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INTESTIN

L’intestin, dernière partie du tube digestif, s’étend du pylore à l’anus , en formant un très grand nombre de circonvolutions. Il occupe k lui seul la plus grande partie de la cavité abdominale.

On divise l’intestin en deux grandes portions, distinctes par leur volume et par leurs usages, rintestin grêle et le gros intestin.

SECTION PREMIÈRE

Intestin grêle.

L’intestin grêle, inteslinum tenue, sépare l’estomac du gros intestin. Il est remarquable par sa longueur, par sa forme cylindroïde et par ses circonvolutions. On le divise lui-même en deux parties, le duodénum et Xintestin grêle proprement dit.

, Duodénum.

Le duodénum, ainsi nommé en raison de sa longueur, de douze travers de doigt à peu près, est la portion supérieure de l’intestin grêle. Il est caché, en grande partie, dans la base d’un repli du péritoine que je décrirai bientôt sous le nom de mésocolon transverse, et accolé par lui à la face antérieure de la colonne vertébrale. Il commence au pylore, et finit sur le côté gauche de la deuxième vertèbre lombaire, au niveau de l'extrémité supérieure du mésentère et de l’arlère mésentérique supérieure, qui le croise antérieurement. Quelques ana-

DES ORGANES DIGESTIFS. ijS

tomistes anciens le faisaient cesser beaucoup plus tôb au point vers lequel les conduits cholédoque et pancréatique s’ouvrent dans son intérieur. Quoi qu’il en soit, il se continue ensuite avec le reste de l’intestin grêle , sans autre ligne de démarcation sensible.

Constamment plus large que l’intestin grêle proprement dit, mais plus petit que Testomac, le duodénum acquiert cepen-^ dant quelquefois des dimensions si considérables, que quelques anatomistes ont cru devoir le considérer comme un estomac secondaire , et l’ont décrit sous le nom de ventriculus succenturiatus. Il est situé profondément dans la cavité abdominale , derrière le mésocolon transverse, au-dessous de l’estomac et sur la limite des régions épigastrique et ombilicale.

Dans son trajet , le duodénum se recourbe deux fois sur lui-même ; ce qui a permis de le diviser en trois portions dis^ tinctes. En se séparant du pylore, en effet, il se dirige en haut, à droite et en arrière, jusqu’au col de la vésicule biliaire ; là il change de direction, en formant un angle variable, et descend à peu près verticalement; enfin, au bout d’un trajet plus ou moins long , il se recourbe de nouveau moins brusquement que la première fois, et se porte transversalement à gauche, au-devant de la colonne vertébrale. Il décrit ainsi une courbe générale dont la cavité^ dirigée à gauche, embrasse le pancréas.

La première portion du duodénum , longue d’environ deux pouces , répond, en haut, au foie et à la vésicule du fiel qui la teint quelquefois en jaune et qui lui est unie par un repli du péritoine , en avant au feuillet supérieur du mésocolon transverse, en arrière, à l’épiploon gastro -hépatique et aux vaisseaux hépatiques.

La deuxième portion^ dont la longueur varie entre deux et trois pouces, est en rapport, en avant, avec l’extrémité droite de l'arc du colon , en arrière, avec le rein droit, avec la veine cave inférieure et le canal cholédoque , à droite, avec l’extrémité supérieure du colon ascendant , à gauche , avec le pancréas.

La troisième portion répond, en haut, au pancréas dont elle longe le bord inférieur, en bas, au feuillet inférieur du mésoco-

ijG ANATOMÎE

Ion transverse , en avant à Testomacj en arrière à Taorte, à la veine cave inferieure, aux piliers du diaphragme et à la colonne vertébrale.

Le duodénum est solidement fixé à la place^qu’il occupe, ce qui était nécessaire pour que labord de la bile ne pût y être interrompu. Sa première portion jouit seule d’une assez

grande mobilité, et peut être entraînée dans les déplacemens de Testomac.

La suiface interne du duodénum est mucjueuse , comme celle de l estomac ; on y remarque des plis circulaires , nommés 'valvules connw entes , que je décrirai à l’occasion du reste de 1 intestin grele auquel ils appartiennent egalement. Je signaleiai seulement, vers 1 extrémité inférieure de la deuxième poition, tantôt plus haut, tantôt plus bas, une petite saillie offrant à son centre un orifice par lequel s’ouvrent, isolément ou ensemble, les conduits cholédoque et pancréatique.

Structure. Le duodénum est principalement formé par trois tuniques superposées de dehors en dedans : la tunique char^ nucy la tunique fihro-celullaire , la tunique muqueuse. Le péritoine est étranger à la plus grande partie de cet intestin; il ne revêt réellement que sa première portion , en l’embrassant en avant et en arrière , comme il le fait pour l’estomac ^ les deux autres n’ont avec lui que des rapports médiats.

La tunique charnue est assez épaisse et formé de fibres pâles , les unes , superficielles , longitudinales , les autres , profondes , ciiculaiies, les premières, beaucoup moins nombreuses que les secondes, beaucoup plus rares surtout que dans le reste de l’intestin grêle.

La tunique fihro-cellulaire est fort analogue à celle de l’estomac.

La tunique muqueuse est la plus importante, sans contredit.

Sa couleur est blanchâtre , quoique un peu modifiée, sur le cadavre, par l’action de la bile. Ses valvules conniventes sont i leniaïquables par leur nombre et leur développement. Sa sur- j face interne est hérissée de papilles ou villosités^ que je décrirai j seulement à 1 occasion de l’intestin grêle proprement dit qui j en est également rempli. Les conduits cholédoque et pancréa- j tique cheminent pendant quelque temps au dessous d’elle, et j ne s’ouvrent qu’ensuite sur sa face libre. i

De nombreux follicules à parois glandulaires , quelque peu distincts des follicules isolés du reste de l’intestin grêle, sont formés par la membrane muqueuse du duodénum. Décrits spécialement par Brunner, sous le nom de second pancréas, ces follicules ou glandules duodénales, sont aplatis, pressés les uns contre les autres et appartiennent surtout à la région supérieure du duodénum où ils abondent (i).

Le duodénum reçoit principalement ses artères de la pylo- Tique ^ de la gastro-épiploique droite et de la mésentérique supérieure. Ses veines leur correspondent. Ses vaisseaux lymphatiques se rendent dans les ganglions voisins. Ses nerfs émanent tous du grand sympathique.

Action. Le duodénum est susceptible d’une dilatation plus grande que le reste de l’intestin grêle. C’est dans sa cavité que s’opère le premier contact de la bile et du suc pancréatique avec le chyme , et que le chyle précipité , en quelque sorte, par ces-fluides commence, suivant M. Magendie, à se montrer sous la forme de stries blanchâtres, qu’il appelle du chyle brut.

Intestin grêle proprement dit.

