LES PACIFIQUES
LF.S PACIFIQUES
À. ALBERT SrLPIT
Au poète Je VIm>aswn et des Dieux qu'eu br.sf
» Où vas-tu. conscrit ? — A mon po;tc. » (jnoi faire? — Servir luon pays. — » Ah ! deux fois absurde riposte, » Bicn fou qui s'olfrc en holocauste, » Sers-loi donc toi-même et t'en fuis.
.) D'où reviens-tu, blessé stupide? — » De la bataille où j'ai vaincu ;
D Victoire éclatante et splendide, 3> Le sort d'un peuple s'en décide. — » Et ton sort à toi, qu'en dis-tu?
» Bon an mal an, dans les campagnes, » A faire ton métier de chien, jo Plus tenu qu'on ne l'est aux b.;gnes, » Officier, qu'est-ce que tu gagnes ? — » Un peu d'honneur. — Ça vaut combien
» Citoyen qui fais l'exercice,
» Quel est ton but ? — Me tenir prêt. -~
» Prêt à quoi, fusiller novice?
ï Tu veux ta part de sacriflce :
» Prends garde à ta part de regret.
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» Et vous, peintres, sculpteurs, pc tes. » Votre travers est singulier T> De nous rappeler nos défaites; » Belle besogne que vous faites!
» Nous cherchons à les oublier.
ï Honneur? devoir? affronts ? vengeance ? Chansons barbares que cela I Le sage est homme d'indulgence.
Des affronts I Est-ce qu'il y pense?
De l'honneur I Est-ce qu'il en a ?
La vie est courte, camarade, » N'allons pas encor l'abréger.
» Foin de ces conseillers maussades I ï Ces mauvais prêcheurs de croisadei > Ils nous renverraient au danirer.
110 CUANTS DU SOLDAT.
» Et pour quoi faire? Pour reprendre 3) Le preslige de nos drapeaux !
» Orgueil est mort, paix à sa c ndre. » Laissons-nous doucement descendre:
» La dt'.chéance est un repos. » —
Allons I hardi les pacifiques .
Reniez bien les maux soufferts, Rendez les lâches bien cyniques, Organisez bien les paniques Préparez-nous bien nos revers.
Car d'empêcher qu'on nous assaille Vos désirs y sont superflus.
Vos efforts ne sont pas de tiilJe; Nous aurons toujours la bataille :
C'est du cœur que nous n'aurons pliia.