‹ Nouveaux élémens d'anatomie descriptiveChapitre 28 sur 88 · CHAPITRE SECOND · texte numérisé non relu

CHAPITRE SECOND

Clitoris.

Le clitoris est^ comme on Ta dit, le pénis de la femme ; il a , en effet, beaucoup d’analogie avec cette partie de l’appareil génital de l’iionime. Placé en avant de la vulve, un peu au-dessous de sa commissure antérieure, il ne forme qu’une médiocre saillie à rextéiieur , dans l’état ordinaire , et est caché , en très grande partie , par la membrane muqueuse vulvaire (i). Il est dirigé d’abord comme les branches de l’arcade pubienne en haut et en avant, et se recourbe ensuite inférieurement vers son extrémité libre. En haut , il adhère à la symphyse pubienne au moyen d’un ligament suspenseur tout-à-fait semblable à celui de la verge. En bas , il est recouvert par' la membrane muc[ueuse vulvaire. Son extrémité adhérente est bifurquée comme celle du corps caverneux de la verge , et comme elle, unie à la lèvre interne des branches de l’arcade pubienne. Son extrémité libre, arrondie et iinperforée , présente une sorte de gland entouré d’un repli muqueux qui lui fornie un petit prépuce particulier. Ce prépuce, qui résulte de la bifurcation et de la réunion de la partie antérieure des deux nymphes, est meme pourvu d’un frein analogue à celui du prépuce de la verge.

Structure. Le clitoris est essentiellement formé par un corps caverneux plus petit que celui du pénis , mais du reste , entièrement semblable à lui. Il est, en outre, revêtu antérieurement par la membrane muqueuse de la vulve , et reçoit , en arrière, l’insertion des muscles ischio-caverneux et sphincter du va-

Siiï-

Ainsi , à part l’urètre qui ne se prolonge pas sur lui , qui se termine entre ses deux racines et qui , par conséquent , ne peut former à' son extrémité un véritable gland , le clitoris

(i) Pour bien apprécier les différentes circonstances de sa forme, il est absolument nécessaire de le dégager des parties voisines, jusqu’aux branches ascendante» des ischions.

est , en petit > très exactement organise' comme la verge ; c’est une verge sans urètre.

Dé^>eloppement. Cliez l’embryon et pendant toute la vie intrautérine, le clitoris est proportionnellement très développé, et forme une -sailiie considérable qui ressemble tout-à-fait à celle de la verge. Alors aussi les nymphes constituent au-dessous de lui une gouttière qu’on a appelée urétrale^ gouttière analogue à celle qui représente réellement l’urètre à la même époque, au-dessous de la verge de l’embryon mâle.

J^ariétés. Le clitoris conserve c|uelquefois après la naissance et pendant toute la vie , le grand développement qu’il oifrait dans l’origine ; ce qui lui donne une analogie avec la verge , qui devient bien plus grande , encore lorsque l’urètre se prolonge sur sa face inférieure, comme on l’a observé.

Action. Le clitoris est, comme la verge, susceptible d’érection. Il devient alors, pour le reste de l’appareil génital , la source d’une excitation cpii rend celui-ci plus propre à remplir ses fonctions.

SECTION DEUXIÈME

Vagin.

Le vagin est la partie intérieure de Tappareil de la copulation; c’est un canal à peu près cylindroïde, étendu de la vulve à l’utérus. Il est long de quatre à cinq pouces, plus ou moins, du reste, suivant les individus. Sa largeur n’est pas moins variable : elle est plus grande à sa partie moyenne qu’à ses extrémités. Il est dirigé suivant l’axe de l’excavation et du détroit inférieur du bassin , de haut en bas et d’arrière en avant. Sa paroi antérieure est plus courte que la postérieure.

Conformation. Le vagin présente deux surfaces et deux extrémités.

Sa surface extérieure est plongée presque toute entière clans le tissu cellulaire du périnée et de l’excavation du bassin. En avant, elle est en rapport avec le bas-fond de la vessie et avec i’urètre dont la sépare un espace Iriangnlaire à base postérieure et supérieure. En arrière , elle appuie immédiatement sur le rectum au milieu , tandis cni’clle en est séparée supérieurement et inférieurement par deux intervalles triangulaires

DES ORGANES GÉNITAUX. aSS

ojîposés par leur sommet; au niveau du premier, elle est revêtue par le péritoine; au niveau du second, elle est plongée dans le tissu cellulaire pelvien. Sur les côtés , cette surface donne insertion aux ligamens larges en liant , tandis qu’en bas elle est embrassée par les muscles releveurs de l’anus , les aponévroses et le tissu cellulaire du périnée.

Sa surface interne est lisse et polie. Le raplié médian très prononcé sur ses parois antérieure et postérieure , surtout sur la première et plus particulièrement en bas , y forme un relief qui constitue ce qu’on appelle les colonnes du vagin. Des rides transversales ou un peu obliques se dirigent vers ce raphé , rides plus marquées en avant et en bas cjue partout ailleurs , et formant la lyre du vagin / elles ont beaucoup d’analogie avec celles de la voûte palatine , et sont beaucoup plus prononcées cdiez les vierges et cliez les femmes qui n’ont point eu d’enfans, que cirez celles qui sont dans des circonstances opposées.

Son extrémité inférieure est représentée par l’ouverture vulvo-vaginale qui a été déjà décrite. Elle est remarquable par le tubercule sous-urétral auquel vient se terminer le raplié antérieur du canal.

Son extrémité supérieure reçoit et embrasse le col de l’utérus, et se fixe sur lui un peu plus haut en arrière qu’en avant ; de sorte que le vagin se prolonge plus loin dans le premier sens que dans le second.

Structure. Deux membranes , une extérieure , une autre intérieure ; un tissu propre , des vaisseaux et des nerfs entrent dans la composition du vagin.

La membrane extérieure est très mince et de nature fibro— cellulaire. En dehors, elle a les rapports que j’ai assignés à la surface extérieure du vagin. En dedans , elle envoie quelques prolongemens qui concourent à former le tissu propre de cç conduit.

