‹ Nouveaux aperçus sur les causes et les effets des glairesChapitre 24 sur 27 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

DES CAUSES DES GLAIRES CHEZ LES ENFAPfS.

Les enfans sont aussi sujets aux affections glaireuses ; mais les causes qui les produisent ne sont pas tout à fait les mêmes que chez les adultes , ils n’ont poiht de chagrins longs et vifs , le travail de l’esprit ne les fatigue pas beaucoup , très-peu mènent une vie sédentaire ; mais leurs organes sont naturellement faibles , ce qui fait que chez eux la transpiration ’se supprime avec une extrême facilité, et pour peu qu'ils fassent usage d’alimens grossiers , leur estomac se dérange et se remplit d’humeur glaireuse, aussi en est-il un grand nombre qui , pour parler le langage vulgaire , ont continuellement la poitrine grasse et souvent très-gênée $ le rachitis , les convulsions qu’ont la plupart d’entre eux , et la coqueluche qu’ils évitent rarement , sont autant d’accidens occasionnés par la même humeur j c’est pour cela qu'ils se trouvent toujours très-bien de l'asage des remèdes qui soulagent les personnes âgées , ayant à se

i3â Nouveaux aperçus

plaindre des effets des glaires , pourvu qu'on ait soin de doser ces remèdes suivant leur Age et la délicatesse de leur tempérament.

Je le répète, les enfans ne doivent point aux mêmes causes que les adultes l’existence des glaires dont ils seraient bien moins tour* metftés, si ceux qui les soignent exerçaient sur eux une surveillance suffisante, surtout s'ils ne leur permettaient point de manger des fruits cruds en abondance, du fromage, du lait aigre , et s’ils mettaient plus de distance entre leurs repas , qui doivent à la vérité être nombreux , mais cependant assez éloignés pour que leur estomac n’en éprouve pas de fatigue , et que leur digestion soit parfaite.

L’onanisme, dont l’âge le plus tendre n’est point à l’abri, comme l’ont observé Camp, Clos, GottLieb VogeletKœmpf(i) , comme j’ai eu moi même occasion de m’en assurer, l’onanisme'vdis-je , dont l’habitude est souvent contractée dès le berceau par l’imprudence qu’ont les nourrices de jouer avec les parties naturelles des enfans , est aussi une des causes

(i) Gott Lieb Vogel, Instruction pour les pères et les instituteurs etc. . - -

sur les Glaires. i53

les plus fréquentes du dérangement de leur estomac, et par conséqueût de la formation des glaires.

J’ai cité ailleurs plusieurs exemples d’épilepsies ( 1 ) , qui n’avaient point d’autre origine que cette malheureuse habitude , très- facile à rompre dès le principe; mais malheureusement , les conséquences en sont ignorées des personnes mêmes qui devraient les connaître autant que les médecins. Eh J comment les en instruire , lorsqu’il est à peina permis d’en parler, lorsque des pères même$, ainsi que je l’ai déjà dit, craignent de blesser la pudeur en faisant apercevoir à ceux de leur* enfans en état de les entendre, toute la profondeur de l’abime qu’ils se creusent en se rendant coupables de semblables excès.

Les frayeurs qu’on se plaît à faire aux en-* fans, produisent encore plus facilement sur eux que sur les personnes raisonnables qui souvent en sont affectées , des effets bien dangereux. Je ne rappelerai point ici ce que j’ai dit à ce sujet dans mon Truité des glaires', je me bornerai à apprendre à ceux qui ne l’ont

(i) De l’Épilepsie en général , et particulièrement da (telle <jni est déterminée par des causes morales, l v. nv-8 a .

-B«rn

point lu , que cette humeur en est le résultat

inévitable, et qu'il l’e6t également de la trop grande crainte qu’inspirent k la jeunesse les personnes chargées de son éducation.

» Epilepsie occasionnée par la crainte.

J On conduisit chez moi , il y a quelques années, une demoiselle âgée de 12 ans, et devenue épileptique par suite de la crainte que lui avait inspirée la supérieure du couvent dans lequel on l’avait placée. 11 y avait à peine quinze jours qu'elle y demeurait, que ses digestions se dérangèrent ; bientôt elle devint mélancolique , sans qu’on pût soupçonner d’autre' cause que sa séparation d’une mère qu’elle aimait tendrement, et dont elle était elle-même idolâtrée : elle ne trouva personne à qui elle crût pouvoir se confier ; ce ne fut que lorsque des attaques d’épilepsie se déclarèrent , et qu’elles devinrent fréquentes, quelle apprit à sa mère ce qui l’avait tant tourmeotée depuis sou départ de la maison paternelle. Toutes les fois, lui dit-elle, que je vois la supérieure apprdcher de moi , j’é- prouve au cœur des serreraens qui le plus souvent sont douloureux. Ils paraissaient bien

sur les Glaires. i55

l’être en effet ? puisque toutes les fois qu’elle avait une crise, et alors , comme elle me l’a dit à moi-même , elle croyait la voir s’approcher, elle faisait un cri perçant et plaintif , tout à fait semblable à celui qui échappe aux personnes qui ont peur.

Deux indications me parurent devoir fixer

mon attention : celle de fortifier son estomac t bien faible, puisqu’elle digérait avec beaucoup de difficulté les alîmens les plus légers , et celle d’évacuer la glaire dont la présence était annoncée par des signes toujours certains dans les affections chroniques , la sécheresse de la peau et la blancheur dé la matière dont sa langue était chargée. Je l’ai traitée pendant un an , et avec un succès si heureux t que les crises qui , lorsqu’on me la présenta pour la première fois, avaient lieu tous les jours , et quelquefois jusqu’au nombre de quatre, s’éloignèrent au point qu’elles avaient alors des intervalles d’un mois et six semaines.

11 n’est aucune .époque de la vie où l’on doive le plus espérer la terminaison des affections de ce genre, qu’à celle où se trouvait cette demoiselle ; aussi fis-je espérer à sa mère

i56 Nouveaux aperçus

la cessation parfaite et très - prochaine des crises : cette espérance n’a point été trompée ; voilà actuellement huit ans quelle n’en a eu , et qu’elle jouit de la meilleure sauté , aiusi que deux enfans auxquels elle a donné le jour. Son mari , qui ne l’a point quittée depuis quatre ans qu’elle lui appartient, m’a assuré ne s’étre jamais aperçu , meme pendant son sommeil, des plus légères convulsions.

Je ne crois pas devoir ajouter de nouveaux faits à celui qu’on vient de lire, pour prouver que la trop grande crainte qu’inspire à leurs jeunes élèves les maîtres souvent les mieux intentionnés , peut , aussi bien que la frayeur , causée par des objets réels ou fantastiques , donner lieu à des serremens de coeur qui , se communiquant à tout le système, peuvent forcer la matière de la transpiration à rétrograder et à établir un foyer d’irritation qui détermine une maladie semblable à celle dont je viens de parler.

" sur les Glaires . \Zy

uvtMM«utuitMmwimm«utvuvM\uviuv^iuuiu

Page 1