L’intestin grêle , proprement dit, fait suite au duodénum et se termine vers la région iliaque droite, dans le gros intestin. Dans ce trajet, il décrit, en se recourbant sur lui-même, une multitude d’inflexions qu’on a nommées circonvolutions , et qui ressemblent beaucoup, pour la disposition et la forme, à celles de la surface extérieure du cerveau.

Les circonvolutions de l’intestin grêle sont retenues au devant de la colonne vertébrale, au moyen d’un large repli du péritoine nommé mésentère. Elles sont très mobiles les unes sur les autres. Leur convexité est lisse , polie et dirigée en avant- Leur concavité, au contraire , est rugueuse, comme plissée par l’eftet de la courbure, et tournée en arrière.

L’intestin grêle occupe les régions ombilicale , hypogastrique , iliaques et l’excavation du bassin dans laquelle il se prolonge, en glissant dans l’intervalle que les deux extrémités du gros intestin laissent entre elles , sur la ligne médiane.

(1) C’est à la loupe que ces glandules doivent être étudiées,

Sa direction géne'rale est oblique de haut en bas et de gauche à droite.

La masse des circonvolutions de l’intestin grêle, est recouverte, en avant, par le grand épiploon et l’arc du colon , séparée par eux de la paroi abdominale antérieure. Elle répond, à droite, au cæcum et au colon ascendant , à gauche , au colon descendant et à l’S iliaque du colon , et en haut, au mésocolon transv erse qui le sépare du foie , de l’estomac , de la rate et du uancréas. Les circonvolutions qui descendent dans le bassin sont contiguës, chez l’homme , en avant à la vessie, en arrière au rectum , et de plus, chez la femme , aux deux faces de l’utérus et des ligarnens larges. Des adhérences et d’autres états morbides peuvent faire varier singulièrement ces rapports.

On a établi deux divisions secondaires dans l'intestin grêle proprement dit : on a donné le nom de jéjunum à sa partie supérieure , parce qu’on la trouve le plus souvent vide , et celui à^iléon à l’inférieure, parce qu’elle appuie sur les régions iliaques; mais une telle division est tout-à-fait arbitraire ; car, bien que l’intestin grêle se modifie beaucoup d’une de ses extrémités à l’autre , comme ce n’est que par des degrés insensibles , il est impossible d’établir un point précis de démarcation entre telle et telle portion de son étendue. Aussi , les auteurs ont-ils varié beaucoup sur la limite de chacune de ces divisions; les uns appellent jéjunum, sans préciser d’avantage, toute cette partie de la région supérieure de l’intestin grêle, que distingue une teinte rouge plus prononcée ; tandis que les autres désignent par ce nom toutes les circonvolutions comprises entre l’ombilic et l’épigastre. Winslow, pressé également par la difficulté d’établir un point de séparation naturel entre ces parties, appelait jéjunum les deux cinquièmes supérieurs , et iléon les trois cinquièmes inférieurs de l’intestin grêle. Enfin, bien avant Winslow , Glisson avait dit que si l’intestin grêle a trente-trois pieds , neuf appartiennent au jéjunum et vingt-quatre à l'iléon.

La longueur de l’intestin grêle est sujette à beaucoup de variations : quelques auteurs l’estiment, chez l’adulte, à c[uatre ou cinq fois la hauteur du corps ; Meckel pense , qu’en y comprenant le duodénum , cette longueur varie entre treize et vingt-sept pieds ; M. Cruveilhier assure, au contraire , que c’est

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entre dix et vingt-cinq Du reste, ces différences peuvent aisément s’expliquer ; car si Ton mesure l’intestin , sans avoir coupé bien exactement les replis membraneux et les brides qui peuvent le retenir , sa longueur est par là beaucoup diminuée.

Quoique le calibre de l’intestin grêle présente également beaucoup de variétés, cependant, dans une distension médiocre, son diamètre est généralement d’un pouce. L’accumulation des matières lui donne quelquefois des dimensions analogues à celles du gros intestin. Ce qui est plus constant, c’est que son calibre va un peu en diminuant de son extrémité supérieure à l’inférieure. Arrondi quand il est distendu , il a , au contraire, une forme elliptique quand il est vide.

On remarque quelquefois çà et là sur l’intestin grêle , mais particulièrement vers son extrémité inférieure , un ou plusieurs appendices en forme de doigt de gant , qu’on nomme diverti-eûtes , et qui peuvent avoir jusqu’à trois pouces de longueur. Ces diverticules sont des espèces de prolongemens en cul-de-sac de la paroi elle-meme de l’intestin , car on v retrouve les di— verses membranes qui entrent dans sa composition. D’autres fois on rencontre une autre espèce d’appendices, formés seulement par un amas de graisse dans un repli du péritoine 3 appendices qui ont du reste la même forme que ceux qu’on remarque constamment sur le gros intestin.

La surface interne de l’intestin grêle est tapissée par la membrane muqueuse, et présente des particularités qui seront indiquées à l’occasion de cette membrane.

Structure. Les parois de l’intestin grêle proprement dit sont formées par quatre tuniques superposées qui sont de dehors en dedans, une séreuse, Mue musculeuse , nne cellulofibreuse , et une muqueuse.

La membrane séreuse appartient au péritoine. Elle embrasse

1 intestin aans toute sa circonférence , excepté au niveau de son boid postérieur ; là, en effet, les deux feuillets du mésentère s ecaitent, et laissent entre eux un espace triangulaire analogue a ceux qu on remarque aux deux courbures de l’estomac , espaces qui ont le même but de l’un et de l’autre côté , celui de permettre la dilatation de l’organe correspondant. Cette membrane est , du reste , comme toutes celles de son espèce , lisse, mince, transparente et continuellement humectée d’un

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fluide onctueux qui facilite le glissement des circonvolutions. Par sa face adhérente, elle est unie à la membrane musculeuse à Faide d’un tissu celhdaire fin et serré.

La membrane muscultuse , plus épaisse que la précédente, est formée de deux plans de fibres, l’un superficiel , l’autre profond. Le plan superficiel est constitué par des fibres longitudinales , régulièrement placées les unes à côté des autres et d’une couleur pâle. Le plan profond , plus épais que le superficiel , est formé par des fibres circulaires qui embrassent l’intestin en forme d’anneau complet, et qui paraissent quelquefois s’entrecroiser obliquement. Du reste, les fibres longitudinales se prolongent-elles sur toute l’étendue de l’intestin , ou bien^, comme on le pense généralement , sont-elles interrompues de loin en loin , de manière qu’à chaque interruptmn les extrémités des unes s’entredigiteraient avec celles qui sont situées au-^dessus et au-dessous? La première opinion me parait la mieux établie. Quelques anatomistes ont aussi parlé de fibres disposées en spirale qui n’existent pas.

La membrane cellulo- fibreuse , située entre la précédente et la muqueuse , ressemble à celle de 1 estomac ; elle est seulement moins épaisse et plus dense.