La membrane interne est de nature muqueuse. Unie par sa face externe avec le tissu propre du vagin, elle est libre, au contraire, par sa face interne. G^est elle qui forme les saillies qui constituent la lyre du vagin. Cette membrane se continue en bas avec celle de la vulve , tandis qu’en haut, elle se réfléchit sur le col de l’utérus et s’y comporte comme je le dirai à son occasion. Elle a une couleur rose plus belle inférieurement que supé-

a(S4 ANATOMIE

rieurement. Son épaisseur est plus grande en bas et en avant qu’en haut et en arrière. Elle est revêtue d’un e'piderme mince et très apparent, qui cesse sur le col de l’ute'rus , comme on le verra plus loin. Les villosités et les follicules y abondent, surtout près de la vulve.

Le tissu propre du vagin, plexus rétiforme des auteurs, est interposé aux deux membranes précédentes. Il forme une couche plus épaisse inférieurement que supérieurement , et présente une couleur grisâtre, nuancée par la couleur rouge du grand nombre des vaisseaux qui le parcourent. Il est uni au col de l’utérus par un tissu cellulaire serré, mais ne se continue réellement pas avec lui. Sa nature véritable n’a pas toujours été bien appréciée : les uns le considèrent comme érectile , les autres comme musculaire. M. Cruvellhier l’a très bien caractérisé sous ce rapport, à mon avis, en le comparant au tissu du dartos.

Les artères du vagin émanent des hypogastriques . Ses veines, fort nombreuses, anastomosées fréquemment ensemble et avec celles de la vessie , se rendent dans les hypogastriques. Ses lymphatiques se rendent dans les ganglions pelviens. Ses nerfs émanent à la fois du plexus sacré et des ganglions pelviens du grand sympatiiir|ue.

Développement. Dans l’origine le vagin est lout-à-fait lisse à l’intérieur; ses rides n’apparaissent, suivant Meckel, que vers le cinquième mois de la vie intra-utérine , mais elles se développent beaucoup après cette époque ; de telle sorte qu’à tenue, elles sont même plus apparentes qu’elles le seront jamais par la suite.

Chez le fœtus et pendant la première enfance, le vagin est plus étroit et plus long proportionnellement que chez l’adulte. Après la puberté, il perd quelque chose en longueur relative et gagne beaucoup en largeur. Enfin il se modifie de la même manière, et plus remarquablement encore, par suite des rapports sexuels et surtout après l’accouchement.

y ariétés. Le vagin manque quelcjuefois soit en totalité, soit en partie. Dans quelques cas il est seulement oblitéré par une membrane placée plus ou moins haut, ou par une sorte de contraction organique de ses parois. Dans des cas d’absence de

DES ORGANES GÉNITAUX. , aSS

ïa vulve, on a vu le vagin terminé inférieurement dans le rectum.

Le vagin est quelquefois double d’une manière plus ou moins complète, une cloison médiane le séparant en deux moitiés latérales. Il existe un bel exemple de cette anomalie dans le muse'e de la faculté.

Déjà il a été question des variétés que le vagin peut présenter dans sa longueur ou dans sa largeur, je n’y reviendrai pas ; qu’il suffise d’ajouter que la position plus ou moins élevée de la matrice a , sur la première disposition, une influence très remarquable.

SECOND GENRE

Organes de la gestation.

L’appareil de la gestation est fôrmé par la partie la plus profonde des voies génitales de la femme. Il occupe effectivement l’intérieur de l’abdomen, et se compose de l’utérus et de ses annexes.

SECTION PREMIÈRE

Utérus.

L’utérus, la matrice , est l’organe gestateur par excellence ; c’est dans sa cavité que séjourne le germe fécondé des animaux mammifères, jusqu’à ce qu’il ait acquis un développement suffisant pour paraître à l’extérieur.

L’utérus est placé dans la cavité du bassin, entre la vessie qui est en avant et le rectum qui est en arrière , au-dessus du vagin et au-dessous des circonvolutions de l’intestin grêle. Il est dirigé obliquement de haut en bas et d’arrière en avant dans l’état de vacuité , de haut en bas, d’avant en arrière et un peu de droite à gauche dans l’état de grossesse. Son poids est de six à dix gros dans le premier cas, et de plusieurs livres dans le second. Il est seulement retenu en position par deux replis latéraux qu’on appelle les ligamens larges, replis qui sont assez lâches pour lui permettre de se mouvoir un peu dans le bassin. Il a dix-huit lignes environ de largeur à sa base , six lignes vers son sommet, et six lignes égalentent d’étendue antéro-postérieure.

Conformation. L’ntérus a la forme d’un triangle dont la base est dirigée en haut et le sommet en bas. Sa partie inférieure est un peu alongée, ce qui permet de diviser tout l’organe en deux portions, le corps et le col , le corps, qid en comprend toute la portion évasée , le col, cçrvix^ formé par sa portion rétrécie. Quoiqu’il en soit, ia conformation de rutéi US, comme celle de tous les organes creux, doit être étudiée à l’extérieur et à rintérieur,

La surface eætérieurç de Futérus présente deux faceSy trois bords et trois angles.

Sa face antérieure est lisse , convexe et partout revêtue de péritoine, excepté vers la partie la plus inférieure du col. En haut , elle est séparée de la vessie par une dépression péritonéale, dans laquelle peuvent descendre des circonvolutions de À intestin grêle qui empêchent alors le contact d etre immédiat entre les deux organes. En bas, elle est unie an bas-fond de la vessie dans la cloison vesico-vagino-uiérine .

face postérieure est lisse, plus convexe que l’antérieure et revêtue de péritoine dans toute son étendue. Elle est séparée du rectum par une dépression péritonéale, au niveau de laquelle tantôt elle touche immédiatement cet organe , et tantôt en est séparée par des anses d’intestin.

Son bord supérieur., fond de la matrice y est la base du triangle qu’elle représente. Continué vers ses extrémités par les trompes utérines , il est en contact habituel avec la masse de l’intestin grêle.

