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CHAPITRE PREMIER

' Organe formateur de la hile.

(Le Foie.)

Le foie, des grecs fecur des latins , organe de la sécrclion de la bile , est la glande la plus volumineuse du corps humain. Il est impair, irrégulier, et occupe Thypocliondre droit , une partie de l’épigastre et se prolonge au-devant de l’estomac jusqu’à Fhypochondre gauche. Borné en haut par le diaphragme auquel il adhère , il repose en bas sur l’estomac et sur le paquet intestinal et se trouve protégé , en avant, par les sept à huit dernières côtes du côté droit. D’habitude il ne dépasse pas la base du thorax ; mais la pression des corsets chez la femme Talonge un peu dans le sens vertical et le fait descendi'e, en général , un peu plus bas chez elle que chez l’homme.

Dans l’état sain , et chez l’homme de moyenne stature, le plus grand diamètre du foie , le transversal , oftVe dix à douze pouces de longueur et l’antéro-postérieur cinq à six. Son épaisseur très considérable vers l’extrémité droite, va successivement en diminuant vers la gauche. Ses dimensions varient du reste un peu , suivant que ses vaisseaux sont vides ou remplis de sang.

Le poids absolu du foie est de trois à cinq livres; sa pesanteur spécifique est à celle de l’eau à peu près :: i5 : so. Son volume et sa pesanteur augmentent quelquefois d’une manière extraordinaire. Glisson prétend qu’il y a toujours un certain rapport entre son développement et celui des testicules chez 1 homme ; du moins, il l’a trouvé constamment plus petit chez les castrats que chez les individus pourvus de testicules , chez le chapon que chez le coq. Sa couleur est brunâtre.

Conformation. La forme du foie, généralement irrégulière, ressemble cependant assez bien à une portion d’ovoïde coupé obli-

quement dans le sens de sa longueur et de manière qu’une extrémité de celui-ci soit plus grosse que l’autre. Cette forme peut, du reste, offrir beaucoup de variétés. Quoiqu’il en soit, le foie présente une face supérieure , une face inférieure et une circonférence.

La face supérieure, convexe^ ou diaphragmatique, lisse, recouverte par le péritoine, généralement convexe, mais plus à droite et en arrière qu’à gauche et en avant , répond au diaphragme qu’elle refoule et dont elle auginente la concavité. Elle présente une triple inclinaison : à gauche, elle regarde directement en haut ; au milieu, elle est en même temps supérieure et un peu postérieure ; à droite, elle est tournée tout-àfait en dehors. Cette face est divisée, par un repli du péritoine improprement nommé ligament suspenseur , en deux portions inégales, qui répondent au lohe gauche et au lobe droit du foie. Elle est en rapport dans toute son étendue avec le diaphragme , et dans quelques cas seulement , lorsque le foie est plus développé ou plus refoulé en bas que de coutume, avec la paroi abdominale antérieure.

La^rtce inférieure du foie , face concave, ou gastrique , moins étendue que la précédente , mais plus compliquée , est un peu concave dans son ensemble et obliquement dirigée en bas et en arrière. Elle offre une suite d’éminences et de sillons qui la rendent très irrégulière; c’est par elle que pénètrent les vaisseaux qui se rendent à l’organe, et que sortent ses conduits excréteurs. On y remarque, de gauche à droite, les objets suivants :

1^ Une surface légèrement concave cjui constitue la face inférieure du lobe gauche du foie, et qui recouvre l’estomac, quelquefois même la rate.

2” Le sillon de la 'veine ombilicale, sillon longitudinal, ou antero-postérieur , dirigé d’avant en arrière , un peu plus profond antérieurement que postérieurement, et qui reproduit en bas la division du foie en deux lobes. En avant, ce sillon est assez souvent converti en un véritable canal , par une languette fibreuse , ou par un prolongement , en forme de pont, de la substance même de Torgane. Il renferme, chez le fœtus, la veine ombilicale et le canal veineux , chez l’adulte, des cordons fibreux qui résultent de l’oblitération de ces vaisseaux.

