‹ Nouveaux élémens d'anatomie descriptiveChapitre 41 sur 88 · II. a · texte numérisé non relu

II. a

586 AÎSATOMIE

tissu cellulaire, à la peau et s’anastomosent, en bas , avec la dentaire inferieure , en haut avec ropbtbalmiqüe. Pafiiii elles les plus constantes et les plus volumineuses sont les eoronaires , au nombre de deux , Tune supérwure,Vàmi'Q in/érietire, et les dorsales du nez.,

luQ, coronaire ou lahiale inférieure^ née plus oii moins loin de la commissure, se dirige en seipentantisous le muscle triangtiîaire , monte obliquement en avant, entre la muqueuse et 1^ muscles carré et orbiculaire, et n’atteint le bord libre de la lèvre inférieure que près de la ligne médiane , où elle se recourbe et s’anastomose avec celle du côté opposé. Il résulte de là qu’une portion du bord libre de cette lèvre manque d’artère en dehors; mais celle-ci s’j trouve ordinairement remplacée par un rameau qu’j envoie soit la faciale elle'-méme , soit la coronaire supérieure.

Dans son trajet la coronaire inférieure fournit des rameaux nombreux à la muqueuse labiale , aux muscles carré , triam n-ulaire, reieveur du menton et orbiculaire, au tissu cellulaire et à la peau. Inférieurement, plusieurs de ces rameaux s’anas* lomosent avec ceux des artères dentaire inférieure et sousmentale.

La coronaire ou labiale supérieure , flexueusc comme la précédente, naît de la faciale, un peu au-dessus de la commissure des lèvres. Elle se porte ensuite transversalement dans l’épais-^ seur de la lèvre supérieure, non loin de son bord libre, et, comme la précédente , entre les muscles et la muqu' use. Sur la ligne médiane , elle se divise en plusieurs rameaux , le plus souvent seulement en deux , parmi lesquels Tun s’abouche transversalement avec l’artère coronaire supérieure du côté opposé, tandis que l’autre , sous le nom dl artère de la cloison , remonte verticalement dans la sous-cloison du nez, la parcourt d’arrière en avant, et se termine dans le lobe du nez en s’anastomosant avec une des artères de cette partie. L’artère coronaire supérieure se distribue du reste, comme l’inférieure, aux parties constituantes de la lèvre correspondante et aux gencives, dans l’épaisseur desquelles elle s’anastomose avec l’alvéolaire supérieure.

Les artères dorsales du nez ^ très variables pour le nombre et le volume, se portent transversalement sur le dos du nez ,

se distribuent à toutes les parties qui entrent dans la composition de cet organe et s’anastomosent sur la ligne médiane avec celles du côte opposé. L’une d’elles, connue sous le nom à' artère de Vaile du nez^ se divise en descendant eîi deux petits rameaux, dont un suit le bord inférieur du cartilage de roiiverture du nez et s’abouche avec l’artère de la souscloison , tandis c[ue raulre se perd près du bord supérieur du même cartilage. Supérieurement les branches dorsales du nez s’anastomosent avec des rameaux de rophtlialmique. Quelquesunes de leurs dernières ramifications parviennent à la membrane pituitaire , soit en se réfléchissant sur le bord libre des narines , soit en y pénétrant par l’intervalle des cartilages.

Quelquefois la faciale se termine à la commissure des lèvres, et se trouve suppléée dans le reste de son étendue par la sousorbitaire , roplitlialmicjue, ou môme la transversale de la face.

Artère linguale.

L’artère linguale prend naissance à la partie antérieure de la carotide externe, entre la tbyroïdienne supérieure et la faciale, quelquefois du même tronc que celle-ci ; elle est très volumineuse. Cachée, près de son origine, par le nerf grand hypoglosse, les muscles digastrique et stylo-hyoïdien, elle se dirige horizontalement en dedans et en avant, et s’engage immédiate-, ment au-dessus de l’os hyoïde, entre les muscles constricteur moyen du pharynx et hyo-glosse. Au niveau du bord antérieur de ce dernier , elle devient verticale , et s’insinue entre le muscle hyo-glosse et le génio-glosse , puis entre celui-ci et la glande sub-linguale. En ce point, elle change de nouveau de direction , devient horizontale et antéro-postérieure, s’avance entre les muscles lingual et génio-glosse jusqu’à la pointe de la langue , où elle se termine en s’anastomosant avec celle du côté opposé. Dans cette dernière partie de son trajet, l’artère linguale porte le nom de ranine , et se trouve accompagnée par le nerf du même nom. Elle présente ainsi trois portions distinctes par la direction qu’elles affectent : la première, horizontale } la seconde, verticale; la troisième, de nouveau horizontale'.

Dans sa première portion, l’artère linguale fournit au muscle hyo-glosse plusieuis rameaux , dont quelques-uns traversent

ce muscle et vont se porter au ihyro-hyoïdien , au stylo-hyoïciien^ au génio-glosse, au digastricjue y etc. j tandis cjue d auties vont au muscle constricteur moyen du pharynx. Supérieurement, en outre, elle donne une branche un peu pius grosse que les précédentes , qu^on nomme dovscilB de Ici Icui^uc.

