‹ Nouveaux cahiers de jeunesse. 1846Chapitre 11 sur 37 · H faut évidemment lire : le politique · texte numérisé non relu

H faut évidemment lire : le politique

se tuer, et les nations de s'entre-déchirer, et cela non parce que c'est immoral, mais parce que cela ne serait pas tenable sans cela. — Au philosophe et au prêtre la morale, qu'on rend fort suspecte en en accordant l'apostolat au politique. On se figure alors que c'est une machine pour attraper les nigauds. — On voit donc que le politique est fort peu de chose, et que l'homme de la morale est tout.

Rien de plus ridicule que les niais quand ils veulent se monter au ton poétique. Ils ont ouï dire que ceci, cela est poésie, ou plutôt ils l'ont senti, car d'ordinaire ce l'est en effet, et alors ils vont singer cela, croyant que la poésie qui est dans la veine originale est aussi dans la singerie. Ainsi cet imbécile qui, la tête farcie de certaines idées, s'en allait sur les tours de Notre-Dame se battre les flancs pour méditer poétiquement et chanter sur Pjaris. Ces néo-catholiques surtout sont forts pour ces sottises. — Voilà de ces psychologies qui ne peuvent se peindre en langage abstrait et direct. Il faut les mettre en action ; une comédie sur ce sujet serait la bonne manière de peindre ce fait.

La missreprésentation des grands écrivains du siècle de Louis XIV a ses antécédents et son explication dans la missreprésentation bien plus impardonnable encore des ocriy^ains antérieurs, Quinault, les romanciers, etc., métamorphosant en galants les héros de Tantiquité, etc. (Cf. Boileau, DiaL des héros de romans, et M. Saint-Marc- Girardin, Leçon sur Quinault,)

Ce genre actuellement si en vogue d'histoire ou de critique littéraire est réellement fort moderne. Les premiers essais s'en trouvent en La Harpe, puis dans les critiques de la Restauration et de l'Empire, mais affaibli; M. Villemain lui a définitivement donné sa forme brillante. Il est réellement le créateur de cette manière brillante, mais superficielle, déparier de littérature, sans loi, ni règle, à tort et à travers, n'importe, pourvu qu'on parle de choses littéraires et qu'on en parle littérairement. C'est le caprice même.

Les chimistes et physiciens de bonne roche regardent la matière comme quelque chose de très substantiel, ferme; c'est quelque chose, cela, parce que c'est bien dur. Pauvres gens! voilà bien de ces idées claires qui, approfondies, apparaissent d'une incroyable superficialité. — J'incline, moi, à regarder la matière comme un fait permanent, et peut-être la substance aussi de môme.

Quand une question s'est quelque temps agitée dans certains termes, sans avoir été résolue décidément et sans avoir été admise au rang des résultats admis, il devient tout à coup de mauvais ton de l'agiter dans ces termes. C'est une sorte de lassitude qui s'empare, et il passe [jour convenu, on ne sait pourquoi, que ces termes sont usés, que cette manière de poser la question est fausse et mesquine, on traite d'arriérés ceux qui s'en occupent encore. Par exemple, pour le romantique et le classique, la question en est aux mêmes termes qu'il y a vingt-cinq ans, mais

maintenant il serait de mauvais goût de s'en occuper dans ces termes, et les intéressants, comme Saint-Marc-Girardin, etc., riraient bien sûr de ce ferrailleur du vieux temps. — Voilà encore un des moyens les plus fins pour se donner un bon ton : c'est, en survenant dans un débat, de se poser en supérieur aux deux partis, de les traiter en gens qui n'y entendent rien, et se battent en l'air, qui ont tous deux tort et raison, d'en faire des types de mauvais goût pour se faire type de bon .

On n'est nulle part si porté à généraliser que dans cet ordre de considérations morales. Un fait suffit pour qu'on l'érigé en loi. Au moins pour moi, j'opère ainsi. Ainsi, pour la loi que j'exprimais dans cette pensée, je n'ai qu'un exemple, celui du classique et du romantique, mais cela me suffit : car je jurerais que cela se reproduit en tous les cas, vu que je sens que cela tient aux lois générales. Ici on sait la loi générale, car on la trouve en soi, le cas particulier y fait penser, non la tirer par induction. Il nous fait penser à ce que nous portons en nous. Voilà ce qui fait que les études des moralistes ne doivent pas être conduites par l'induction psychologique. Ici la loi est en nous, le tout

c'est de la voir, et pour la voir, un seul fait-occasion suffit.

