace, 29,900. C'est donc la lumière qui a compensé la chaleur. Qui ne sait que la vigne mûrit ou ne mûrit pas sur l'isotherme de 10°, ou même »ur l'isothère de 18°, selon que le ciel de la région n'est pas ou est habituellement brumeux, couvert, nuageux?

Arnould. — Hygiène. 20

306 DE L'ATMOSPHÈRE. [Hygiène

Il est bien probable que la lumière opère sur les animaux des actions chimiques fort voisines de celles qu'on observe dans le règne végétal Elle colore, brunit la peau des humains, comme elle donne aux fleurs 1 éclat et aux fruits les tons de la maturité. Elle densifie, sans doute, aussi la fibre et contribue à la plasticité des liquides en circulation dans le corps, comme elle assure aux fruits la sa\ ;ur, aux fleurs le parfum. Dutrochet, Béclard, Molesehott, ont constaté que l'absorption d'oxygène et l'exhalation de GO* suivent les mêmes lois chez les infusoires et les grenouilles que chez les plantes. Bidder et Schmidt ont même retrouvé le fait chez des mammifères : la perte d'eau, spécialement, est double à la lumière de ce qu'elle est dans l'obscurité. Tous les rayons n'ont pas la même action chimique (P. Bert). Mais, dans tous les cas, c'est la lumière solaire, et non d'autres, qui atteint au maximum d'effet. Il ne faut pas confondre cette action avec celle de la chaleur; car des hommes s'étiolent dans la chaleur obscure.

On a remarqué la beauté et l'harmonie des formes chez les habitants des pays ensoleillés ; la vigueur des campagnards au teint hâlé par rapport aux citadins à peau transparente; la bonne santé des détenus de New-Jersey, dont les cellules s'ouvrent au sud, et l'anémie de ceux de Trenton, dont la prison regarde le nord. Il y a, certainement, dans la différence de luminosité des régions, une des meilleures explications de la prédominance des affections scrofuleuses et rachitiques des pays riverains, brumeux, par rapport aux régions continentales, plus sèches, plus froides, mais à atmosphère limpide.

Par dessus tout, la lumière est le milieu naturel de l'œil humain (les félins préfèrent l'obscurité). C'est en pleine lumière que cet organe acquiert toute sa puissance et garde sa rectitude fonctionnelle ; c'est avec une lumière insuffisante ou fausse qu'il s'affaiblit et se perd. Nous insisterons ailleurs sur ce point.

Les nuages sont moins compromettants que la brume pour la luminosité ; s'ils interceptent la lumière pour les lieux qu'ils couvrent de leur ombre, ils renvoient en revanche une partie des rayons solaires aux lieux voisins, de telle sorte que ceux-ci peuvent en recevoir plus qu'il ne leur en serait parvenu par un ciel pur et sans nuages. A Paris, c'est en décembre ou novembre que nous recevons le moins de lumière: le quart ou le tiers de celle qui nous arriverait si le ciel était pur. C'est en juin et juillet que nous en recevons la plus forte proportion; environ les deux tiers.

On emploie depuis longtemps, en vue de déterminer la luminosité atmosphérique, des instruments appelés photomètres, d'autres dits cyanomètres (permettant d'apprécier le degré de coloration bleue du ciel). A Montsouris, indépendamment de ces appareils, dont quelques-uns sont aussi enregistreurs, on se sert de Yactinomètre à thermomètres conjugués (fig. 58), qui se compose de deux thermomètres semblables et à réservoirs sphériques, renfermés chacun dans une enveloppe de terre dans laquelle on a fait le vide. Mais l'un des réservoirs a été noirci au noir de fumée; l'autre est nu, de sorte que les deux instruments ne marchent d'accord que dans l'obscurité. Dès que le jour s'élève, et même dans les jours où le ciel

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