DE LA TOUX ET DE SES CAUSES
On distingue trois sortes de toux : la sèche, l’humide et la convulsive ; la convulsive atta-
(i) Une observation que j’ai souvent faite et qui est bien propre à décourager ces êtres vils qui préfèrent à un état utile et honorable , la triste célébrité qu'ils cherchent à acquérir aux dépens de la morale , c’est que leurs prosélites se trou veut presque tous parmi les individus dont les facultés mentales sont ailaiblies.
que le plus souvent les enfans , elle se déclare particulièrement dans une des maladies qui leur est propre , et qu’on nomme coqueluche ; ce qui prouve évidemment- que c’est une humeur gluante qui en est la cause, c’est que les remèdes adoucissans , tels que le sirop de guimauve , l’huile d’amande douce , ne conviennent nullement dans cette maladie , plutôt occasionnée , comme le remarquent judicieusement les auteurs du Dictionnaire de santé , par un vice de l’estomac, que par celui de la poitrine.
La toux convulsive existe quelquefois aussi dans l’asthme , et elle est encore plus vive dans celui qu’on nomme sec, que dans l’humide, parce qu’elle dépend ou de l’âcre , dont j’ai parlé , et qui irrite continuellement , ou de la très- grande difficulté qu’on éprouve à détacher les crachats , pour m’exprimer comme les asthmatiques eux-mêmes , et , en général * comme tous ceux, qui ont beaucoup de difficultés à expectorer. . > '
Les personnes dont la poitrine est délicate , sont sujettes à la toux, surtout lorsque les fonctions de la peau et celles de l’estomac se remplissent difficilement, et qu’elles
sur les Glaires, 145
s’enrliuraent par cela même avec une extrême facilité ; il faut donc qu’elles évitent la suppression de la sueur des pieds , par conséquent elles ne doivent point séjourner dans des lieux bas et aquatiques et passer brusquement d’un lieu chaud dans un lieu froid et humide ; elles doivent aussi renoncer entièrement aux substances qui contiennent des aigres , aux fruits cruds, et se conformer autant que possible au régime que je conseille aux personnes qui ont à se plaindre des effets des glaires.
t *^ e re pète , 1 acide ou î’àcre , qui est inséparable de l’humeur de la transpiration, agit constamment sur les bronches , et y fait affluer cette humeur qui sy fixe en se coagulant et forme un obstacle , souvent très-considérable , à l’entrée de l’air dans la poitrine, de même qu à sa sortie , et pour m’exprimer plus techniquement , à l’inspiration et à l’expiration ; celte gelée est d’autant plus difficile à expectorer qu’elle a perdu davantage de sou liquide; perte toujours moins grande chez les tempéramens pituiteux ou phlegmatiques et le sanguin , que chez le bilieux et le mélancolique; c’est pour cela que l’on doit consulter la constitution des personnes qui sont
tourmentées par la toux , avant de se décider sur le choix et la dose des substances que l’on juge propres à dissoudre les glaires. Comme dans le catarrhe de la vessie, les fleurs blanches et la gonorrhée bénigne , cette humeur peut être attirée sur les bronches par une gale mal détruite , des dartres répercutées , un vice vénérien dont il reste encore quelques traces, aussi ne doit-on espérer de guérir la toux qu’autant qu’on triomphera du vice qui fait affluer la matière transpirable sur les vaisseaux aériens , et la force à s’y fixer ; mais comme je l’ai déjà dit , le caractère de ce vice est bien difficile à saisir. C’est cette difficulté insurmontable qui est cause que l’on ne peut guérir la pulmonie , que l’asthme et la goutte résistent au traitement qui parait le mieuxdndiqué , ou ne se dissipent que pour un temps plus ou moins long.
Je traite depuis nombre d’années plusieurs personnes qui, malgré la faculté d’évacuer la glaire et dq fortifier la fibre qu’ont les remèdes dont je leur conseille l’usage, n’ont jamais pu obtenir que du soulagement, quoique chaque fois qu’ils y recourent ils rendent beaucoup de cette humeur.
sur les Glaires. 1 47
Cette résistance de certaines maladies chroniques doit faire désirer que l'on se livre sérieusement à la recherche des vices trèscachés qui leur donnent naissance et qui les entretiennent.
Voici un exemple d’asthme dont je n’ai pu découvrir la cause , et qui cependant a toujours paru céder 2i l’usage des anti-glaireux, si toutefois je dois qualifier ainsi l’état dans lequel se trouve la personne qui en est atteinte. Je crois devoir donner ici en entier la lettre quelle m’écrivit, il y a six ans; il y en avait quatorze qu elle se traitait en suivant ponctuellent les avis que je donne dans mon traité des glaires , où se trouve un chapitre sur l’asthme.
« Je suis d’une famille dans laquelle « l’asthme s’est particulièrement manifesté , « puisque ma mère en a été affectée pendant « vingt-deux ans , une tante pendant trente , « et qu’une cousine est née avec cette maladie « à laquelle elle a également succombé ; un « exemple si triste pour moi était de nature à « me faire craindre le même sort; j’en res- « sentis à 43 ans les premiers accès qui ont « toujours été accompagnés de lassitude, de
v fièvre , d’oppression , d’une toux on ne peut « plus fatigante et d’insomnie : plusieurs « médecins très - recommandables m’avaient « ordonné des remèdes qui ne faisaient que « glisser sur l’humeur glaireuse , dont ma poiv trine paraissait remplie, loin d’en éprou- « ver un mieux sensible , ma maladie faisait « chaque jour des progrès effrayans jles temps « pluvieux ou de brouillards rcnouvellaient * mes crises, mais m’étant convaincue par la « lecture de votre Traité des Glaiies que mon « mal était occasionné par cette humeur , ' «chez moi très-abondante, je l’ai attaquée « d’après les conseils que vous y donnez , j’ai « été d’abord deux ans sans m’en ressentir , ni « des accidens qui l’accompagnaient; je m’en « croyais tout à fait guérie lorsqu’une nou- « velle attaque, que j’attribue à l'impression « que me fit un événement désagréable pour « moi, m’obligea de me conduire de nouveau « d’après vos préceptes , que je mets de temps « à autre en pratique avec le même succès. Je « pense bien que je ne guérirai jamais radi- « calement , mais je me trouve trop heureuse r ‘ de pouvoir obtenir, chaque fois que je «retombe, un soulagement que vous seul
« avez pu me faire obtenir. »
sur les Glaires , 1^9
Cette femme , aujourd’hui âgée de 65 ans 3 et que j’ai encore vu il y a quelques mois , se porte aussi bien que peut lui permettre son état qu’elle continue d’améliorer en re prennent les mêmes remèdes quelques jours de suite.
Mais je le répète, peut-on qualifier d’asthma une maladie qui cesse de paraître d’abord pendant deux ans, et qui ensuite a des intervalles de six à huit mois. Quelle que soit 1* dénomination qui lui appartienne , elle offre un exemple frappant d'un vice dont la nature est aussi peu connue qu’il est incontestablement héréditaire,