QUATRIÈME FAIT
Vers Lombricaux trouvés morts au milieu de l'humeur glaireuse.
Dans un mémoire à consulter , qui porte la date du i 5 octobre 1809 , mémoire que m’a remis le malade lui-même, il est dit que trois ans avant, il avait eu plusieurs évacuations glaireuses dans lesquelles on trouva plusieurs vers Lombricaux morts ; il avait déjà été trèstourmenté par des ascarides ; il s’était beatfcoup masturbé. Ce malade avait eu un grand amour pour l’étude , à laquelle il s’était livré avec excès , parce qu’il désirait , suivant qu’il le dit lui-même, devenir très-savant.
Clauderus , éphém. germ. déc. 2 an 6 , obs.
191 , pag. 38 1, assure qu’une femme de 56 ans, étant dans une prairie , fut surprise pat
sur les Glaires .
Une douleur dans l’hypocondre droit ; quelques jours après il parut une grosseur qui, étant venue en pointe , s’ouvrit. 11 en sortit trois gros vers et ensuite une matière jaune, épaisse et transparente ; cet écoulement dura pendant quatre ans , cela n’empêchait point ia malade de vaquer à ses affaires domestiques , mais la cinquième année le trou de l’abdomen s’étant agrandi , Vileum sortit en dehors avec une partie du colon y de la longueur du doigt. Ses deux intestins restèrent pendus et , par le trou du colon , qui était de la largeur d’un travers de doigt , passait tous les jours une matière séreuse , jaune , épaisse et analogue à un chyle indigeste.
La nature avait recouvert ces deux intestins d’une peau rouge et charnue , il ne passait plus de matière fécale par l’anus ; au bout de quelques mois il sortit par le trou du colon une partie de l’ileum , qui continua d’augmenter jusqu’à la longueur d’une demiaune.
Le premier écoulement continuant toujours , l’ileum rentrait en partie dans l’abdomen, quand la malade était couchée; le jour elle marchait et faisait ses affaires domesti-
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ques ; elle ne pouvait rien mettre sur le trou du co/ti/^)our se garantir de l’injure de l’air , parce (pie la sérosité qui en découlait sans cesse excitait une douleur ardente quand elle était arrêtée.
Ce qui était surprenant , c’est que cette femme se portât bien d’ailleurs, que la sérosité ou le chyle indigeste n’ait jamais été fétide (1 ), malgré les impuretés et les cxcrémens qui n’avaient pas de voies différentes.
Cette pauvre femme, qui comptait beaucoup sur la providence et la bonté de son tempérament, mourut l’année suivante, sans qu’on sût de quelle maladie.
Paullnus , Eph. germ. déc. 2 an 6 , page 34 , dit qu’une religieuse qui était hydropique, et qu'on ne pouvait guérir , prit le remède d’un homme qui n’était point médecin , dont elle faillit périr : quatre heures après elle rendit une boule pituiteuse et dure , qui avait la forme et la grosseur d’un œuf d’oie. L'ayant cassé , elle répandit une puanteur
(1) La glaire n’a point de fétidité à moins qu’elle ne soit unie à quelque autre matière.
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insupportable : on y trouva plusieurs vers couverts de poils.
Ainsi que je l’ai dit plus haut, les vers ne se trouvent pas seulement dans l’estomac et les intestins; Dans l’ouvrage dont j’ai extrait les faits que l’on vient de lire, on assure qu ’on en a trouvé un situé dans le rein droit d’une femme sujette à des évanouissemyens et à des maux de tête , depuis deux ans qu’elle avait fait une chute : deux polypes furent trouvés dans l'oreille droite de son cœur^ mais on devait attribuer les accidens dont jé viens de parler , moins au ver qu’à une petite portion d’os pointue comme un grain d’avoine,/ qui existait entre la pie-mère et la 1 duré- mère ; elle y était adhérente , et semblait la percer auprès de la sutture sagittale.
Dans mon Traité de l’Épilepsie (1) j’ai cité quelques faits qui prouvent que si souvent cette maladie est le résultat d’une humeur glaireuse, qfu’il suffit d’évacuer avec méthode pour en être délivré, quelquefois aussi elle est inguérissable parce qu’il est impossible de
( 1 ) De l'épilepsie çn général et particulièrement de celle qui est déterminée par des causes morales, un vol. ûi-8°.