Ses bords latéraux sont embrassés par les ligamens larges, ailes de la matrice , et fixés par eux sur les côtés du bassin.

Ces ligamens ont la forme quadrilatère et sont placés de champ dans l’excavation pelvienne. Leur bord interne adhère aux bords latéraux de la matrice. Leur bord externe est fixé sur les côtés dubassin. Leur bord inférieur tient à l’aponévrose pelvienne. Leur bord supérieur est subdivisé en trois lames ou ailerons y une antérieure, une moyenne et une postérieure, qui embrassent le ligament rond , la trompe y Vocaire et son ligament. Leur face antérieure et postérieure continues à celle de l’utérus , répondent , la première à la vessie , la seconde au rectum.

Les angles supérieurs de la matrice , au nombre de deux , sont formés par la rencontre des bords supérieur et latéraux.

Ils donnent naissance aux trompes et se continuent avec elles par leur sommet.

Son angle inférieur, sommet du triangle utérin , est aussi l’extrémité libre du col. Embrassé par la partie supérieure du vagin, il constitue le museau de tanche des auteurs. Il est tourné en bas et en avant , et plus dégagé dans le vagin , en arrière qu'en avant. Il est arrondi chez la femme qui n’a pas eu d’enfant, et aplati d’avant en arrière chez celle qui a été mère. Son extrémité est percée d’une ouverture circulaire chez la première , et alongée en fente transversale chez la seconde ; et comme la dernière disposition est la plus commune, on distingue généralement au col de l’utérus deux lèvres , l’une antérieure , l’autre postérieure , la première ^ plus épaisse et moins saillante dans le vagin (i) que la seconde , toutes deux réunies par deux angles latéraux et plus ou moins fendillées suivant que les accouchemens ont été plus ou moins répétés.

La surface interne de l’utérus est lisse et continuellement humectée d'une matière glaireuse. Elle forme les parois d’une cavité fort petite dans l’état ordinaire et qui acquiert une grande ampleur pendant la grossesse. En haut , cette cavité se continue avec celle des trompes. En bas , elle fait suite à celle du vagin. Elle est marquée dans toute son étendue par deux raphés médians , l’un antérieur, l’autre postérieur , raphés vers lesquels se rendent obliquement des liglies saillantes, plus prononcées dans le col que partout ailleurs, et qui constituent V arbre de 'vie ou la lyre de l’utérus.

La cavité utérine n’offre rien autre chose de spécial dans le corps; dans le col, chez la femme qui n’a pas eu d’enfans , elle est rétrécie à ses extrémités et dilatée à son centre , tandis qu’elle offre une disposition inverse chez la femme qui a été mère. La cavité du col est ordinairement remplie de matière muqueuse, qu’on voit suinter de l’ouverture de follicules qui abondent entre les branches de l’arbre de vie.

Structure. Les parois utérines sont très dures et très épaisses, relativement à la cavité qu’elles circonscrivent. membranes, une externe et une interne , un tissu propre , des vaisseaux et des nerfs concourent à les former.

(1) Pai’ce que îc vagin s’insère plus iiaut sur la partie postérieure que sur la partie antérieure du col de Eutérus.

La membrane externe ou péritonéale revêt toute la surface extérieure de l’organe excepté ses bords latéraux, son angle inférieur et la partie la plus déclive de sa face antérieure. Elle adhère très intimement au tissu propre et n'offrc rien autre chose de spécial.

La membrane interne est lisse et très adhérente comme la première, mais beaucoup plus mince qu’elle. En haut, elle péiiètre dans les trompes. En bas , elle se continue avec la membrane muqueuse du vagin sur l’ouverture du col de Futérus ; car la surface externe de celui* ci est tapissée réellement par la membrane vaginale. Une ligne de démarcation tranchée existe entre ces deux membranes au point indiqué : la membrane vaginale conserve jusque là cette apparence d’un rose tendre et cette surface épidermique qui la caractérise, tandis que la membrane utérine se présente de suite avec sa teinte d’un rouge plus foncé, sa surface plus lisse, plus séreuse, si l’on peut ainsi dire.

Quelle est la nature de la couche interne de l’utérus? Cette question a long -temps partagé et partage encore les médecins. Bichat et la plupart des anatomistes la considèrent comme une véritable muqueuse ; tandis c{Ue Morgagni et Chaussier lui ont positivement refusé les qualités qui caractérisent ces membranes; Chaussier a dit en particulier, que la membrane muqueuse ne s’étend pas dans les voies génitales de la fèmme*au-dessus de l’ouverture du col de l’utérus. Il est positif que la couche interne de la matrice a quelque analogie avec les membranes muqueuses : dans le col , en effet , elle est pourvue de follicules qui sécrètent une matière glaireuse qui ressemble beaucoup au mucus , et dans l’état pathologique elle donne quelquefois naissance à des polypes ■ analogues à ceux que produisent les mu-' queuses les mieux caractérisées. Mais aussi il faut convenir que par sa ténuité, par son adhérence intime au tissu utérin sans l’intermédiaire de cette couche cellulaire qui est sous-jacente aux membranes muqueuses, et par la facilité avec laquelle, pendant la grossesse , elle permet la formation d’adhérences qui servent à greffer sur elle le produit de la conception, elle diffèi'e grandement de ces membranes. Continue, d’une part, avec la muqueuse vaginale , et , d’autre part , avec la séreuse

DES OUGAKES GÉNITAUX. 289

de l’abdomen par les trompes , elle me semble participer de la nature de l’une et de Tautre à la fois ; elle a les follicules des membranes muqueuses , la ténuité et la disposition aux adhérences des membranes séreuses. Plus elle s’enfonce profondément dans la matrice , plus elle prend les caractères séreux ; et réciproquement , plus on l’observe bas , du côté du vagin, plus elle a d’analogie avec les membranes muqueuses. Béclard d’ailleurs a montré, contrairement aux assertions de Chaussier, que le derme de la muqueuse vaginale est continu avec la membrane du col utérin, et que répitlieliumseul cesse sur le sommet de celui-ci. Il est peu nécessaire d’insister pour montrer que cette circonstance , que la cavité de Tutérus communique avec l’extérieur, ne saurait constituer un argument décisif en faveur de la nature muqueuse de la couche qui la tapisse ; car , chez la femme , comme on le verra un peu plus loin , la cavité du péritoine communique aussi à l’extérieur par l’intermédiaire des voies génitales , et personne n’a été tenté d’en conclure que le péritoine est une membrane muqueuse.

