‹ Nouveaux chants du soldatChapitre 39 sur 52 · LA MARSEILLAISE · texte numérisé non relu

LA MARSEILLAISE

Ah! ne la chantons plus, par pitié pour nous-mêmes; Le jour venu, marchons sans cris et sans blasplièmes, Comme de fiers vaincus, qui, sûrs de leur effort, N'ont qu'un but : la revanche, ou qu'un recours : la mort.

D'ailleurs, écoutez bien cette histoire maudite. Et que, si quelques-uns vous l'ont déjl '''dite,

Si déjà vous l'avez entendue et souvent,

Tant mieux : clou martelé n'entre que plus avaut.

Vous l'aimez, n'est-ce pas, notre hymne populaire?

Vous aimez ses élans et sa sainte colère;

Vous y cherchez toujourz, fils encore orgueilleux,

Le sublime passé de vos puissants aieux;

Et vous vous rappelez, à cette voix féconde,

Kos trois couleurs flottant aux quatre coins du monde,

Les peuples conlondus et les rois affolés;

La grande France enfin ! vous vous la rappelez?

Eh bien, rappelez-vous qu'au jour de la défaite,

Qu'à Sedan — ce non: seul vous fait courber la tète —

Rappelez-vous, Français, qu'en ce jour de malheurs,

Taudis que les vaincus se rendaient aux vainqueurs,

Tandis qu'ils emportaient dans leur âme meurtrie

Le spectre mutilé de la pauvre Patrie,

Qu'ils pleuraient la défaite et quittaient les coujbats,

Enfin qu'ils s'avançaient, sans armes, nos soldats,

O coup que rien n'efface! 6 mal que rien n'apaise-

Le clairon prussien sonnait la Mcrscillaise !

CHASSEURS A PJED

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