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détruire une ou plusieurs éminences osseuse* et aiguës, produites par les suttures, et qui occasionnent des accès lorsqu’elles touchent au méninge qu’elle irrite.
Gabriel , act. phys. med. germ. déc. 3 , ans .7 et 8, obs. *89, page 3o8, rapporte qu’une femme de 5o ans avait un grand mal de tête; la douleur la plus vive se faisait seutir vers les tempes ; elle en fut délivrée par la sortie d’un ver par le nez : au bout d’un mois la douleur revint et se dissipa par le même moyen ; cela dura trois ans dans le même ordre périodique. Alors la douleur cessa ; e* il sortit du dos de cette femme plusieurs petits vers un peu noirs : de petites croûtes noirâtres faisaient distinguer les passages que ces insectes s’étaient fait par la peau.
l.es vers se représentent souvent chez les personnes studieuses , menant une vie sédentaire , chez celles qui ont éprouvé des chagrins vifs , ou qui ont contracté l'habitude de l’onanisme.
Toutes ces causes , ainsi que je l’ai dit assez souvent , sont capables de déranger l’estomac
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et de donner naissance à la glaire , qui doit être considérée tomme la matière la plus propre à favoriser le développement des vers de toute espèce ; aussi renconire-t-ou souvent ces insectes chez les personnes studieuses, chez celles qui mènent une vie sédentaire , qui ont eu des chagrins vifs , ou qui ont contracté l’habitude de l’onanisme; mais on les trouve plus particulièrement chez les individus qui font usage de crudités , de même que les enfans qui y sont beaucoup plus sujets que les adultes.
J’en ai prévenu les jeunes praticiens dan& mon Traité des Glaires. Pour pouvoir détruire les vers sans avoir à craindre de les voir reparaître , il faut absolument entraîner avec eyx cette humeur qui les enveloppe souvent si bien , que les médicamens les plus propres à les détruire ne peuvent les atteindre.
Le ver solitaire n’est aussi difficile à vain-
cre, que parce que cette humeur , que l’on peut comparer à une espèce d’enduit , garantit son corps de l’action des sels , la plupart trèsamers, que contiennent les substances qu’on lui oppose.
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La gale et la phthisie pulmonaire , qu'elle occasionne quelquefois par sa rentrée dans le sang , seraient-elles chez les animaux et chez les hommes le produit de vers qui ne pourraient être aperçus qu'à l’aide d'un microscope ? .
M. Morel de Vindé , correspondant de l’académie royale des sciences , assure dans un mémoire qu’il a lu à ce corps savant, le 18 mars 1B11 , qu’il a cru reconnaître que plusieurs maladies des moutons avaient pour cause l’invasion et la multiplication de divers animaux , soit extérieurement parasites , soit intestins , parmi lesquels il range les vers : il appelle les uns et les autres microscopiques , parce qu’on ne peut les apercevoir qu’à l’aide d’uu microscope ; il cite des exemples de maladies qu’il bîur attribue ; la gale serait occasionnée par ces vers, qu’il considère , ainsi que quelques physiologistes modernes , comme un moyen de t communication de cette maladie , d’un individu à un autre. Un seul de ces insectes étàbli sur un animal , y répand rapidement une nombreuse progéniture , et jette ensuite des colonies sur d’autres animaux voisins.
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La phthisie , considérée chez les animaux et les hommes comme l’écueil de la médecine, 6 erait aussi causée , suivant le même auteur , par des insectes qui ne peuvent non plus être aperçus qu’à l’aide d’un microscope ; les dépôts lymphatiques , app'elés hy datides seraient encore produits par des vers j la cachexie, le tourni des moutons , la ladrerie des porcs en seraient également l’ouvrage.
On sent aisément de combien de maux on
connaîtrait les causes et par conséquent les remèdes, puisqu’il ne s’agirait , pour les détruire , que d’empoisonner les vers.
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Le mercure ne guérirait-il le mal vénérien que parce qui il détruirait des animaux particuliers aux organes de la génération ?
M. Morel de Vindé pense que si le mercure guérit la maladie vénérienne , c’est parce qu’il détruit des animaux intestins particuliers aux organes de la génération. Long-temps avant lui, Pierre Dessault nous apprend, dans son Traité des maladies vénériennes , qu’il estime que le levain vénérien consiste
dans des vers inperceptibles. « Hors , ajoutent t- il j avec Deidier , si l’on emploie avec « succès le mercure dans le traitement de la.
« vérole, c’est qu’il tue les vers. »
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