Le tissu propre de l’utérus est grisâtre et très dense ; il crie sous le scalpel qui le divise, et offre l’apparence fibro-cartilagineuse. Pendant la grossesse il devient beaucoup plus rouge , beaucoup plus mou, et subit un remarquable accroissement de volume. Il est séparé en deux couches, Pune superficielle, l’autre profonde, par un réseau vasculaire considérable et d’une disposition semi-érectile. Sa nature intime a été le sujet de nombreuses controverses : ceux-ci considérant ce tissu comme fibreux, ceux-là comme musculaire, et parmi ces derniers, les uns soutenant qu’il a l’organisation musculaire en toutes cir- •^constances, les autres assurant qu’il la revêt seulement d’une, manière passagère, pendant la grossesse, ou lorsque l’utérus est distendu par un corps étranger. L’organisation musculaire du tissu propre de l’utérus est aujourd’hui généralement admise ; sans doute on doit convenir qu’il est fort difficile de la reconnaître dans l’état de vacuité de cet organe ; mais l’analogie des autres mammifères et l’observation d’utérus de femmes mortes pendant l’accouchement , ne laissent aucun doute à cet égard. Du reste, la remarque faite par Schwilgué, que la matrice de la femme renferme une grande proportion de

ago ANATOMIE

fibrine , n’a presque plus d’importance aujourd’hui pour la de cette question j car on sait très bien que des tissus diffërens du musculaire, le fibreux élastique en particulier, sont en grande partie formés par cet clément organique.

Quoi qu’il en soit, la direction des fibres utérines est difficile à déterminer. Malpighi et Monro soutiennent qu’elles sont fort irrégulièrement disposées. Ruysch parle d’un muscle impair et circulaire qu’elles formeraient sur le fond de la matrice. Chaussier, M*. Boivm(i) et M. Griiveilhier leur ont assigné un arrangement plus compliqué, qui est différent dans le corps et dans le col de 1 utérus.

Dans le corps, les fibres utérines sont longitudinales, obliques et circulaires. Les fibres longitudinales et obliques sont superficielles; les circulaires sont profondes. Les fibres longitudinales constituent un faisceau médian étendu du fond vers le col, sur les deux faces de l’utérus, et paraissent résulter du redressement des fibres obliques. Celles-ci procèdent des trompes, des ligamens ronds et de ceux des ovaires, parcourent obliquement les deux faces de l’organe, et près de la ligne médiane se redressent pour donner naissance aux fibres longitudinales; un faisceau d’entre elles passe sur le fond de l’utérus, et s’étend d’une trompe à l’autre. Les fibres circulaires n’embrassent pas le corps de Tutérus perpendiculairement à son axe , comme on le suppose au premier abord ; elles font suite à celles des trompes, décrivent des cercles qui s’étendent de plus en plus à mesure qu’elles s’éloignent de l’extrémité de ces tubes, et forment ainsi deux cônes adossés obliquement par leur base vers la ligne médiane, et dont le sommet embrasse l’extrémité utérine des trompes.

Dans le col, presque toutes les fibres sont circulaires. Les fibres longitudinales ou obliques qu’on y rencontre superficiellement, sont rares et continues avec celles du corps de l’utérus.

Les artères cie Fulérus viennent des hypogastriques et des spermatiques ou ovariennes. Elles sont fréquemment anastomosées ensemble , et présentent un grand nombre de flexuosités.

(i) Traité fraliquc des maladies de l'uiérus , lome i , pl. 5, 5, 6.

DES ORGANES GÉNITAUX. agi

Ses freines sont très multipliées et très volumineuses ; c’est sur l’utérus d’une femme morte peu de temps après l’accouchement ou pendant la grossesse qu'’on doit les étudier , pour bien apprécier leur disposition. Elles adhèrent intimement au tissu de l’utérus , à peu près comme les veines sus-hépatiques adhèrent au tissu du foie. Elles communiquent souvent ensemble et forment une sorte de tissu érectile, dont les aréoles présentent sur la face interne de la matrice de larges ouvertures , qui ont une grande importance comme moyen de communication de cet organe avec le produit de la conception. Ces ouvertures ont leurs bords contigus, et, pour cette raison, elles ne peuvent être aperçues hors le temps de la gestation. Leurs parois sont réduites à la membrane interne du système veineux.

Ses vaisseaux lympha tiques ^onX, très nombreux et acquièrent, comme les autres vaisseaux et les autres élémens de l’utérus, un énorme accroissement pendant la grossesse. Un grand nombre d’entre eux se rend dans les ganglions pelviens ; les autres suivent les vaisseaux de l’ovaire , passent au-devant de la colonne vertébrale , y forment des plexus serrés et se terminent dans les ganglions lombaires.

Les nerfs de l’utérus émanent du plexus hypogastrique et du plexus ovarien du grand sympathique.

Développement. Dans le principe, l’utérus de la femme est bicorne comme celui des grands mammifères, son corps est à peine développé, tandis que les trompes sont très dilatées à leur extrémité inférieure. A mesure que l’embryon avance en âge , le corps de hutérus gagne en développement , les trompes se rétrécissent, la disposition bicorne tend à s’effacer et s’efïace bientôt complètement.

Ainsi, les parties de la matrice qui se développent les pre—

. mières sont les annexes de cet organe , les trompes surtout et le col ; tandis que le corps qui doit prédominer plus tard reste long-temps rudimentaire. A la naissance, le corps de l’utérus représente seulement le quart de tout l’organe ; un peu avant la puberté, il n’en forme encore que la troisième partie; ce n’est qu’après cette époque qu’il égale le col ou même lui devient supérieur.

