CADÉDIS
A CM PROFE8SB0» DE PHILOSOFUIB
Vous me Giez la figure ?
Vous me trouvez changé, hein?
Dam ! Après mon aventure 1 L'autre soir sur le chemin Qui confine à la Garonne...
Mais d'abord, vous savez tous, Qu'étant très bonne personne, Moi, je n'aime pas les coupi
66 CHAMSDUSOLDAT.
Et donc j'allais sur la route, Langoureusement distrait, Quand, de la céleste voûte, Le soleil, il disparaît. Rentrons, dis-je, l'heure en sonne.
Car, enOn, vous savez tous, Qu'étant très bonne personne, Moi. je n'aime pas les coups.
Quelqu'un m'insulte dans l'ombre Répondre ? C'était commun.
Puis je n'étais pas en nombre :
J'étais tout seul contre Un!
Je fuis. L'autre, il m'environne.
Cadédis! Vous savez tous, Qu'étant très bonne personne, Moi, je n'aime pas les coups.
Mais quoi! cet homme sauvage.
Voyant qu*^ je ne dis rien,
CADBDIS! 67
M'envoie un sable au visage, Passe son pied dans le mien, Me renverse, se cramponne....
Hé pauvre! Vous savez tous, Qu'étant très bonne personne^ Moi, je n'aime pas les coups.
Il se cramponne et puis preste I Sans demander oui ni non, Me prend mon gilet, ma veste Et jusqu'à mon pantalon :
Or, nous étions fin automne.
De certes, vous savez tous.
Qu'étant très bonne personne, Moi, je n'aime pas les coups,
Nonobstant le sang me monte,
Je me retourne et ma foi.
On a parfois l'âme prompte,
Je lui dis : <r Monsieur !.. j'ai froid. »
Écoutez comme il raisonne.
68 CUArSTS DU SOLDAT.
Est-ce pas, vous savez tous, Qu'étant très bonne personne, Moi, je n'aime pas les coups ?
Eh bien ! voyez comme il cause, Il me dit, sans marchander:
a Quand on tient à quelque chose, On se bat pour le garder. »
Ce lâche, je le soupçonne,
Avait appris comme vous.
Qu'étant très bonne personne, Moi, je n'aime pas les coups.
PRO PATKIA
En septembre 1870. vn vieux jardinier de Bouyival, nommé François Debcrgue, covpa jus(^u*à cinq fois les fils télégraphiques elablis par les Prussiens.
Découvert, arrêté et menacé de m.ort s'il recommençait : « Je suis Français, répondit-il. je recommencerai. » Les Prussiens accomplirent leurs menaces ; François Debergue fut passé par les armes.
Un mois plus tard, deux ouvriers, Jean-Martin et Jean-Baptiste Cardon, voulurent eux aussi servir la Patrie, et dans Bougival même, le jour de l'attaque de la Malmaison, ils faisaient le coup de feu contre les Prus'iiens. — Pris et fusillés, leur dernier cri fut : a Vive la France! » La dernière parole de Jean^ Martin avait été : c Dites à nos enfants que c'est pour le Pays que nous mourons. »
Un monument a été élevé à ces trois héros, sur le lieu même de leur supplice.
C'est à son inauguration solennellement faite 4e 2» septembre 1S78 qu'or t été dits les vers suivants.