Rien de plus sot que ces préceptes absolus de poétique ou de littérature, qui ne sont que des limitations. Ainsi, par exemple, on dit qu'un caractère tout beau, sans ombre de passion, comme Jésus-Christ par exemple, n'est pas poétique, ne peut être sujet d'épopée. C'est absurde. Je conçois l'épopée de la perfection même. Savez vous d'où nous sont venues ces r^les ? C'est que dans la plupart des épopées, dans Homère surtout, les héros en effet ont été mélangés. Alors on érige cela en loi. Mais dites donc que c'est là une espèce d'épopée^ mais qu'il y en a mille autres, qui peuvent être conçues sur un système tout différent. Voilà bien cette misérable idée des littératures réfléchies et de seconde formation, c'est de s'imaginer que les prédécesseurs font loi, qu'on ne peut faire autrement qu'ils ont fait, qu'ils ont tracé des limites aux genres, etc. Et, mon Dieu ! que de genres encore à naître, et que de combinaisons des genres existants I Les sots rhéteurs nous viennent dire : L'ode ne veut pas

cela, donc c'est une faute : L'épître en vers veut une lacune qui ne soit pas trop élevée; donc c'est une faute d'y déployer les ailes. Pauvres sotsi Mais ma pièce ne sera pas une ode, une épître en vers si vous voulez, ce sera quelque chose de nouveau, voilà tout. Si les Grecs et les Ilomaim avaient eu Vidée de faire quelque chose de senMable^ on en eût (ait une catégorie et voilà qui eût été fini. Mais ils ne l'ont pas fait, c'est péché. — Xon, il ne fout pas admettre de limites en littérature. C'est l'esprit s'exerçant dans toute son étendue, dans les seules limites du beau, qui ne sont pas des limites.

La prépondérance décidée qu'a aujourd'hui acquise la méthode historique en littérature, témoigne très sensiblement combien la méthode pré^^epUve qu'on usitait autrefois est morte et antiquata. Ainsi nul aujourd'hui n'aurait lecotirage de faire un cours de préceptes. Tous se précipitent dans l'historique, et pour les ouvrages aussi. C'est que cela est critique^ et de fait, c'est plus avancé.

On s'abuse de propos délibéré sur la certitude des vérités morales. Car, d'une part, tout penseur interrogé répond : Elles sont aussi certaines que les mathématiques. Et pourtant on craint y et on l'avoue, et qu'est-ce que craindre, sinon douter? It y a diverses espèces de certitudes. C'est absurde. — Oui, par rapport au motif; mais le fait au fond est toujours le même. Il n'y a pas deux manières d'être certain.

Décidément je crois que j'ai dépassé le simple point de vue des sciences expérimentales^ restreintes à leur manière et à leur positivisme, lequel pourtant me charmait tant autrefois, et me satisfaisait complètement. Je ne le trouve plus assez beau,

Les physiciens sont curieux avec leur manière dédaigneuse de croire qu'eux seuls ont le bon esprit du vrai. N'y a-t-il pas autant de vrai dans la poésie et le transport de l'âme?

Il est remarquable que presque toutes les questions philosophiques peuvent être considérées comme embrassant et résumant en elles, au moins par conséquence, toute la philosophie. Le problème de la substance, par exemple (qu'est-ce?), qui maintenant me préoccupe, est tout en vérité. Dieu, l'âme, le monde, etc., tout est en lui.