Yidi membrane muqueuse, blanchâtre, plus épaisse que celle de l’estomac est en rapport en dehors, avec la cellulo-fibreuse, tandis qu’elle est libre en dedans. Continuellement enduite d’un mucus plus ou moins abondant , elle présente une multilude de replis disposes perpendiculairement a i axe du canal , replis décrits anciennement par Fallope et connus généralement aujourd’hui, depuis Kerckring, sous le nom de ^valvules connwentes. Ces valvules sont le plus souvent parallèles, quelques-unes seulement sont obliques. Elles commencent dans le duodénum , à un pouce environ au-dessous du pylore. Très nombreuses dans la pattie supérieure de l’intestin , elles diminuent ensuite graduellement de nombre et d’étendue, et manquent même presque tout-à-fait inférieurement. Elles varient en longueur, mais il est très rare qu’elles décrivent un anneau complet. Leur largeur assez généralement de trois lignes a leur partie moyenne, va en diminuant vers leurs extrémités, qui se terminent le plus souvent en pointe et quelquefois en se bifurquant. Elles sont assez éloignées les unes des autres,

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excepté cependant vers la partie supérieure de l’intestin, où elles se touchent par leurs bords ou même se recouvrent mutuellement et à la manière des tuiles d’un toit, comme le dit Kerckring. Ça et là , on en voit quelques-unes qui se portent obliquement de l’une à l’autre et qui les font communiquer entre elles. Leur bord libre, flottant dans la cavité de l’intestin , est tourné, tantôt vers le pylore , tantôt vers le gros intestin. Près de la valvule iléo-cœcale, quelques-unes d’entre elles deviennent verticales.

Les valvules conniventes sont formées par un repli de la membrane muqueuse , à la base duquel se trouve un tissu cellulaire très serre', qui ne leur permet pas de s’effacer, même dans le cas de grande dilatation de l’intestin ; sous ce rapport , elles doivent être distinguées des plis de l’œsopbage et de l’estomac. Leur base est ordinairement parcourue par un artère, une veine et un tronc lymphatique. Meckel assure qu’elles manquent chez le singe. Quelques poissons en ont un grand nombre , mais seulement vers la fin de Tintestin.

La surface libre de la muqueuse de l’intestin grêle présente une multitude d’autres saillies, semblables à un gazon très touffu, qui constituent les papilles ou villosités (i). Minces et flexibles, les villosités sont en aussi grand nombre sur les valvules conniventes que dans leur intervalle, mais elles m’ont toujours paru plus nombreuses au commencement qu'à la fin de l’intestin. Lieberkuhn en porte le nombre total à 5oo,ooo , et quelques auteurs modernes à 4,ooo par pouce carré, ce qui ferait à peu près un million en tout. Leur longueur vaiie entre un quart de 1 igné et une ligne. Elles adhèrent quelquefois entre elles ,

et sont réunies en pelotons. Les unes sont droites, les autres sont recourbées sur elles-mêmes; celles-ci paraissent lamelleuses, celles-là filiformes; beaucoup se terminent par une extrémité renflée.

La structure des villosités est très difficile à bien déterminer; aussi les opinions des auteurs ont-elles beaucoup varié à ce sujet. Lieberkuhn^ en les examinant au microscope, s’est assuré qu’elles présentent une ampoule à leur base , et que leur extrémité libre est percée d’un trou qui n’est lui-même

(i) Pour ies apercevoir parfaitement, examinez une portion d’intestin sous une eau bien limpide et à un beau soleil.

Sa ANATOMIE

que la bouche absorbante d’un vaisseau lacté. D’autres anatomistes, au contraire, et entre autres Albert Meckel ^ nient qu’elles soient perforées. Ce dernier soutient qu’on s’en est laissé imposer par une simple apparence , et que les villosités sont simplement formées par de petits feuillets courbés en forme de gouttière , ou bien contournés sur eux-mêmes, à l’instar des feuilles engainantes des graminées. Toutefois les observations de M. Magendie ne permettent plus de douter que les villosités présentent une ouverture terminale. Une artériole, une veinule et des lymphatiques se ramifient dans l’épaisseur de chacune d’elles.

La muqueuse de l’intestin grêle est pourvue d’un très grand nombre de foliicales, les uns simples et isolés, yd/ZiCM/6"S solitaires ou glandes de Brunner^ les autres, réunis par plaques , follicules agminès^ connus généralement sous le nom de glandes de Pejer (i).

Les follicules solitaires ou. glandes de Brunner^ n’avaient guère été décrits par cet anatomiste cpae dans la portion duodénaîe de l’intestin ; mais comme on en trouve aussi sur les autres points de l’intestia grêle , et qu’ils se ressemblent partout , on les désigne tous aujourd’hui sous la même dénomination ; quelques personnes les ont considérés comme analogues , par leur structure , aux granulations du pancréas. Quoiqu il en soit, ils sont arrondis et développés dans l’épais seur de la’ membrane muqueuse. Il en existe sur les valvules conniventes , mais la majeure partie occupe leur intervalle. Ils sont plus nombreux dans la région inférieure de l’intestin que dans la supérieure. Chacun d’eux présente à son centre un petit orifice, qui verse dans le canal intestinal le produit de leur sécrétion.

Les follicules agininés ou glandes de Pejer ^ sont réunis par plaques qui se présentent sous des formes très variées. Les unes, en effet, sont disposées eu bandelettes, les autres en cercle; celles-ci sont irrégulières ; celles-là, eu plus grand nom-

(i) Pechiin , dans son traité De purgantium tnedicanieniorum operaiiO' ntbus , a très bien décrit , et avant Peyer , sous le nom de tenuium glan^ dularum agmina, les plaques dont il s’agit. Seulement ce médecin ne les avait observées que sur le chien et le cochon ; mais il ajoute qu’il est impossible qu’elles n’existent pas chez l’homme.

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bre , sont elliptiques et ont leur grand diamètre tourné , tantôt suivant Taxe de l’intestin , tantôt en sens inverse ; quelques-unes décrivent un cercle complet, surtout près de l’extrémité cœcale de l’intestin grêle.

Presque toutes les plaques des glandes de Peyer sont situées le long du bord convexe des circonvolutions intestinales et , par conséquent, à l’opposite du mésentère. Leur nombre va successivement en diminuant de l’extrémité inférieure de rintestin à son extrémité supérieure, et il est assez rare d’en rencontrer dans le duodénum, bien que Peyer prétende le contraire. Leur surface présente un grand nombre de dépressions, qui répondent à leurs orifices et leur donnent un aspect qui leur a valu la dénomination de plaques gaufrées ^ que leur a imposé M. Cruveillîier, et sous laquelle on les désigne le plus souvent aujourd’hui.

Les artères de l’intestin grêle sont très nombreuses; elles sont fournies par la convexité de la mésentérique supérieure. Ses veines se rendent dans la grande mésaraïque. Ses lymphatiques, appelés aussi cAf/i/èrcj', traversent les ganglions du mésentère. Ses nerfs émanent exclusivement du grand sympathique.