5” Le sillon de la veine porte ou sillon transverse qui coupe

DES ORGANES DIGESTIFS, perpendiculalremeni le précédent. Long ordinairement de dix-huit à vingt lignes, plus ou moins profond et dirige' suivant le grand diamètre du foie, ce sillon est situé plus près du lobe gauche (jue du droit, et se rapproche un peu du boid postérieur de l’organe. Il est plus large à son extrémité gauche qu’à son extrémité droite, et loge le sinus de la veine porte , l’artère hépatique , les racines du conduit hépatique , des vaisseaux lymphatiques, des filets nerveux en assez grand nombre et du tissu cellulaire très serré et disposé en membrane.

4® Les éminences portes antérieure et postérieure^ situées en avant et en arrière du sillon précédent. éminence porte antérieure^ lobe carré, lobule antérieur, est large , peu saillante et répond, à gauche, à la moitié antérieure du sillon longiiudinal , en arrière, au sillon transverse, et à droite à la dépression qui loge la vésicule biliaire. Quelquefois elle se prolonge, en arrière, sous la forme d’un mamelon saillant. Vééminence porte postérieure , lobule , petit lobe ou lobe de Spigel , plus prononcée que la précédente , fait saillie dans l’arrière-cavité des épiploons et se trouve située entre le sillon tiansverse et le bord postérieur du foie , un peu à droite du sillon antéro-postérieur. Elle présente à sa partie moyenne une sorte de mamelon triangulaire, et à sa base deux prolongemens saillaiis, dont l’un, postérieur, va concourir à former le sillon de la Deinc ca^e , tandis que Tautre, antérieur, se dirige à droite du sillon transverse, et se perd insensiblement sur la face inférieure du lobe droit du foie. Cette éminence, embrassée par la petite courbure de l’estomac, répond, à gauche ’, à l’orifice œsophagien de cet organe et au pancréas , à droite, à la veine cave inférieure , en arrière , au côté droit de la colonne vertébrale , et peut présenter beaucoup de variétés de forme et de volume.

5® Le sillon de la veine cave inférieurCy placé à droite du lobe de Spigel, large, superficiel, peu étendu en longueur, et criblé d’une foule d’ouvertures vasculaires, pour les veines sus-hépa~ tiques.

6’’ Deux légères dépressions , l’une, antérieure, superficielle, en rapport avec l’arc du colon , l’autre , postérieure , plus profonde, destinée à la capsule surrénale et au rein correspondant.

La circonférence du foie, mince en avant , obliquement di-

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rigée de haut en bas et de gauche à droite , ordinairement de niveau avec la hase du thorax, est plus épaisse vers l’extrémité droite de l’organe que vers son extrémité gauche. Elle se trouve interrompue par deux échancrures ; l une, gauche, plu3 profonde, reçoit la veine ombilicale, tandis que l’autre, plus superficielle , située plus a droite et plus laige, répond a la ver* sicule biliaire. Celle-ci quelquefois est à peine indiquée.

En arrière, la circonférence du foie est un peu moins étendue qu’en avant, mais beaucoup plus épaisse, surtout a droite; vers sa partie moyenne, elle présente l extrémité du sillon de la veine cave, et est fixée au diaphragme par un tissu cellulaire dense et serré qui concourt a former le ligament coronaire.

A droite , le foie est mince en avant et très épais en arrière ; il est fixé au diaphragme par un repli péritonéal triangulaire , qu’on nomme ligament triangulaire droit du foie.

A gauche , le foie , mince et convexe , se prolonge souvent jusqu’à la rate sous la forme d une languette , et est uni au diaphragme à l’aide d’un repli péritonéal , appelé ligament triangulaire gauche du foie.

Structure. Le foie de i’hoinme, difiérent sous ce rapport de celui de la plupart des autres mammifères, est, comme on l’a vu, assez peu divisé en lobes : il n’en a réellement que deux, 1 un droit et l’autre gauche, le premier, beaucoup plus grand que le second et séparé de lui, en haut, par le ligament suspenseur, en bas, par le sillon antéro-postérieur. Le lobe droit est subdivisé à son tour en deux lobes secondaires, Tun qui comprend sa plus grande partie, l’autre qui est représenté par l’éminence porte postérieure.

