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II. Ouvrier tailleur, frêle, 26 ans : 53 kilogrammes

au repos.

16Ut,8 12 ,7

Production de CO2 par heure, d'après les observations de Scharling :

Garçon

Fille

Jeune homme.

Jeune fille

Homme

Femme

Age.

9 ans 3/4

Poids, kil.

par heure, lit.

Breiting a obtenu, dans ses recherches sur Fair des salles d'école, les résultats suivants :

Sexe.

Age.

Occupations.

7 à 8 ans.

| Instruction ordinaire.

Classe de chant.

| Instruction ordinaire.

Classe de chant.

La perspiration et les sécrétions cutanées sont une autre source de viciation de l'air. La peau d'un adulte évapore au moins 1000 grammes par 24 heures, dans les conditions ordinaires, à l'état de perspiration insensible ; quand l'homme sue, l'eau exhalée peut dépasser 1,500 grammes en une heure.

Des matières organiques, parfois odorantes, rapidement envahies par la putréfaction et les organismes qui l'accompagnent, sont incessamment jetées, par la vie même des habitants, dans l'atmosphère de nos demeures. Elles ont, nous l'avons déjà dit, autrement d'importance que l'acide carbonique.

générale.] L HABITATION, MILIEU RESPIRATOIRE. 415

11 éclairage, auquel on ne fait pas assez attention, altère l'air d'une façon puissante ; un bec de gaz ordinaire équivaut à la respiration de quatre hommes, au point de vue delà production d'acide carbonique. En prenant pour unité le pouvoir éclairant d'une bougie, Erismann a fait les calculs cidessous :

Consommation Pouvoir Production de C02

Mode d'éclairage. par heure. éclairant. par heure.

Çr. lit. lit.

Bougie 20,7 1 11,3

Pétrole : bec fendu 35,5 = 0,045 10 56,8

— bec rond 50,5 = 0,064 7,6 61,6

Lampe à huile 22,4 = 0,025 4 (environ'. 31,2

Gaz d'éclairage : bec en fente... 140 lit. 7,8 92,8

: bec plat 127 10,0 86,0

De plus, tous les modes d'éclairage possible ajoutent à l'air des vapeurs ou des gaz étrangers, dont quelques-uns sont dangereux par eux-mêmes, comme on le verra plus loin.

Il est clair que les animaux, dont l'homme fait sa société intime, modifient l'air d'une façon analogue à ce qui se passe de la part de l'homme luimême. Les plantes, à un moment donné, altèrent plutôt l'air qu'elles ne le purifient.

Enfin la respiration et la seule présence d'êtres vivants échauffent l'air intérieur.

Conséquences sanitaires. — On a déjà dit que les proportions d'acide carbonique dans l'air de nos habitations, même les plus médiocres, n'arrivent à peu près jamais à un taux mortel. Bien plus, il est rare qu'elles soient, accidentellement, assez élevées pour que des hommes ne puissent séjourner quelques heures dans l'air ainsi altéré, sans en éprouver des inconvénients sérieux immédiats. Il n'est pas inouï que des individus en grand nombre se trouvent dans une atmosphère à plus de 5 p. 1000 d'acide carbonique, au théâtre, dans les cafés, les brasseries, et même dans les salons, et s'y plaisent infiniment. Pourtant, on y gagne, ou l'on en rapporte peu après un mal de tête, que Ton explique toujours aisément par quelque autre circonstance qui, en effet, s'est réalisée et n'est pas indilférente. Mais, quelles que soient les impressions immédiates, l'usage habituel de l'air chargé de GO2 est autrement grave et a des conséquences aussi profondes qu'indiscutables. Le résultat fatal et ordinaire est l'infériorité permanente de la sanguification, autant dire de la nutrition tout entière, l'anémie, la dépression vitale et tous ses corollaires en ce qui concerne le système nerveux. On voit sur la figure des habitants la mauvaise aération de leurs demeures ; ils ne sont peut-être pas encore malades, mais ils sont tout disposés à le devenir et à ne pas résister à la maladie.

De môme pour l'excès habituel de vapeur d'eau dans les logements. Outre les résultats déjà signalés (page 208), l'excrétion de la vapeur d'eau pulmonaire et cutanée est difficile dans l'air saturé; le fonctionnement des reins en est aggravé d'autant et la néphrite se prépare sans qu'on s'en doute. Ajoutons que les matières organiques, normalement expulsées avec cette

vapeur, sont retenues à l'intérieur alors que l'eau n'a d'autre issue que les reins ; ce sont, pourtant, des molécules mortes et putrescibles ; leur rétention dans l'organisme équivaut à une auto-infection. Que la tuberculose vienne de là, assez fréquemment, cela n'a rien de contradictoire avec ce que nous savons des tuberculoses artificielles provoquées chez les animaux par les inoculations de substances putrides.

D'autre part, lorsque ces matières abondent dans l'air des locaux habités, c'est l'animalisation de l'atmosphère, le terrain naturel de la putridité et de l'évolution des germes, si même ces molécules organiques elles-mêmes ne sont déjà douées de propriétés spécifiques (comme quand elles proviennent de malades).

Ainsi se montre en toute évidence la nécessité de l'aération des habitations, c'est-à-dire d'un effort de l'hygiène pour ramener à chaque instant à ses propriétés normales un air compromis par tant de côtés.

