‹ Nouveaux chants du soldatChapitre 23 sur 52 · MADAME K Œ C H L I K - S C H 17 A B T C · texte numérisé non relu

MADAME K Œ C H L I K - S C H 17 A B T C

Lorsqu'aprcshull longs mois d'une guerreincessante, La France dut signer celte paix écrasante, Dont l'ennemi haineux redoublait les rigueurs ; Lorsqu'après tant de sang perdu dans les batailles, Il lui fallut encore, déchirant ses entrailles, Livrer du sang français aux étrangers vainqueurs.

58 CUAMS DU SOLDAT.

Lorsqu'elle eut tout subi : revers, rançon, conquête Qu'elle resta sanglante, immobile et muette, Pleurant sur ses traités honteusement conclus, L'Europe alors plaignit la pauvre moribonde. Et ce cri retentit aux quatre coins du monde - C'en est fait de la France, et son peuple n'est plusl

Oui, l'Europe l'a dit, l'Europe a pu le croire, Et combien de pays ont sombré dans l'histoire Par de moindres fléaux, moins longtemps assaillie Combien même ont laissé par de plus courts oragea Déraciner leur force et briser leurs courages Que dix siècles de gloire avaient enorgueillis I

Mais nous. — C'est l'éternel honneur de notre race Que chanceLinte ncore du coup qui la terrasse

LES DÉVOUEMENTS. î>9

Elle cherche aussitôt la route où se venger, - Nous nous avons séché nos pleurs par notre haine Et Oxant nos regards sur la chance lointaine Nous n'en avons rien dit sans cesser d'y songer.

Alors pendant dix ans d'un silence sans larmes, Ce peuple désarmé se forgea d'autres armes, Sans peur, mais sans défl, sans bruit mais sans repos, Si bien qu'un jour — ô jour d'allégresse et de fête ! La France était debout, l'Armée était refaite Et la Patrie avait ressaisi ses drapeaux.

Certes l'effort fut grand et la vaillance extrême. Mais, cher Pays français, c'est que c'est toi qu'on aime l C'est qu'on te trouve beau, c'est qu'on te rêve grand 1 C'est qu'on a la fierté du sol héréditaire Et que notre âme même est rivée à ta terre, Fier pays de vaincus qui n'a pas d'émigranti

Aussi, c'était trop peu pour toi. terre bénie, Que même au lendemain d'une longue agonie Tes hommes aient pour toi fait leur devoir virii ; Voici que maintenant les femmes de la France Se lèvent réclamant, superbes d'espérance, Leur part de sacriQce et leur droit au péril.

Voici, que s'enrôlant. nombreuses volontaires, Elles suivront aussi nos drapeaux dans nos guerres, Où leurs combats seront de combattre la mort; Voici qu'elles sont là debout, l'âme aguerrie, Invoquant dans leur cœur le Dieu de la Patrie Et comprenant déjà qu'il faut lutter encor.

Ah ! femmes ! ce courage est grand, il est sublime, Et devant le transport de foi qui vous anime

LBSDÈVOUBMENTS. 6l

Les plus vaillants de nous n'ont qu'à baisser le Iront, Ah ! quand nous vous aurons pour compagnes de gloire. C'en sera bientôt fait d'arracher la victoire Et que de prompts saints nos blessés vous devront.

Oui, mères, flUes, sœurs, épouses, flancées, Accourez, accourez en phalanges pressées, Jamais plus noble espoir ne nous encouragea, Jamais élan plus fier ne chassa nos alarmes : Oh I sœurs de charité de la Patrie en armes Si vous saviez quel bien vous lui faites déjà I

Si vous saviez quel est votre pouvoir suprême Sur le sort du Pays et sur sa grandeur môme. Et quel amour pour vous dans notre amour pour lui, Oui, si vous le saviez, et si vous vouliez, femmes Du feu de vos regards ressusciter nos âmes La France de demain serait faite aujourd'hui.

CADEDISI

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