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PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DE L'AIR

— MÉTÉOROLOGIE

est complètement couvert, le thermomètre à boule noircie B marque toujours une température Tplus élevée que celle t du thermomètre à boule non noircie A. La différence T — t est la première approximation du degré aclinométrique. — Les Annuaires de Monlsouris renferment les tables des degrés actinométriques calculés pour l'heure de midi et pour les latitudes de 42° à 31°, à la date du 1er, du <-\ ii et du 21 de chaque mois; on doit en ^\ rapprocher les degrés actinométriques oh- % serves.

5° État électrique. — L'électricité atmosphérique se relie particulièrement aux températures élevées et se prête 5 des observations plus régulières sous les tropiques que vers les pôles. Dans la zone tempérée, les orages se font plus rares et se succèdent sans régularité ; du 70° au 75e degré de latitude, ils sont d'une rareté extrême.

L'air est le plus habituellement chargé d'électricité positive; le phénomène est à son maximum par les ciels clairs et dans l'air tranquille ; on observe passagèrement l'électricité Fig. 58. — Actinomèlre à thermomètres. négative dans les orages, par les temps

nuageux, ou quand la neige se forme. Le globe terrestre possédant l'électricité négative, il se fait probablement entre l'air et lui des échanges inaperçus. Les observateurs deMontsouris ont constaté qu'il y a moyennement deux minima électriques, vers 9 heures du matin et 3 heures du soir, et deux maxima, vers midi et 9 heures du soir. Il y a probablement plus d'électricité en haut qu'en bas. Renou met en rapport avec la formation des orages le décroissement de la température à mesure qu'on s'élève dans la verticale.

Influence sanitaire de V électricité . — De même que les observations sur l'électricité atmosphérique elle-même ne sont ni nombreuses ni précises, de même les rapports de cetagent avec la santé ouïes maladies sont vagues et mal connus, sauf en ce qui concerne les accidents traumatiques dont il sera parlé tout à l'heure. A voir la suractivité que les phénomènes électriques impriment à la végétation et qui se traduit, en particulier, par l'exubérante végétation des tropiques, on peut penser que les modalités de la vie animale ne restent point indifférentes à cette influence. Pourtant, tout ce que l'on en sait aujourd'hui se résume à peu près dans les malaises qu'éprouvent les individus nerveux, les malades, les convalescents, à l'approche des orages ou pendant leur explosion, et dans la perturbation morale qu'ils provoquent chez les personnes impressionnables (Fonssagrives).

Il en est autrement des accidents produits par la chute de la foudre et

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des désastres causés par les phénomènes météorologiques dont l'électricité de l'air est l'origine.

Fulguration. Passage des trombes. — Les coups de foudre, comme les orages mêmes, ont leur plus grande fréquence en été. Dove a établi, en outre, que la chute de la foudre a lieu plus souvent dans le jour que dans la nuit, dans la proportion de 72,12 à 4,27; du lever du soleil à midi, on en compte 10,32; du coucher du soleil à minuit, 12,95. Les orages venus de l'ouest sont plus dangereux que ceux de l'est.

La moyenne des orages étant aux environs de 20 par an pour la France, l'Angleterre et l'Allemagne, Boudin atrouvé une moyenne de 72,7 décès par fulguration en France, 22 en Angleterre, 7,38 en Saxe, 9 en Suède, 3 en Belgique. Un document administratif portant sur les années 1854-1857 indique une moyenne de 27,75 décès de cette source en Prusse. Il y a toujours un certain nombre de blessés en même temps que des tués ; mais la proportion relative des uns et des autres ne suit aucune loi. Il n'y a pas plus de régularité dans la succession des chiffres annuels de décès. En 1806, il n'y a qu'un individu tué en France; en 1819, il y en a 20 (Arago). Le 11 juillet de cette même année, un seul orage à Chateauneuf-les-Moutiers tue 9 personnes et en blesse 82.

Les hommes sont plus frappés que les femmes ; c'est un fait sur lequel insistait Boudin qui paraissait y voir une réelle immunité pour le sexe féminin et n'admettait pas que les habitudes plus extérieures du sexe masculin fussent une explication suffisante. Dans le document prussien, cité plus haut, il y a pour quatre années 184 hommes tués et 105 femmes, 13G hommes blessés et 86 femmes. Étaient à travailler aux champs 68 p. 100 hommes, 32 p. 100 femmes ; sous des arbres 71,91 p. 100 hommes, 28,09 p. 100 femmes; sous des bâtisses 56,80 hommes, 43,20 femmes. 11 est certain qu'il est dangereux de s'abriter sous des arbres isolés; ainsi s'expliquent les accidents communs sous les peupliers, qui d'ordinaire, à la campagne ou sur les routes, sont espacés les uns par rapport aux autres. Il n'y a pas d'essence que la foudre affectionne particulièrement ; les chênes, que le peuple accuse plus volontiers, n'ont été frappés que 14 fois dans unrelevé de 41 arbres fulgurés, dû à Gohn. Le réel danger consiste à être dans le voisinage des pointes et des corps métalliques ; les armes de guerre sont probablement une des raisons pour lesquelles la foudre tombe assez fréquemment sur les camps (Roth et Lex).