Déi^eloppement. Le développement du canal intestinal en général, et celui de l’intestin grêle en particulier , est un point fort important , et dont on s’est beaucoup occupé. Malheureusement il règne encoré beaucoup d’obscurité dans la science, sous ce rapport.

La continuité de l’intestin avec le vésicule ombilicale, est un fait aujourd’hui bien avéré ; l’analogie des oiseaux , d’une part , et les observations embryologiques faites dans ces derniers temps , celles de M. Velpeau en particulier , l’ont mise hors de doute. Toutefois riniestin grêle est-ii le siège de cette conimunicalion ? Je le pense, avec Meckel; mai^je dois convenir cjue telle n’est pas l’opinion d’Oken, qui considère l’appendice cœcal comme le reste de la vésicule. Quoiqu’il en soit, c’est seulement aux premières semaines delà vie intrautérine qu’appartient cette disposition , qui disparaît très promptement (i); ce cjui permet de comprendre comment elle a pu être aussi long-temps ignorée.

(j) Chez les oiseaux, il n’en est pas de môme , par la raison que devant

i84 ANATOMIE

Mais de ce que l’intestin se continue re'ellenient avec la vésicule ombilicale, ce n’est pas à dire pour cela, qu’il en doive nécessairement procéder dans sa formation, et qu’il résulte de son prolongement à l’intérieur de l’abdomen, sous la forme de deux tubes, Tun supérieur, l’autre inférieur, comme Wolf l’a assuré. Je reviendrai, au reste, plus tard sur cette opinion (i).

Certains vices de conformation de l’intestin grêle, dans lesquels on le rencontre interrompu complètement, dans une partie plus ou moins grande de son étendue, et fermé en culde-sac vers ce point, ont suggéré l’idée que le canal intestinal se creuse à l’intérieur du tronc, de haut en bas et de bas en haut, par deux prolongemens, Y an buccal, VdiXxlYQ anal. Mais ces faits peuvent d’autant moins fournir un appui suffisant à cette doctrine , que souvent les interruptions de l’intestin ne sont pas bornées à un seul point. Serait-ce donc que l’intestin débuterait, comme beaucoup d’autres parties, par plusieurs portions plus ou moins nettement séparées, comme Rolando en a eu l’idée? Je ne le pense pas, quoique je convienne cependant, qu’il est impossible d’affirmer positivement , dans l’état actuel de la science , que les choses ne se passent point ainsi.

Dans les premiers temps de la vie intra-utérine, l’intestin grêle envoie un prolongement vers la base du cordon ; mais c’est une erreur de croire qu’il est complètement renfermé dans celui-ci à son origine. D’abord, il ne diffère pas par son volume du gros intestin , non qu’il n’ait pas acquis un développement proportionnel égal à celui de l’adulte , mais parce que le gros intestin est resté en arrière de lui sous ce rapport. Sa longueur va en augmentant jusque vers le milieu de la grossesse. C’est à cette époque aussi que paraissent les valvules conniventes et les villosités. Celles-ci , suivant Albert Meckel , commencent par des plis longitudinaux , d’abord simples, mais qui ne tardent pas à se découper en une foule de filamens.

A partir du troisième mois, l’intestin grêle est parcouru par

rester séparés de leur mère pendant toute leur existence fœtale , leur intestin devait, pendant tout ce temps, recevoir des matériaux nutritifs de la vés-icule ombilicale

(i) Dans l’embryologie.

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un liquide gluant^ épais, verdâtre, qui passe dans le gros intestin vers la fin de la grossesse, et qui constitue le méconium.

V ariétés. L’intestin grêle présente quelquefois, chez le fœtus, des interruptions plus ou moins considérables. Ces vices de conformation, incompatibles avec la vie extra-utérine, comme il est facile de le concevoir, présentent d’ailleurs plusieurs dégrés ; d’abord, l’interruption peut se rencontrer en un point seulement ou dans plusieurs à la fois ; j’ai long-temps conservé unfœtus qui en présentait trois; ensuite, tantôt on trouve un rapport plus ou moins intime entre les deux culs-de-sac correspondans de l’intestin, et tantôt ces parties sont tout-à-fait séparées.

Action, C’est dans l’intestin grêle que s’accomplit la séparation complété et l’absorption du chyle. Les villosités sont les agens immédiats de cette séparation : elles s’érigent , à cet effet, et pénètrent au milieu de la pâte chymeuse , de manière à ne laisser échapper presque aucune de ses parties alibiles. Les valvules conniventes sont justement disposées pour rendre cette pénétration plus intime , et pour faciliter l’absorption du chyle en ralentissant la progression péristaltique de la masse alimentaire.

SECTION DEUXIÈME

Gros intestin.

Le gros intestin, intesiinum crassum^ est la dernière partie du canal digestif. Il commence à la fin de l’intestin grêle par une sorte de cul-de-sac, et sé termine à l’anus.

Son volume est supérieur , comme son nom l’indique, à celui du reste de l’intestin ; il est d’ailleurs susceptible de varier beaucoup dans ses alternatives de distension et de

vacuité; terme moyen, sa circonférence est environ double de celle de l’intestin grêle. Il résulte des recherches de M. Cruveilhier, que le gros intestin est plus gros vers ses parties supérieure et inférieure qu’au milieu , et qu’il représente ^insi, en quelque sorte, deux cônes adossés par leur sommet.

Le gros intestin est long de quaîre à cinq pieds , quatre fois moins , environ , que l’intestin grêle. IL mesure un peu plus que la longueur du tronc de l’individu sur lequel on l’étudie.

i86 anatomie

Son trajet dans la cavité abdominale est assez compliqué : il occupe à la fois les régions iliaques, les flancs, le inésogastre et l’excavation pelvienne, et décrit, en parcourant ces régions , une grande courbure dont la concavité est dirigée en bas, en arrière et à droite, courbure qui embrasse l’intestin grêle. Le gros intestin marche généralement de droite à gauche : ascendant dans la première partie de son trajet, il devient transversalement dirigé dans la seconde, et descendant dans la troisième. Il est fixé dans les points de la cavité abdominale qu’il occupe par divers replis du péritoine, dont la disposition varie et c|ui seront décrits plus loin.

Conformation. La surface extérieure du gros intestin se distingue de celle de l’intestin grêle par des caractères bien tranchés : elle n’est point régulièrement arrondie ; on y trouve çà et là d es bosselures et des enfoneemens ; des appendices épiploïques lui appartiennent aussi d’une manière toute spéciale.