V artère dorsale de la langue n es.\ste pas toujours; parfois, au contraire, elle est multiple , remonte sur la base de la langue , et se divise en rameaux plus ou moins nombreux qui se perdent dans cette partie, dans le muscle stylo-glosse , dans Tépiglotte, dans les amygdales et dans les piliers du voile du palais.

Dans sa deuxième portion, pu portion verticale , la linguale envoie plusieurs rameaux au muscle génio-glosse : l’un deux, plus volumineux , constitue 1 arteve sahdingiiale ,

V artère sLib-lingiiale se porte horizontalement en avant, entre le mylo-hyoïdien et le génio-glosse , au-dessous de la glande siib-linguale , et fournit des ramifications nombreuses à toutes ces parties , ainsi qu’au ventre antérieur du muscle digastrique et à la muqueuse buccale voisine. Quelques-uns de ses rameaux de terminaison s’anastomosent avec ceux de l’artère opposée , et avec d’autres fournis par la sous — mentale. Quelquefois même, comme je lai déjà dit, celle-ci donne la sub-linguale

et vice versa.

î)ans sa troisième portion enfin, la linguale prend le nom de ranine, et envoie de nombreux rameaux, en dehors, au muscle lingual , en dedans, au génio-glosse, en haut, au tissu de la langue et à sa membrane muqueuse. L’un d’eux s’anastomose par arcade, au-dessus du frein de la langue, avec celui du côté opposé; un autre se dirige vers la symphyse du menton, et envoie des ramuscules très fins dans les trous incisifs correspondans.

2» Branches postérieures de la carotide externe..

Les branches postérieures de la carotide externe ne sont qu’au nombre de deux : Voccipitale et V auriculaire postérieure.

Artère occipitale.

L’artère occipitale, née de la carotide externe au niveau de la linguale , quelquefois au-dessus d’elle , d’autres fois au-dessous, monte obliquement au-devant du muscle sterno-mastoi-

dien, ))arallèlement au tronc de la carotide externe , et en de** dans du ventre postérieur du muscle digastrique et du nerf grand hypoglosse. Bientôt elle se recourbe en arrière, en croisant la direction de la veine jugulaire interne et du nerf pneumo-gastrique , passe horizontalement entre les apophyses mastoïde et transverse de l’atlas , arrive à la partie latérale et postérieure de la tête, au-dessous des muscles petit complexus, splénius et sterno-cléido-mastoïdien, se recourbe de bas eii haut sur l’occipital, entre le muscle oblique supérieur de la tête et le splénius ; et parvenue au côté interne de ce dernier, elle devient superficielle, et remonte flexueuse jusqu’à la partie supérieure de la tête où elle se termine.

Les premiers rameaux fournis par f occipitale, ordinairement peu nombreux , se distribuent aux muscles sterno-mastoïdieil , digastrique et stylo-hyoïdien ; quelques-uns s’anastomosent avec ceux de l’artère cervicale ascendante ( i). L’un d’eux, plus constant et plus gros que les autres , monte , sous le nom à^artère mastoïdienne ou ménin^ienne, jusqu’à la base du crâne , pénètre dans cette cavité, soit par le trou mastoïdien, soit par le trou déchiré postérieur, quelquefois même par celui de l’occipital, et se ramifie dans la dure-mère. Quelquefois aussi l’un des premiers rameaux fournis par l’occipitale s’engage dans l’aqueduc de Fallope par le trou stylo mastoïdien. Plus haut et plus en arrière, elle donne encore des rameaux supérieurs qui se portent aux attaches correspondantes des muscles sterno-mastoïdien , splénius et complexus, et d’autres inférieurs qui descendent dans l’épaisseur de ces muscles ; l’un de ces derniers , plus volumineux que les autres , peut être suivi entre le spléniüs et le complexus jusqu’au bas du col.

Au-delà du splénius , l’artère occipitale envoie encore des branches assez nombreuses aux muscles de la partie postérieure du col et du dos, ainsi cju’à la peau correspondante. Bientôt après, elle se divise elle-même en plusieurs rameaux c{ui montent en serpentant vers le sommet de la tête, et se distribuent au muscle occipito-frontal et au cuir chevelu. Quelques-uns s'anastomosent sur la ligne médiane avec ceux du côté opposé; les autres communiquent avec la temporale et l’auriculaire postérieure.

(i) Voyez plus IoIq artère thyroïdienne inférieure dont cette branche

émané.

Artère auriculaire postérieure.

L’artère auriciilaire poste'rieure est d’un volume médiocre. Kée de la carotide externe, un peu au-dessus de Foccipitaie et dans l’épaisseur de la parotide, elle se dirige aussitôt en haut et en arrière au-dessous du muscle digastrique , entre l’apophyse inastoïde et le conduit auditif, et parvient à la partie inférieure du pavillon de l’oreille, où elle se termine en se divisant en deux branches : Fune auriculaire , l’autre mastoïdienne.

