LE VASE DE PARFUMS
;ronc des aumônes, et Jésus-Christ a voulu que, jusqu'à La consommation des temps, il fût fait mention dans L^Ëglise du parfum que répandit Marie sur la tête de son Sauveur.
La parole de Jésus-Christ a* eu son accomplissement; son Évangile a porté en tous lieux le souvenir de cette femme, et de même que la maison de cet ami de Jésus, la maison de Dieu, qui est TÉglise, a été toute remplie de r^llJeur de ce parfum.
* iCest à cause d'elle, c'est-à-dire de^la femme, c'est en 8on honneur que cette histoire devait être conservée; mais doute aussi à cause de nous; car comment sup- Dieu eût honoré une action qui n'eût pas été mneur? et comment ce qui est digne d'honneur a^f^k de Dieu ne serait-il pas propre à l'édification ? Ce serait la seule histoire, le seul trait de l'Évangile qui n'aurait pas son usage pour la gloire de Dieu et pour le bien des âmes.
Notre premier mouvement, en la lisant, est de condamner ceux que nous voyons repris par Jésus; et pour cela il n'est pas même besoin que l'Évangile ait fait de Judas l'organe de leurs murmures, et qu'il nous ait révélé le secret motif de cet indigne apôtre. Nous condamnons parce que Jésus-Christ a condamné; et rien n'est plus naturel; mais c^ n'empêche pas que, si nous eussions été à la placée des apôtres, notre premier mouvement n'eût été de parler comme eux.
Ne parlons-nous pas comme eux en mille occasions? Notre siècle, préoccupé d'utilité et d'économie, notre siècle positif, comme il aime à se nommer, comprendrait-il mieux que Judas cette inutile profusion et ce dispendieux hommage? Je le soupçonne d'admirer moins, dans l'h^toire des pains multipliés^ la secourable compassion
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de PAmi des hommes qae le soin qu'il eut de foire tamasser les morceaux demeurés de reste; et comment cette htiile répandue et ce vase brisé^ sans aucune utilité qu'une délectation momentanée^ plairaient-ils beaucoup à ceux qui se disent^ à la vue de noti% admirable cataédrale : Voilà bien de la peine et de Targent perdus! Plusieurs générations se sont épuisées à élever cet édifice qu'elles n'ont pa même achever; et pourquoi? Dieu n'habite pas dans des temples faits de main d'homme; un édifice plus modelée eût suffi; abri^ décQpce et recueillement^ voilà toutes Ks conditions auxquelles il fallait satisfaire ; un beau temple est une belle chose^ mais le beau n'est pas au noni] besoins; ceux des pauvres crient biea^plus hi quand ils auront cessé de crier que nous pourr( des cathédrales; jusque-là^ bâtissons desoratoii
Et remarquez^ s'il vous plalt^ que ce n*eèt pas pré^ément la pensée des disciples que reprend notre Seigneur; comme aussi sa réponse n'est pas une approbation expresse de la conduite de cette femme. H ne se prononce point. Il approuve moins qu'il n'excuse. Il demande moins pottr Marie des louanges que de l'indulgence. II. n'honore qne son intention. La question de la forme de cet hommage demeure donc tout entière. Seulement il ne veut pas qu'on lui fasse de la peine^ parce que^ nous dit ce doux et charitable mattr^ elle a fait une bonne action à son égard».-
Cette action est-elle la meilleure possible dans sa matière et dans sa forme ? Était-ce^ dans le moment et dans la situation donnée^ ce qu'il y avait de mieux à faire? Cest ce que notre Seigneur ne dit pas. Il ne dit qu^une chose : c( Elle a fait une bonne action à mon égard. » Retenons tous les termes de cette déclaration, et d'abord les derniers. Cette action a été bonne à l'égard de Jésus-Christ. Il ne dit rien de plus. Il ne dit pas que l'action ait été
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bonne en soi, mais qu'elle l'est par rapport à lui. Qu'est-ce à dire, mes frères» Est-ce là la mesure de Jésus-Chrial? Est-ce par là qu'il apprécie la bonté d'une action? Lui suflit-il qu'elle soit bonne par rapport à lui? Mes frères, si c'avait été sa pensée, il eût dit simplement, et sans parler de lui : Cette femme a fait une bonne action; et c'est préciséaient parce qu'il ajoute : à mon égard, que nous n'avons pas le droit d'interpréter ces paroles dans ce sens que toute action est bonne à ses yeux par cela seul qu'il en est l'objet. Mais si, pour juger qu'une action est bonne, il ne suffît pas à Jésus-Christ homme qu'elle soit bonne ô son égard, cela ne nous suflira-t-il pas, mes frères? ne dirons-nous pas baulement ce que Jésus-Christ n'a pas dit, et ne reconnaîtrons-nous pas que cette action, ayant Jésus-Christ pour objet, était bonne par la même? Qu'étaitcUe, cette action ? Un hommage à Jésus-Christ, Blâmeronsnous un hommage rendu à Celui qui est digne de tous les hommages? Mais ce serait lui refuser les nôtres. Dironsnous que cet hommage n'était pas opportun? que la forme n'en était pas judicieuse? C'est possible; et sous ce rapport cette femme pourrait n'avoir pas mérité un éloge sans restriction ; mais elle a du moins mérité que nous ne lui fassions jias de la peine; car s'il y a quelque chose k reprendre à la forme de son hommage, il n'y a rien k dire sur son objet, qui est Jésus-Christ. Au lieu donc de nous hâter de juger ce qu'elle a fait, et de chercher ce qu'elle eCit pu faire, voyons d'abord ce qu'elle a voulu faire; voyons qui elle a voulu honorer, pour l'amour de qui elle s'est trompée; et demandons-nous si une action qui est boime il l'égard de Jésus-Christ n'est pas, à tout prendre, une bonne action.
>,Et ce n'est pas tout : l'action, une fois prise dans Q^m B5, c'est-à-dire comme un bonimage au Sauveur, se r