Quoi qu’il en soit, et bien que l’éminence porte postérieure ne soit qu’un lobule ou division du lobe droit, elle est considérée par la plupart des anatomistes comme analogue aux deux autres lobes, sous le nom de lohe de Spigel, et le foie est ainsi représenté comme formé de trois lobes de grandeur inégale : le droit, le plus grand de tous, le gauche, cjui vient ensuite sous ce rapport, le lohe de Spigel, le plus petit des trois.

Les trois lobes du foie sont réunis en une seule grande masse par des membranes qui leur forment des enveloppes communes; des granulations particulières, du tissu cellulaire, des vais-

seaux et des nerfs entrent, en outre, dans la composition intime de chacun d’eux.

Les enifeloppes du foie sont au nombre de deux, une séreuse et une fibreuse.

U enveloppe séreuse est beaucoup moins essentielle et beaucoup moins importante que l’autre. Elle est fournie par le péritoine , et manque dans certains points , au niveau du bord postérieur , et dans le fond des scissures de la face inférieure , qui sont les points d’émergence ou de pénétration des vaisseaux. C’est elle qui forme les prétendus ligamens suspenseur , triangulaires , et une partie du ligament coronaire. Libre par sa face superficielle , elle adhère profondément à la tunique fibreuse, plus lâchement à la base des ligamens que partout ailleurs.

enveloppe fibreuse du foie, capsule de Glisson, est véritablement la tunique propre de cet organe. Elle est immédiatement appliquée sur lui, l’entoure dans toutes ses parties , et pénètre même profondément dans son tissu, en accompagnant certains vaisseaux, et formant autour d’eux des prolongemens, que Glisson a particulièrement très bien décrits. Cette membrane présente ainsi deux portions bien distinctes , une extérieure et une intérieure. Sa portion extérieure revêt tous les points de la surface extérieure du foie , même ceux au niveau desquels on ne rencontre pas l’enveloppe séreuse (i). En dehors, elle est intimement unie à celle-ci, presque partout. En dedans , elle envoie une foule de filamens cellulaires dans le tissu de l’organe , et ne peut être séparée de ce tissu qu’à la faveur de la rupture de ceux-ci. Sa portion intérieure se continue avec la précédente aux deux extrémités du sillon transverse. Elle entoure, en manière de gaine , tous les vaisseaux et tous les nerfs qui pénètrent par ce sillon, et offre, comme ces parties, une disposition arborescente et une direction transversale. C’est particulièrement autour des divisions de la veine porte qu’il est facile de l’apercevoir. La capsule de Glisson, en effet, paraît former une gaine principale pour cette veine, gaine dans l’épaisseur de laquelle

^( l) C’est là surtout qu’on peut bien il’étudier.

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d’autres plus petites sont, en quelque sorte, creusëes pour Varlère^ pour le canal biliaire et pour les vaisseaux Ifmphati^ ques profonds. Les veines sus-hépatiques adhèrent intimement à la substance du foie, et sont tout-à-fait étrangères à cette partie de la membrane fibreuse. En dehors , les gaines de la capsule de Glisson adhèrent au tissu du foie et y envoient des prolongemens fibreux. En dedans, elles sont plus lâchement unies aux vaisseaux qu’elles entourent.

En définitive, la membrane fibreuse constitue ensemble l’enveloppe et le squelette du foie ; c’est elle qui lui donne sa forme et sa résistance ; et ce sont ses prolongemens filamenteux inlergranulaires qui forment son tissu cellulaire (i).

Les granulations du foie ont une couleur rougeâtre qui a été précédemment indiquée. Elles ont une forme polyédrique, qu’on ne peut bien reconnaître qu’en déchirant une portion de l’organe et la soumettant au foyer d’un microscope. Elles sont très serrées les unes contre les autres , enveloppées et réunies au moyen de tissu cellulaire. Elles paraissent creuses à l’intérieur et donnent naissance, chacune de leur côté, à une petite racine du canal biliaire. Elles sont placées sur les divisions des vaisseaux hépatiques, comnie les grains du raisin sur les divisions du pédoncule de leur grappe. G est vers elles que se rendent les dernières ramifications des artères, de la veine porte et des nerfs du foie. Ce sont elles qui donnent naissance aux veines sus-hepatiques et aux vaisseaux lymphatiques profonds. Tous les vaisseaux y communiquent très facilement ensemble, comme le démontrent les injections fines. Le tissu de chaque granulation est poreux , suivant M. Cruveilhier , et foriué de la manière suivante par les vaisseaux hépatiques : en dedans , par le canal biliaire , plus en dehors, par une veine sus-hépatique, et plus excentriquement encore, par les petites divisions de l’artère hépatique, de la veine porte et des vaisseaux lymphatiques profonds.

