VIVE LA FRANCE
Oui, France, on t'a vaincue, on t'a réduite mOm&, Et comme il n'a pas eu pour preuve le succès, A ton courage encore on jette l'anathème, Et les Français s'en vont rabaissant les Français.
Que la faute fut grande et cette guerre folle-. Qui le nie? Ils sont là nos désastres d'hier.
Mais qu'au bruit des canons tout un passé s'envole! Que tout un avenir soit brisé sous ce fer!
Que la France n'ait plus, chez les peuples du monde, Ni voix dans leurs arrêts ni place à leurs grandeurs!., C'est une calomnie infâme et si profonde. Qu'un vaincu qui la dit étonne ses vainqueurs.
Non, France, ne crois pas ceux qui te disent lâche, Ceux qui voudraient nier ton âme et ses efforts : Sans gloire et sans bonheur, tes fils ont fait leur tâche, Mais ils l'ont faite, et Dieu ne compte plus tes morts.
J'ai vu de pauvres gens tomber sans une plainte; D'autres — je les ai vus — ont combattu joyeux, Et, pieux chevaliers de cette guerre sainte, Sont morts, l'amour dans Fâmc et le ciel dans les yeux.
Ils ont lutté, n'étant ni l'espoir ni le nombre. Et sans cesse détruits, et renaissant toujours. C'est un éclair divin de cette époque sombre, Que ces martyrs voulant leurs supplices moins courts.