Les'^enfoncemens du gros intestin sont de deux sortes, les uns longitudinaux ^ les autres circulaires . Tous paraissent d au* tant plus prononcés qu’on les observe plus près de l origine de cette partie. Les enfoneemens longitudinaux sont au nombre de trois , et placés , l’un en avant, un autre en dehors et en arrière, le dernier en dedans et en arrière; leur fond est occupé par trois bandelettes charnues, longitudinales comme eux, et qui s’effacent également v’ers la fin du gros intestin. Les enfoneemens circulaires sont plus profonds que les précé dens, et n’ont point leur fond occupé par des bandes fibreuses spéciales; ils répondent à des plis de l’intestin sur lui-même, plis qui résultent, comme on le verra plus loin, de la brièveté relative des bandelettes longitudinales.

Les bosselures du gros intestin sont intermédiaires aux enfoncemens ; elles sont plus ou moins considérables, et généralement arrondies.

Les appendices épiploiques sont des franges formées par le ■ péritoine à la surface du gros intestin, franges plus ou moins i saillantes et plus ou moins chargées de vésicules adipeuses.

La surface intérieure est opposée, de tous points , à la sur-face extérieure du gros intestin : des brides y apparaissent là i

où sont les enfonceraens , et des enfoncemens là où sont les ' bosselures de celle-ci.

Les brides ou les saillies intérieures du gros intestin sont nécessairement longitudinales et circulaires , d’après ce qui vient d être dit. Les dernières sont les plus saillantes et celles qui offrent le plus d’importance; elles forment des espèces de valvules qui rétrécissent beaucoup, dans certains points, la cavité de 1 intestin, et qui opposent des barrières à l’issue trop prompte des fèces (i).

Les enfoncemens intérieurs sont aussi appelés loges ou lacu^ nés du gios intestin. Ils servent a retenir pendant quelque temps les matières fécales , qui s’j moulent ordinairement.

Structure. Le gros intestin est formé par la superposition de quatre membranes distinctes, analogues à celles qui constituent l’intestin grêle : la séreuse., la musculeuse, la cellulo-fi~ breuse et la muqueuse.

La tunique séreuse est loin d^être aussi constante que les autres ; à vrai dire, même, elle n’appartient qu’accessoirement au gros intestin, et manque sur quelques-unes de ses parties, comme on le verra dans les détails. C’est elle qui forme les mesenlères particuliers qui servent à fixer cet intestin; c’est elle aussi dont les pioîongemens constituent les franges épiploïques qui ont été décrites.

La tunique musculeuse est unie, en dehors , à la précédente et, en dedans, a la tunicjue fibro-cellulaire. Elle est fort analogue a celle de 1 intestin grêle pour la couleur , mais son épaisseur, surtout inférieurement, est plus considérable cjue la sienne. Ses fibres sont longitudinales et circulaires. Les premières , rassemblées à l’origme du gros intestin, en trois bandes ou faisceaux sépares, qui occupent les trois dépressions longitudinales que j’ai décrites, s’étalent , au contraire, sur tout son contour dans les dernières portions de celui-ci. Ces Rbres ont ceci de remarquable, que leur longueur est moins considérable que celle du gros intestin déployé, et cjue, tendues cependant entre les oeux extrémités de celui-ci, elles le plissent et lui im-

(1) Il ne faudrait pas juger de la saillie de ces valvules d’après leur seul examen sur un gros intestin desséché , parce que le froncement qui résulte de la dessication l’augmente beaucoup.

priment les bosselures et les dépressions qu il prescrite (i). Les fibres circulaires ne sont pas rassemblées en faisceaux; comme celles de ITntestin grele^ elles sont également leparties sur tous les points du gros intestin.

La tunique cellulo-Jibreuse n offre rien de particulier.

La tunique muqueuse du gros intestin différé notablement de celle de l’intestin grêle : privée comme elle d’épithélium véritable , elle est généralement pâle , dépourvue de villosités et de follicules agminés ; ses follicules sont solitaires, nombreux et remarquables, surtout, par leur volume. Cette tunique présente à la loupe quelque chose de la disposition alvéolaire qui a été signalée par Hewson dans la membrane muqueuse de l’estomac.

Les artères du gros intestin émanent, pour sa moitié droite, de la concavité de la mésentérique supérieure , pour sa moitié gauche, de la mésentérique inférieure e\. .à.e\hypogcislriquc. Ses veines suivent un trajet analogue et se jettent, les unes, dans la grande niésaraïqite, les autres dans la petite , les dernières dans la veine pelvienne . Ses lymphatiques , moins nombreux que ceux de l’intestin grêle, se rendent dans les ganglions placés dans les replis péritonéaux qui forment ses mésentères particuliers. Ses nerfs émanent partout du grand sympathique, excepté près de l’anus, où il reçoit, en outre, quelques branches des nerfs sacrés.

Développement. C’est à l’origine du gros intestin , suivant Oken , que se fait la communication du tube digestif et de la vésicule ombilicale. D’après cet anatomiste , la première portion de cet intestin, disposée en cul-de-sac, serait un vestige du canal qui établissait cette communication chez l’embryon.

Quoi qu’il en soit, dans les premiers temps de sa forma- 1 lion, le gros intestin ne diffère pas de Tintes tin grêle par son j volume; il est dépourvu de dépressions et de bosselures ; les fibres longitudinales de sa tunique charnue , uniformément \

(t) Si vous couprz de distance en distance les fibres longitudinales du il gros intestin , vous eff.icez facilement, par la traction , ses bosselures et ses I: plis circulaires , et vous lui donnez une longueur qui lui était étrangère ! auparavant.

étalées sur lui , présentent une longueur égale à la sienne, et ne constituent pas ces trois bandes qu’elles forment chez l’adulte; c’est seulement au milieu de la vie intra-utérine que la dernière disposition commence à se prononcer.

D’abord, le gros intestin est enûhv^menl descendant y plus tard il devient transç^erse et descendant, plus tard encore, dans les derniers mois de la vie intra-utérine , il devient , comme chez l’adulte , ascendant y iransiferse et descendant.

Action. Le gros intestin sert de dépôt, pendant quelque temps, aux matières qui ont fourni à Labsorption du chyle, matières que ses vaisseaux dépouillent des principes nutritifs qu’elles recèlent encore et qui ont échappé à l’action de l’intestin grêle. Les cellules ou loges de cet intestin et les plis valvulaires qui les séparent, ralentissent la marche de ces matières, les forcent à rester plus long-temps en rapport avec les vaisseaux, et concourent ainsi à faciliter cette absorption.

Tel est le gros intestin considéré en général ; mais il est composé de plusieurs portions distinctes, qui méritent chacune de fixer l’attention d’une manière spéciale : le cœcum^ le colon et le rectum.

Cæcum .

Ainsi nommé de sa disposition en forme de cul-de-sac dirigé inférieurement, le cæcum est la première partie du gros intestin. Il n’a pas de limites précises supérieurement, du côté du colon : aussi les uns le font-ils cesser au niveau de l’insertion de l’intestin grêle ; tandis que les autres le continuent à cjuelques travers de doigt au delà de ce point. Il occupe la fosse ' iliaque dioite, retenu contre celte fosse par le péritoine, qui tantôt lui forme un mésentère particulier, le mésocœcum ^ et qui tantôt passe simplement au-devant de lui (i).