Dans ce trajet, Fauriculaire postérieure envoie des rameaux à la glande parotide, au muscle stylo-hvoidien, au ventre postérieur du digastrique et au conduit auditif; elle fournit aussi Vartjère stflo-mastoïdienîie, qui vient quelquefois de l’occipitale.

L’artère St flo-mastoïdienne donne d’abord quelques rameaux aux parois du conduit auditif et à la membrane du tympan ; puis elle pénètre par le trou stylo-mastoïdien dans l’aqueduc de Failope , fournit quelques ramifications ténues aux diverses parties delà caisse du tympan, aux cellules mastoïdiennes et aux canaux demi-circulaires, et s’anastomose avec le rameau de la méningée moyenne qui pénètre dans cet aqueduc par Vhia~ tus Fallopii.

La branche auriculaire une de celles qui terminent l’artère auriculaire postérieure, se porte sur la face interne du pavillon de l’oreille, entre la peau et le cartilage, et s’y divise en plusieurs rameaux qui se perdent dans ces parties. L’un d’eux , après avoir fourni quelques ramuscoles au lobule, traverse la scissure qui sépare l’hélix de la conque, arrive à la face externe du pavillon , et parcourt la rainure située entre Fhélix et l’anthélix.

La branche mastoïdienne, la dernière de celles Cjui terminent l’auriculaire postérieure, de grosseur variable, remonte audevant de l’apophyse inastoïde, et se divise plus ou moins haut en plusieurs rameaux c]ui se distribuent, en avant, au muscle temporal, en arrière, aux extrémités des muscles sterno-mastoïdien etsplénius, et en haut au muscle occipital et à la peau.

3” Branches internes de la carotide externe.

La carotide externe ne fournit de sa partie interne, qu’une

seule branche c}ui mérite d^être étudie'e , la pharyngienne inférieure.

Artère pharyngienne inférieure.

Cette artère plus petite et plus profonde que toutes celles ciui émanent de la carotide externe , se sépare de celie-ci au niveau de la faciale, ou entre elle et la linguale. Quelquefois aussi on l’a vu venir de l’occipitale ou bien encore de la carotide interne. Dirigée d’abord verticalement en haut, entre les deux divisions de la carotide primitive , puis entre la carotide interne et la partie latérale et postérieure du pharynx ^ elle fournit quelques ramusculcs qui descendent sur rextrémité inférieure de cet organe , en s’anastomosant avec le rameau pharyngien de la lliyro’idienne supérieure , et se termine bientôt en se divisant en deux branches : Tune pharyngienne , l’autre méningienne.

La branche pharyngienne se porte transversalement en dedans sur le muscle constricteur supérieur du pharynx, et se divise aussitôt en rameaux ascendaus qui se ramifient dans l’extrémité supérieure du pharynx, et en rameaux clescendans qui vont obliquement en avant se perdre dans les muscles constricteurs moyen et inférieur et dans la trompe d’Eiistachi.

La branche méningienne un peu plus volumineuse que la précédente , monte verticalement derrière la carotide interne , en dedans du nerf vague et delà veine jugulaire interne, arrive à la hase du crâne, et pénètre clans cette cavité par le trou dé~ chiré postérieur, pour se ramifier dans la dure-mère des fosses occipitales iiaférieures.

Dans son trajet au col, cette branche envoie quelques ramuscules au ganglion cervical supérieur, aux nerfs vague et grand hypoglosse , ainsi qu’aux muscles droit antérieur de la tête et long du col. A la base du crâne , il en part également quelqu'os autres rameaux qui vont isolément à la dure-mère , les uns par le trou déchiré antérieur, les autres par le trou conciy li e n an té ri e u r .

4“ Branches supérieures ou Lermin'ales de la carotide externe.

Les brandies terminales de la carotide externe sont , comme je l’ai déjà dit , les artères temporale etmaxilkiire interne.

Artère temporale .

L’artère temporale, un peu moins volumineuse que la maxillaire interne , naît de la carotide externe au niveau du col du condyle de la mâchoire inférieure ; elle monte ensuite verticalement entre ce dernier et le conduit auditif externe, dans l’épaisseur de la glande parotide, croise en dehors l’arcade zygomatique , et se termine plus ou moins haut sur la partie latérale de la tête , en se divisant en deux branches : l’une frontale , l’autre occipitale.

Les branches que l’artère temporale fournit dans son trajet doivent être distinguées en antérieures., postérieures., internes et supérieures ou terminales.

Branches antérieures. Avant décroiser l’arcade zygomatique, l’artère temporale envoie quelques branches au muscle masséter et à l'articulation temporo-maxillaire. L’une d’elles, plus volumineuse et plus constante c|ue les autres, a reçu le nom à* artère transversale de la face.