Du reste , la séparation nette du corps et du col de l’utérus

ne se prononce qu’après la naissance : on aperçoit d’abord un 'léger évasement du fond de l’organe qui commence ainsi à perdre la forme cjdindroïde qu’il avait auparavant.

Dans les premiers temps de la vie intra-utérine , la matrice est placée toute entière hors du bassin , dans l’hypogastre ; parce que cette ceinture osseuse proportionnellement moins développée qu’elle , ne peut encore la renfermer. Elle rentre graduellement dans le bassin , pour n’en plus sortir qu’en cas de grossesse ou de maladie, à mesure que celui-ci se développe. A dix ans, suivant M. Cruveilliier, son fond est placé au niveau du détroit supérieur, tandis que plus tard il est au-dessous de lui.

Après la naissance , le développement général de la matrice reste à peu près stationnaire jusqu’à la puberté ; Raederer et M. Dugès ont constaté, en effet, que cet organe ne gagne que quelques lignes en longueur , entre ces deux périodes de la vie. Mais à la puberté il acquiert en peu de temps un grand volume et revêt , sous ce rapport , les caractères qu’il devra conserver pendant l’âge adulte. Dans la vieillesse, la matrice s’atrophie et perd quelque chose de sa forme alongée.

Le tissu de l’utérus est blanc et dur chez le foetus et chez l’enfant; il devient humide et de couleur rosée chez la femme adulte, et reprend les caractères enfantiles à un âge avancé.

Les rapliés et la lyre ne sont bien développés qu’à l’époque de la puberté.

Chez le fœtus et chez reniant, le col est très long relativement au corps de l’utérus ; son extrémité vaginale est petite, mince, molle, aplatie et présente une fente transversale. Après la puberté , la longueur relative du col est moins considérable; le museau de tanche est gros, dur, arrondi et pourvu d’une ouverture circulaire , au lieu de la fente qu’il offrait auparavant. Dans la vieillesse , l’atrophie , qui frappe l’organe utérin tout entier , redonne à son extrémité inférieure les caractères qu’elle avait avant son développement complet, son peu de volume, son aplatissement d’avant en arrière , sa fente transversale.

La grossesse et certaines distensions de l’utérus qui simulent cet état , impriment au développement de cet organe des modifications très importantes et très remarquables , modifications

DES ORGAINES GÉNITAUX. 293

qui ne doivent être que temporaires, mais qui laissent cependant après elles quelques traces ineffaçables. Qu’il me suffise ici de dire, cjue ces modifications portent sur sa forme^ sur son 'Dolume^ sur sa position^ sur sa direction^ et sur sa slj'iictuTe. Chez la femme qui a eu des enfans, la matrice reste plus grosse , son corps est plus développé relativement au col, son col est placé moins haut au-dessus de la vulve , ses vaisseaux et ses nerfs sont plus gros et plus flexueux que chez celle qui n’a jamais été mère. La grossesse et surtout raccouchement qui la suit, changent pour toujours, non seulement la longueur, mais encore la forme du col de Tutérus : il devient plus étroit à sa partie moyenne qu’à ses extrémités ; la lyre s’y efface ; l’ouverture du museau de tanche devient transversale, et ses lèvres sont plus ou moins divisées, suivant que les grossesses ont été plus ou moins répétées.

Variétés, La matrice manque quelquefois plus ou moins complètement. Plus souvent elle est fourchue supérieurement, ou bicorne , comme celle des grands mammifères. î)u reste, ce vice de conformation qui reproduit très exactement un état qui est normal dans les premiers temps delà vie, présente plusieurs degrés : tantôt la bifidité comprend tout le corps de Tutérus et s’arrête seulement au col ; tantôt, il n’y a de divisé que la partie la plus élevée du corps de l’organe.

Quelquefois l’utérus conserve sensiblement sa forme normale à l’extérieur , tandis que sa cavité est séparée en deux parties par une cloison médiane.

La matrice est quelquefois placée très bas et rentrée dans la partie supérieure du vagin ; parfois même, elle se porte audehors , à travers la vulve , chute de matrice. Dans d autres cas , elle est plus ou moins obliquement inclinée , en avant , vers la vessie, en arrière, vers le rectum, ou latéralement, vers les ligamens larges. Enfin, plus rarement elle est tout à fait retournée comme un doigt de gant, exlroi>ersion.

Chez quelques sujets on trouve les follicules du col de l’utérus oblitérés à leur ouverture , distendus par la matière c]u ils sécrètent, et formant dans le col des saillies vésiculaires pédiculées , c|ue Nahoth avait prises pour des œufs , et que depuis on a appelées œufs de Nahoth,

Action, L’utérus reçoit le germe fécondé, l’Unit à lui par

un artifice particulier (i) , le conserve pendant quelque temps , lui fournit les matériaux que nécessite sa nutrition et son développement ; après quoi il réagit sur lui , s’en sépare et le rejette au dehors.

SECTION DEUXIÈME

Annexes de la matrice.

On reunit sous ce nom plusieurs parties fort importantes, qui procèdent des régions supérieures et latérales de la matrice, les trompes^ les ovaires et les Ugamens ronds.

Trompes utérines. ^

Les trompes utérines, trompes de Fallope^ sont deux conduits qui prolongent en haut et en dehors la cavité de la matrice. Placées dans le bord supérieur et dans laileron moyen des ligamens larges, elles s’étendent des angles supérieurs de l’utérus vers les parties latérales et postérieure du bassin. Leur longueuf est de quatre à cinq pouces. Elles sont d’abord horizontalement et transversalement dirigées en dehors , puis ensuite, à la réunion de leurs deux tiers internes avec leur tiers externe, elles se portent en arrière, en dedans et un peu en bas , vers Vovaire. Leur calibre va successivement en augmentant de dedans en dehors (2).

Au milieu, la trompe, embrassée par le péritoine du ligament large , est plus ou moins en rapport avec la partie inférieure de l’intestin grêle.

Son extrémité interne^ ou utérine., se continue avec l’angle supérieur de l’utérus, au moyen d’une ouverture très étroite.

