A MES AMIS
D'ailleurs ma route est nettement tracée - Ce que je veux, je sais le bien vouloir, Mais mon esprit ne suit qu'une pensée, Mon cœur étroit ne porte qu'un espoir.
Et si j'étais de ceux que l'on écoute On bouclerait trop tôt son ceinturon.
Jamais soldat n'a prévu la déroute!
Je ne suis, moi. qu'un sonneur de clairon.
J'en sais qui croient que la haine s apaise : Mais non! l'oubli n'entre pas dans nos cœurs! Trop de sol manque à la terre française, Les conquérants ont été trop vainqueurs I L'honneur, le rang, on a tout à reprendre.. Par quels moyens? D'autres vous le diront. Moi, c'est l'ardeur que j'e voudrais nous rendre. Je ne suis, moi, qu'un sonneur de clairon.
Je vis les yeux Oxés sur la frontière
Et, front baissé, comme un bœuf au labour,
Je vais, rêvant à notre France entière,
Des murs de Me»T au clocher de Strasbourg
6 CBANTS DU SOLDAT.
Depuis dix ans j'ai commence ce rêve,
Tout le traverse et rien ne l'interrompt,
Dieu veuille un jour qu'un grand Français l'achève I
Je ne suis, moi. qu'un sonneur de clairon.
A AiriOMSB DB NBDYILL!
Oui, VOUS avez raison, mais plus tard, rieii ne presse — Dit le jeune homme au cœur encor mal aguerri^ - Laissez-moi voir la vie et goûter ma jeunesse, Nous en reparlerons lorsque j'aurai mûri.
Je suis pour les mots courts et pour les phrases brèves Dit l'homme fait, sachons nous recueillir tout bas
A quoi sert-il d'aller ébniiter nDs rêves, Nous 63 reparlerons au matin des conabats.
Hélas, dit le vieillard, l'heure n'approche guère, Les chemins du retour sont loin d'être aplanis ; Vivons d'abord en paix, avant d'entrer en guerre Nous en reparlerons quand nous serons unis.
Et les conquis lassés de leur persévérance, Cherchant déjà les raots par le vainqueur exclus : K 0 Franr-ais, oublieux de dix ans de souffrance. Vous en reparlerez quand nous n'entendrons plus. »