Cubage de place. — Il est difficile de fixer le chiffre moyen ou même minimum de l'espace cube qu'il faut assurer à chaque habitant de nos demeures privées ou collectives. La base que l'on pourrait donner à des calculs en vue de cette détermination ne saurait être un fait unique, puisque les besoins sont complexes et, d'ailleurs, de modalité très variable. Je ne sais même s'il est prudent d'établir ainsi, à priori, des chiffres calculés, que l'expérience démontrerait ensuite insuffisants. Que l'on ait, par exemple, fixé à 30 mètres cubes l'espace alloué à un soldat, en calculant que cet espace est suffisant pour que l'air ne soit pas à plus de 4 ou 5 p. 4000 de CO2 au bout des huit heures de nuit que l'homme passera dans sa chambre, portes et fenêtres closes ; la prévision est exacte au point de vue où l'on s'est placé. Mais aura-t-on assez fait pour un homme jeune, qui a été en mouvement toute la journée, dont les sécrétions cutanée et pulmonaire sont très actives, dont le tégument est peu net et qui dépose à son côté des vêtements et des chaussures imprégnés de matière organique?

Et, pourtant, on aura été large en ce qui concerne la consommation d'oxygène et la production de GO2. Dans un cube de 2 mètres de côté, au bout de huit heures, un adulte n'aurait encore consommé que le i/10 de l'oxygène intérieur et porté l'acide carbonique qu'à 18 p. 1000; ce qui n'est pas mortel, ni même très compromettant tout d'abord et en soi.

Une preuve de l'incapacité de ces calculs, c'est la divergence des résultats auxquels ont abouti les hygiénistes, depuis Papillon (cité par Morache), qui se contente de 4 mèt. cub. à l'heure pour un adulte, jusqu'à Wiel et Gnehm qui, s'appuyant sur les formules de Seidel, ne demanderaient pas moins de 21 mèt. cub. et seraient plutôt disposés, à fixer le minimum à 45 mèt. cub. D'où les tarifs : 32, 168, 360 mèt. cub. par tète pour les locaux où l'on est appelé à passer 8 heures consécutives sans renouvellement d'air.

Heureusement que la perméabilité des parois de nos habitations rend en général illusoires les formules mathématiques et que d'autres circons-

générale.]

L'HABITATION, MILIEU RESPIRATOIRE

tances ont indiqué avec une approximation suffisante le larif du cube invariable de nos logements, rapporté au nombre des individus.

Le cubage de place doit être assez généreux pour permettre une grande dilution de GO2 (entre 0,5 et 1 p. 1000) pendant le temps où l'on ne peut compter sûrement que sur le cube d'air intérieur. Il serait inutile et même gênant que ce cube fût plus grand que le tiers de la masse d'air que l'on peut introduire par heure et par tête dans les locaux ; car les observations ont démontré que l'on ne saurait, dans de bonnes conditions et à moins de courants d'air, renouveler plus de trois fois dans une heure l'air d'une pièce habitée. Si l'on a donné un cubage de 20 mètres, il faut disposer d'un renouvellement d'air de 60 mèt. cub. à l'heure, et réciproquement. Cependant, comme il y a presque toujours un renouvellement insensible et imprévu, en dehors de la quantité calculée sur le débit des appareils de ventilation, on peut ajouter ces deux apports atmosphériques pour avoir le renouvellement total. A la vérité, on ne connaît pas exactement le premier ; mais il est suffisamment certain pour que l'on puisse, sans enfreindre la règle, donner au cubage de place une ampleur un peu audessus du tiers de la masse d'air de renouvellement apparent et régulier.

11 est à peine besoin de rappeler que, dans l'estimation du cubage de place, il faut défalquer, du chiffre que l'on obtient en multipliant les trois dimensions intérieures de la pièce, le volume des meubles et autres objets dont la présence dans nos appartements est inévitable.

Les chiffres ci-dessous, empruntés à Roth et Lex, montrent qu'en général les gouvernements ont mesuré avec parcimonie l'espace aux soldats dans les casernes.

Cubage atmosphérique réglementaire dans les casernes

France . . .

Angleterre.

( Casernes d'infanterie : au moins 12 mèt. cubes.

\ — de cavalerie — 13 —

( Casernes 1G,9 —

( Baraques 11,3 —

Autriche Casernes 15,3 —

Belgique — 10 à 12 —

. TT . ( Casernes au nord de W de latitude .... 10,5 — Etats-Unis... ] , , .)0o ,. n

\ — au sud de 38° — 11,9 —

Prusse 13 à 15,3

Wurtemberg 10 à 12

Les nouveaux pavillons Tollet (casernement rural : Bourges, Autun, Cosne, Mâcon) assurent un cube de 18 mètres à chaque homme. Dans les prévisions de Tollet, il pourrait être porté à 25 m. cub. En Bavière (ordonnance du 12 février 1874), les casernes doivent mesurer 13 m. cub. par homme dans les chambres de séjour et 18 m. c. dans les dortoirs. L'ordonnance prussienne du 21 juillet 1874 ne change rien aux anciennes habitudes sous ce rapport spécial. On parle du riche cubage des nouvelles casernes anglaises, qui dépasserait les 18 mèt. de Bourges (Trélat); mais nous n'avons pu trouver des renseignements précis sur ce point. Des situations particulières exigent plus impérieusement un cube d'air normal, soit parce que la

Ahnould. — Hygiène. ?-7

DES HABITATIONS PRIVÉES ET COLLECTIVES

[Hygiène

viciation atmosphérique est plus certaine et plus grave, comme de la part des malades aux hôpitaux, soit parce que le séjour des habitants est plus fatalement prolongé, comme dans les prisons. (Les prisonniers, depuis longtemps, ont le privilège d'attirer particulièrement la sollicitude de l'hygiène, et quelques-uns lui en ont fait un reproche; cependant, la justice n'a l'intention de priver les coupables que de leur liberté et non d'air respirable.)