Son extiemité externe, ou ovarienne ^ pavillon de la trompe, morceau frangé, est la partie la plus évasée du conduit. Elle est tournée en arrière et en dedans , vers l’ovaire auquel elle adhère à l’aide d’un prolongement pétitonéal particulier. Elle présente une ouverture fort large et très dilatable (3), au ni-

(1) Voyez Embryologie.

(a) Pour vous en assurer , ouvrez la trompe vers sa partie moyenne, et dirigez successivement un stilet vers scs deux extrémités.

(•5) Pour découvrir et bien apprécier cette ouverture, il faut ouvrir la

veau de laquelle sa cavité communique avec celle du péritoine. Des franges nombreuses, irrégulières et flottantes, formées par des vaisseaux enveloppés de replis péritonéaux , garnissent cette extrémité, et lui ont mérité le nom de pavillon frangé qu’on lui a impose.

La cavité de la trompe est lisse et tapissée par une mem-^ brane continue , d’une part, avec celle de l’utérus, et de l’autre, avec le péritoine. Elle est très étroite en dedans, et dilatée de manière à recevoir un très gros stylet en dehors.

Structure, La trompe utérine est pourvue de deux membranes et d’un tissu propre intermédiaire à celles-ci.

Des deux membranes, rune, extérieure , est fournie par le péritoine du ligament large, tandis que l autre, interieuie, est muqueuse suivant les uns, séreuse suivant tes autres, séro-mwqueuse selon toutes les apparences.

Le tissu propre de la trompe est de nature musculaire ; on y trouve des fibres longitudinales superficiellement placées, et des fibres circulaires dont la position est plus profonde.

Développement. Dans le principe, les trompes sont plus longues, plus grosses, plus élevées, plus oblicjues que chez l’adulte. Jusqu’au troisième mois elles sont réunies angulairement par leur extrémité inférieure , là où doit se former la matrice. D’abord elles n’offrent aucunes flexuosités; après cinq ans elles en présentent de très remarquables, et à la naissance elles sont plus développées que jamais.

Jusqu’au quatiième mois le pavillon de la trompe est immédiatement appliqué sur Tovaire, et même , suivant Rosen-^ muller et Meckel ^ il est uni à celui-ci au moyen de conduits particuliers qui ne tardent pas à disparaître ; de sorte qu’il est probable, suivant le dernier, que d’abord la trompe naît (le l’ovaire , et que son isolement définitif résulte d’un travail postérieur à celui de la formation première de ce conduit.

ariétés. La variété la plus remarquable des trompes est cerlainement celle cjui consiste dans cette dilatation de leur ex-

trompe au milieu de sa longueur, et pousser un stylet ordinaire vers son extrémité externe.

Irémité utérine, qui donne à la matrice l’apparence bicorne dont j’ai parlé plus haut.

On trouve quelquefois ces conduits oblitérés dans un ou plusieurs points de leur longueur ; alors aussi presque toujours ils se dilatent au-dessus de l’oblitération, se remplissent de matière séro-muqueuse , et présentent de nombreuses flexuosités.

Action. La trompe utérine, naturellement dirigée vers l’ovaire par son pavillon, s’applique immédiatement sur lui pendant l’acte de la fécondation, en reçoit le germe et le transmet à la matrice.

Ovaires.

Les ovaires, testicules de la femme des anciens, sont de petits organes qui servent de réceptacle aux rudimens des œufs non fécondés. Ils sont placés dans le bord supérieur et dans l’aileron postérieur des iigamens larges, en arrière et un peu au-dessous des trompes. Leur forme se rapproche beaucoup de celle des testicules , seulement ils sont plus comprimés d’avant en arrière que ces organes. Leur volume varie suivant les individus.

La surface des ovaires, d’une couleur d’un gris blanchâtre, est le plus souvent irrégulièrement fendillée. Elle est en rapport, en avant, avec le ligament large , en arrière, avec le rectum. L’extremité interne de ces organes est liée avec la partie postérieure et inférieure de l’angle supérieur de rulérus, au moyen d’un cordon fibreux non canaliculé qui constitue le ligament de Z’o- 'vaire , cordon qu’on a long-temps regardé comme destiné à mettre celui-ci en communication directe avec la cavité utérine. Leur extrémité externe est dirigée vers le pavillon de la trompe, et lui est unie par une des franges qui le hérissent.

Structure. L’ovaire est enveloppé par le péritoine du ligament large qui lui forme une première tunique extérieure ; mais, en outre, il est essentiellement constitué par une enveloppe fibreuse et par un tissu propre.

U enveloppe fibreuse de l’ovaire a beaucoup d’analogie avec la tunique albuginée. En dehors, elle adhère intimement au péritoine. En dedans , elle envoie de petits prolongemens filamenteux dans le tissu propre de l’organe. Elle offre une ap-

parence fendillée et cicatrisée, très remarquable chez la plupart des femmes adultes. Elle est épaisse , dense et résistante comme l’albuginée, et comme elle aussi formée de tissu fibreux.

Le tissu propre de Tovaire est mollasse , grisâtre , constitué par un tissu cellulaire pourvu de nombreux vaisseaux et infdtré d’une sérosité jaunâtre. On trouve ordinairement dans ses cellules, chez la jeune femme, de petits kystes qui constituent les œufs de Graaf et qui varient en nombre suivant les individus. Tous ces kystes n’ont pas le même volume : les uns paraissent de formation récente, et sont très petits; les autres, plus anciens, sans doute , ont un volume plus considérable. Quelquesuns, les plus gros, sont placés à la circonférence de l’ovaire et adhèrent à sa membrane ; tandis qu’un grand nombre d’autres plus petits, occupent l’intérieur de l’organe.

Les parois des kystes ou des vésicules de Graaf sont formées par une membrane très fine et transparente. Le liquide qu’on y rencontre offre une teinte plus ou moins jaunâtre; c’est au milieu de lui , suivant Malpaghi et Bauer , que se forme le germe dans l’acte de la fécondation.