Ferrein, et depuis lui la plupart des anatomistes et des mé-

(i) Dans certaines maladie du foie, cet appareil fibro-cellulaire devient plus dense dan; toutes ses parties ; il se retire sur lui-même, se contracte et produit une sorte de recoquillement ou de raialinement de cet organe.

DES ORGANES DIGESTIFS. aoS

decins, ont admis la subdivision du tissu des granulations du foie en deux tissus secondaires, l’un rouge et l’autre jaune; le premier, extérieur, qui formernit la substance corticale àu. foie; le second, intérieur, qui constituerait sa substance médullaire. Suivant Meckel, dont les observations en ce point, comme en beaucoup d’autres, sont fort exactes, la substance jaune, partout continue à elle-même, forme un vaste réseau qui embrasse tout le foie, et dans les aréoles duquel apparaissent les masses isolées de la substance rouge.

Je crois m’être élevé un des premiers dans mes cours contre cette doctrine ; j’y ai montré que la substance granulaire du foie est partout naturellement rougeâtre; mais que, par Timbibition de la bile sur le cadavre, elle prend en dedans la teinte jaune de celle-ci. On conçoit, du reste, que cette imbibition de la bile ayant lieu sur tout le trajet des conduits c[ui charrient ce fluide, la teinte jaunâtre, substance jaune de Fer rein ^ doive offrir cette continuité , cette disposition en réseau que Meckel a si bien signalée. Sur un animal qu’on vient de sacrifier, il n’y a pas encore cette apparence jaunâtre ; on ne tarde pas à la voir se prononcer de plus en plus , et bientôt le foie prend un aspect granétique très apparent.

Les artères du foie sont fournies par V hépatique du tronc cœliaque.

Ses veines sont de deux ordres : les unes y pénètrent par la scissure transversale et vont s’y perdre à la manière des artères; ces veines sont les branches de terminaison de la veine porte, [veines sous - hépatiques ^ Chauss.), dont les branches d’origine , tout-à-fait étrangères à l’appareil biliaire, appartiennent à tous les viscères abdominaux, moins les organes urinaires et génitaux. Les autres, {veines sus-hépatiques ^ Chauss.), naissent dans le foie, au lieu de s’y rendre, en sortent près de son bord postérieur et s’ouvrent, par plusieurs troncs, dans la veine cave inférieure, Les premières sont entourées par la capsule de Glisson, et séparées par elle de la substance du foie. Les secondes, tout-à-fait étrangères à cette capsule, sont intimement unies au foie et restent béantes, quand on les divise avec celui-ci.

Les vaisseaux lymphatiques du foie sont extrêmement nombreux, les superficiels surtout; ils se rendent directement, les

uns , vers Torigine du canal thoracique , quelques autres, vers des ganglions placés autour du pancréas. Les vaisseaux lymphatiques profonds sortent par la scissure transversale, enveloppés par la capsule de Glisson.

Les nerfs du foie émanent surtout du grand sympathique» Le pneumo-gastrique droit envoie aussi quelques rameaux à cet organe ; mais il n’est pas aussi bien établi qu’il en reçoive du diaphragmatique correspondant.

Développement. Le foie se montre de très bonne heure, et avec un volume relatif fort considérable. Ce volume est d autant plus grand que l’embryon est plus jeune, et il va en diminuant, au contraire, à partir du milieu de la vie intra-utérine, quoique le développement absolu augmente giaduellement jusqu’à la naissance. Dans la première année qui suit cette époque, suivant Meckel, le foie diminue un peu; ensuite, il augmente de volume jusque dans l âge aciulte, et s atrophie chez le vieillard, à moins que certaines maladies aient porté sur lui leur funeste influence.