Jd^artere transversale de la face, née de la temporale, près de son origine, quelquefois même directement de la carotide externe, marche horizontalement en avant en croisant la direction du col du condyle de la mâchoire inférieure et du masséter, au-dessus du canal de Sténon, et parvenue au niveau du bord antérieur du muscle précédent, elle se divise en rameaux nombreux. Ceux-ci vont successivement se perdre dans la peau de la joue, le tissu cellulaire graisseux, les muscles grand et petit zygomatiques , palpébral et élévateur propre de la lèvre supérieure, et s’anastomosent, en ces divers points, avec la faciale, la buccale et la sous-orbitaire. Près de son origine la transversale de la face fournit également des rameaux à la parotide, à l’articulation temporo-maxillaire et à la face interne du masséter, où ils s’anastomosent avec les rameaux massétérins de la maxillaire interne.

Au-d essus de l’apophyse zygomatique , l’artère temporale envoie encore c]uelc|ues branches en avant dans la paupière supérieure et dans les parties voisines, et s’y anastomose avec les artères palpébrales.

Branches postérieures. Les branches postérieures de l’artère

temporale se portent en nombre variable au conduit auditif externe , à la partie externe du pavillon de Toreille et à son lobule, et portent le nom dC artères auriculaires antérieures .

Branches internes. Une seule parmi les branches internes de Tartère temporale mérite une description spéciale, l’artère temporale moyenne.

\J artère temporale moyenne traverse de dehors en dedans l’aponévrose du muscle temporal, au-dessus de l’arcade zygomatique , et se distribue dans l’épaisseur de ce muscle , où elle s’anastomose avec les artères temporales profondes. Ce rameau envoie, en outre , quelques ramifications ténues au tissu cellulaire intermédiaire aux deux feuillets de l’aponévrose temporale.

Branches terminales. Les deux branches de terminaison de l’artère temporale sont distinguées en antérieure en postérieure. La première, appelée aussi frontale^ monte obliquement en avant vers le front, et se distribue aux muscles frontal, orbiculaire des paupières et à la peau. L’autre, postérieure ou occipitale^ se dirige en haut et en arrière, et se ramifie jusqu’au sommet de la tête dans le périciâne, le muscle occipital et la peau correspondante. Du reste, toutes deux, ordinairement flexueuses , s’anastomosent, en avant, avec la frontale et la sus-orbitaire , au milieu , avec celles du côté opposé , et en arrière, avec l’auriculaire postérieure et l’occipitale.

■ Artère maxillaire interne.

L’artère maxillaire interne est profondément placée dans les fosses zygomatique et sphéno-maxillaire {sommet de la fosse zygomaLiquc). Plus volumineuse , plus profonde et surtout plus compliquée que la précédente , elle se sépare en même temps qu’elle de la carotide externe, derrière le col du condyle delà mâchoire inférieure. Elle se porte aussitôt horizontalement ^n dedans de ce col , passe dans l’intervalle triangulaire formé par les muscles ptérygôidiens, parcourt la fosse zygomaticjue en se plaçant entre le ptérigoïdien externe et le tendon du temporal , s’accole à la tubérosité molaire, passe ordinairement entre les deux portions du muscle plérygoïdien externe, et se termine dans la fosse sphéno-maxillaire en se divisant en quatre branches.

Dans ce trajet , la maxillaire interne pre'sente trois portions distinctes : la première horizontale , la deuxième verticale , et la troisième horizontale comme la première.

La première portion s’étend jusqu’à la tubérosité molaire ^ et est placée successivement sous le col du condyle de l’os maxillaire inférieur et dans Fintervalle des muscles ptér3'goïdiens. Elle est dirigée d’abord de dehors en dedans, ensuite obliquement de dehors en dedans et d’arrière en avant.

La deuxièrne portion monte le long delà tubérosité molaire sur la face externe du muscle ptérygoïdien externe , placée quelc[uefois vers sa terminaison dans l’épaisseur de ce muscle, en compagnie du nerf buccal de la cinquième paire.

La troisième portion enfin, horizontale comme la première , est renfermée dans la fosse spliéno-maxillaire, et se porte directement de dehors en dedans.

Les nombreuses branches de l’artère maxillaire interne peuvent être très naturellement rapportées, d’après leur origine, à chacune de ses portions.

Branches fournies par la maxillaire interne dans sa première

portion.

Les branches fournies par la maxillaire interne dans sa première portion , c’est-à-dire depuis son origine jusqu’au point où elle se r ecourbe sur la tubérosité molaire , sont les suivantes : la méningée moyenne, la dentaire inférieure , la temporale profonde postérieure ^ la mas'sétérine, les ptérygoïdiennes , la buccale et la temporale profonde antérieure.

.Artère méningée moyenne.

L’artère méningée moyenne , nommée aussi sphéno-éplneusc^ la plus volumineuse des branches fournies par la maxillaire interne , s’en sépare près de son origine. Elle monte aussitôt derrière le col du eondyle de la mâchoire inférieure et pénètre dans crâne par le trou sphéno-épineux ; mais avant de s’y engager, elle donne quelques rameaux aux muscles ptérygoïdiens , au peristaphylin externe , au constricteur supérieur du pharynx et aux os temporal et sphénoïde : quelquesuns même traversent ce dernier et vont séparément à la duremère.