Quoi qu’il en soit, les artères de l’ovaire émanent de Taorte ou des rénales , sous les noms de spermatiques ou mieux

ovariennes. Ses ojeines , très flexueuses et anastomosées en plexus , remontent vers la veine cave inférieure ou les veines rénales. Ses vaisseaux lymphatiques se rendent dans les ganglions lombaires. Ses nerfs viennent exclusivement du grand sympathique. Le ligament de l'ovaire, en particulier , est formé par quelques fibres musculaires et cellulaires continues avec celles de l’utérus. Il renferme quelques veines dont la cavité lui a été faussement attribuée.

Développement. Les ovaires sont dans l’origine beaucoup plus développés proportionnellement que chez l’adulte ; mais ils sont remarquables par leur aplatissement et par l’aspect lisse , poli , non cicatrisé de leur surface.

D’abord pi acés hors de la cavité du bassin , dans la région lombaire, ils descendent vers leur place à mesure que le bassin se développe, et en suivant sous ce rapport la progression de la matrice.

Les ve'sicules de Graaf ne commencent à se former que vers la fin de la grossesse ; elles restent très petites dans Tenfance et subissent un accroissement rapide , comme Forgane qui les produit, à l’époque de la puberté. A cette époque, l’ovaire se tuméfie, devient moins aplati qu’il l’avait^ e'té jusque là; mais sa surface reste encore lisse, etn’olFre pas cette apparence chagrinée que j’ai signalée.

Les cicatrices, ou l’apparence ridée de la surface extérieure de l’ovaire, se développent promptement après l’époque de la puberté. Cet état est le produit d’un travail qui s’établit en ce point, chaque fois qu’une des vésicules de Graaf se détache de l’organe, ou qu’elle s’enti 'ouvre pour donner issue au fluide qu’elle contient. Alors, en effet, la surface de l’ovaire s’ulcère ])our donner passage à l’ovule vers la trompe, dont le pavillon s’est préalablement appliqué sur le point correspondant; après quoi, la solution de continuité de l’ovaire se ferme, au moyen d’une cicatrice qui reste long-temps jaunâtre, et que depuis Haller, on a décrite sous le nom de corps jaune, corpus luteum (1 )«

Après l’âge de retour, l’ovaire, devenu inutile , s’affaisse , s’aplatit d’avant en arrière et subit une véritable atrophie.

F ariétés. Les ovaires peuvent manquer de l’un ou de l’autre côté, ou des deux côtés à la fois. Chez certains sujets on les trouve très petits et dépourvus de vésicules de Graaf.

Action. Les ovaires sont les organes producteurs des ovules ou vésicules de Graaf, vésicules qui doivent se porter au dehors, lorsqu’elles ont acquis un développement suffisant, soit qu’elles aient été préalablement fécondées , soit qu’elles n’aient subi

(1) Que les cicatrices de la surface extérieure de l’ovaire aient celte origine , cela ne me paraît pas douteux: elles ne se développent qu^après la puberté ; si on en a rencontré chez de très jeunes enfans, c’est une anomalie qui n’implique pas le moins du monde contradiction avec ce que j’avance ici. Du reste , on conçoit que ces cicatrices ne sont pas en rapport avec le degré de la fécondité des femmes qui les portent , et qu’elles peuvent se rencontrer chez les vierges comme chez les femmes qui ont eu des enfans; elles expriment seulement ce fait, aujourd’luû avéré, que chez toutes les femmes des ovules se détachent de l’ovaire, sous l’influence d’une esciiation des organes génitaux, soit que d’ailleurs cette excitation résulte du coït , ou de la masturbation, soit qu’elle dépende seulement de l’activité que le développement imprime à cet organe.

aucune autre modification que celles qui caractérisent leur accroissement.

Ligamens ronds.

Les ligamens ronds {cordons sus-pubiens , Chaüss.), sont deux faisceaux qui lient l’uterus à la région pubienne. Ils s^étendent des parties antérieure, supérieure et latérales de cet organe vers les aines et le mont de Vénus. Ils sont gros à peu près comme une plume de corbeau. Celui du côté droit est un peu plus court, suivant Chaussier, que celui du côté gauche.

Les ligamens ronds s’insèrent en dedans sur la partie antérieure des angles supérieurs de Tutérus, un peu au-dessous des trompes. De là ils se portent en avant et en dehors, croisent obliquement le muscle psoas, placés au-dessous du péritoine, s’engagent dans le canal inguinal, le parcourent dans toute son étendue, et parvenus au-delà de l’anneau, s’épanouissent , se confondent avec la partie voisine de l’aponévrose fascia superficialis , se mettant ainsi en rapport assez immédiat avec le penil, les aines et les lèvres de la vulve , régions auxquelles appartient cette aponévrose.

Structure. Le cordon sus-pubien est formé de fibres longitudinales fasciculées, fibres de même nature que celles de la matrice et qui prennent, comme celles de cet organe, une apparence musculaire très prononcée, pendant la grossesse.

Développement. Chez le fœtus , les ligamens ronds sont revêtus par un prolongement du péritoine qui les accompagne jusque dans le pénil, prolongement analogue à celui de la tunique vaginale primitive, et qui constitue le canal de Nuck. Le col de ce canal s’oblitère bientôt , comme le col de la tunique vaginale, et souvent on retrouve long-temps après la naissance le kyste séreux formé par sa partie inférieure encore perméable. Ordinairement , néanmoins , ce kyste disparaît luimême promptement.

Variétés. Le canal de Nuck reste quelquefois ouvert, comme la tunique vaginale, et dispose ainsi le sujet à une espèce de hernie dite congéniale .

3oo

APPENDICE

Appareil de la séerélion du lait.

(Glande mammaire.)

La femme ne nourrit pas seulement le nouvel être dans son sein, elle a encore mission de lui fournir, pendant quelque temps après sa naissance, un aliment approprie, par ses qualités, à l’organisation délicate de ses voies digestives à cette épocjue.

Le /«ii, cet aliment si précieux, est préparé par un appareil spécial, enveloppé dans une masse adipeuse avec laquelle il constitue les mamelles.

