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RES

Tourbe de Vulcaire, près d'Abbeville

Arnould. — Hygiène. 30

LES HABITATIONS PRIVÉES ET COLLECTIVES

[Hygiène

Le charbon de terre (lignites, houille, anthracite) est le reste des arbres amoncelés des forêts des âges géologiques anciens. On y reconnaît surtout des fougères et des conifères. Plusieurs milliers d'années avant l'Europe, 'es Chinois brûlaient le charbon de terre, très abondant dans leur pays et qu'ils exploitent encore, mais seulement à la surface des gisements, sans creuser de puits ni de galeries de mine. Le charbon déterre est aujourd'hui devenu la vie des deux mondes, et ce serait un cataclysme s'il venait à manquer subitement. Son rôle, quoique immense, dans le chauffage, est le moindre aspect de son utilisation. Les lignites, assez peu carbonisés, brûlent avec une fumée abondante, à laquelle sont mélangés non seulement l'oxyde de carbone et l'acide carbonique, mais encore l'acide sulfureux et l'ammoniaque. La houille brûle mieux, non sans une odeur de goudron ; fraîchement extraite, elle abandonne un peu d'hydrogène sulfuré et, dans la vapeur de charbon qu'elle dégage sous un foyer tirant mal, l'acide sulfureux accompagne l'acide carbonique et l'oxyde de carbone. L'anthracite, très dur, à cassure vitreuse, est un combustible très riche, mais exigeant impuissant tirage, sous peine d'avoir des vapeurs de charbon dans le local où se fait la combustion; ses fragments ne se collent pas.

La puissance calorifique observée des lignites varie de 6,311 à 7,924 (Scheurer-Kestner et Meunier); elle dépasse souvent la puissance calorifique calculée, que l'on a trouvée être entre 5,827 et 8,343.

On distingue : les houilles grasses maréchales, Bach- K oh le (Allem.), qui éprouvent au feu une sorte de fusion pâteuse et donnent un coke boursouilé, léger (Saint-Étienne, Commentry, fine forge de Mons). Cette fusion pâteuse, qui intercepte le courant d'air, brûle les grilles et agglutine le coke produit, rend ces houilles impropres à l'usage des calorifères Geneste et Herscher, à l'hôpital militaire de Bourges; Les houilles grasses et dures, moins fusibles que les précédentes ; Les houilles g?*a$ses à longue flamme (flénu de Mons, cannel-coal du Lancashire), dont les fragments s'agglutinent seulement, sans fusion. Les Allemands appellent cette variété Sinterkohl ;

Les houilles sèches à longue flamme, qui donnent un coke à peine fritté, presque sans adhérence des fragments ; elles brûlent avec une flamme longue, mais de peu de durée, et ne donnent pas une chaleur aussi intense que les précédentes. Elles conviennent bien pour les grilles. C'est le Sandkohl des Allemands ;

Les houilles sèches à courtes flammes, qui brûlent difficilement et avec un résidu pulvérulent.

Les divers charbons de terre renferment de 5 ou 6 p. 100 d'oxygène et d'hydrogène (anthracites) à 11 (houilles grasses) et même 16 (lignites); à peu près autant de l'un que de l'autre. Les puissances calorifiques observées, toujours supérieures aux puissances calculées, varient de 6,483 — 7, 687 (lignites) à 8,021—9,163 (houilles), d'après Scheurer-Kestner et Meunier. Les houilles grasses à courte flamme, ou charbons à coke, qui ont la puissance calorifique la plus élevée, atteignent même à 9,300 ou 9,600 (type du Creusot, du Gard, du Nord, Gharleroi, Cardilf au pays de Galles).

générale.]

L'HABITATION, MILIEU THERMIQUE

Les houilles, assez sèches au sortir de la mine, prennent de l'eau par l'exposition à l'air, mais en revanche perdent des gaz par suite de la combustion lente (Grundmann, Yarrentrapp).

Les charbons provenant de la même mine se distinguent en gros, gaillette et menu, d'après la grosseur des morceaux, et ces trois espèces se vendent à des prix différents. Les menus, qui étaient presque sans valeur, en ont repris tout à coup par la fabrication des agglomérés.

Combustibles préparés. — Avec les combustibles naturels, on obtient des produits plus économiques ou plus faciles à employer.

La tannée, ou tan épuisé, est comprimée et moulée en mottes, qui sont achetées parlesménages pauvres. Elles brûlent lentement et donnent beaucoup .de cendres. Théoriquement, la puissance calorifique de la tannée est de 2,075 calories; mais si l'on retranche les calories perdues pour l'évaporation de l'eau et par la mauvaise combustion de la matière, il ne reste guère que 547 calories utiles. On utilise encore, de la même façon que la tannée, la sciure de bois, les résidus de bois de teinture.

Le charbon de bois s'obtient en soumettant le bois, dans de certaines conditions, à une température qui dépasse 340°. Le résultat est une substance plus riche en carbone que le bois, cassante, friable, pesant de 200 à 250 kilogr. le mètre cube, douée d'une grande puissance d'absorption pour les gaz.

Desséchés à 140° et ayant perdu 5 à G p. 100 de leur poids, les charbons ont présenté la composition suivante :

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