CHOIX ET PRÉPARATION DU SOL DES HABITATIONS
certain degré de légèreté; mais il ne faudrait pas que le sous-sol fût compact ; les terres rapportées offriraient des conditions analogues. A aucun prix, l'on ne bâtirait sur les terrains vaseux, limoneux, marécageux ; on enlèverait soigneusement la couche végétale avant de bâtir en terrain cultivé.
Toujours au nom des mêmes principes, l'on n'installerait jamais l'habitation privée ou collective au fond d'une cuvette topographique, ni même sur la plaine basse. Les souvenirs antiques des temples d'Hygie, bâtis sur les hauteurs, et que les moines des collines romaines ont intelligemment copiés, seraient des préceptes matérialisés.
Mais l'espèce humaine est cosmopolite pour le sol comme elle l'est pour le climat; il n'est pas de terrains qu'elle n'aborde, si disgraciés qu'ils soient ; le sol plat, imbibé, mouvant, de la Hollande est précisément un de ceux où la population est au maximum de densité.
C'est la supériorité de l'hygiène moderne qu'elle ne se borne pas à être préventive et qu'elle oublie souvent de l'être pour s'élever jusqu'à la lutte contre les agents destructeurs. Elle n'arrête point les audaces de l'homme ; elle les suit et, dans toutes les situations dangereuses où le place la culture ou l'industrie, elle vient l'aider à rendre indifférents le support et les milieux. Voici comment elle enseigne à épargner à l'habitation l'humidité du sol et les influences de ses souillures, originelles ou secondaires.
Assèchement et ventilation du sol «les habitations. — Un Certain nombre de principes règlent la conduite à tenir, dans la préparation du sol et les dispositions à lui imposer, toutes les fois qu'il doit recevoir une bâtisse destinée à l'habitation humaine. Ils ont été formulés ainsi qu'il suit par v. Haselberg ; on pourra en tirer les modifications dont serait encore susceptible le sol des maisons déjà bâties, si elles ne possèdent pas, sous ce rapport, les garanties exigées par l'hygiène.
1. Les habitations et les ateliers doivent être installés sur des terrasses parfaitement asséchées; avant toute construction, i] faut préparer le terrain à bâtir en une terrasse de ce genre.
2. Le plancher de l'étage le plus inférieur, et par conséquent le sol de la cave, s'il y en a une (il doit y en avoir une), représente le niveau de la terrasse asséchée.
3. Les liquides de toute espèce doivent pouvoir s'écouler du sol de l'étage le plus inférieur, à ciel ouvert ou souterrainement.
4. La nappe souterraine ne doit jamais s'approcher de la surface du sol de l'étage le plus inférieur à une distance de moins de 30 centimètres.
5. Au niveau de la terrasse sèche, toutes les parois de la construction doivent être protégées par une couche isolante (telle que l'asphalte, le ciment), imperméable, contre l'ascension de l'humidité (par capillarité).
6. Au-dessus de la couche isolante, il ne faut jamais rejeter de terre, en dedans ni en dehors des murs extérieurs.
7. La terre environnante doit être tenue à distance des murs extérieurs de la maison, soit par un mur de revêtement, soit par un talus. (Il y a donc là un espace libre ; c'est ce que les Anglais et les Allemands appellent area).
[Hygièn'
8° Quand il est nécessaire de couvrir l'espace libre entre le mur extérieur et le mur de revêtement, il ne faut jamais ramener la terre sur la plaque ou la voûte qui sert de couverture.
9° Le sol du fond de l'espace libre (de Yarea) doit descendre à environ 15 centimètres plus bas que le sol de la cave.
Ces dispositions sont exactement représentées dans la figure 64, empruntée à W. Buck.
Fig. 64. — Fondation d'une maison. Dispositions à prendre pour éviter l'humidité et fair
du sol (*).
La condition exigée au n° 3, lorsqu'il s'agit d'une maison faisant partie d'un groupe d'babitations, emporte l'obligation d'évacuer les eaux de pluie et les eaux ménagères par voie de canalisation souterraine et de telle sorte que le canal d'évacuation arrive jusque sous le sol des caves. Cette pratique a reçu l'approbation de la plupart des hygiénistes, et il n'est pas douteux que des canaux ainsi distants et sur un plan inférieur aux assises de la maison, ne soient parfaitement aptes à débarrasser celle-ci des eaux qui se dirigent vers le sol, de haut en bas.
Mais une autre face de la question intervient : à savoir si ces canaux (tuyaux d'égouts) agissent d'une façon également favorable et suffisante sur l'eau et l'air du sol même.
Les hygiénistes allemands du congrès de Munich (1875) ont demandé que la nappe souterraine, à son plus haut niveau, ne se rapproche jamais de moins d'un mètre du sol de la cave. Pour assurer cette condition, v. Haselberg conseille de creuser dans les caves de petits puits que l'on met en rapport avec les tuyaux d'évacuation ; dès que la nappe souterraine s'élève, l'eau s'écoule par les canaux et le niveau convenable est maintenu par rapport à l'habitation.
Mais alors le sol environnant n'est pas moins envahi par l'ascension de l'eau souterraine et les tuyaux d'évacuation sont eux-mêmes plongés dans cette nappe ? Cet inconvénient ne va pas aussi loin qu'on pourrait le craindre. En effet, l'eau du sol aussi peut pénétrer dans les canaux d'évacuation et être entraînée par eux, lorsqu'on les a construits avec des briques poreuses ; un résultat équivalent s'obtient si l'on remplit les fossés, 'creusés
(*) A. Couche solide asséchée. — B. Muraille étanche. — C. Revêtement d'asphalte.
générale.]