HaBsecke a relevé le tarif du cubage de place, par individu, dans un certain nombre d'habitations collectives du genre qui vient d'être indiqué.

Hôpitaux militaires prussiens (règlement de 1852) 14 à 17 met. cubes.

Hôpital Bethanien (Berlin) 30 - 50-60 —

La Charité (id.) 40 à 50 —

Selon Degen, l'expérience demande, par lit 45 —

avec une hauteur de plafond d'au moins 401,8.

Pavillons de l'hôpital Lariboisière, environ 50 —

Saint-Thomas Hospital (Londres) 52 —

Episcopal-Hospital (Philadelphie) 70 —

Hôpitaux militaires anglais 33,6 —

Hôpitaux militaires français (blessés) 20 —

Grand hôpital de Milan 69 —

Hôpitaux de Turin et de Pavie 95 à 96 —

Hôpital (nouveau) de Friedrichshain 60 — -

A Plôtzensée, cellules isolées 26,5 à 33 —

Cellules pour 5 à 11 détenus 11 à 12 —

Dortoirs ; 19 —

Salles d'école et de prière 6 à 8 —

Ateliers, environ 17 —

Hôpital 37 à 39 —

Chambre des députés, salle pleine , 10 à 11 —

Palais provisoire du Reiclistag (tribunes non comprises) 19 à 20 —

— (tribunes comprises et entièrement occupées) 11 à 12 —

Les écoles du pays 4 à 5,5 —

Les grands théâtres quand ils sont remplis 10 à 12 —

(Les petits ont bien moins d'espace relatif).

Le général Morin, appuyé sur une longue expérience, exigeait comme chiffres normaux, par tête et par heure :

Hôpitaux à maladies communes 60 à 70 mèt. cubes.

— pour blessés et femmes en couches 100 —

— recevant des maladies épidémiques 150 —

Prisons 50 —

Ateliers ordinaires 60 —

— avec des causes spéciales de viciation de l'air, 100 —

Casernes, pendant le jour 30 —

— pendant la nuit 40 à 50 —

Théâtres 40 à 50 —

Lieux de réunion (pour un court séjour) 30 —

— — (pour un long séjour) 60 —

Écoles d'adultes 25 à 30 —

— d'enfants 12 à 15 —

L'hôpital maritime français de Cherbourg possède un cubage de 22 mèt. cub. ; celui de Uochefort, 41 mèt. cub, Les hôpitaux civils de Paris présen-

générale. J

L'HABITATION, MILIEU RESPIRATOIRE

tent une moyenne de 43 mèt. cub., 7 (Le Fort, Blondel et Ser), de 23 à 55 mèt. cub. (Lariboisière). Le nouvel Hôtel-Dieu a près de 60 mèt. cub. par malade. La moyenne des hôpitaux anglais est de 52 mèt. cub., suivant Le Fort; certaines salles de King's Collège Hospital ont 70 mèt. Notre nouvel hôpital militaire de Bourges donne 48 mèt. cub. par lit; si l'on eût, selon les indications du docteur Sarazin, pris une surface de 10 mèt. q. par malade, au lieu de 8 mèt. q. auxquels on s'est arrêté, le cube par lit se serait élevé à 53 mèt. cub. Le nouvel hôpital Saint-Eloi, de Montpellier (système Tollet) aura 55 mèt. cub. par malade (E. Bertin), soit 14 mèt. cub. de pics que le récent hôpital de Ménilmontant (Tenon). Sainte-Eugénie, de Lille, a des salles de 30 mèt. de longueur, 8m, 40 de large, 4m,85 de hauteur, soit un cubage de 55 mèt. cub. par malade, à raison de 22 lits par salles.

Lincoln (de Boston) estime, avec Billings, que 1000 pieds cubes (environ 28 mèt. cub.) sont le minimum d'espace que l'on puisse allouer par tête aux malades des hôpitaux.

Il y a pourtant des limites dans la concession du cubage de place et surtout dans la confiance qu'on peut lui accorder. Une dilution considérable des impuretés de l'air fournies par la vie des habitants est nécessaire à chaque instant; mais il vient un moment où toute l'atmosphère intérieure doit être renouvelée à fond, quel que soit son degré de souillure; 'espace ne peut jamais suppléer à ce renouvellement. En outre, on a instinctivement la tendance à prendre le cubage de place en hauteur plutôt qu'en largeur et à faire, par exemple, pour l'obtenir suffisant, des salles d'hôpital d'une hauteur démesurée. Ainsi que le font remarquer Wiel et Gnehm, c'est là une pratique mal réfléchie. Sans doute, l'air chaud {et vicié) sortant des poumons humains est assez peu dense pour s'élever tout d'abord vers la partie supérieure des locaux; mais il se refroidit au bout de quelque temps et rien n'empêche plus GO2 de se diffuser et les molécules solides de se précipiter dans les couches inférieures, lorsque le mouvement ascensionnel qui les entraînait s'est arrêté. Les humains finissent ainsi par se trouver dans les couches les plus animalisées et les plus dangereuses. Après tout, l'air vicié, même plus léger, ne saurait indéfiniment trouver place au-dessus de la bouche des habitants.

