LB CATI TAISE
Ainsi, voilà leur espérance!
Voilà pourquoi le cœur leur bat.
Parlez-leur haine et délivrauce, Il s'agit bien do tout cela :
Plus de guerre! plus de combat!...
Que ne disent-ils, plus de France!
Ainsi, voilà leur espérance, Voilà pourquoi le cœur leur bat.
Ah! front étroit, pauvre cervelle, Qui n'as rien compris, ni rien vu.
Qui, lorsque le pays t'appelle ,
Marchande ton sang de vaincu !
I^ guerre te déplaît, dis-tu, Et l'invasion te plalt-clle?
Ah ! front étroit, pauvre cervelle, Qui n'a rien compris, ni rien vu !
LC CO.NSCniT
Mais ne peut-on livrer bataille Sans que nous allions aux comhats?
^'avez-vous pas d'autr;-'6 soldats?
Ma vigne a besoin qu'on la taille, Mon père se fait vieux là-bas.
Ah ! pourquoi diable ai-je la taille?
Ne saurait-on livrer bataille Sans que nous allions auv combats
LK CAPITAINE
Sais-tu que ce que tu regrettes (^'cst le temps où tu n'étais rien Où ni soldat, ni citoyen.
Du festin n'.iyint que les miettes,
COLLOQUE
fans devoir, sans droit, sans soutien. Le servage courbait vos tûtes.
Sais-tu que ce que tu regrettes, C'est le temps où tu n'étais rien?
Prends garde, paysan, prends garde !
C'est un honneur que de servir.
L^ jour où, voulant t'affranchir, Le Pays s'est mis sous ta garde, 11 a cru noblement agir.
Porte noblement sa cocarde, Ou sinon, paysan, prends garde!...
C'est un honneur que de servir.
LE CONSCRIT
Mon bon monsieur le capi' ine.
Ne vous fâchez pas pour cela, Je parle comme on mo parla ; .J'ai mal dit, la chose est certaine, Mais j'ignorais tous ces mots-là.
Pour SAvoir, il faut qu'o.i apprenne.
Mon bon monsieur le capitaine, Ne vous fâchez pas pour CQla.
LE CAPITAINE
Approche ici, que l'on t'instruise.
Lis ces deux mots sur cette croix :
— Patrie, Honneur, — c'est la devise.
Ce sont tes devoirs et tes droits, Et ce vieux drapeau que tu vois C'est la robe de la Payse.
Approche ici, que l'on t'instruise, Lis ces deux mots sur cette croix,
LE CONSCRIT
A vous parler sans mcnterie, Je ne suis pas un grand docteur.
Je n'ai jamais lu de ma vie, Peut-être est-ce là le malheur, Et qu'en comprenant la Patrie, J'aurais aussi compris l'Honneur? Mais à parler sans menterie, Je ne suis pas un grand docteur.
LE CAPITAINE
Que n'as tu bu plus tôt le dire,
COLLOQUE
Jo t'aurais pardonné plus tût!
La grande école du Drapeau Saura te former et tinstruire.
Conscrit, nous t'apprendrons à lire, Mal d'ignorant, n'est pas défaut.
Que n'as-tu su plus tôt le dire, Je t'aurais pardonne plus tût I
STANCES
STANCES
— Peut-être ont-ils bien fait d'avoir éic féroces, La rage eût été courte et son transport banal ; — Mais l'iiorrible conquête avec ses lois atroces, Mais des Français marqués Prussiens à coups de crosses. Pcut-ôtre ont-ils bien fait de nous faire ce mal !
NOUVEAUX < HANIS DU SOI.UAT.
Va ce n'est pas ici ma douleur qui blasi)hème; Ce n'est pas le soldat qui rèvo de combats; C'est mon suprême espoir qui jette un cri suprême. Oui, Lorrains que je pleure, Alsaciens qtie j'aime, l'ious ne marchons ici que pour aller là-bas.
Et que l'idée en soit douce à votre sotifîrance, — Bon pays de soldat'?, si fertile en héros, — Vous restez bien Français, car vous servez la France, C'est dans votre prison que naît sa délivrance, C'est son astre qui monte à travers vos barreaux.
Oui ! c'est vous qui rendez une âme à la Patrie, Vous êtes son retour au devoir déserté, C'est en vous qu'elle croit, c'est pour vous qu'elle prie, (^est à vous voir saigner des coups qui l'ont meurtrie Qu'elle a dans ses remords retrempé sa fierté.