Conformation. Le cæcum est plus volumineux que le resîe du gros intestin ; il acquiert par fois des dimensions considérables par suite de l’accumulation de gaz ou de fèces. Sa longueur est de cinq ou six travers de doigt , sa forme celle

(i) On comprend aisément que, dans ce dernier cas, le cæcum puisse se trouver dans une hernie sans y être enveloppé du péritoine ; il suffit pour cela qu’il sorte par sa partie postérieure.

d’un prisme à bords e'mousse's, et sa direction à peu près verticale.

En avant , il est en rapport avec la paroi abdominale ante'rieure et quelquefois, avec l’épiploon et l’intestin grêle qui se glissent au-devant de lui. En arrière, il re'pond plus ou moins immédiatement aux muscles psoas et iliaque , suivant qu’il est ou non pourvu d’un mésocœcum. En dedans , il est contigu à l’intestin grêle et reçoit l’insertion de son extrémité. En haut, il se continue avec le colon. En dehors et en bas, il est arrondi, terminé en cul-de-sac et dirigé vers le pli de l’aine et vers l’ouverture supérieure des conduits inguinal et crural. En bas et en dedans, il se continue avec un appendice appelé cœcal ou 'vermiforme^ appendice de la grosseur d’un tuyau de plume , long de trois pouces à peu près , replié sur lui-même et fixé par un repli péritonéal particulier sur les côtés du détroit supérieur du bassin. ’

Du reste, à l’extérieur, le cæcum présente des dépressions, des bosselures et des franges épiploïques très prononcées. C’est de la base de son appendice que procèdent les bandes longitudinales du gros intestin.

A l’intérieur, le cæcum est pourvu d’une cavité qui se continue avec celles de l’appendice, du colon et de l’intestin grêle, et qui est garnie de cellules et de replis valvulaires , comme celle du reste du gros intestin.

La cavité de Tappendice cœcal est séparée de celle du cæcum par un rétrécissement très marqué ; de sorte qu’on voit souvent du mucus ou des vers intestinaux s’y accumuler.

On ne trouve aucune démarcation sensible entre la cavité du cæcum et celle du colon , mais il n’en est pas de même du coté de l’intestin grêle ; une ouverture appelée iléo-cœcale {1) , constitue , en ce point , une limite bien tranchée et très natu- ^ relie entre ces deux organes.

L ouverture iléo-cœcale resuite de l’insertion oblique de bas en haut et de dedans en dehors de l’intestin grêle sur le cæcum. Elle a la forme d une fente dirigée d’avant en arrière et de défi) Pour etudier convenabletnent celte ouverture, il faut séparer du

reste de 1 intestin la fin du [riléon et le cæcum , puis les insuffler et les dessécher.

hors en dedans , et se trouve garnie d’une valvule appele'e üéocœcale ou de Bauhin.

La valvule ileo-cœcale est formée de deux lè^vGs , une supe» rieure et une inférieure, lèvres qui se réunissent sous angles ou commissures. La lèvre supérieure, plus étroite , est dirigée vers le colon ; la supérieure, plus longue, répond au cul-desac du cæcum. Toutes deux sont molles et ont un bord adhèrent a l ouverture ileo-cæcale , et un bord libre, convexe et ordinairement flottant vers le cæcum. Une de leurs faces regarde l’instestin grêle; tandis que l’autre est tournée du côté du cæcum. Leurs angles de reunion donnent naissance à deux replis muqueux , que IVTorgagni a nommés Jreins de la valvule^ replis qui vont se continuer avec la membrane muqueuse cæcale, et qui, pai suite de cette disposition , se relâchent et n’opposent aucun] obstacle lors de l’abaissement de la valvule vers le cæcum, tandis quils se tendent lors de l’élévation de celle-ci vers l’iléum, et empêchent son renversement de ce côté.

Structure. Le cæcum lui-même n’olfre rien de particulier sous le rapport de la structure. Son appendice est pourvu des quatre tuniques qu on observe dans le cæcum ; mais ses fibres longitudinales sont uniformément étalées sur tout son contour; de sorte qu’il a la structure du gros intestin de l’embryon, dont les fibres charnues longitudinales, comme on l’a vu, n’ont pas encore la disposition fasciculée.

La valvule ileo-cæcale est réellement formée par la pénétration de 1 intestin grêle dans le cæcum, ainsi qu’Albinus le premier 1 a démontré. Le péritoine seul de cet intestin ne s y lencontre pas, tandis qu’on y trouve sa couche charnue, son tissu sous-muqueux et sa membrane muqueuse. Cette dernieie seulement y est, en quelque sorte, en excès, et dépasse les autres couches d’une assez grande étendue. Sur la face supérieure de la valvule iléo-cæcale , la membrane muqueuse oflre tous les caractères de celle de l’iléon, couleur., glandes de Peyer., etc.; inférieurement, elle est organisée comme celle du gios intestin ; le bord libre de la valvule est le point précis où s’opère ce changement brusque de structure (i).

(î) Dans les entérites folliculeuses , on constate souvent de la maniéré la plus évidente cette ligne de démarcation , les altérations de l’intestin

Développement. D’abord très petit chez l’embryon, le cœ-^ cum devient bientôt proportionnellement très long, beaucoup plus surtout que chez l’adulte ; on n’y remarque point d’appendice, ou plutôt, celui-ci, très large, se continue avec le coecum sans ligne de démarcation tranchée. La sèpaiation de ces deux parties s’établit vers le milieu de la grossesse. Dans l’origine la valvule iléo-cœcale n’existe pas ; on ne commence à l’apercevoir qu’à trois mois; d’abord elle est très incomplète , mais elle se forme rapidement , car elle est très développée chez le fœtus à terme.

Chez rernbryon , le cæcum n’occupe pas la région iliaque droite î il est place dans la région ombilicale, pies du flanc gauche. Plus tard il se porte un peu à droite , de telle sorte qu’au cjuatrièine mois on le trouve au-dessous des fausses cotes droites. Enfin il descend graduellement, avec l’âge, dans le flanc droit et la région iliacpie du même côté, et n’occupe définitivement le lieu indiqué qu’âpres la naissance.

Colon.

Le colon est la partie moyenne et la plus considérable du gros intestin. Il se continue, sans ligne de démarcation sensible, d’un côté, avec le cæcum, de l’autre avec le rectum. On lui assigne en bas une limite tout-à-falt artificielle au niveau de la symphyse sacro-iliaque gauche. C’est lui qui forme le sommet de la courbure du gros intestin , et comme celui-ci en totalité, il présente trois portions qui méritent chacune une description particulière , la première ascendante , la seconde transverse., la troisième descendante, celle-ci subdivisée en deux parties secondaires , qui constituent le colon descendant proprement dit et rS du colon.

