‹ Nouveaux cahiers de jeunesse. 1846Chapitre 5 sur 37 · Eusêbc, Constant. S. C, ch. xix-xx · texte numérisé non relu

Eusêbc, Constant. S. C, ch. xix-xx

tantin un discours sur ce sujet au concile de Nicée. Sorte de culte religieux qu'a toujours conservé Virgile. Ces traditions sont d'origine italienne, et môme napolitaine. Foule de traditions locales encore aujourd'hui. Ils montrent la grotte de Virgile, de petits rochers en cercle, ce sont les sièges des élèves, [l'un] un peu plus élevé, c'est celui de Virgile. Au moyen âge, on voulut plusieurs fois faire lu levée du corps^ comme pour un saint, mais toute la côte trembla ; il paraît qu'en effet, vers cette époque, il y eut plusieurs commotions sur la côte, fait important pour l'histoire géologique du pays. Jardin enchanté par Virgile, et où il fallait marcher avec précaution, de peur de se laisser prendre au charme. Bains près de Pouzzoles, où chacun des jets guérissait une maladie, qu'il fit sortir d'un coup de baguette. Au-dessus de chaque jet se trouvait écrit le nom de la maladie. Mais l'école de Salerne par jalousie les fit effacer. Rapports avec saint Paul mis en prose latine. Miracula Virgiliiy ouvrage rare.

Il est parlé en ces légendes d'un jardin qui avait un mur d'air, lequel pourtant n'était pas transparent. C'est évidemment le nuage d'Enée. Il est facile ainsi de retrouver trait pour trait les traits de la légende dans ses poèmes. La légende

le fait consul à Rome et gouverneur de la Campanie, comme le peuple d'Italie s'obstine encore à dire qu'Horace fut un simple marchand de vin chez eux. Comment ces fables vont toujours grandissant. Précautions qu'il faut prendre avant de déclarer un manuscrit autographe. Belges qui prétendent avoir celui de Sigebert de Gemblours, non, suivant M. Le Clerc. Qu'en bibliographie, il ne faut mettre en italiques que les titres en langue étrangère.

Époque du commencement des idées de Virgile, considéré comme magicien, le xi« ou xii* siècle. M. Le Clerc pense qu'on pourrait remonter plus haut, quoiqu'il n'ait rien. — Au xiii® siècle, sont courantes ; l'expédition de Charles Vlll en Italie leur donne recrudescence. Jean de Mehun = Joannes llagdunensis, Mehun = Magdunum. Un autre seulement Meunius, mais c'est bai'bare. Ouvrage de Naudé, Apoloffie des grands hommes accusés de magie^ Note ± vingt |>ages intéressantes sur Virgile. Ne s'appuyer sur ces anciens auteurs que sauf à les reviser.

/. — BoUamlistes le pretentlent [reconnaître] en vie d^un saint qui fut abbé de Monte-Virgilio.

L'abbé Bouget et aussi Martin Franc qui l'a sou tant.

2, — Cet examen a nmuvaise couleur. Triste, peu nourri, goût peu délicat, sens ni lettré, ni scientifique.

19 bis,

Iktarième thèse. Histoire dea ixia*s maudites de France et d'Esija^ne.

Ancienne manière des anciens d'écrire l'histoire, recherches personnelles, enquête faite par soi, et non compilation (bonne remarque de M. Guizot). Il raconte ses aventures personnelles avec une impayable naïveté.

Gagots des Pyrénées. Recherches personnelles, informations sur les lieux. Ariens d'origine. Passage de Grégoire de Tours sur un roi de Galice : il était arien et pour <'ela plus lépreux que les autres. Toujours confusion de ces deux lèpres. Ces races séquestrées s'emparèrent du monopole de certains métiers, et par là devinrent les plus riches, et exclurent les autres. Des recherches sur ce point naîtront des lumières pour Torigine du co77ipagiwnage. Ce nom de races maudites se retrouve dans les actes officiels. Bénitier à part dans l'église, porte à part. Exclus encore des fonctions de marguilliers, de maires. Un maire choisi dernièrement parmi eux : sorte de révolte, obligé de le destituer. Malédiction religieuse, origine de la civile, et même de la physique. En effet, ces races,

acculées dans des endroits malsains, contractent des maladies, engorgements de la lymphe, etc., et comme ils ne se marient qu'entre eux, ces maladies se perpétuent. De là les goitreux (a guUure).

Ces races nommées chrestia dans les Pyrénées. C'est le mot crétin du Jura. Étymologie : chrétien [crêtiis^ masculin de Christine]. M. Le Clerc veut que ce soit de cristatus^ parce qu'ils portaient un morceau d'étoffe rouge à l'épaule. Étymologie vivement combattue par M. Le Clerc et M. Guigniaut. M. Guigniaut fait observer que plusieurs familles de Franche-Comté portent ce nom. Cette coïncidence est remarquable et semble dire que de propre devenu appellatif. M. Guigniaut fait observer la fausseté de toutes les anciennes étymologies, surtout populaires ; depuis la Bible, pleine de faux jeux étymologiques. Haines de races. Castes des Indes se retrouvent chez nous. Parias des Indes ne sont qu'une branche des races proscrites.