C'est l'air chaud qui, mécaniquement, transporte avec lui l'acide carbonique au plafond; quand la température n'agit plus, les gaz se diffusent et se disposent par zones conformément à leur densité. Dans une cave où CO2 était produit par la fermentation du raisin, Forster a trouvé : sur le sol, IS,30 CO2 p. mille ; à mi-hauteur, 1 1,99 ; au plafond 7,90.

11 ne faut donc pas exagérer la hauteur des plafonds en vue du cube de place, ce qui se concilie bien avec ce que nous avons dit de la nécessité d'un espacement généreux en surface des habitants. En assurant 10 mèt. q. de surface par lit aux salles d'hôpital, la hauteur de 5 à 6 mètres entraîne le cubage de 50 à 60 mèt. cub. que l'on recherche d'habitude. Dans les habitations collectives d'hommes sains, casernes, lycées, écoles, 8 mèt. q. de surface par individu avec une hauteur intérieure de 4 mèt. donneront les

DES HABITATIONS PRIVÉES ET COLLECTIVES

[Hygiène

32 met. cub. auxquels n'arrivent pas beaucoup de casernes. Ces mêmes 4 met. de hauteur seraient bien accueillis de l'hygiène dans les habitations particulières; une chambre à coucher représentant un cube de 4 met. sur toutes les dimensions, destinées à un couple, ne fournit que les 32 met. cub. classiques à chacun des deux individus qui y dorment; qu'un berceau s'y ajoute et c'est presque une pièce exiguë. Combien de chambres à Paris, je dis dans des familles aisées, n'ont pas cet espace ni cette hauteur.

La Commission des logements insalubres de Paris, de 1870 à 1876 (E. R. Perrin, rapporteur), propose judicieusement au Préfet de la Seine d'interdire toute pièce destinée à l'habitation permanente de jour et de nuit, qui offre moins de 14 mèt. cub. de capacité par personne, et de n'en tolérer aucune au-dessous de 10 mèt.

A ceux qui ont cru que la question du cube de place pouvait être simplement remplacée par la question de ventilation, de Chaumont répond très judicieusement que la première domine la seconde, car c'est le cube de place qui rend possible la ventilation (Wilson).

Mais on ne saurait trop répéter que le large espace et le cubage généreusement distribué ne dispense point d'instituer des mesures à l'effet de remplace!' par de l'air neuf les couches atmosphériques qui ont séjourné quelque temps à l'intérieur des locaux habités.

Ventilation. — Malgré le principe qui vient d'être émis, et dont il faut évidemment poursuivre le plus possible la réalisation, l'introduction d'air extérieur dans les locaux, pendant le temps de la présence des habitants, est encore plutôt une dilution des impuretés produites qu'un renouvellement parfait de l'atmosphère. S'il était possible d'expulser et de remplacer à chaque instant l'air rendu par l'expiration, ce renouvellement idéal serait atteint et il suffirait de 500 litres d'air nouveau par heure. Mais nous ne disposons d'aucun moyen de pratiquer cette ventilation exacte; force nous est de chercher seulement à maintenir les impuretés au taux le plus bas possible, sauf à opérer le renouvellement complet après la sortie des habitants ou même pendant leur séjour, mais dans un moment favorable et d'une façon intermittente.

C'est toujours la proportion d'acide carbonique qui sert de base dans l'appréciation de la souillure de l'air; non que l'acide carbonique soit plus dangereux que d'autres produits d'exhalation, mais parce que l'on peut admettre que l'accumulation de ceux-ci marche parallèlement à l'augmentation relative de GO2, et que les proportions de ce gaz sont faciles à saisir. Quelques hygiénistes ont prétendu pouvoir reconnaître par les sens la présence de 1 p. 100 (Pettenkofer) et même de 0,66 p. 1000 (Degen), 0,6 p. ICOO (de Chaumont) de CO2 dans l'air des locaux habités. Comme, en pareil cas, on parle habituellement d'odeur perçue, il est à croire que les auteurs ont remarqué moins l'acide carbonique que ce qui l'accompagne. Et le danger d'un air pareil ressort non de l'impression légère et désagréable qu'il produit, mais des qualités que cet avertissement révèle. En prenant la proportion de 0,6 CO2 p. 1000 comme l'expression du plus

générale.]

l'habitation, milieu respiratoire.

haut degré de viciation qu'on puisse tolérer dans l'air respirable, on trouvera la quantité d'air nouveau à introduire par tête et par heure, pour ne pas la dépasser, à l'aide du calcul suivant : La normale de GO2 dans l'air est de 0,0004; la quantité qu'en produit un adulte par heure est en moyenne de 20 litres ou 0,02 mèt. cub. D'où la proportion 1000 : 0,6 = 0,2+ a? 0,0004 ; etx = 100 mèt. cub.

On peut remarquer (Roth et Lex) que, dans cette façon de calculer, le cube intérieur n'a pas d'influence sur le tarif de ventilation ; supposons le premier de 100 mèt. cub. par tête; on pourra se passer de ventilation pendant la première heure sans que la proportion de CO2 s'élève au-dessus de •0,6 p. 1000 ; mais, à partir du moment où ce chiffre sera atteint, il faudra fournir 100 autres mèt. cub. par heure, absolument comme si l'espace était plus petit. C'est aussi l'avis de Ch. Herscher.