Il est digne de remarque que les accidents de fulguration soient extrêmement rares dans les grandes villes (Boudin).

Les trombes, si elles vont rarement jusqu'à occasionner mort d'hommes, peuvent entraîner des blessures graves par la chute des arbres, des murs, des édifices même, qu'elles renversent sur leur passage. Elles intéressent toujours indirectement la vie humaine par les dégâts matériels qu'elles causent en quelques instants et qui diminuent d'autant la fortune publique; d ailleurs ce sont des phénomènes de ce.genre qui, dans des latitudes plus rapprochées de 1 équateur que les nôtres et sous les noms de cyclones, typhons, tornades, entraînent d'effroyables sinistres maritimes.

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Tout orage, dit Faye, est la résultante de deux mouvements, l'un de translation rapide sur une trajectoire immense (à ouverture tournée vers l'est), l'autre de giration plus rapide encore autour d'un axe vertical. Ce dernier mouvement est descendant ; la force vive, l'électricité et le froid se trouvent dans les régions supérieures et ne se trouvent que là; une trombe descend et rencontre le sol par l'extrémité amincie de son entonnoir ; elle manifeste par des dégâts, des brisements, la destruction de force vive avec laquelle elle arrivait. C'est le froid des régions supérieures, la tension électrique et cette force de giration qui expliquent la grêle. En France, ces grands orages marchent du S. -E.au N.-O. Celui du 13 juillet 1788 (Tessier, Buache, Leroi), qui étendit ses ravages de la ïouraine à la Flandre et à la Hollande ; celui du 28 juillet 1835, rapporté par Lecoc, de l'île d'Oléron au Puy-de-Dôme; un autre du 10 octobre 1839, étudié par Élie de Beaumont; la trombe de Chatenay, en juin 1839, la trombe de Malaunay et Monville, le 19 août 1845, celle du 10 juillet 1855, dans le Doubs, ont été de réelles catastrophes pour les pays qu'ont traversés ces météores et ont, à juste titre, attiré l'attention des savants.

La grêle est un des éléments les plus redoutables des grands orages, surtout quand ils éclatent à la veille des récoltes. Les grêlons atteignent parfois un volume suffisant pour contusionner les individus qui les reçoivent. Il faut, toutefois, se garer des exagérations qui se sont fait jour dans le vulgaire, au sujet du volume et du poids des grêlons dans quelques circonstances. On a parlé de grêlons du poids de 7 à 8 livres ; or, un grêlon de 60 grammes égale déjà la grosseur d'un œuf de dinde et Tessier, qui s'occupa soigneusement de ce détail dans l'orage de 1788, n'en trouva pas qui atteignissent une demi-livre. On en a vu, à Toul, en 1753 (Montignot et Tressan), de 8 centimètres de diamètre ; d'Hombres-Firmas, le 21 mai 1828, en observa de 130 et de 153 grammes.

Etat ozonique. (Voy. plus haut, page 196.)

6° Pression atmosphérique, — Il est de science vulgaire que l'atmosphère a moyennement, au niveau de l'Océan, le même poids qu'une hauteur de mercure de 760 millimètres ; qu'elle pèse, par conséquent, de 1033 grammes sur une surface d'un centimètre carré et de plus de £0,000 kilogrammes sur le corps d'un adulte de moyenne taille, dont la surface représente environ 20,000 centimètres carrés. La physiologie nous apprend que cette pression est, d'ailleurs, générale, extérieure et intérieure, ce qui la rend insensible, et que quand elle vient à augmenter ou à diminuer, l'équilibre ne cesse pas entre la pression du dehors et celle du dedans; s'il fléchissait, même dans d'étroites limites, les accidents les plus graves en résulteraient tout d'abord.

Ce n'est pas cette pression absolue, dans les conditions normales, qui offre de quoi retenir l'attention de l'hygiène. Tout l'intérêt de ce point, et il est considérable, est dans les variations plus ou moins étendues, plus ou moins rapides, par lesquelles passe la pression atmosphérique selon les circonstances.