11 n'y a qu'un point sur lequel je suis rebelle à l'induction et à l'indifférence scientiflque. C'est sur le point de la valeur de la philosophie et de l'exercice intellectuel. Je suis obligé pour me contenter et avoir paix de moi-môme de me dire que tout, absolument tout est là, et que cela seul a du prix. Oui, si je donnais une valeur directe à l'industrie, par exemple, je me trouverais dans une assiette de vie insupportable, tout mon système serait ébranlé. 11 faut que je me déclare que tout cela est vanité. Le fait est que je le crois. Je ne puis réellement trouver en tout cela aucun prix direct, si ce n'est en tant que cela

sert au philosophe à mieux philosopher. Il faut avouer que mon système paraîtrait un portentum aux industriels. Mais eux à leur tour me paraissent un portentum. Mon Dieu f se pourrait-il que nous fussions deux mondes fermés l'un pour l'autre, ayant raison tous deux, mais partiellement? Je ne puis le croire, et je jure que moi seul je tiens le solide. Mais au fait, je dirais la même chose, quand ce que je disais tout à l'heure serait. C'est fâcheux. Je voudrais avoir un garant extérieur. — Je suis comme M. Le Hir déclarant que son monde surnaturel seul vaut quelque chose. Pardieu I il a raison : c'est ainsi qu'il faut dire. Et puis, il faut que chacun absolutise ainsi sa théorie de bonheur. Bon gré, mal gré il faut qu'il en soit ainsi.

Principe d'unicité, dans le système de Leibnitz. Centre d'agglomération de monades. C'est exactement ce que je concevais. Mais est-ce une autre monade? Alors elle est localisée. N'en est-ce pas une? Alors une substance nait de substances, (V. alibi et m meo cap.)

Il y a actuellement dans la grande salle de la Sorbonne un congrès agricole; grand fora*, le grand amphithéâtre regorge. Et la salle de philosophie compte quatre à cinq auditeurs. Oh Dieu I se peut-il? Ahl si c'était religion, on se remuerait plus, au moins : merveilleuse puissance des noms. Décidément il faut que la philosophie se fasse religion pour remplir sa fin ; car le vulgaire est décidé à ne la prendre que sous cette forme-là.

Ifi.

L'hypothèse du flambeau de saint Augustin pour expliquer Vorigine de Vâme^ est très naïve et très nettement caractérisée. Jamais on n'a mieux trahi l'embarras où l'on est pour expliquer le commencement dCêtre d'une substance. Le bon saint en fait un fait, ce qui est bien plus commode;

1. Le texte manuscrit porte fora ou fara, qui ne figurent pas au dictionnaire. Dans le patois du Midi, forai ou forail est la place du marché, Tendroit où Ton vend des bestiaux, du latin forum. Peut-être faut-il Yoir ici un mot breton ou forgé par Renan, conformément à son habitude de créer les noms dont il a besoin.

car il n'imagine pas, j'espère, que c'est la substance du père qui lui passe un peu du sien, pas plus que le flambeau source ne donne de sa flamme au flambeau qu'on y allume. C'est donc le simple fait d'un... [inachevé].

Il y a deux sortes de pbilosophies : 1® Les objectives, sortant franchement de l'âme, et discourant scientifiquement du monde et des choses, Leibnitz par exemple ; 2® Les subjectives, ne sortant pas d'elles-mêmes : crilicisme de Kant. Elles ne peuvent se décider à franchir le seuil. Les autres, plus hardies, courent et discourent.

Il y a des caractères qui sont des mélanges bizarres de vérité et d'afleclation, d'orgueil, de vanité même, d'égoïsme et d'enthousiasme désintéressé. Dieu seul a la clef de ces âmes-là.

J.-J. Rousseau. Moi-même je suis faux quelquefois, et je songe au BoxeTv. Et pourtant aussi j'ai un grand fonds de vrai.

C'est fort singulier ; Thomme de lettres n'a pas les lettres pour objet; ainsi l'archéologue, le linguiste, etc. Supposent'ils donc que ces choses ont plus de valeur dans Vêtre connu que dans Vêire ? Et s'ils supposent que l'être en a plus, comment peuvent-ils vivre dans leur système? Le penseur même n'est-il pas lettré en ce sens? M. Lamennais, par exemple? Il n'y aurait en ce sens que les critiques et historiens littéraires qui seraient proprement lettrés. Le bibliophile ne s'arrange pas de cela. Mon Dieu ! je sens le nœud de tout cela. Mais je n'ai pas le temps de le dire.