DES ORGANES CIRCULATOIRES, ogS

Parvenue dans le crâne, entre les os et la clure-nière , la méningée moyenne fournit plusieurs rameaux : quelquesuns se portent au nerf trijumeau ; d’autres , ordinairement au nombre de deux , se dirigent en avant , pénètrent dans l’orbite en traversant quelques pertuis de la grande aile du sphénoïde, vont à la glande lacrymale où ils s’anastomosent avec l’arlère lacrymale, et remplacent quelciuefois ce vaisseau; un autre , assez constant , s’engage dans l’aqiie^duc de Fallope par V hiatus de la face supérieure du rocher , et s^y anastomose avec l’artère stylo - mastoïdienne ; un dernier enfin descend dans !e conduit du muscle interne du marteau, pour se distribuer à ce muscle et à la muqueuse de la caisse du tympan.

Après avoir donné ces rameaux , la méningée moyenne se divise en deux branches l’une antérieure , VikwivQ postérieure.

La branche antérieure, plus volumineuse, se dirige en avant et en haut, vers l’angle antérieur et inferieur du pariétal , dans le sillon qu’on y observe et qui forme quelquefois un véritable canal. Bientôt, elle envoie c[uelques rameaux dans l’orbite par la partie la plus étroite de la fente orbilnire, et quelc|ues autres qui vont dans la fosse temporale, à travers les grandes ailes du sphénoïde, s’anastomoser avec les artères temporales profondes. Cette branche se divise ensuite en rameaux nombreux qui suivent les filions dont est creusée la face interne du pariétal , se perdent pour la plupart dons l’épaisseur delà dure-mère, et se prolongent en se ramifiant jusqu’au sinus longitudinal supérieur ; quelques-uns cependant traversent les sutures correspondantes et se perdent dans le péricrâne.

La branche postérieure, au contraire , se porte en arrière et en haut, d’abord sur la portion écailleuse du temporal , puis sur le pariétal, et se perd dans la dure-mère de la partie postérieure et latérale du crâne, en se ramifiant dans les rainures rameuses des deux os précédons.

La méningée moyenne s’anastomose, du reste, dans l’épaisseur delà dure-mère, avec les artères méningée aniérieure et postérieure fournies par les elhmoïdales de l’ophlhalmic{ue , cl une part , et par la phai'vngienne inférieure etVoccipilale de la carotide externe, de l’autre.

Artère dentaire inférieure.

L’artère dentaire inférieure , maxillaire inférieure , naît de îa maxillaire interne, au niveau de la précédente, quelquefois au-dessus ou au-dessous d’elle. Elle se porte en bas et en avant, derrière le nerf dentaire, entre la branche de la mâchoire et le muscle ptéiygoïdien interne, séparée de celui-ci par le ligament latéral interne de l’articulation temporo-maxilîaire , et arrive à l’orifice supérieur du conduit dentaire inférieur où elle s’engage avec le nerf de même nom , après avoir fourni, toutefois, plusieurs rameaux au muscle ptérygoïdien interne.

Avant de pénétrer dans ce conduit, l’artère dentaire inférieure donne un rameau mylo-lijoidien qui descend , en avant, dans le sillon de la face interne de la branche de la mâchoire, et se perd en se subdivisant dans le muscle mylo-hyoïdien et dans la membrane muqueuse buccale correspondante. En y entrant, elle envoie un petit rameau dans le conduit de nutrition de l’os maxillaire.

Le tronc de l’artère parcourt ensuite le canal dentaire, et, au niveau de la première dent petite molaire , il se divise en deux branches , dont l’une, plus petite, sort par le trou inentonnier, se distribue aux muscles carré , triangulaire , releveur du menton et s’anastomose avec des rameaux de la faciale ; tandis que l’autre continue de parcourir en avant le canal dentaire jusqu’à la symphyse du menton. En passant au-dessous des alvéoles , celle-ci fournit de sa partie supérieure une foule de petits rameaux C[ui pénètrent dans chaque racine des dents , et d’autres plus petits qui vont au diploé de l’os.

L’artère dentaire inférieure offre une disposition très remarquable chez l’enfant : à son entrée dans le canal dentaire , elle fournit une branche importante , appelée par M. Serres artère de la première dentition , jjranche qui s’engage dans un conduit spécial que j’ai décrit à l’occasion des dents , et distribue ses rameaux aux dents de lait. Cette branche, très développée à la naissance , s’atrophie petit à petit en même temps que les dents auxquelles elle appartient, et disparaît tout-à-fait après la chute de celles-ci.

Artère temporale profonde postérieure,

L^artère temporale profonde postérieure naît de la maxillaire interne, immédiatement après la dentaire inférieure, et quelquefois par un tronc qui est commun à l’une et à l’autre. Elle monte ensuite entre le muscle ptérygoïdien externe et le temporal, glisse verticalement sous ce dernier et se divise, dans la fosse temporale , en un grand nombre de rameaux qui se portent les uns au périoste , les autres au muscle temporal , et qui s’anastomosent en avant , avec l’artère temporale profonde antérieure, et, dans l’épaisseur du muscle, avec la temporale moyenne.

