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C'est pourquoi partageant son sort, Le monde mourrait de sa mort.
Lui qui vit de son existence, Gloire à la France 1
Et c'est pourquoi, nous ses enfants Soit terrassés, soit triomphants, Nous gardons tous cette espérance:
Gloire à la France!
France, veux-tu mon sang? il est à toi, ma France I S'il te faut ma souffrance.
Souffrir sera ma loi .
S'il te faut ma mort, mort à moi 1 Et vive toi.
Ma France 1
STANCES
STANCES
lU SERGENT HOFP
Aorès dix ans d'efforts et de persévérance, Un semblant de fierté nous revenait aux cœurs, Et nous voulions. Français qui nous croyions en France Autour d'un vieux soldat rallier l'espérance, Quand ce cri fut jeté : a Prenez garde aux vainqueursl
Oui, jeunesse, prends garde à ton sang qui s'anime, Prends garde àces élans dont ton grand cœur est plein;
Cache de ta douleur jusqu'au mol qui l'exprime, Dis-toi que le nom seul de l'Alsace est un crinie, Dont Paris ne doit plus méconlenler Berlin.
Soyons prudents ! Soyons muets 1 Soyons esclaves l D'espoir, n'en ayons pas; d'orgueil, n'en ayons plus! Et que, si quelques fous honteux de tant d'entra\es Disent que cependant nos régiments sont braves, On les bâillonne avec nos drapeaux superQus l
Ah 1 ce langage-là, ces rappels à la crainte, Voilà dix ans pourtant qu'ils froissent mon Pays; Dix ans que nous marchons front bas et gloire éteinte, Ces étrangers ont donc tué la haine sainte ! C'est donc aussi nos cœurs qu'ils auront envahis?
Notre honneur n'est donc pas libéré d'épouvan**^? On n'en finit donc pas de payer sa rançon? Quel est cet État libre où la France est servante. Et qui sont ces gardiens dont la main énervante Fait d'un peuple affranchi cet esclave en prison ?
Est-il pire tristesse, et pire dépendance ? Ni pleurer dos martyrs, ni fêler nos héros i
STANCES. 35
Ne pouvoir plus parler d'honneur qu'en confidence!...
Oh I ces sages à qui, dans leur pâle prudence,
Les sabres allemands font peur même aux fourreaux I
Alors pourquoi changer la Patrie en caserne? A quoi bon ces clairons, ces armes, ces soldats ? Où donc en sommes-nous ? Et qui donc nous gouverne Qu'à peine relevés de terre on nous prosterne, Et qu'on fasse de nous des vaincus sans combats ?
Certes, mon cri n'est pas contre la République ; La faute, je le sais, n'en est pas à ses lois, L'effort, elle Ta fait ; la route, elle l'indique ; Mais, follement remplis de sagesse panique, Ceux qui parlent pour elle ont trop baissé la vuix.
Ils ne savent donc pas, ces ajusteurs de phrase, Quel misérable effet leurs terreurs font sur nous? Qu'à si bien comprimer les cœurs on les écrase; Que la valeur s'abat, que la fierté se blase, Quand on tient si longtemps les haines à genouxl
0 ma Franc*! l'Europe est là qui te regarde,
Et dans l'Europe et près, tout près de nous, héla»-
86 cJHANTS DD SOLDAT.
De pauvres exilés guettent ton avant-garde,
Et ceux-là qui naguère ont porté ta cocarde,
Des sergents prussiens 'eur mettent l'arme au bras
Ah ! ces Français qu on t'a volés, que vont-ils croireT Comment vont-ils nommer ton horreur du danger'( Désertes-tu l'honneur? Abdiques-tu la gloire î Et ne cherches-tu plus d'autre rang dans l'histoire, Que celui que veut bien t'y laisser l'Étranger?...
Allons, allons ! debout 1 Haut les cœurs, haut les âmes, Rejette sans déû le joug trop supporté. Mérite, peuple libr^, un nom que tu réclames; El si la gloire un jour doit rallumer ses flammes, Sunge qu'elle a besoin du feu de ta fierté.
vu
MURCIB