Il n'y a qu'un fil qui tient les hommes liés. Voilà ces soldats qui font l'exercice au soleil et à la poussière, qui meurent d'ennui : qu'est-ce donc qui les tient là, puisqu'à eux est le nombre? Et dans la société où tous s'ennuient réciproquement, pourquoi n'est-on pas franc une bonne fois l'un avec l'autre?

Éviter bien de donner à la science un air de monopole de corps, quelque chose qui n*a de sens et de prix que pour une classe d'hommes, qui s*en nourrissent entre eux. Non : c'est la fin et le but posé à toute Thumanité: seulement acddentdlement^ tous n'y peuvent atteindre.

Très bon.

Voici une loi qui me semble très générale en politique, et qui explique une foule de faits, et qui est liée à toute la vraie théorie historique du progrès. — Les beaux rôles sont les rôles d'opposition: car quand un état est constitué, comme la Restauration par exemple, en vertu de la perfectibilité, on aspire à mieux, et les hommes les plus avancés se mettent en opposition. Us réussissent, le vieux système est renversé. Alors de trois choses l'une, ou ces hommes qui ont renversé l'ancien ordre devenu odieux, meurent à ce moment. Ceux-là sont les bienheureux pour

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la gloire ; car ils ont tout le mérite de la destruction de l'ancien système, et ils n'ont pas l'odieux (|ui bientôt s'attachera au nouveau. Car en vertu de la perfectibilité, celui-ci ne satisfait pas plus que le premier ; 2® D'autres entrent en plein dans le système qu'ils ont cherché à établir; ils s'y attachent, en profitent et participent à tout l'odieux qui bientôt rejaillira sur ce nouveau système. Ils sont comme ceux qui ont fait faire un pas à la philosophie, mais qui, croyant avoir atteint l'absolu par œ pas, ne veulent plus en bouger, et sont bientôt dépassés. Tout homme ne peut guère faire qu'un pas dans sa vie au delà du pairU où U a pris les choses humaines. Il lui a fallu en faire plusieurs pour en arriver à ce jioint; mais, partant de là, il n'en fera qu'un, là il se posera en borne, et les nouveaux venus le pousseront rudement, sans pouvoir le faire avancer; 3** D'autres, après avoir renversé le vieux système, ne renoncent pas au rôle brillant d'opposition. Us préfèrent l'opinion à la fortune, et agissent contre le nouveau système qui, quoique plus avancé que l'ancien, est bientôt pourtant en retard. Les systèmes de choses en effet ne forment pas une marche continue, et Thumanité au contraire marche d'une marche continue.

La ligne de A en B représente la marche conli- ^ g, ç^, ^. g nue de l'humanilé. Les

[/MX[/[ 1 I I points a, 6, c, d, les di-

^ ^ ^ ^^ ^ f 9 vers systèmes de gouver-

nement. De A en B', Thumanité ou une portion de rhumanité sera régie par la forme a, de B' en C, par la forme 6, etc. On voit donc que l'humanité toujours est en avant de sa forme. Unis en a:, au delà de A, point correspondant de a, ce n'est qu'au point indivisible A que le système a suffi. Le lendemain (Tune révolution, il en faut une autre^ on en demande une autre. Ce sont comme les quantités continues et discontinues en mathématiques. — Voilà pourquoi toute forme actuelle est vieille, rétrograde, pourquoi le type conservateur, le juste milieu, est regardé comme perruque, de mauvais goût. Le stable exaspère, car l'humanité n'est pas stable. Oh I que je vois cela fortement! Aussi les hommes d'opposition sont toujours favorablement jugés. Tous les partis font bénévolement cause commune avec eux. Et les superficiels qui n'ont pas de raison pour faire opposition en font tout de même pour cela. C'est d'une manière analogue qu'il faut expliquer la nécessité de temps en temps des révolutions dans les gouvernements. — Car les gouvernements

n'ont pas la même flexibilité que Thumanité, ils ne peuvent correspondre toujours à sa marche, au bout d*un certain temps, il faut rompre. D'abord ils étaient l'expression du besoin actuel, le lendemain [ils] cessent de l'être. — (Cf. de Barante, Littér. du xnif siècle. Versus initium.) Il exprime cela mer\'eilleusement : « Le cours de

cet astre amène, etc » jusqu'à : « Nous avons

été témoins ».