Les mamelles ne se rencontrent que dans la classe la plus élevée des animaux vertébrés , celle des mammifères, dont elles forment l’attribut caractéristique. Elles existent dans les deux sexes ; mais elles sont rudimentaires chez le mide.

Au nombre de deux chez l’homme , les mamelles ou les seins occupent , chez lui, les parties supérieure , antérieure et latérale de la poitrine. Leur^volume, leur fermeté et leur consistance varient suivant chaque individu. Leur forme est hémisphérique. Leur surface est convexe et remarcjuable par sa couleur blanche , et son apparence glabre j son centre est occupé par le mamelon et son auréole.

Le mamelon est une éminence cylindroïde , d’une teinte rose ou bi unâtre })lus ou moins loncée , qui s’élève du centre de la mamelle. Son volume et ses dimensions sont susceptibles de nombreuses variétés individuelles ; l’érection dont cette partie est susceptible, lui imprime aussi à .chaque instant de nombreuses modifications sous ce rapport. A sa base , le mamelon se continue avec l’auréole. Son sommet est percé de plusieurs ouvertures qui appartiennent aux conduits excréteurs du lait. Sa surface est villeuse et revêtue par une membrane de nature muqueuse abondante en follicules.

L’auréole , ou l’aréole est formée par la surface muqueuse qui entoure la base du mamelon. Elle a la même couleur que celui-ci. Elle offre une apparence rugueuse que lui communiquent de petits follicules saillans en dehors , c|ui sécrètent une matière grasse, destinée à lubréfier et à assouplir les parties

DES ORGANES GÉNITAUX, voisines , de manière à les pre'server d'altération de la part de la salive et des lèvres de Fenfant pendant l’allaitement. C’est tout à fait à tort que Bidloo , Morgagni, Winslow et Covolo ont considère' ces glandules comme destine'es à sécréter du lait.

Structure. Les mamelles , comme je Fai dit en commençant^ sont essentiellement constituées par les différentes parties de de l’appareil sécréteur du lait , qui seront décrites plus loin ; mais en dehors de ces parties on y trouve, en outre, un tissu cellulo- graisseux remarquable et une couche tégumentaire.

Le tissu cellulo-graisseux des mamelles est très abondant, et pénètre jusque dans les principaux interstices de la glande mammaire. Le tissu cellulaire, en particulier, y forme des loges distinctes les unes des autres suivant M. Cruveilhier, loges dans lesquelles sont reçues les vésicules graisseuses. Sur les limites profondes de la mamelle , ce tissu plus lâche que partout ailleurs . lamelleux et dépourvu de graisse , réunit toute cette région à la face antérieure de la poitrine et des muscles pectoraux.

La couche tégumentaire des mamelles est à la fois cutanée et muqueuse, cutanée à la circonférence, et muqueuse au centre, au niveau de Fauréole et du mamelon ; déjà les caractères en ont été indiqués. Cette couche est remarquable par sa finesse et par la netteté de la séparation des deux tégumens particuliers qui la composent.

Déi’eloppement. Jusqu'à la puberté, les mamelles sont très peu développées et très exactement semblables , sous le rapport du volume , dans les deux sexes. A celte époque , elles deviennent le siège d’une fluxion sanguine et d’un accroissement qui ne tardent pas à avorter chez le jeune garçon , mais qui continuant chez la jeune fille, donnent rapidement à ces parties un volume qui leur était étranger auparavant. Dès lors aussi, les mamelles sont susceptibles d’une action véritable, par laquelle elles préludent à la sécrétion beaucoup plus importante, dont elles doivent bientôt devenir le siège. Jusqu’à l’âge de vingtcinq a trente ans environ , le développement des mamelles dépend bien plutôt du développement particulier de l’appareil lacté , que de celui du tissu cellulo-graisseux c{ui l’entoure ; mais à partir de cette époque, ce tissu subit une véritable hyperti’ophie, et donne aux seins un volume et une rondeur

3û2 anatomie

plus considérables. Après l’âge de retour, la prédominance du tissu cellulo- graisseux des mamelles, sur l’appareil lacté, devient de plus en plus remarquable jusqu’à la vieillesse , où ces parties tendent à subir une complète atrophie et à reprendre les caractères infantiles.

y ariétés. Déjà on a vu que lés diffe'rences sexuelles des mamelles ne datent que de l’époque de la puberté , et qu’elles ne Consistent réellement cjue dans le plus grand développement qu’elles acquièrent chez la femme.

Quelquefois , la nature semble vouloir effacer , même après cette époque , les différences qui viennent d’êire signalées , tantôt en donnant aux mamelles de l’homme un développement aussi considérable cjü’à celles de la femme , en les dotant même de la faculté de sécréter du lait, comme on en a cité des exemples , tantôt en mettant obstacle à l’accroissement de celles de la femme , et les maintenant à Tunisson de celles de l’homme sous ce rapport.

Il est plus rare de rencontrer quatre mamelles ; on en cite cependant plusieurs exemples : une dame m’a consulté récemment pour sa fille qui présente un vice de conformation de cette espèce , et chez laquelle les mamelles doubles de chaque côté], sont placées l’une au-desSUs de l’autre et pourvues chacune d’une auréole et d’un mamelon séparés. Percy et Laurent ont cité l’observation d’une femme qui en avait cinq.

On a rapporté des cas d’absence des mamelles. Les variétés de volume des mamelles sont nombreuses et forment un caractère de certaines races de l’espèce humaine ; les Groënlandaises , suivant Buffon , les Hottentotes , les femmes de Macassar les ont très longues et très flasques ^ elles peuvent les relever sur leurs épaules et allaiter ainsi leurs enfans placés sur leur dos.

L appareil de la sécrétion du lait, qui forme principalement les mamelles, comme on Ta vu, est constitué de quatre parties, la glande mammaire , les conduits 'vecteurs du lait^ les organes de dépôt de ce Jluide et ses conduits excréteurs. Portons maintenant notre attention d’une manière spéciale sur ces organes.

Page 1