Chez i’embryon le plus jeune, le foie offre la plus parfaite symétrie ; son ligament suspenseur est placé sur la ligne médiane , ainsi que le sillon antéro-postérieur, et ses deux lobes remplissent également les hypochondres. Alors aussi le foie n’occupe pas seulement la zone épigastrique, il se rencontre encore dans les zones ombilicale et hypogastrique, placé au devant de l’intestin, immédiatement en arrière de la paroi abdominale antérieure. A mesure que la vie intra-utérine avance, on voit le foie abandonner successivement les régions inférieure et gauche de l’abdomen, et perdre, par l atrophie de son lobe gauche, la symétrie qui le caractérisait auparavant.

Le foie du fœtus reçoit des vaisseaux d’une source qui est étrangère à celui de l’adulte, de la meine ombilicale. Venue du placenta et du cordon (i), cette veine pénètre dans l’abdomen par l’ombilic , comme on le verra plus tard, s'engage dans le sillon antéro-postérieur du foie et s’y termine d’une triple • manière : elle envoie dans le lobe gauche du foie de nom-

breux rameaux, ce qui, sans aucun doute, favorise le développement considérable de celui-ci ; 2® elle s’anastomose à

(1) Portions vasculaires de l’ceuf, qui cessent d’exister après la naissance.

DES ORGANES DIGESTIFS. éô;

droite, par une branche volumineuse, avec le tronc de la veine ■porter 3^^ elle se continue, sous le nom de canal peineuxy dans la partie postérieure du sillon ante'ro-postërieur, et s’ouvre dans la veine-cave ascendante. Après la naissance, le tronc de la veine ombilicale et le canal veineux s’oblitèrent et se transforment en cordons fibreux ; mais l’anastomose* avec la veineporte et les branches gauches de la veine ombilicale persistent et, par une curieuse métamorphose , elles deviennent partie intégrante de la veine-porte, et en constituent la branche et les rameaux gauches (i).

Dans l’origine, la substance du foie est molle, blanchâtre ou grise. Plus tard , elle prend une teinte brunâtre prononcée. A l’époqne de la naissance sa couleur s’éclaircit un peu.

Variétés, Le foie manque constamment chez les acéphales. Il est quelquefois beaucoup plus subdivisé en lobes que dans l’état ordinaire^ analogue, sous ce rapport, au foie de la plupart des mammifères. Dans d’autres cas, et par une sorte d’opposition , il est moins lobé que de coutume ; je lai vu globuleux, etn’ofirant que des scissures très peu profondes pour ses vaisseaux. Il est plus rare de le voir séparé complètement au niveau de son sillon antéro-postérieur , et de trouver , en quelque sorte, deux foies, l’un gauche et l’autre droit; j’ai conservé long-temps une variété de cette espèce. Chez quelques sujets , il offre quelques sillons superficiels à droite, sur sa face convexe ; ces sillons correspondent quelquefois aux côtes et ont été considérés comme produits par l’impression de ces os , mais souvent aussi leur position, leur forme, leur direction, différentes de la position , de la forme et de la direction des côtes, ne permettent pas de leur attribuer cette origine.

Action. Le foie est l’organe sécréteur de la bile ; reeoit-il les matériaux de ce fluide de son artère , de la veine-porte qui s’y distribue comme celle-ci, ou des deux vaisseaux à la fois? C’est là un point de physiologie qui partage depuis longtemps les médecins, et dont je me suis moi-même occupé. Qu’il me suffise de dire ici que la dernière supposition est celle qui réunit en sa faveur le plus grand nombre de faits ^ mais que cependant le foie ne paraît pas agir de la même manière sur le

(i) Voyez plus loin embryogénie.

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sang de l’artère lie'patlque et sur celui de la veine- porte ï il ne^ prend à celle-ci que la hile qu’elle a nécessairement absorbée par ses radicules intestinales, tandis qu’il demande à celle-là les élérnens d’une bile nouvelle. De sorte que la nature pourrait bien n’avoir donné à la veine-porte la disposition artérielle remarquable qu’elle présente dans le foie , que pour obliger le sang qui revient de l’intestin à s’y dépouiller de la bile qu’il contient, avant d’aller se mêler, dans le cœur, avec celui qui revient des autres parties du corps.

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