‹ Nouveaux aperçus sur les causes et les effets des glairesChapitre 27 sur 27 · CH A PITRE XXIII · texte numérisé non relu

CH A PITRE XXIII

DE l’uSACE DES BAINS DANS LES MALADIES OCCASIONNÉES PAR LES GLAIRES.

Les bains conviennent rarement dans le»

affections glaireuses, parce qu’elles résultent de la faiblesse que ne peut qu'augmenter ce remède , le plus souvent bien utile quand la transpiration est suspendue par une cause contraire , c’est-à-dire lorsque les solides pêchent par trop de ton ; car deux causes tout-

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à-fait opposées peuvent empêcher l’évacuation de cette matière grossière fournie par les ali— mens que nous prenons, et dont l’expulsion non interrompue est de toute nécessité pour que le sang circule librement , et que les organes remplissent leurs fonctions avec facilité.

Les bains ne doivent pourtant pas être tout à fait interdits à ceux qui ont à se plaindre des glaires ; il est même nécessaire qu’ils en prennent de temps à autre pour entretenir la propreté de la peau , et pour ouvrir les pores. Mais je conseille aux personnes dont l’estomac est paresseux , et qui ■vont rarement à la garde-robe , ou sont sujettes à des diarrhées où l’on remarque beaucoup de glaires^, de n’y rester qu’assez de temps pour se laver, et de n’en sortir que pour entrer dans un lit bassiné , où elles l'esteront au moins une heure, et de prendre en y entrant un verre d’une infusion stomachique, telle que celle de véronique mâle, de 4 cassis ou de petite sauge édulcorée, avec une xpiantité suffisante de sucre. Les bains du soir, lorsqu’on se couche en en sortant , produisent un effet toujours plus avantageux que ceux

sur les Glaires. iJ>i

pris dans le jour , à moins que l’atmosphère ne soit très-chaude.

L'usage des bains de vapeurs peut-il contribuer au rétablissement de la transpiration et convenir par conséquent dans les affections glaireuses ?

Lorsque l’estomac , le foie , ou quelqu’aulre viscère du bas-ventre est le siège de 1 humeur glaireuse, c’est à tort que l’on espère l’en débarrasser en recourant à des bains qui font suer abondamment ; quels que soient d’ailleurs les moyens que l’on emploie contre cette humeur , et la voie que l’on prenne pour la faire sortir du sang , on ne peut s’en rendre maître qu’autant qu’on l’attaque avecdouceur j il y a autant de danger à attirer sur la peau, que l’on peut par trop fatiguer, la matière dont elle est formée, qu’à Pévacuer par des drastiques ( purgatifs violens ) , car dans l’un et l’autre cas on la prive de l’humide dont elle a pxécisément le plus de besoin pour être divisée jusqu’à sa dernière molécule $ elle doit donc être dirigée avec autant de précaution-sur la péi’iférie que sur les intestins , que l’on peut aisément irriter , lorsque les

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moyens qu’on emploie pour les débarrasser sont trop actifs.

Deux ou trois sel’-es au plus chaque vingtquatre heures suffisent ; je me méfie d’un. , plus grand nombre , parce que je crains toujours que ce qui reste n’acquierre plus de solidité et que les engorgemens quelle forme ne deviennent squirrheux (1).

On me répondra peut-être que si je crains tant de dessécher cette humeur et de la rendre moins fluide , il suffit de faire boire davantage les malades, mais tous les estomacs, et surtout chez les personnes glaireuses , ne peuvent point supporter beaucoup de s liquide , il en est même qui sont si délicats que l’ont peut à peine en prescrire deux petites tasses en vingt-quatre heures ; d’ailleurs les glaireux étant le plus souvent forcés de boire chaud , on devrait craindre d’augmenter encore le relâchement des fibres de l’estomac.

(t) Tel est l’effet que produisent souvent les remèdes qui ont pour base l'aloes, 1a digrede, ou tout autre drastique dont l’action irritante est suffisamment démontrée par la provocation des hémorroïdes.

sur les Glaires.

L’usage des frictions ne peut-il pas contribuer au rétablissement de la transpiration \ et par conséquent à la reproduction de l’ humeur glaireuse ?

