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III. L'habitation, milieu respiratoire

L'homme n'est jamais renfermé pendant un temps durable dans un espace hermétiquement clos, alors même que nos locaux auraient cette apparence par suite de la fermeture des portes et des fenêtres. En effet, nous l'avons vu, les parois de nos habitations n'ont jamais l'imperméabilité des cloches de verre ou de métal sous lesquelles la physiologie, dans certaines expériences, renferme les animaux. Cependant, outre qu'il est des procédés de bâtisse qui cherchent précisément à supprimer la porosité des parois, il est difficile, à moins d'expériences répétées pour chaque maison, de savoir dans quelle mesure les échanges gazeux à travers l'enveloppe compensent l'altération de l'air du dedans par évacuation de celui-ci et introduction d'air du dehors. En théorie, le mieux est de ne pas compter sur cette ressource, quoique en pratique elle soit d'un secours positif et précieux, et de la regarder comme une réserve pour les cas où l'aération régulière est trop parcimonieusement établie, un surcroît qui ne peut qu'élever le confortable dans les circonstances où le nécessaire est déjà largement assuré.

Deux problèmes se posent, savoir : A. Quel cube d'air intérieur faut-il ménager à chaque habitant pour qu'il puisse respirer un air salubre pendant le temps des séjours obligés (la nuit, particulièrement), portes et fenêtres closes ? — B. Quelle quantité d'air, par individu, faut-il faire entrer dans les locaux habités, à quel moment et par quels moyens?

La solution de part et d'autre embrasse également la question de Y aération : mais le premier point s'intitule spécialement cubage des locaux, ou cubage de place ; le second implique la théorie et la pratique de la ventilation.

On s'aperçoit, d'ailleurs, que ces deux objets se tiennent et sont solidaires l'un de l'autre ; pour qu'un homme respire de l'air sain, il faut qu'il dispose d'une masse atmosphérique assez considérable, à son contact immédiat, pour que les souillures qu'il y verse soient tout d'abord à un haut degré de dilution ; et ce que l'air introduit du dehors doit remplacer, c'est précisément ce cube d'air primordial, devenu biologiquement impropre au bout d'un temps assez court. Le cubage de place pourvoit au moment actuel et à chaque instant envisagé isolément; la ventilation pourvoit à la succession des instants et à la continuité. Elle est donc obligée de venir, à chaque instant aussi, en aide au cubage de place.

Sources de l'altération de l'air intérieur. — La première circonstance

et la plus importante des causes qui vicient l'air de nos demeures, c'est la respiration pulmonaire, à laquelle il faut joindre la transpiration cutanée et les évacuations gazeuses intestinales. La respiration consomme de l'oxygène et rend de l'acide carbonique, de la vapeur d'eau, de faibles proportions d'ammoniaque. De ces quatre circonstances, c'est l'augmentation de pro-

portion de GO2 qui est la plus grave et celle d'après laquelle les hygiénistes ont cherché à régler les mesures d'aération artificielle.

Un adulte consomme en 24 heures 746 grammes (520 lit.) d'oxygène et produit environ 847 grammes (4i3 lit.) d'acide carbonique (Yierordt). A 16 respirations par minute, d'un volume de 400 à 500 centimètres cubes (1/2 litre) chacune, et l'air expiré étant à 40 p. 1000 de GO2 (l'air normal est à 0,4 p. 1000), l'homme excrète évidemment par jour, en moyenne, 450 X 0,040 X 16 X 60 X 24 =414, 720 centimètres cubes, ou, comme on dit encore, entre 350 et 450 litres d'acide carbonique. G'est-à-dire de quoi porter à 8 ou 10 p. 1000, en 24 heures, l'air de toute une pièce de 45 mètres cubes qui ne serait pas renouvelé.

Relativement aux nuances, le tableau ci-dessous, emprunté à Wiel et Gnehm, renferme d'utiles indications.

Production de CO2 par heure, selon Pettenkofer et Voit :

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