La même équation peut donner le tarif de ventilation dans le cas où l'on ne tolérerait que 0,5 p. 1000 de CO2; ce serait alors 200 mèt. cub. Si l'on admet 0,8 p. 1000, il deviendrait 50 mèt. cub. Parkes, ne comptant que 17 litres (au lieu de 20) de GO2 produit en une heure, obtient un résultat un peu différent, tout en prétendant maintenir l'air à 0,6 p. 1000 d'acide carbonique ; son tarif normal de ventilation n'est que de 85 mèt. cub. à l'heure.

Le professeur Layet (de Bordeaux) fait, au contraire, intervenir la capacité des locaux dans le calcul du coefficient de ventilation, en raisonnant de la façon suivante : Supposons d'abord un espace de 10 mèt. cub., dans lequel respire une seule personne ; ces 10 mèt. cub. d'air ont la viciation normale, soit GO2 = 0,0005. Au bout d'une heure, la respiration y ayant versé 20 lit. GO2, la viciation sera : 20 + 5 CO2 pour 10,000 = 0,0025. Au bout de 10 heures, elle sera: 2.0 X 10 + 5 GO2, ou 205 p. 10,000 = 0,0205. Pour ramener l'air à l'état du début, c'est-à-dire à 0,0005 GO2, il faut fournir

une quantité d'air nouveau indiquée parla proportion : 77^-7.7:^ = - — > d'où

x = 410,000= 410 mèt. cub.; et, en divisant par 10 (puisqu'il s'agit de l'air nécessaire à 10 heures), 41 mèt. cub. à l'heure. Par ce procédé, et en tenant compte de 10 litres de vapeur d'eau fournis par heure en moyenne, Layet indique, pour un homme et par heure, les coefficients de ventilation cidessous :

Espaces Coefficien par heure,

en mètres cubes. en litres d'air.

[Hygiène

Ce coefficient doit être augmenté d'un ou de plusieurs autres, calculés de la même manière, s'il y aune bougie allumée, une lampe, un becdegaz, etc., et multiplié par le nombre d'individus qui respirent ensemble dans le même local, si le cas se présente.

" Ces calculs ne sont peut-être pas très exacts, mais ils paraissent suffire à la pratique. Lang, cité par Wiel et Gnehm, a eu recours à la formule de Seidel, qui a tous les caractères d'une précision mathématique et, cependant, ne tient pas encore compte de tous les éléments du problème. Voici cette formule :

y = 2,30258 m Log. p ~ q .

Log. signifie le Logarithme des tables, que l'on trouvera comme différence de deux Logarithmes : Log. (p—q). — Log. (a—q); m est le volume donné de l'air de la pièce; p, sa proportion de CO2 p. mille au début ; a la proportion de CO2 du volume d'air m dans un temps déterminé ; g, la proportion de CO2 de l'air frais, y, le volume d'air frais qui devrait être introduit pendant ce temps pour ramener la Droportion p d'acide carbonique du volume m à la proportion a.

Sur ces bases, en prenant 0,7 p. 1000 de CO3 comme limite d'impureté de l'air, l'échange atmosphérique par heure devrait atteindre à 113 mèt. cub. par personne ; en se contentant d'une dilution de CO2 à 1 p. 1000, 45 mèt. cub.; dans la situation la plus mauvaise, on ne pourrait exiger moins de 21 mèt. cub.

Mais l'on ne peut que répéter, avec les hygiénistes qui ont vu combien la complexité réelle des choses déroute les prétentions à l'exactitude de toutes les formules, que ces calculs ne sont rien de plus qu'une indication moyenne et générale. La pratique introduit à chaque pas des éléments que la théorie n'avait pas prévus. Cent blessés dans une salle ne font pas plus d'acide carbonique que cent individus sains ; osera-t-on dire, cependant, que les premiers n'ont pas dix fois plus besoin d'air neuf que les seconds ? La seule formule que les médecins et les chirurgiens puissent accepter est celle, bien plus rigoureuse encore dans le cas actuel, que l'on se plaît à redire en ce qui concerne l'eau: « Pour qu'il y ait assez d'air, il faut qu'il y en ait trop. »

C'est donc à titre de simples renseignements que nous reproduisons les fixations citées plus haut du général Morin.

D'ailleurs, on l'a dit bien des fois et depuis longtemps, ce dont les mathématiques n'ont pas soupçon : La quantité de l'air introduit par la ventilation ne résout point tout le problème ; la provenance et la qualité de cet air ne sont pas moins décisives. Aussi, des hôpitaux parfaitement ventilés, dans les quartiers populeux des villes, peuvent-ils être médiocrement salubres par ce fait qu'ils ne reçoivent, abondamment c'est vrai, qu'un air médiocre, l'air animalisé du quartier. Bien plus, aujourd'hui que les établissements industriels se multiplient de jour en jour et que les décisions des Conseils d'hygiène les tiennent sévèrement à distance du centre des cités, la zone suburbaine elle-même devient suspecte et, tel hôpital, telle caserne, tel pensionnat, placé primitivement dans un milieu atmosphérique irréprochable, se trouve un jour, quelquefois sans que l'on y prenne garde (mais c'est à surveiller), dans des conditions de ventilation quantitativement insuffisante.

générale.]

i/habitation, milieu respiratoire.