Les frictions sèches (i) faites sur la la peau , sont plus propres à en ouvrir les pores , à faciliter l’excrétion de la matière transpirable , et par conséquent à diminuer le volume des glaires : elles doivent se faire ou avec des linges ou avec des morceaux d’étoffes chauds; la flanelle est ce qui convient le mieux j il faut y répandre çà et 1k quelques gouttes d’eau de Cologne ou des Carmes : les frictions une fois achevées, et si elles se font sur une étendue peu considérable , il faut l’envelopper de la flanelle même qui a servi aux frictions , et que l’on n’ôte que le matin ; elles doivent être renouvellées tous les jours le plus de fois possible. Ainsi que je viens de le dire , rien n’est plus propre à rétablir la transpiration; mais pour que

(i) Outre les frictions sèches , les anciens en pratiquaient d’une espèce opposée , ils les appelaient humides parce qu’ils se servaient des huiles ou de linimens , qui ne conviennent point dans les maladies glaireuses.

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leur effet se soutienne , on doit se mettre en garde contre l’action répercussive d'une atmosphère trop froide.

Sans doute que lorsqu’une partie est affectée de rhumatisme , elle doit être frictionnée de préférence j dans le cas contraire, on doit toujours frictionner plus particulièrement les jambes et les pieds, non-seulement dans l’intention d’y ouvrir les pores, mais encore dans celle d’y exciter de la chaleur, et de produire une dérivation qui soulage les viscères du bas-ventre, toujours plus ou moins engorgés lorsqu’on a cessé de transpirer. Les anciens faisaient beaucoup de cas des frictions , et en faisaient une partie de la gymnastique ; ils savaient qu’ils accéléraient le mouvement du sang, et levaient les obstacles formés à la surface du corps par la matière de la sueur ou de la transpiration qui y stagnait.

De quelle utilité peuvent être les gilets de

laine dans les maladies formées par l'humeur glaireuse P

Les gilets de laine ont l’avantage inappréciable d’exercer sur la peau des frottemens

sur les Glaires.

légers et constans, qui tiennent pour ainsi dire les pores toujours ouverts et y excitent une chaleur douce qui y amène et en fait sortir peu à peu l’humeur delà transpiration : leur action ne porte jamais de trouble dans les humeurs , quoique quelques personnes dont l’épiderme est très- sensible , soient quelque temps h s’y habituer. Mais la futaine n’absorbe-t-elle pas beaucoup mieux que la flanelle l’humide dont la peau se couvre dans les grandes chaleurs , ou lorsqu’on se livre à quelque exercice violent? C’est une question que je propose; en attendant qu’elle soit résolue , je ne cesse point de donner la préférence à la première , surtout lorsqu’il s’agit de pièces à porter sur le devant de la poitrine, et que j’ordonne le plus souvent à ceux de mes malades qui ont la poitrine délicate. Je fais descendre jusqu’aux parties génitales ces pièces dont la largeur doit être de sept à huit pouces, afin de maintenir l’estomac et les intestins dans une chaleur continuelle , et qui sert non-seulement à y entretenir la transpiration, mais encore à faciliter les digestions et à préserver des coliques auxquelles quelques glaireux sont sujets.

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Quels lieux doivent habiter de préférence les personnes attaquées de maladies produites par les glaires.

Les endroits élevés sont ceux que doivent préférer les personnes qui sont attaquées de maladies causées par les glaires , parce qu’on y transpire toujours beaucoup plus , surtout dans les contrées méridionales , où. l’on se plaint beaucoup moins des effets de cette humeur que dans celles qui lui sont opposées ; par la même raison elles doivent autant que possible s’éloigner des endroits froids et humides et de ceux où régnent presque toujours desbrouillards; l’effet de ces brouillards se fait éprouver d’une manière bien sensible dans l’asthme humide , que peuvent aussi aggraver les promenades au serein.

Cet avis ne doit pas seulement intéresser les asthmatiques , mais encore les goutteux , ceux qui ont à se plaindre d’hémorroïdes, de ca- * tarrhe de la vessie et de rhumatismes , qui s’enrhument aisément du cerveau ou de la poitrine, ainsi que les femmes qui ont à redouter les effets d’uu lait dont la sécrétion a été imparfaite.

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