Le colon ascendant, ou lombaire droit, occupe le flanc de ce côté. Il s’étend du cæcum au colon transverse, et forme avec celui-ci, au-dessous du foie, un angle dont l’ouverture varie suivant les sujets. Sa longueur est peu considérable. En avant,

grêle atteignent la face supérieure de la valvule iléo-cœcale et se bornent l

là; et réciproquement, dans certaines alïections du cæcum, on voit falté- j

ration de la membrane muqueuse n’envahir que la face inférieure de la j valvule. '

il est en rapport avec l’intestin grêle et le grand épiploon. En arrière , il est appliqué sur le rein droit et sur sa capsule, tantôt immédiatement et tantôt par le moyen d’un repli péritonéal, séparé par ces parties du feuillet antérieur de l’aponévrose vertébrale du muscle transverse. En dehors, il répond à la paroi latérale de l’abdomen. En dedans, il est en contact avec le muscle psoas et rintestin grêle. En haut, il est contigu au lobe droit du foie et à la vésicule biliaire.

Le colon transverse^ arc du ’colon, la plus grande des sections du gros intestin, est étendu, plus ou moins transversalement suivant les sujets, du flanc droit au flanc gauche, sur les limites des régions épigastrique et mésogastrique. Assez souvent il décrit une courbure à concavité supérieure, courbure tantôt simple^ tantôt sigmoïde, et descend vers la partie inférieure de l’abdomen , quelquefois même jusque dans le bassin. Il tient, d’un côté , à l’estomac au moyen d’une lame péritonéale qui fait partie du grand épiploon , la lame antérieure de celui-ci, et, de l’autre , à la colonne vertébrale à l’aide d’un autre repli péritonéal plus considérable encore, qui forme son mésentère particulier, le mésocolon transoerse.

En avant, le colon transverse est en rapport avec la paroi antérieure de l abdomen. En arrière, il répond à la masse de I intestin gicle et, plus immédiatement , à la partie inférieure de V arrière cavité des épiploons [i). En haut, il tient à l’estomac, comme il a été dit , tandis qu’en bas, sa surface est continuée par la partie la plus déclive de la lame de l’épiploon dans laquelle il est engagé.

Le colon descendant proprement dit, ou lombaire gauche^ s’étend depuis le colon transverse, avec lequel il forme un coude audessous de la rate, jusqu’à l’Sdu colon. Ses limites ne sont bien arrêtées ni en haut ni en bas, mais elles le sont moins encore dans le dernier que dans le premier point. Du reste, il est exactement disposé dans le flanc gauche comme le colon ascendant dans le flanc droit. En haut, il est contigu à îa rate et au grand cul-de-sac de l’estomac.

L S romaine^ courbure sigmoïde du colon^ colon iliaque , occupe la fosse iliaque gauche, se continuant, d’un côté, avec le

j(i) Voyez plus loin, péritoine.

colon lombaire et j de l’autre , avec le rectum. Elle se termine en bas à la hauteur de la symphyse gacro-iliaque , et décrit une double courbure , à laquelle elle doit le nom qu’elle porte. Lâchement fixé à la fosse iliaque par son mésocolon particulier, cet intestin est en rapport, en avant , avec l’intestin grêle et le grand épiploon; en dedans, avec l’intestin grêle encore et, en dehors, avec la paroi abdomin^ile.

Structure et dei>eloppement. La structure et le développement du colon n’offrent rien de particulier ; tout a été dit à cet égard dans la description générale du gros intestin.

Rectum.

Le rectum est la dernière et la plus inférieure portion du gros intestin. Placé dans l’excavation du bassin , il cotninence à la hauteur de la symphyse sacro-iliaque gauche, en se continuant avec rS du colon , puis se termine à l’anus.

Le rectum est loin de suivre la ligne droite, comme son nom semble l’indiquer ; il décrit, au contraire, une courbure générale à concavité antéi ieure , et concentrique à celle du sacrum ; puis se redresse seulement un peu au-dessus de l’anus , en traversant le périnée.

D’abord , placé au devant de la symphyse sacro-iliaque gauche, en dehors de la ligne médiane par conséquent, il se rapproche peu à peu de cette ligne en descendant, et se place tout-à-fait à son niveau inférieurement.

— Conformation, Le rectum est plus large à sa partie moyenne qu’à ses extrémités. Cependant son extrémité supérieure est beaucoup moins remarquable sous ce rapport que l’inférieure , car l’anus est le point le plus rétréci de cet intestin.

Un peu au-dessus de l’anus, le rectum présente un évasement ovoïde, c|ui porte le nom de cul-de-sac du rectum., évasement qui se prononce avec l’âge, et d’autant plus que l’état de constipation est plus habituel.

La surface extérieure du rectum n’ofire aucune des bosselures et des dépressions cju’on remarque sur le reste du gros intestin. Elle doit être subdivisée en deux portions d’inégale étendue , une qui en comprend les trois quarts supérieurs , l’autre bornée à son quart inférieur. La première peut être

appelée pelvienne oxx péritonéale ^ parce qu'elle occupe Fexca- 'vation du bassin et qu’elle a des rapports avec le péritoine. La seconde est mieux nommée périnéale ou apéritonéale^ parce qu’elle est engagée dans la région du périnée et privée de contact avec le péritoine.

La portion supérieure , pelvienne ou péritonéale du rectum, pourvue de péritoine, comme son nom l’indique, est en rapport, en avant, avec la vessie chez l’homme , avec l’utérus et le vagin chez la femme, et en est séparée par une dépression péritonéale dans laquelle s’engage par fois des anses d’intestin grêle. En arrière, elle est unie au bassin par un tissu cellulaire lâche, par des vaisseaux et des nerfs, et, supérieurement, par un mésentère particulier appelé mésorectum. Latéralement elle est revêtue par le péritoine et en rapport avec les muscles releveurs de l’anus , surtout au niveau de son évasement.

La portion inférieure., périnéale ou apéritonéale du rectum est privée de péritoine , comme son nom l’indique , et traverse le périnée en arrière des organes génitaux. En arrière, elle est en rapport avec le coccyx. En avant et en haut, elle est unie an bas-fond delà vessie chez l’homme, a la partie postérieure du vagin chez la femme , de manière à former la cloison recto- 'Vésicale chez le premier, la cloison recto-vaginale chez la seconde. En avant et en bas, elle est séparée du col de la vessie et de l’urètre, chez l’homme, du vagin, chez la femme , par un intervalle triangulaire dont la base est à la surface du périnée , et dans lequel on trouve, chez le premier , la prostate , les extrémités réunies des muscles sphincter de l’anus, bulbo-caveriieux, et la partie antérieure du muscle releveur de l’anus; chez la seconde, du tissu cellulo-graisseux et les extrémités des muscles sphincters de l’anus et du vagin.

extrémité supérieure du rectum est un peu rétrécie , comme on l’a déjà vu, mais elle n’offre rien autre chose de remarquable ; il n’en est pas de même de l’inférieure.