On fait bien de prendre l'air au centre des squares pour la ventilation des théâtres, de le faire passer sous une pluie d'eau finement pulvérisée pour le débarrasser des poussières; mais ce n'est jamais que de l'air urbain. D'autres fois, on va chercher l'air dans des couches déjà élevées audessus du sol, 15 ou 20 mètres; pratique fondée sur la croyance à priori que les impuretés sont plus abondantes dans les couches qui rasent la terre. Levait est que l'air le plus pur est entre 2 et 15 mèt. 11 ne faut donc le prendre ni à 20 mèt. de hauteur, ni à la surface du sol. C'est pourtant assez souvent l'un ou l'autre qui a lieu, si même il n'est fait appel à l'air des caves, encore plus suspect que celui qui affleure la chaussée.

Précautions générales. — Il est de règle que l'air de ventilation pénètre dans les locaux d'une façon insensible et non sous forme de courants. Pour atteindre ce but, on fait monter les tuyaux d'arrivée de l'air verticalement dans l'épaisseur des murailles et s'ouvrir, à une hauteur supérieure à la taille d'un homme, par un orifice percé obliquement de telle sorte que la veine gazeuse soit poussée à la fois en dedans et en haut. L'air frais se diffuse donc d'abord dans les couches supérieures et son mouvement ne peut être perçu lors même qu'il entrerait avec une vitesse notable. D'autres fois, on multiplie les orifices d'accès pour éviter de les faire trop larges; ou bien on les garnit de plaques criblées de trous, qui brisent le courant, de grilles à fines mailles. Il est bon, dans tous les cas, de ménager aux orifices, ou mieux dans la longueur des canaux d'arrivée, des registres qui permettent d'augmenter ou de diminuer à volonté la force du courant.

Le moyen le plus sûr d'éviter les courants d'air à l'intérieur est de faire que l'introduction soit au moins égale à l'évacuation, ou même prédomine sur celle-ci. Dans le cas contraire, on peut être certain qu'il y aura des courants, ne fût-ce que par les joints des portes et des fenêtres, circonstance particulièrement désagréable et fâcheuse. La traditionnelle ventouse de Om,ll X 0m,22, qui débite 20 à 30 mèt. cub. d'air à l'heure est évidemment hors de proportion avec une cheminée évacuant de 400 à 500 mèt. cub. (Bouvet).

Il doit y avoir une conduite d'air spéciale à chaque étage et même à chaque pièce. Autrement il pourrait arriver qu'un des compartiments prît une large part de ce qui doit revenir à son voisin. De même, les tuyaux d'évacuation doivent être séparés le plus possible et ne se réunir en un canal commun qu'à l'endroit où tout l'air expulsé est rejeté dans l'atmosphère. Plus ce réceptacle est loin et court, moins il y a de chances de retour d'air vicié d'une pièce dans l'autre.

En donnant aux orifices d'entrée et de sortie la plus grande section possible, on assure à l'air de ventilation la plus faible vitesse (Hudelo).

On ne saurait, du reste, fixer de règle invariable quant à la disposition respective des orifices d'entrée et de sortie. Hudelo fait remarquer que, pour un même orifice d'introduction, la température de l'air du dedans, son humidité, la température de l'air de ventilation, la saison, le chauffage, la nature des parois, font varier l'étendue des bénéfices qu'on peut recevoir de la ventilation artificielle. Ainsi :

DES HABITATIONS PRIVÉES ET COLLECTIVES

[Hygiène

a. L'air entrant a la même température que celui de la salle. — Si l'orifice d'entrée est vertical, le courant se produira horizontalement en s'étalant rapidement vers le haut et vers le bas, à moins que l'orifice ne soit placé près du plafond ou près du plancher. Si l'orifice est horizontal (c'est-à-dire pratiqué dans le plafond ou dans le plancher), le courant aura une direction verticale, sa section s'accroissant latéralement dans tous les sens.

b. L'air entrant est plus chaud que l'air intérieur. — Si l'orifice d'entrée est placé au plafond, la force ascensionnelle dépendant de l'excès de température tendra à détruire la vitesse de l'air; l'air chaud, restant à la partie supérieure de la salle, n'en sera déplacé que par l'air de ventilation qui y arrive d'une façon continue; il descendra donc lentement, par couches horizontales sensiblement isothermes, jusqu'à la partie inférieure, si les orifices de sortie y sont placés. Dans le cas où ceux-ci seraient également en haut, l'air chaud s'écoulerait immédiatement et il n'y aurait aucun renouvellement dans les parties basses de la pièce. — Si l'orifice d'entrée est dans le plancher, la vitesse d'arrivée et la température, ainsi que réchauffement par la respiration des habitants, agiront dans le même sens pour faire monter l'air. Que l'orifice d'évacuation soit en haut, le courant s'y dirigera tout droit sans s'étaler et sans renouveler l'atmosphère intérieure. Si, au contraire, l'issue est également dans le plancher, l'air de ventilation n'y parviendra qu'après s'être étalé en haut, en cône renversé, et après être redescendu.

c. L'air introduit est plus froid. — Avec un orifice d'entrée au plafond, le courant et la différence de température le poussent également à descendre; il arrive en bas plus ou moins vite, selon que la différence de température est plus ou moins grande, la salle plus ou moins haute. Si les orifices d'évacuation sont régulièrement distribués sur la surface du plancher, les colonnes descendantes ont pu s'étaler et faire un bon renouvellement d'air. Souvent, les personnes placées près de tels orifices ressentent désagréablement le courant d'air froid; il vaut mieux reporter ces ouvertures à une certaine hauteur, l'air froid n'y parviendra qu'après s'être étalé sur le plancher et avoir opéré un renouvellement complet, sans manifester de courants énergiques.