DE L'ATMOSPHÈRE

Ces variations sont d'ailleurs par excès ou par défaut.

Variations barométriques de peu d'étendue. — Il y a lieu d'envisager, sous ce titre, les circonstances dans lesquelles l'homme passe, en un temps assez court, par des variations de pression en plus ou en moins n'excédant pas 12 ou 15 centimètres, soit que l'homme en se déplaçant aille au-devant de ces changements barométriques, soit que les phénomènes météorologiques les lui imposent d'eux-mêmes, surplace, et d'une façon indépendante de sa volonté.

Ces derniers comprennent les oscillations barométriques normales et Ytsobaromètrie. Les autres se présentent dans les ascensions de médiocre étendue (au-dessous de 1,800 à 2,000 mètres), ou, inversement, à l'occasion du séjour des individus, des ouvriers ordinairement, à quelque profondeur dans le sol, au-dessous du niveau delà mer. On peut joindre, aux considérations relatives à l'ascension de faibles hauteurs, celles qui s'adaptent au séjour permanent des humains sur des points du globe d'une altitude modérée (au-dessous de 2,000 mètres).

On sait que la pression diminue d'environ 1 centimètre par 105 mètres d'élévation et augmente de la même quantité par l'abaissement égal, en profondeur.

Hauteur et oscillations du baromètre en un même lieu. — On a dit que les oscillations du baromètre en un même lieu intéressent peu ou point la santé humaine : les météorologistes notent avec soin ce phénomène; mais, autant il a de valeur pour la prévision du temps, autant il est peu instructif pour les médecins. Marié-Davy estime que l'hygiène pourrait se passer de cette observation. Il y a beaucoup de justesse dans cette formule, pour le moment actuel ; toutefois, rien n'est indifférent à la vie et il n'est pas impossible qu'à l'aide de moyens d'une délicatesse suffisante on n'arrive quelque jour à saisir un rapport entre les dépressions ou les compressions même faibles et les modalités physiologiques" chez les êtres vivants. L'influence, d'ailleurs, peut n'être pas toujours directe ; von Fodor a montré que l'issue de l'acide carbonique et sa diffusion dans l'atmosphère s'exerce en raison inverse de la pression ; ce qui n'est, certes, pas un incident à négliger, puisqu'il est l'indice de l'état des échanges gazeux entre l'air du sol et l'air extérieur.

C'est entre les tropiques que les oscillations périodiques du baromètre sont le plus manifestes ; là, le mercure descend de 10 h. du matin à 4 h. du soir, et monte de 4 h. à 11 h., pour redescendre de 11 h. du soir à 4 h. du matin et remonter jusqu'à 10 h. L'amplitude de ces oscillations diurnes atteint 2 millimètres.

Sur l'année, le baromètre descend de janvier à juillet, au nord de l'équateur et remonte de juillet à janvier. La différence est de 2 à 4 millimètres.

Contrairement à ce qui est des oscillations diurnes, l'amplitude des oscillations mensuelles croît avec la latitude, sauf pour les climats marins (zone ouest), où les oscillations sont d'ailleurs plus grandes que dans l'est.

Pour les latitudes élevées, les oscillations accidentelles du baromètre sont

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assez accentuées pour masquer les oscillations régulières ; on ne retrouve celles-ci que dans une longue série d'observations. Dans nos contrées, le mercure est de 0mm,7 plus haut à 9 h. du matin qu'à 2 h. du soir, un peu plus bas en été qu'en hiver.

Les variations de la température et, par conséquent, celles de l'humidité atmosphérique entraînent les oscillations du baromètre. En général, les unes et les autres ont leur minimum en été. Les vents de nord-est (froids) font monter le baromètre ; ceux de sud-ouest (chauds et humides) le dépriment. Gomme ces vents apportent des vapeurs qui se résoudront en pluie dans nos zones relativement froides, la chute du baromètre a pu être utilisée comme pronostic de mauvais temps.

Les lignes isobarométriques passent par les lieux d'égale oscillation mensuelle du baromètre. Ksemtz entend parce mot la différence entre le maximum et le minimum de chaque mois. La France est située entre l'isobarométrique de 27mm,07 au nord et celle de 18mm,05 au sud ; celle de 22mm,56 passe un peu au nord de l'embouchure de la Loire et traverse le continent en se relevant toujours vers le nord.

Amplitude moyenne des oscillations barométriques, pendant l'année, l'hiver et l'été,

en divers lieux (Kaemtz).

VILLES

LATITUDE

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