LES DEUX ANGES GARDIENS
Veillez sur moi Quané je m'éveille, Bon ange, puisque Dieu l'a dit.
Qui de vous, chers enfants, n'a jamais adressé une prière semblable à l'Ange que Dieu, dès le premier instant de notre venue sur la terre, a commis à la garde de chacun de nous ? C'est la croyance et l’enseignement de l'Eglise, —et il faudrait être plus que téméraire pour oser admettre le contraire,—c'est la croyance de notre sainte Mère l'Eglise catholique, que Dieu, à la naissance de toute créature humaine, délègue un de ses anges, qu'il charge tout particulièrement du soin de veiller sur elle, de la garder, de la protéger dans son corps et surtout dans son âme. Et cet ange délégué par Dieu sera le fidèle compagnon de l'homme jusqu'au moment où l'âme, esprit comme l'ange, abandonnera sa dépouille mortelle pour retourner en Dieu, de qui elle
émane.
Mais cet ange gardien, nous ne le voyons pas, car notre âme seule pourrait le contempler, si elle n'en était empéchée par la matière, par notre corps.
A côté de l'ange gardien céleste, Dieu, dont la bonté pour nous est infinie, a placé un autre ange: ange gardien terrestre auquel l'enfant confiant adresse également cette belle prière que l'enfant pieux, à son réveil, ne manque jamais d'adresser à son bon ange gardien du ciel :
Veillez sur moi quand je m'éveillei Bon ange, puisque Dieu l'a dit, Et chaque nuit Quand je sommeille Penchez-vous sur mon petit lit.
Et cet ange gardien de la terre, mes enfants, c'est votre mère. Une mère ! mais c'est le chef-d'œuvre Par excellence de la création, l'image la plus parfaite de la Divinité, un océan inépuisable de bonté, de tendresse, de dévouement, de sollicitude, d'amour en un mot. Et ce chefd'œuvre, Dieu l’a jugé si parfait Qu'il n'a pas craint d'abandonner le stiour glorieux du ciel pour naître petit enfant, afin de prononcer ce mot ineffable: Mère !
Que de fois, la nuit, pendant Que, ti un faible oiseau dans son nid, sous l'aile de la mère, l'enfant, sous Ja garde de son ange gardien du ciel auquel il sourit, repose délicieusement dans son petit lit, Que ce fois, l'ange gardien de la terre se penche sur lui, au moindre souffle, au moindre cri, inquiet parfois et tremblant que son trésor, son ange, ne s'envole avec l’autre ange pour le ciel, d’où ils sont descendus tous deux à l'heure marquée par le Créateur. Et l'ange gardien terrestre éprouve de bien douces émotions à la vue de son ‘‘amour'’ souriant en des rêves divins à son grand frère, l’ange gardien céleste. Mais lorsque, parfois, un voile de tristesse semble couvrir le front pur de l'enfant, dont les rêves d'or ont été troublés par quelques visions fugitives de la triste réalité de la vie humaine, l'ange gardien terrestre se penche plus avant sur le petit lit et, en un souffle caressant comme un baiser : —"‘Oh ! souris, souris encore mon chérubin, souris encore ; car si ton ange gardien du ciel a disparu momentanément à tes yeux, ton ange gardien de la terre, près de toi et sur toi toujours veille, quand tu sommeilles ; souris, souris encore, mon beau trésor.”
Ayez pitié Ce ma faiblesse, A mes côtés marchez sans cesse.
Qui donc soutiendra ce cher petit Otre, » la grâce mais la faiblesse même ?
L'ange gardien terrestre, que les hommes uPpellent du doux nom de mère, et Cans le cœur de laquelle Dieu à enchâssé une parcelle des di- ‘vins attributs qui, au ciel, font l'admiration et le bonheur de la Cour céleste. Qui donc saurait Comme elle marcher aux côt s de l’enfant, soutenir et diriger ses premiers pas chancelants ? Qui donc, mieux qu'elle, aura pitié de sa faiblesse ? Qui donc, plus fortement
qu'elle, lui infusera les vertus nécessaires qui le rendront joyeux et Puissant ?
Et, secondé par l'ange gardien d: ciel, l'ange de la terre pôtrit l'âme malléable de l'enfant, y “pose ces germes vivifiants et impé-!ssables qui feroni de lui plus tard un saint, peut-tre, en tout cas un honnête citoyen, un bon et fervent chrétien.
Parlez-moi le long du Chemin, Et pendant que je vous écoute,
Oh ! la voix de l'ange gardien ! Pourrait-on oublier une chose si douce, si suave ? et ne Voudrait-où pas l'entendre murmurer constamment son cœur ? Et de quelle soue serait pétrie l’âme d’un enfant qui n'écouterait Point son bon ange lorsqu'il lui parle le long du chemin ?
Oh ! la voix de l’ar gardien ‘ nais c’est une mélodie d’une suavité incomparable, un sse d’une douceur infinie, un son plus doux Qu'un souffle, quelque se qui n'est pas de la terre, une musique du ciel. Or, telle est la voix de l'ange terrestre, la Voix d’une mère, Que cette voix encourage, louange ou réprimonde, c’est constamment une Voix de velours et d’or, portant en elle je ne sais quoi de céleste, de divin, qui va droit au cœur et le subjugue jusqu'en ses fibres les plus secrètes.
Parlez-moi le long du chemin, Et pendant que je vous ecoute, De peur que je ne tombe en route,
Bon ange, donnez-moi la muin,
Route longue peut-être, difficile en tous cas, remplie d'écueils, d'obstacles, d’ornières, de précipices. Gui donc, faible enfant, t'aidera, te guidera, te outiendra, qui donc t'évitera tout cela et te permettra de franchir précipices, ornières, obstacl écueils, sans faiblesse, sans chute, et d'arriver heureusement au but ? Oh! aPpuie ton âme sur l'aile puissante de ton ange gardien Cu ciel, et ta main sur la main fidèle et sûre de ton ange gardien de la terre. Repose ton esprit sur l'esprit de ton frère céleste et ton Cœur sur le cœur de ta mère ; puis, rassuré, confiant, heureux et reconnaissant, entreprends courageusement les deux grandes et difficiles routes qui conduisent, l’une à la tombe, où le corps humain, si beau, si noble pourtint, dormira son dernier sommeil et retournera en Poussière; l'autre au Palais, à la Demeure éclatante de Dieu, où l'âme humaine—oh ! Combien plus noble et plus belle encore !—se réveillera enfin, libre de toute entrave, dans le sein même de Dieu.
Là, en un bonheur dont rien ici-bas ne saurait donner la moinére idée, elle attendra, dans le ravissement le Plus suave, le dernier Jour, la fin des temps, la résurrection, p 4 © ‘iné fois avec son corps et jouir avec lui d'une félicita qui ne finira jamais
mond, supérieur du séminaire de Saint-Hy:
domestique de Sa Sainteté.