Artère massétérine.

L’artère massétérine , d'un volume très variable , naît delà maxillaire interne, un peu en dedans de la précédente , quelquefois même de celle-ci. Bientôt elle se dirige de dedans en dehors , dans l’échancrure sigmoïde de l’os maxillaire inférieur, et va se ramifier dans la face' interne du muscle masséter, où elle s’anastomose avec les rameaux analogues fournis par la transversale de la face et la faciale.

Artères pléry\oïdiennes .

Les artères ptérygoïdiennes varient beaucoup sous le double rapport du nombre et du volume. INées pour la plupart de la maxillaire interne , quelques-unes de la méningée moyenne et de la temporale profonde postérieure , elles vont se distribuer aux deux muscles ptérygoïdiens et particulièrement à l’externe. Quelques-uns de leurs ramuscules suivent les nerfs temporaux profonds, et se perdent dans le muscle temporal.

Artère buccale.

L’artère buccale naît ordinairement de la maxillaire interne en dedans des précédentes , quelquefois de la temporale profonde antérieure ou de l’avéolaire. Elle offre un volume médiocre , et descend en serpentant d’arrière en avant , accompagnée par le nerf buccal , entre la branche de la mâchoire et

anatomît:

le muscle ptérygoïdien interne. Parvenue à la joue, elle devient transversale , se distribue aux muscles buccinateur, zygomatiques , peaucier, à la peau et à la muqueuse buccale , et s’anastomose avec les artères faciale , sous-orbitaire et transversale de la face. Quelquefois elle manque et se trouve remplacée par une ou plusieurs branches de l’alvéolaire et de la iriassét€rine.

Artère temporale profonde antérieure.

L’artère temporale profonde antérieure , plus volumineuse que la précédente, naît de la maxillaire interne , tout près de la tubérosité molaire. Elle monte ensuite verticalement le long du bord antérieur du muscle temporal, et se subdivise dans son épaisseur, en s’anastomosant avec les temporales profonde postérieure et moyenne. Avant sa division, il s’en détache plusieurs petits rameaux qui traversent l’os malaire et se perdent dans le tissu cellulaire de l’orbite , où ils s’anastomosent avec l’artère lacrymale.

Branche.î fournies par la maxillaire interne dans sa deuxième

portion.

Les branches fournies par la maxillaire interne dans sa deuxième portion ou portion verticale, le long de la tubérosité molaire, sont \ al<réolaire ou dentaire supérieure et la sous-orbitaire.

Artère alvéolaire ou dentaire supérieure.

L’artère alvéolaire ou dentaire supérieure naît de la maxillaire interne , près de la temporale profonde antérieure, quel*' quefois même de celle-ci ou de la sous-orbitaire. Elle se porte en avant et un peu en bas sur la tubérosité molaire , se contourne ensuite en avant, entre les gencives et les alvéoles, et arrive juscju’à la fosse canine, où elle se teianine en se divisant dans le muscle buccinateur et la muqueuse de la joue. Elle fournit un grand nombre de petits rameaux : les uns se portent par les conduits dentaires postérieurs et supérieurs aux racines des dents grosses molaires et à la muquèusé du sinus maxillaire; les autres se perdent dans la gencive correspondante

DES ORGANES GIRGUL ATOIRES. 399

et clans la partie voisine de la joue. Elle s’anastomose en haut avec quelques rameaux de la Souà-orhi taire, de la faciale, de la transverse de la face et de la buccale.

Chez l’enfant, les rameaux dentaireà de l’artère alvéolaire sont doubles : les uns appartiennent aux molaires caduques , les autres aux molaires permanentes. Cette disposition s’effacé par la suite, lors de la chute des dents de lait.

udrlère sous-orbitaire.

L’artère sous-orbitaire, d’un volume assez considérable, naît de la maxillaire interne, un peu au-dessous de la paroi inférieure de l’orbite. Elle se porte aussitôt en haut et en avant , gag'ne le canal sous-orbitaire, le parcourt dans toute son éténdue avec le nerf de meme nom , en sort par le trou sous^ôr* bitaire, derrière le mttscle élévateur proprë dè la lèvre supérieure, et se divise exi un grand nombre de rameaux qUi se portent au muscle précédent , aux autres muscles dès lèvres , à la partie inférieure du nez, au tissu cellulaire, à la peau et aux gencives, en s’anastomosant tour à tour avec les artères faciale, alvéolaire, buccale et transverse delà face.

Avant d’entrer dans le canal sous-orbitaire , cette artère fournit plusieurs rameaux orhiLaires^ qui vont se distribuer à la graisse et au périoste de l’orbite. Quelques-uns , plus gros et plus constan's , se portent en avant , envoient cjueiques ramuscules aux muscles droit inférieur et petit oblique, au sac lacrymal, et se perdent d^iis la paupière inféiâeure , où ils s anastomosent avec la palpébrale inférieure.

