‹ Nouveaux chants du soldatChapitre 40 sur 52 · CHASSEURS A PIED · texte numérisé non relu

CHASSEURS A PIED

Le soleil du matin a chassé les étoiles; Les flocons lumineux tombent en voltigeant. Sur la terre la neige a jeté ses longs voiles, Rt les branches du bois se couronnent d'argent.

Les petitsVitriers — c'est ainsi qu'on les nomme Ont mis leur baïonnette au bout de leur fusil;

Ils passent lestement sous les pommiers sans pomm3; Ils vont, et leurs pieds noirs font chanter le grésil.

Les Prussiens sont encore installés dans la ferme, Il s'agit de la prendre et t'e les débusquer; Le bataillon muet s'avance d'un pas ferme; Mais des canons sont là prêts à se démasquer.

Tout à coup, dans le fond d'un ravin où l'on saute, Un cri de mort se fait entendre : « C'est de l'eau! » La glace était récente, et la neige était haute. Et ce linceul avait recouvert ce tombeau.

Ils sont ensevelis jusques à la ceinture; Le courant les renverse et la glace les tient. — Vaincu par les Prussiens, vaincu par la nature, O mon Pays, quel Dieu terrible que le tien ! —

Los Allemands joyeux sortent de leurs tanières, Nous voilà désarmés, les voilà résolus, Ilourrahl L'heure est propice aux haines meurtrières, Ct leur canon se dresse au revers du talus.

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