CHAPITRE X
Il n'y a aucun danger à guérir les fleurs blanches, lorsqu’on prend assez de précautions pour que la matière ne reflue point dans le sang et ne se fixe sur aucun autre viscère.
Quelques praticiens ont prétendu que les fleurs blanches étaient un mal nécessaire , qu’elles étaient le préservatif de beaucoup d’autres bien plus grands, qu’il fallait, par conséquent, se garder de les guérir; j’ai combattu dans un ouvrage qui traite de ces maladies (i), ce raisonnement absurde et dangereux, qui peut empêcher un grand nombre de femmes de se traiter , et les
Ci) De la Gonorrhée Jiéuigne et des fleurs blanches, I yoI. in-8°. i .
déterminer à vivre avec un ennemi que la moindre circonstance peut forcer à se porter sur un point de l’économie animale très-essentiel à la vie , comme la poitrine et le foie, où il commet le pins souvent de grands désordres. J’ai guéri plusieurs femmes atteintes de ces écoulemens depuis un temps fort long , sans qu’aucune ait jamais eu à se plaindre des effets du traitement que je leur ai fait suivre, ni de ceux de la suppression d’une évacuation à laquelle la nature était habituée depuis long- temps ; mais que de patience ne faut-il pas souvent et de la part du médecin et de la part des malades ! avec quelle attention ne doit-on pas prendre les remèdes et suivre un régime, long-temps même après la guérison, éviter, surtout, les occasions capables de fatiguer le moral , soit par des contrariétés, malheureusement trop ordinaires dans les ménages , soit par des nouvelles assez affligeantes pour occasionner au cœur des serremens multipliés, et obliger, par suite de ces serremens , l’humeur trans— pirable à rétrograder et à se porter de nouveau sur les glandes de la matrice, ainsi que cela est arrivé à deux dames qui se croyaient guéries pour toujours!
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PREMIER FAIT
Fleurs blanches qui alternaient avec des migraines et guéries à la suite d’ évacuations , glaireuses soutenues pendant six semaines ; leur récidive occasionnée par des contrariétés que l’on éprouve et qui causent beaucoup de chagrin.
Une dame russe qui m’a consulté , il y a dix mois, sur la même maladie, m’écrit de Lausanne en Suisse, que depuis neuf mois qu’elle en était guérie, elle n'avait eu à se plaindre du plus léger accident; que des migraines qu’elle avait alternativement avec les fleurs blanches , avaient également disparu; ce qu’elle avait attribué à des évacuations glaireuses, provoquées tous les jours, six semaines de suite , par. les remèdes que je lui avais conseillés; que la transpiration, qui chez elle était nulle , s’était tout à fait rétablie ; mais que des contrariétés , qui depuis un mois font le tourment de sa vie , avaient fait reparaître et ses migraines et ses fleurs blanches; qu’elle avait depuis ce temps la peau constamment sèche, et que, quelque mouvemeut qu’elle se donnât , elle
tie pouvait parvenir à transpirer ; que son, estomac était tellement surchargé de glaires, qu’elle en rendait par la bouche à tout instant de la journée ; que cette humeur se portait même sur ses poumons , ce qui lui occasionnait de la difficulté à respirer; que ses digestions ne se faisaient plus ; qu’elle allait difficilement à là garde-robe, et que les matières qu’elle rendait étaient couvertes de pellicules glaireuses.
DEUXIÈME FAIT
Un chagrin vif fait reparaître les feurs blanches dont une femme se croyait délivrée pour toujours.
« J’étais 'guérie , m’écrivait, il y a quelque « temps, une daçne des environs d’Aix-la- « Chapelle , ou du moins je me regardais » comme telle , puisque depuis six mois les « pertes abondantes pour lesquelles je vous ai « consulté avaieut totalement disparu, ainsi « que les glaires que souvent je rendais en « quantité dans mes selles , lorsqu’un chagrin « des plus vifs , occasionné par la perte d’une «1 fille chérie , dont on est venu m’apprendre la « mort , a fait tout-à-coup reparaître et les
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« glaires et les fleurs blanches avec autant « d'abondance qu’autrefois. Je ne crois pas, «Monsieur, qu’aucun remède puisse rien « produire de bien , tant que l’image de ma •( fille se présentera à ma pensée , parce que « toutes les fois que cela m’arrive , et ce n’est « que trop souvent pour ma santé , mes per- « tes blanches augmentent. J’attendrai donc tr que mon âme soit moins triste pour re- « prendre votre traitement, qui m’avait si bien -« réussi , car depuis qu’elles avaient cessé « d’exister je me portais on ne peut mieux. »
D’après ce qui vient d’être dit , il n’y a aucun danger à guérir les fleurs blanches et la gonorrhée bénigue , dont la durée trop longue peut donner lieu à une foule d’accidetrs très- graves , lorsqu’elles sont entretenues par un vice âcre , et que l’on ne se fait pas une loi de la propreté.
J’ai parlé dans le traité dont je viens de parler de l’inconvénient que pouvaient avoir les injections : j’ajouterai ici que tous les jours j’ai occasion de m’en convaincre davantage; aussi ne saurais-je trop en recommander la lecture , on y trouvera des cohseils relatifs au traitement de ces sortes de maladies.
8o Nouveaux aperçus
Dans le chapitre qui Ta suivre , je m’occuperai des aigreurs qui surviennent à un grantl nombre, de personnes ayant en même temps à se plaindre des glaires.
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