U extrémité inferieure ou anale du rectum , V anus , est une ouverture arrondie, placée au niveau des tubérosités sciatiques chez riiomme, et un peu en arrière de ce point chez la femme. La peau et la membrane muqueuse se continuent insensiblement ensemble sur la marge de cette ouverture, en

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formant des plis rayonnés, dans l’intervalle desquels s’ouvrent une foule de follicules qui sécrètent une matière très odorante. Des poils plus ou moins nombreux et plus forts chez l’homme que chez la femme , naissent aussi de la peau du voisinage.

La surface interne du rectum est lisse et dispose'e en sens inverse de la surface externe de cet intestin. On y remarque des plis longitudinaux qu’on a appelés colonnes du recluni , plis qui s’effacent par la distension et qui sont croisés à angle droit par des valvules transversales assez analogues à celles

qu’on trouve dans le reste du gros intestin.

Slruclure. Quatre membranes forment cette partie du gros intestin, comme toutes les autres.

La tunique péritonéale n’appartient, comme il a été dit, qu’au trois quarts supérieurs du rectum , elle manque tout-à-fait dans sa portion périnéale. Dans le premier point, elle offre même des variétés assez grandes, suivant les individus et suivant l’état de dilatation ou de retrait de cet intestin : chez certains sujets, elle ne fait que passer sur ses parties latérales et antérieure, sans revêtir le moins du monde sa face postérieure et sans former de mesorectum, tandis que chez d’autres elle offre presque une disposition inverse; lorsqu’il est vide, elle l'entoure beaucoup plus complètement que lorsqu’il est distendu par d’abondans fèces. Dans l’état normal, le péritoine descend sur le rectum jusque vers un point qui varie suivant les sexes, jusqu'à trois pouces de la marge de l’anus, terme moyen, chez l’homme, jusqu’à un pouce et demi, chez la femme.

La tunique charnue du rectum diffère de celle du reste du gros intestin par l’abondance et la couleur plus rouge de ses fibres. Sous ce dernier rapport, comme sous beaucoup d’autres , celte tunique fait la transition entre les muscles intérieurs et ceux du squelette. Ses fibres, au reste, sont longigitudinales et circulaires. Les premières, sont uniformément disposées sur tout le contour de l’intestin. Les secondes sc prolongent jusqu’à la partie supérieure et interne du sphincter anal , et forment un bourrelet circulaire que les auteurs ont appelé sphincter interne. Les unes et les autres sont d’autant

plus rouges et d’autant plus nombreuses qu’on les examine plus inférieurement.

La tunique fibreuse du rectum n’a rien de particulier.

La tunique muqueuse se continue insensiblement avec la peau sur la marge de l’anus, comme je l’ai déjà montré. Elle est plus rouge que celle du reste du gros intestin. Les follicules y abondent, surtout inférieurement; ceux qui appartiennent à la membrane muqueuse qui tapisse la partie inférieure de son évasement ovoïde , ont leur goulot particulièrement dirigé en haut (1).

Les artères du rectum viennent de la mésentérique ùifé'rieure , du tronc des hypogastriques et des honteuses internes, sous les noms àiartérhs hémorroïdales supérieures , moyennes et inférieures. Ses veines sont disposées de la même manière, et remarquables par l’absence de valvules (2). Ses vaisseaux lymphatiques se portent presque tous dans les ganglions pelviens; ceux de la marge de l’anus seuls se dirigent vers l’aine. Ses nerfs émanent à la fois du grand sympathique et du plexus sacré.

Développement. Dans les premiers momens delà vie embryonaire, le rectum se réunit vers sa partie inférieure, avec les organes génito-urinaires, et forme avec eux une cavité commune, analogue au cloaque des oiseaux; les progrès de l’âge opèrent la séparation de ces parties. Avant l’arrivée du méconium dans sa cavité, le rectum est fort étroit; mais il se dilate à cette époque. Chez le fœtus et chez l’enfant , il présente à peine des rudimens de cet évasement ovoïde qui se prononce si bien chez l’adulte, et qui prend quelquefois une si prodigieuse ampleur chez le vieillard; chez l’enfant aussi , et par suite de l’état précédent , il n’y a pas d'union entre le rectum et la vessie , chez l’homme , entre lui et le vagin chez la femme , et les cloisons recto-vesicale et recto-vaginale n’existent pas. Aussi, à cet âge, le péritoine peut-il revêtir et revêt-il réellement une beaucoup plus grande étendue de la face antérieure de cet intestin, et

(1) Celte circonslance les rend très disposés à se laisser engorger par le» matières qui descendent vers ce point, ou à recevoir rextrémité poinlue de certains corps non digérés qui se trouvent au milieu des leccs.

(a) Ce qui les dispose à la dilatation variqueuse.

AWATOMIE

descend-il bien plus près de la mar^e de l’anus (i). C’est après l’époque de la puberté , et surtout chez l’homme , que des poils se forment près de la marge de l’anus.

Vciriélés. Dans la transposition des viscères , le rectum répond à la symphyse sacro-iliaque droite. Il manque quelquefois dans une portion plus ou moins grande de son étendue, rarement en totalité. Dans d’autres cas, il est fermé inférieurement par une adhérence de ses parois, ou par une membrane. Chez' certains sujets, il est à la fois oblitéré du côté de l’anus, d’une manière plus ou moins entière et ouvert, dans le vagin chez la femme , dans la vessie ou dans l’urètre chez lliomme. On l’a vu recevoir rextrémité inférieure du vagin, celui-ci étant oblitéré vers le périnée , etc.

Usages. Le rectum sert de dépôt , en dernier lieu , aux matières fécales avant leur excrétion ; son évasement ovoïde est principalement destiné à cette fonction. Chez les personnes âgées et sujettes à la constipation , il peut, sous cette influence, acquérir un développement extraordinaire et remplir toute Texcavation pelvienne.

Le rectum jouit d’une contractilité très développée , contractilité que la volonté , ou des circonstances qui lui sont étrangères peuvent mettre en jeu , qui concourt pour une grande part à l’excrétion des fèces et qui souvent suffit seule à cette action.

APPENDICE

yipj)areils sécréteurs annexés à la portion abdominale du canal

Indépendamment de la membrane muqueuse qui est un organe sécréteur fort actif, indépendamment des glandules ou follicules qui y abondent, la portion al)dominale du canal digestif est encore pourvue de deux appareils de sécrétion spéciaux, celui de la bile et celui du suc pancréatique.

(i) Telle opération que Pon peut pratiquer sur le rectum de l’adulte, sans crainte d’ouvrir le péritoine , ne le serait pas impunément chez l’enfant, pour celte raison.

SECTION PREMIÈRE

Appareil de sécrétion de la hile.

L’appareil de sécrétion de ia bile est aussi complet que puisse l’ètre un système sécréteur : on y trouve une glande ^ ou or* gane formateur du fluide, un conduit vecteur, une cai^ité de dépôt et un canal excréteur.

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