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CHAPITRE PREMIER

Fente vulvaire,

La fente vulvaire est principalement formée, surtout à l'exte'rieur, par deux replis cutanés et muqueux à la fois , qui constituent les lèvres de la vulve. Les nymphes., le vestibule et Vouverture vulvo- vaginale , sont placés plus profondément, et ne peuvent être bien distingués qu’après la séparation préalable de celles-ci.

l Les lèvres de la vulve , grandes lèvres des auteurs (1), sont les replis qui forment la vulve à Textérieur. Aplaties de dehors en dedans, elles se réunissent en avant et en arrière sous deux angles ou commissures.- La commissure antérieure avoisine le mont de Vénus, et répond à la face antérieure de la symphyse pubienne. La commissure postérieure, appelée aussi fourchettey est séparée de l’anus, en arrière, par un étroit espace que quelques personnes appellent improprement le périnée de la femme (2), et répond, en avant, à une petite dépression, connue sous le nom de fosse naviculaire. Leur face externe est légèrement convexe, cutanée, velue et tournée vers la face interne des cuisses. Leur face interne est plane, muqueuse , et dirigée vers l’entrée du vagin. Leurs bords libres, habituellement juxtaposés, sont les points au niveau desquels la peau se continue avec la membrane muqueuse génitale , et ceux qui forment la marge de la vulve. Leur bord adhérent est diri gc vers la branche correspondante de l’arcade pubienne ; il n est pas bien terminé en dedans, tandis qu’en dehors il est

(1) Chaussier tait justement observer que la dénomination de grande» lèvres, nécessitée dans l’ancienne nomenclature par celle de petites lèvres improprement appliquée à de simples replis muqueux placés en dedans des parties que je décris, est un vice de langage. Eu effet, en anatomie, on appelle lèvres des replis cutanés et muqueux à la fois, qui se rencontrent sur la limite de certaines cavités intérieures. Or, il est clair que

réunissent pas ces caractères , et que la vulve, par conséquent, au lieu de quatre lèvres n’en a que deux, celles qui nous occupent maintenant.

(2) Le périnée , de -niçA autour , et temple , est formé par la réunion de to^ les organes compris dans 1 aire du détroit inférieur du bassin , organes voisins des parties génitales que les anciens appelaient sacrées.

ajB ANATOMIE

séparé de la partie interne de la cuisse par un sillon dans lequel la peau est pourvue de nombreux filleules.

Les lèvres de la vulve sont formées j en dehors, par une peau fine et velue, en dedans, par la membrane muqueuse de la vulve et, à rintérieur, par un tissu cellulo-graisseux rempli de vaisseaux et de nerfs, et dans lequel vient se terminer un prolongement de l’aponévrose superficialis.

2® Les nymphes petites lèvres des auteurs, sont deux replis muqueux placés en dedans des lèvres de la vulve, en avant de cette partie. Elles ont la forme de crêtes de coq et une longueur variable suivant les individus; tantôt leur sommet ne dépasse pas celui des lèvres de la vulve et reste caché par elles; tantôt, au contraire, elles proéminent beaucoup au delà de ces lèvres. Leur face externe est muqueuse, lisse et appliquée contre la face interne des lèvres de la vulve. Leur face interne, lisse et muqueuse, comme la précédente, est dirigée vers le vestibule et l’entrée du vagin. Leur extrémité antérieure converge vers la ligne médiane, se bifurque avant d’y arriver, et se termine en embrassant l’extrémité du clitoris, formant le prépuce particulier de ce petit corps, et se réunissent au-dessus et au-dessous de lui avec celle du côté opposé. Leur extrémité postérieure se perd insensiblement en dedans - des lèvres de la vulve. Leur bord libre est mince, tranchant et plus ou moins fendillé. Leur bord adhérent est séparé des lèvres de la vulve, en dehors, par Un sillon dans lequel on rencontre beaucoup de follicules qui sécrètent une matière blanchâtre.

La membrane muqueuse de la vulve forme la plus grande partie des nymphes , et y est surtout remarquable par ses nombreux follicules. De nombreux vaisseaux , des veines particulièrement; , sont interposées aux deux feuillets de la membrane précédente et y présentent une disposition érectile manifeste.

5“ Le 'vestibule est un espace triangulaire placé à la partie antérieure de la vulve et au-dessus de l’entrée du vagin. Il

(i) Ainsi nommées par les Grecs qui pensaieiU, avec raison, qu'elles président à l'émission de rurine. Cette dénomination, critiquée par quelques personnes, est la meilleure , sans comparaison ; on verra même par la “suite qu'elle est éminemment philosophique.

est circoHScrit , latéralement et en avant , par les iiyniphes et le clitoris ; en arrière , par l’entrée du vagin et le méat urinaire. Cet espace est susceptible de varier d’étendue antéro-posténeure , suivant qu’on déprime plus ou moins l’urètre. Il est formé extérieurement par la membrane muqueuse vulvaire, et offre une grande importance en anatomie cliiiurgicale; car c’est sur lui qu’on pratique les incisions qui caractérisent la plupart des méthodes de litliotomie périnéale chez la femme.