Si, dans ce cas, les orifices d'entrée sont pratiqués dans le parquet, la différence de température combat l'impulsion initiale; l'air de renouvellement ne peut monter que poussé par celui qui arrive derrière lui. L'aération, efficace si les orifices de sortie sont à la partie supérieure, reste limitée aux couches inférieures lorsque ces orifices sont également au ras du plancher.

Lorsque les orifices d'entrée sont placés latéralement, le mouvement de l'air prend la forme d'une courbe, résultant à la fois de la vitesse horizontale avec laquelle il pénètre et de la force ascensionnelle due à la température.

11 en résulte, suivant Hudelo, que dans le cas d'arrivée d'un air chaud, on placera les orifices d'introduction à la partie supérieure de la salle et les orifices de sortie à la partie inférieure. C'est la ventilation d'hiver. Dans le

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cas de l'air froid, on disposera les orifices d'une façon inverse, à moins que la grande hauteur de la salle, la faiblesse du courant, le peu de différence de température entre l'air neuf et l'air du dedans, ne permettent de conserver la même disposition que dans le premier cas. C'est la ventilation d'été.

Dans les conditions les plus habituelles, l'atmosphère des locaux habités ne dépassant pas 20°, l'air expiré est plus chaud et, par conséquent, moins dense que l'air ambiant; il tend donc à s'élever, au moins en ce qui concerne ses éléments gazeux. L'air le plus altéré chimiquement est donc plutôt dans les zones supérieures de la pièce, la bouche des humains dans une couche relativement pure et, quelle que soit la porte ouverte à l'air extérieur, il se place naturellement en bas (zone froide) pour s'élever ensuite, à mesure qu'il s'échauffera à son tour par la respiration et la présence des individus. Les phénomènes naturels semblent donc indiquer la ventilation de bas en haut plutôt que l'inverse, que l'on appelle aussi « renversée ». On a dit encore avec raison (Hudelo) que l'air venant de haut en bas ramène l'air vicié des couches supérieures vers les personnes présentes et que par là, ces personnes se trouvant assez près de l'orifice d'évacuation, sur le passage de l'air expulsé, sont précisément toujours dans la couche la plus impure. C'est au point que, parfois, on a même fait arriver l'air neuf et chaud, en hiver, par la partie inférieure des salles à ventiler.

Cependant, la ventilation de bas en haut, si elle est un peu active, soulève les poussières du plancher et des couches inférieures. Mais, par dessus tout, elle aboutit à « faire passer dans la pièce à ventiler, un volume d'air nouveau dans un temps donné, en déplaçant le moins possible l'air vicié préexistant » (Ch. Joly). C'est par cette méthode que l'on court le risque d'obtenir de minces filets d'air, d'ailleurs froids, courant tout droit de l'orifice d'entrée vers l'orifice de sortie, sans renouveler la masse d'air qui les entoure, sans se diffuser dans les locaux. On n'en sent les inconvénients nulle part mieux que dans ceux de nos théâtres qui sont ventilés par la chaleur et le « trou » du lustre; l'air s'engouffre dans ce trou, et les spectateurs des loges reçoivent des courants glacés quand on en ouvre les portes, sans que l'intérieur de la salle soit aéré.

Il semble donc que l'on puisse adopter dans tous les cas la ventilation renversée, en faisant que la température de l'air introduit, ne soit pas, en hiver, beaucoup supérieure, en été beaucoup inférieure, à celle de l'air du dedans. Or, comme on le verr a, la première de ces conditions paraît être sur le point de devenir une loi, et la seconde est facilement acceptable si l'on réfléchit que, même en été, il s'agit bien plus d'introduire de l'air neuf que de l'air froid.

11 convient de placer les orifices de sortie au plus près des endroits où il existe des causes spéciales de viciation. Les orifices d'arrivée ne doivent jamais être une cause d'incommodité pour les personnes qui en sont voisines, soit par la vitesse du courant, soit parla température froide ou chaude.

Parmi les circonstances qui peuvent troubler les prévisions dans l'installation d'une ventilation régulière, il importe de mentionner le refroidissement,

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en hiver, des parois vitrées, par lesquelles le calorique se transmet aisément à l'extérieur. Les personnes placées près des fenêtres remarquent désagréablement qu'il leur descend un courant froid sur les épaules. On pare à cet inconvénient par l'emploi des doubles vitres ; on peut même faire passer de l'air chaud entre les deux parois de verre, et plutôt de l'air d'extraction que de l'air neuf, pour éviter une perte économique.

La vitesse des courants de ventilation, lorsqu'elle est exagérée, et elle l'est quand elle est perçue par les habitants, dépense inutilement du travail et, de plus, est une cause de déperdition de chaleur en hiver.

Toutes ces circonstances montrent combien il est oiseux et trompeur de chercher à se rendre compte de la puissance d'un système de ventilation en mesurant, aux orifices, la quantité d'air qui entre dans une salle ou qui en sort. Ce sont les déplacements intérieurs, la perfection du renouvellement qu'il faudrait pouvoir apprécier. Malheureusement, ni les anémomètres, ni l'observation de la flamme d'une bougie, ni les ballonnets remplis d'hydrogène, ne donnent à cet égard d'indications exactes (Hudelo).