Dans le canal sous-orbitaire , l’artère sous-orbitaire envoie de petits rameaux au sinus maxillaire, et donne, en outre, le rameau dentaire antérieur.

Le rameau dentaire antérieur parcourt le conduit dentaire antérieur, et se divise en plusieurs rameaux secondaires qui se portent aux racines des dents canine et incisives supérieures correspondantes.

Chez l’enfant , le rameau dentaire de la sous-orbitaire se divise eu deux ramuscules : l’un pour les dents incisives et canine de la première dentition, l’autre pour celles de la seconde.

4oo

Branches fournies par la maxillaire interne dans sa troisième

portion.

Les branches que donne la maxillaire interne dans sa troisième position , sont précisément celles qui la terminent dans la fosse sphéno-maxillaire. Comme je Fai dit, elles sont au nombre de quatre : la ^ddienne , la pléry go- palatine , la palatine supérieure et la sphéno-palatine.

Artère vidienne ou ptérj^goïdienne.

L’artère vidienne oupiérygoïdienne, née de la maxillaire interne dans la fosse sphéno-maxillaire , ou bien encore de la sphéno-palatine, n’offre qu’un très petit volume. Elle se porte aussitôt en arrière dans le conduit ptérjgoïdien, le parcourt et en sort postérieurement, pour se distribuer dans la partie supérieure du pharynx et dans la trompe d’Eustachi. Elle s’anastomose avec les pharyngiennes , et envoie en arrière quelques ramuscules dans le sphénoïde et dans les sinus sphénoïdaux.

Artère ptéry go-palatine ou pharyngienne supérieure.

L’artère ptéry go-palatine ou pharyngienne supérieure, très grêle, comme la précédente, naît de la maxillaire interne, en dedans et au-dessous d’elle. Elle se porte aussitôt en dedans et en arrière, traverse le conduit ptérygo-palatin dans lequel elle donne quelques ramuscules au sphénoïde , et en sort pour se ramifier dans la voûte du pharynx et dans la trompe d’Eustachi.

Artère palatine supérieure.

L’artère palatine supérieure est d’un volume plus considérable que celui des deux précédentes , près desquelles elle se sépare de la maxillaire interne. Elle descend verticalement entre l’os maxillaire supérieur et l’apophyse ptérygoïde , fournit chemin faisant trois ou quatre rameaux qui suivent les conduits palatins accessoires, et vont se distribuer au voile du palais; puis elle pénètre dans le conduit palatin postérieur, qu’elle parcourt dans toute son étendue, et se recourbe d’arrière en avant entre la voûte palatine et la membrane muqueuse, dans le sillon osseux qui avoisine en arrière le bord alvéolaire.

DES ORGANES GlRGÜLAïOiRES . 4oi

Dans ce trajet, la palatine supérieure décrit des sinuosités ^ fournit des rameaux, en dedans à la muqueuse palatine et a ses glandes, en dehors aux gencives, se termine en avant en s’anastomosant par arcade avec celle du côté opposé , et donne une petite branche qui s’engage dans le trou palatin antérieur, se porte de bas en haut dans les fosses nasales , et s’anastomose avec l’artère sphéno-palatine.

Artère sphéno-palatine.

L’artère sphéno-palatine est la branche qui termine plus spécialement la maxillaire interne. Elle gagne aussitôt le trou sphéno-palalin , et pénètre à sa faveur dans l’intérieur des fosses nasales, au niveau de la partie postérieure du méat supérieur, où elle se divise en deux o,u trois rameaux : l’un d’eux, interne., se porte obliquement en bas et en avant sur la muqueuse de la cloison , s’y ramifie et s’anastomose avec le rameau nasal de l’artère précédente; les autres, externes, se subdivisent en ramifications tenues qui se répandent dans les méats et sur les cornets , et envoient aux cellules ethmoïdales , au canal nasal, et supérieurement aux sinus frontaux, (i)

(i) La position profonde de Tarière maxillaire interne en rend la préparation difficile. Pour y procéder à son aise, sans craindre d’intér,esser des artères qui doivent aussi être étudiées sur le même sujet, il convient de remettre cette préparation après celle des artères cérébrales et de Toplithalmique. Alors, en effet, le crâne et Torbite sont ouverts, et Ton peut, à loisir, attaquer en dehors et en haut les fosses zygomatique et sphénomaxillaire qu’occupe notre artère.

Quoi qu’il en soit, préparez avec soin les muscles ptérygoïdien et temporal, comme si vous vouliez les étudier eux mêmes; sciez Tarcade zygomatique en avant et en arrière , et renversez-Ia en bas et en arrière avec l’attache du masséter, en prenant la précaution de ne pas diviser Tartère qui lui vient de Tèchancrure sigmoïde; détachez le muscle temporal delà fosse de ce nom, en enlevant avec lui le périoste de cette fosse; sciez l’apophyse coronoïde à sa base, de manière que le muscle temporal ne tienne plus que par les deux branches qu’il reçoit de la maxillaire interne; sciez obliquement en bas et en avant la branche de la mâchoire, un peu audessous de Toi ilice supérieur de son canal dentaire ; désarticulez le condyle de Tos maxillaire en laissant le cartilage inter-articulaire adhérent au ^ temporal, de manière à conserver une partie de Taltache du muscle pté- 1 rygoidicn externe, et enlevez tout à-fait la pièce osseuse séparée; faites

i II. 26

§ IL Artère carotide interne.