4® h’om^erture vulf^o-Daginaîe, entrée du vagin des auteurs, est le point de conimptuication de la vulve et du vagin. Elle aune forme à peu près circulaire. Elle est occupée par la mem~ hvane hymen, chez les vierges , et par les caroncules myrtifonnes chez les femmes.

L’existence de l’hymen a été long -temps un sujet de contestation parmi les anatomistes et les médecins, ceux-ci considérant cette membrane comme constante , ceux-là assurant qu’elle mancpie souvent. Aujourd’hui tous les doutes sont dissipés à cet égard. On sait parfaitement qu’il se rencontre toutes les fois qu’il n’a pas été détruit (i) , ou tout au moins qu’il n’est pas sujet à plus d’anomalies que la plupart des autres organes. Il est très mince , tantôt circulaire, et tan-' tôt de la forme d’un croissant ; il obture chez celles-ci , la partie postérieure , chez celles-là les parties postérieure ou latérales de l’ouverture vulvo - vaginale. Il a une face vulvaire ou inférieure , une vaginale ou supérieure , un bord libre concave et un bord adhérent convexe. Il est formé par un repli de la membrane muqueuse vulvo-vaginale.

L’oxistence clés caroncules myrtiformes a été et devait être contestée, lorsqu’on mettait en doute celle de l’hymen. Ce sont des tubercules irréguliers, placés à l’entrée du vagin èt formés par les débris de cette membrane. Leur nombre et leur saillie sont toujours en raison inverse du nombre des accouebemens.

Développement. Il parait c|ue dans l’origkie la commissure postérieure de la vulve n’existe pas, que l’anus et la vulve

(1) Dlversfs circonstances indépendantes des approclies de Fhomnie peuvent 0|)érer celte destrucüon: de sorte que son absence nb st pas nécessairement la preuve de l’exercice antérieur du coït.

28e ANATOMIE

communiquent ensemble et que leur séparation ne s’établit que plus tard , par la formation du raphé périnéal.

Quoi qu’il en soit, les lèvres de la vulve sont d/abord peu développées, tandis que, par opposition, les nymphes sont très longues et dépassent beaucoup le niveau des replis précédens. A mesure que lage avance, une proportion inverse tend à s'établir, comme je l'ai précédemment indiqué ; mais cependant il n'en est pas toujours ainsi.

Dès l’origine , l’ouverture vulvo-vaginale est garnie d'un hymen très développé, beaucoup plus même, relativement à cette ouverture, qu'il le sera par la suite; de sorte qu'au lieu d’être tendue, cette membrane est flottante inférieurement entre les nymphes , et présente deux valves latérales qui ressemblent beaucoup à ces replis. Aussi , certains anatomistes ])eu attentifs, abusés par la double circonstance de l’état rudimentaire des lèvres de la vulve et de la disposition de l’hymen tjue je viens de signaler , ont-ils cru que celui-ci n’existait pas chez le fœtus, le prenant pour les nymphes et considérant celles-ci comme les lèvres de la vulve.

A l’époque de la puberté , la vulve prend un accroissement rapide ; des poils se développent sur [ses lèvres et sur le mont de Yénus,

Variétés. Chez certaines femmes , les nymphes acquièrent un développement considérable, et au lieu de rester cachées par les lèvres de la vulve ou de les dépasser très peu, elles forment une saillie incommode, qu’on diminue quelquefois par une petite opération (i). Dans certaines races Ethiopiennes, chez les Ilotteiitotes en particulier, le développement des nymphes est tout-à-fait extraordinaire et constitue ce qu’on a appelé le tablier.

L’hymen forme quelquefois une cloison complète entre la vulve et le vagin, et on est obligé de l’inciser pour permettre l’écoulement des règles.

D’autre fois les nymphes sont réunies par leur face interne au-dessous du clitoris, et forment un canal [qui prolonge l’urètre et reporte le méat urinaire de ce côté; j’ai observé un cas de cette curieuse anomalie.

(i) Aa Nÿrri'p^toioinis,

DES ORGANES GÉNITAUX. a«i

La vulve manque quelquefois tout-à-fait, le raphé du pe'riiiée ayant atteint les grandes lèvres et s’étant prolongé jusqu’au clitoris.

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