Plusieurs races superposées et souvent les dernières venues se fondent. Cagots se rattachent aux Cacoux, Cagneux, Cacaux de Bretagne.

(M. Cacault qui joua si grand rôle dans les affaires de Rome et rendit tant de services à la Bretagne.) Noms propres tirés souvent d'en ormi tés gros-

sières. Race du bas Poitou, analogue (se retrouverait, selon M. Michel, dans les moissonneurs errants de la Pierrache qui vont à l'époque des moissons, sous prétexte de travailler, piller les campagnes, comme les paysans d'Italie à cette époque vont rançonner et chercher de quoi vivre pour le reste [de l'année]. M. Le Clerc se moque beaucoup de cette idée. Ce sont tout bonnement des paysans qui vont se louer pour le travail et peuvent bien commettre quelque dégât. Des témoignages nombreux confirment M. Le Clerc à la fin de la séance. Vie errante, couchent sous leurs charrettes en troupe, lâchent leurs chevaux en prairies sous la conduite de l'un d'eux et le reste dort. Pierrachien est bien une injure dans le pays, mais par la mauvaise consonance finale du mot, comme Autrichien chez le gamin de Paris

; 1. et d'ailleurs. Crétins, de Palcj, pays de M. Guigniaut, familles séparées, aux environs de Lyon. Sorte de cercle embrassant toute la France. A Lyon, aversion de la population pour les gens du Midi : ne se regardent pas comme du Midi. Le peuple regarde comme injure d'être appelé un Provençau

! 2. (finale remarquable; Cf. quœ dixit Gerusez, notes). A mesure qu'on descend ainsi, on trouve hostilité de village à village et presque de famille à famille.

Quand on demande Cagots dans le Midi, ils Note 3. renvoient toujours au village voisin (Cf. en Bretagne, quœ scis). Vieux mots celtiques conservés dans le patois du pays de M. Guigniaut. Cités à M. Amédée Thierry, le frappèrent beaucoup.

Le mot cagot est assez moderne dans le sens qu'on lui donne. Auparavant, c'était papdard. Ott, comte et non duc (ou réciproquement) de Gueldre, demanda à un de ses envoyés en France un portrait de saint Louis, tel qu'il était. « Vidi iUum papelardum regem (je le vis, ce roi papelard), agenouillé devant un religieux et le cou courbé » : en même temps, il voulait imiter le roi et la légende dit qu'il garda toujours le torticolis. Le peuple était fort mécontent de la protection que saint Louis accordait aux Dominicains et aux Franciscains, on l'appelait comme eux le roi papelard. Nombreuses recherches de M. Le Clerc sur ce point, pour compléter l'article de Ducange, habere lardum. Les étymologistes anciens grossiers, Abélard = Aboyer (après le) lard, Collebertus (couillard, nom d'esclave, de valet de comédie), d'où Colbert : Ménage, ayant donné cette étymologie en [ses] étymologies françaises, vit sa pension rayée et Colbert ne lui pardonna jamais. Nous l'y lisons encore. Ménage le retrancha.

MA YIE 'M

Ailleurs: Colberlus nomen servi e^t. — Peut-être allusion à cela dans les satires sanglantes que l'on fit contre Colbert et où il est toujours appelé esclave. Bigot vient de Wisigoth; au Midi, on appelle les gens ridicules Goth, Bisiijoih et Asiro- (joth. Ordinairement ces noms ridicules sont des noms de personnages excommuniés ou hérétiques. Peut-être aussi dans le ]Vord, le mot aurait-il une autre origine normande, beigaud, et les deux coïncideraient-elles? Cela n'est pas sans exemple en ces étymologies populaires. — Au moyen âge, on se faisait un mérite de souffleter un Juif; avant de partir pour la Croisade, on les exterminait. M. Francisque Michel, éditeur du meilleur texte du poème de Roncevaux. M. Monier, thèse à la Faculté sur ce sujet. IJeaulé de ces races des Pyrénées, yeux bleus plus grands que Catalans.

/. — Bohe'miais, que Von retrouve partout, mcme en Afrique.

2. — Ia's Caf/ots n 'ont pas (te Innyiie à part : ceux qui se trouvent sur les provinces f)asques parlent basque et ainsi de suite, ce qui prouve, seton moi. qu^ils ne sont pas une race ii part, mais une classe maudite, comme les Cagneux de Bretagne ne sont pas une race, mais une classe de métiers, comme les cordiers, etc. fï'/*. de /tis, Chevalier^ E. Souvestre. etc.).

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