Des différentes espèces de ventilation. — 11 n'y a que deux sortes de ventilation : la ventilation naturelle et la ventilation artificielle. Et même, si l'on restreint le sens des mots : ventilation naturelle, aux circonstances dans lesquelles l'aération des locaux s'opère d'elle-même, sans qu'on s'en doute et sans qu'on l'ait voulu, il n'y a qu'une ventilation et elle est artificielle, car il semble que le terme seul de ventilation implique un appareillage intentionnel. Quelques-uns ont appelé ventilation naturelle celle qui résulte des ruptures d'équilibre de température, phénomène qui se produit incessamment entre nos logements et le dehors et même d'une couche à l'autre de l'atmosphère intérieure, et en vertu duquel un courant s'établit de l'air chaud, qui s'élève, à l'air froid qui descend. Mais il est clair que ces courants ne constituent une ventilation naturelle qu'autant qu'on les laisse faire d'eux-mêmes; si on les dirige, si on leur ouvre des vasistas, des gaines, la ventilation est réellement artificielle. Elle l'est tout autant que si l'on a employé un foyer de chaleur à faire appel sur l'air intérieur, soit que ce foyer soit situé au-dessous des appartements, soit que les gaines d'extraction de l'air le prennent au niveau du plancher à l'aide d'un courant coudé en siphon, produit par la chaleur d'un foyer situé dans les combles.

Mais la ventilation artificielle se hii par appel ou par propulsion, ou même par Y air comprimé.

1. Ventilation naturelle. — La ventilation naturelle est incontestablement celle qui se fait à travers les parois de nos demeures, grâce à leur porosité, et par les joints des portes et des fenêtres, grâce à l'écartement à peu près fatal qui s'opère quelque part entre le cadre et l'opercule mobile. Dans l'un et l'autre cas, il va sans dire que c'est toujours la différence entre la température intérieure et l'extérieure qui est la raison physique des échanges gazeux. La combustion de 1 kil. de bois peut ainsi appeler 100 mètres cubes à l'heure (Morin).

On ne peut faire de difficulté contre l'adjonction, à cette ventilation tout à fait automatique et par conséquent naturelle, de celle qui s'opère par l'ou-

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verture des portes et des fenêtres. En effet, d'ordinaire, les portes et les fenêtres ne sont pas faites, primitivement au moins, en vue de la ventilation et, la moitié du temps, ce n'est pas dans ce but qu'on les ouvre ; si bien que la ventilation se produit en réalité à la faveur de cette ouverture, mais à l'insu des habitants.

Il va sans dire que c'est encore une ventilation naturelle, car elle est bien imprévue par les constructeurs, que celle qui s'effectue, malencontreusement d'ailleurs, par les fissures et crevasses accidentelles que les murs subissent parfois, à la suite de l'âge ou autrement, par les longues fentes que les planches des baraques ne tardent pas à présenter, sous l'action des alternatives climatiques. Il est clair enfin que c'est toujours une ventilation naturelle lorsque la propulsion de l'air par le vent s'ajoute à la pression provenant de la différence de température.

Ventilation à travers les parois. — Cette ventilation est constante, à moins que les parois de nos demeures ne soient à dessein revêtues d'enduits imperméables. Elle aurait une très grande valeur si l'on pouvait en apprécier le rendement et surtout si celui-ci restait invariable, au lieu d'être subordonné à l'assèchement des matériaux de construction, aux oscillations de température, à la force et à la direction du vent.

Pettenkofer démontre la perméabilité des murs'pour l'air au moyen d'une expérience qui n'est qu'une variante de celle que nous avons décrite (page 35) et mieux adaptée au cas particulier. Un m-orceau de mur en brique, de 40 décim. carrés de surface et de 35 centimètres d'épaisseur est fixé, à l'aide de mortier ordinaire sur une base impénétrable à l'air; les deux faces de ce petit mur sont revêtues de plaques de métal qui joignent hermétiquement la brique par leurs bords ; les trois côtés minces du morceau sont recouverts d'une couche imperméable; chaque plaque de métal est traversée en son milieu par un tube. En soufflant par l'un de ces tubes, on éteint aisément la flamme d'une bougie située à l'extrémité de l'autre. C'est qu'à l'aide du onzième d'atmosphère que l'expiration ajoute à la pression normale, on a pu emmaganiser dans le morceau de brique, un air sous pression qui, d'abord étalé, prend une vitesse considérable à l'étranglement par lequel il est forcé de s'échapper.

Les expériences de Mârker ont démontré que, par 1 mètre carré de surface, en une heure et avec un degré de différence de température, il passe par un mur de 0m,72 d'épaisseur.

met. cubes.

Dans le grès 1,69 d'air.

— la pierre calcaire 2,32 —

— la brique cuite 2,83 —

— le tuf calcaire 3,64 —

— la brique d'argile crue (pisé) 5,12 —

— la brique humide 1,68 —

On voit par là que si les pores des matériaux ne sont pas obturés par quelqu'une des causes que nous dirons, il y a une grande ressource dans la ventilation de porosité. En supposant construite en pierre calcaire la paroi de 16 mètres carrés de surface de la chambre à coucher de 64 mètres cubes

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dont il était question plus haut, on voit combien il est facile qu'il y pénètre en une heure 33 mètres cubes d'air et même plus de 60, si la différence de température est de plusieurs degrés.

Langa cherché à classer dans l'ordre de leur perméabilité pour l'air les matériaux de construction les plus usuels. Le tableau ci-dessous lui a été emprunté par plusieurs hygiénistes.

Ncs Coefficient d'ordre. Matériaux. de perméabilité.

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