Observations pour compléter celles que j'ai faites ailleurs^ sur la tendance de Mahomet à tout adoucir, pour faciliter les abords. C'est, par exemple, le soin qu'il prend, à chaque prescription qui pourrait révolter, de prémettre- Jjj^ jsi U iî'l^ sauf

% Ce mot, diflicile à lire dans le manuscrit, ne figure pas au Dictionnaire de rAcadémie. il y faut vuir, conformément à riiabilude qu'avait Renan de forger les mots dont il avait besoin, la francisation du latin prœmitterc = placer devant, dire avant. Beden ixyratàsschicken.

3. Citation textuelle du Coran, relative au mariage illicite : excepté ou si ce n'est l'événement accompli. Cf. Cor., IV, 26 : « N'épousez pas les femmes qui ont été les épouses de vos pères; c'est une turpitude... toutefois laisses subsister ce qui est déjà

le passé. II semble craindre de blesser. Il ajoute toujours un correctif à côté d'une loi un peu dure, et s'applique immédiatement à détruire un scrupule possible. Dieu est clément et miséricordieux, en un mot, partout un ton de morale relâché. Jésus, au contraire, serre partout. Il ne dilate que Tâme, le sentiment; or, celui-là n'est pas en Mahomet. Il n'est pas dominé par un sentiment moral, mais par une pensée forte, un tour d'esprit et d'âme énergique, et un ton de poésie brûlant vers la fin.

Les philosophes se trompent grossièrement en prétendant que l'homme est d'abord tout renfermé dans le moi, et que ce n'est que par la suite qu'il sort hors de lui. Buffon, par exemple, en son morceau du premier homme racontant ses premières impressions. — Non sûrement; il paraît bien au contraire que l'homme était tout hors de lui, tout répandu sur la nature, se pos-

accompli », et Cor., IV, 27 : « Il vous est interdit d'épouser vos mères, vos filles... Si le fait est aooompUf Dieu sera indulgent et miséricordieux. » Le même verbe iolafa se rencontre encore, avec le même sens, dans Coran, VIII, 39 : « Dis aux infidèles que, s'ils mettent fin à leur impiété. Dieu leur pardonnera le passé. »

sédant à peine lui-même, n'étant pas encore entré en possession de son moi. Le sauvage est tout hors de lui. L'enfant aussi ; le moi n'est pas l'état primitif comme le voudrait la symétrie des systèmes : le fait est là : c'est bizarre, mais il en est ainsi.

Le celto- breton renferme une foule de mots qui ne sont que du vieux français, par exemple, Ler^ voleur, se trouve sous cette forme dans le Roinan de la Rose. De là est venu larron qui s'y trouve aussi. — Guennek = Blanc, six blancs (pièce de monnaie), et une foule d'autres qui font ressembler cette langue à du français qui n'aurait pas changé. Mais cela seulement pour certains mots.

Oh ! Dieu ! que mon imagination est frappée de ce trait des temps primitifs, de peu tenir à sa vie et à celle des autres, de jouer la vie et sa mort pour un rien, un mot, une énigme, par exemple. Voyez l'Edda, le combat d'Odin et du

géant, — le combat poétique de la Wartbourg, — le pauvre Henri dans M. de Montalembert, et plusieurs autres traits encore de sa sainte Elisabeth. — A peine se sent-on séparé du tout par la réflexion individuelle. Ce n'est que plus tard qu'on se centralise en soi, et qu'on se trouve important à soi-même. On prend la mort vaguement. Couleur des fragments chaldéens de DanieP, tout à fait à ce ton : histoires arabes et persanes idem. Mais surtout la Wartbourg. Le landgrave au haut de l'estrade, le minnesinger au milieu, 1 2^^3 "^ bourreau avec sa hache au bas, et cela pour (les énigmes, etc.

Réflexions sur les lois bourguignonnes et ripuaires. Peu de cas qu'elles faisaient de la mort.

y. — Dureté de notre ancienne législation. Manière indifférente de faire et de voir une exécution, (Cf, par exemple, M. de Pourceaugnac, de Molière, acte III, scènes il et m, Cf, Villemain, xviii^ siècle, /" partie, ^ volume, p, 82, /^ leçon bis,)

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