CHAPITRE XIV
On ne peut espérer de se débarrasser tout à fait de V humeur glaireuse, qu autant que Von transpire sur tous les points.
' Il est peu de personnes qui , en faisant usage de remèdes propres à évacuer la glaire , ne conçoivent l’espérance de s’en debarrasser entièrement ; cependant , lorsqu’on a lu avec attention celui de mes ouvrages qui traite de cette humeur , il suffit de quelques réflexions pour sentir que l’on ne peut souvent qu’en diminuer le volume ‘ 3 car si , comme je crois l’avoir prouvé , les glaires sont formées de la transpiration ou de la matière- qui résulte de digestions imparfaites , on ne peu»
espérer de s’en débarrasser entièrement qu’autant que les fonctions de la peau et de l’estomac se rempliront avec facilité ; il est des sujets qui ne peuvent réellement atteindre à ce double but. • .
furies Glaires'. io-S
J’ai tenu , il y a vingt ans , ce langage à des personnes qui depuis se sont convaincues que , quelque chose que l’on pût faire, on ne cessait d’être glaireux tant qu’on transpirait imparfaitement , ou que les organes digestifs étaient trop faibles pour que l’élaboration des alimens fût complète, et que le chyle se séparât tout-à-fait d’une matière visqueuse et gluante qui se trouve en plus ou moins grande quantité dans les substances dont l’homme se nourrit , matière qui non-seulement est inutile, mais encore dangereuse lorsqu’elle ne trouve aucun moyen de s’évacuer par les selles, de s’évaporer par les pores , ou de traverser les conduits urinaires*
« ' PREMIER FAIT
JJhe personne se plaint de se voir toujours tourmentée par les glaires , quoiqu’elle en ait beaucoup rendu depuis trois mois.
Réponse qui lui a été faite à ce sujet.
Un malade d’Avighon m’écrivait, il y a quelque temps , que malgré l’usage du remède que je lui avais prescrit, et qu’il prenait tous les jours depuis trois mois (i) , il
(i) C’est celai dont il est question dans les quatre
continuait d’avoir des glaires qui , à la vérité , étaient moins abondantes qu’avant d’y recourir; mais que ce qui le surprenait beaucoup , c’était que malgré les nombreuses évacuations qu’il avait eues, il n’avait pu réussir à en tarir la source.
, Ainsi qu’une foule de jeunes gens trop peu surveillés, cet homme, aujourd’hui âgé de 4o ans , avait connu la masturbation depuis l*âge de 10 ans jusqu’à a 5 ; il était sujet, depuis plusieurs années, à des vomissemens qui survenaient le plus souteut après ses repas , dont la digestion était très-lente , et quelquefois douloureuse ; ses nerfs étaient presque continuellement agacés; sa maigreur était extrême , quoiqu’il trouvât bon ce qu’il mangeait, et qu’il eût* même assez d’appétit ; sa peau était toujours sèche; quelquefoisil était quatre et cinq jours sans aller à la garde-robe ; aussi pendant tout ce temps avait- il des maux de tête qui cessaient comme par enchante-
i*re» édit, de l’ouvrage dont j’ai annoncé que celui-ci était la suite , et dans une brochure qui traite particulièrement de son emploi; ce remède, composé de toniques unis à des purgatifs , est le seul dont je me sers constamment dans les affections qui dépendent de cette humeur. •'
sur les Glaires. TroS
ment, dès qne ses intestins s’étaient vidés.
Il fallait bien essayer de lui faire comprendre pourquoi sa guérison n’était pas tout-à-fait aussi facile qu’il s’y attendait, en voyant que le remède que je lui avais prescrit, lui faisait rendre beaucoup de glaires. Voici la réponse que je lui fis :
« Vous avez été trop prodigue, Monsieur, « d’une substance essentielle à votre accrois- « sement, à un âge où l’on ne saurait en être « trop avare. Vous avez dçnc contrarié la « nature dans ses opérations et ses desseins : « elle n’a pu perfectionner son ouvrage i votre « tempérament, de fort' qu’il aurait pu être, « est devenu frêle et délicat ; aussi ne faut-il « point être étonné que, malgré- tout ce que
<< vous venez de faire , vo6 nerfs soient encore
« faibles et facilement irritables ; et que mal- « gré que vous ayez rendu une quantité très- « grande de l’humeur glaireuse dont vos or- <c ganes, particulièrement l’estomac, étaient « surchargés, ceux-ci n’aient point encore « acquis autant d’énergie qu’il leur en faut « pour remplir exactement leurs fonctions, « et pour que la matière transpirable , au lieu « de séjourner sur les viscères , et de s’y épais-
io(5 Nouveaux aperçus
« sir , en soit au contraire continuellement « expulsée , et parcourre sans obstacle les dif- ■« férentes voies par lesquelles elle doit par- € venir à la périjérie ( 1 ), et s’échapper par « les pores?
« Après avoir été le produit de la faiblesse « la glaire en devient à son tour la cause trop « constante ; c’est elle qui relâche tous les « ressorts, qui engorge tous. les passages, que k l’on ne doit point croire débarrassés pour « toujours , parce qu’on en aura rendu pen— « dant des mois entiers : il faut encore donner « aux vaisseaux assez de force pour que le « sang circule avec facilité , et qu’il ne puisse k se former nulle part aucun amas de cette k humeur. Au surplus , vous n’êtes pas le seul , « Monsieur, qui ait espéré de se guérir de « la même maladie que la vôtre , dans un « court délai.
« Je vous engage à continuer de suivre un « traitement qui , s’il ne vous guérit pas , ne « peut que rendre bien meilleure votre situa- « tion.
(i) Surface du corps.
sur les Glaires. 10 7
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