L’artère carotide interne, nommée aussi cérébrale antérieure parce qu’elle se porte particulièremeïit à la partie antérieure du cerveau , est d’autant plus grosse , que le cerveau est luimême plus volumineux. Après s’être séparée de la carotide primitive , elle est d’abord située au côté extei;ne de la carbtide externe ; mais bientôt elle monte obliquement en dedans d’elle, la croise en arrière au niveau du muscle digastrique, et lui devient interne. Elle continue ensuite de monter au-devant de la colonne cervicale, entre le pharynx et la branche de l’os maxillaire, jusqu’à l’orifice externe du canal carotidien dans lequel elle s’engage ; et , après Lavoir parcouru dans toute son étendue , elle pénètre dans Lintérieur du crâne, où elle se comporte comme je le dirai tout-à-l’heure.

Dans son trajet au col , la carotide interne décrit une première courbure à convexité postérieure et externe ; assez souvent aussi , près de la base du crâne , elle en présente une deuxiènie à convexité antérieure et interne ; ces courbures varient, du reste, beaucoup suivant les individus. Côtoyée c/i dehors par la veine jugulaire interne , les nerfs grand sympathique et pneumo -gastrique , elle répond en dedans au pharynx, et avoisine quelquefois l’amygdale, vers laquelle, elle se recourbe . En a^ant , elle est en rapport avec les muscles de l’apophyse styloïde et particulièrement avec le stylo-pharyn-

sauter avec la gouge et le maillet toute la paroi supérieure de la fosse zygomatique; alors vous pourrez suivre avec facilité le tronc de la maxillaire interne, jusque dans la fosse sphéno-maxilKiire, et disséquer les branches qu’elle fournit jusque-là.

Si l’on veut poursuivre eette artère plus loin, il faut attaquer avec la gouge et le maillet la paroi supérieure delà fosse sphéno-maxillaire du côté du crâne , depuis la fente sphénoïdale jusqu’au trou maxillaire supérieur; puis ouvrir successivement les conduits vidien , ptérygo-falatin, paialin •postérieur et le trou sphéno-paiatin que parcourent les dernières branches de l’artère.

La gouge et le maillet sont encore nécessaires pour la préparation des rameaux (ientaires des artères dentaire inférieure et alvéolaire. Enfin une coupe médiane verticale et antéro-postérieure est encore fort utile pour étudier la terminaison des branches sphéno- palatine, vidicnne, ptérygo-palatine tl palatine supérieure.

gieii. Les nerfs grand liypo-glosse et glossor pîiaryngien cjui lui sont postérieurs supérieurement , lui deviennent bientôt externes, puis antérieurs.

canal carotidien carotide interne est, comme

ce canal , d’abord verticale , puis horizontale ou un peu oblique en avant et en haut, et se trouve en rapport avec les rameaux ascendans du ganglion cervical supérieur.

A sa sortie da canal carotidien , l’artère carotide interne est placée dans le crâne , mais elle reste quelque temps accolée à sa base. Elle monte perpendiculairement jusqu’au-dessous l’apophyse clinoïde postérieure se dirige ensuite horizontalement d’arrière en avant; placée dans le sinus caverneux, et parvenue au-dessous et en dedans de l’apophyse clinoïde antérieure, elle forme une dernière courbure dont la convexité regarde en avant , se porte en haut , en dedans et en arrière , passe en dehors du nerf optique et se termine au commencement de la scissure de Sylvius en se divisant en deux branches^, la cérébrale antérieure et la cérébrale moyenne. Sur les côtés de la selle turcique , dans le sinus caverneux, l’artère carotide interne recouverte par la membrane interne de ce sinus, est embrassée par une foule de filets nerveux qui forment sur elle un petit plexus , et est cotoyée en dehors par le nerf moteur oculaire externe.

Ordinairement, la carotide interne ne produit aucune branche au col; ce n’est que par exception qu’elle donne, comme l’a vu Halleiq la pharyngienne inférieure et l’occipitale. Dans le canal carotidien, elle fournit une petite branche qui s’engage dans la caisse du tympan par une ouverture spéciale , se distribue à ses diverses parties , et s’anastomose sur le promontoire avec un rameau de la méningée moyenne. Dans le sinus caverneux , elle envoie des rameaux aux parois de ce sinus, à la dure-mère voisine , au corps et à la tige pituitaires et aux nerfs trijumeau, moteurs de l’oeil et pathétique. Enfin, au-delà du sinus caverneux et en se terminant, elle fournit plusieurs branches importantes qui constituent , de bas en haut , les dirihees ophthalmique ^ communicante de If' illis , choroïdienne et cérébrales antérieure et postérieure.

Artère ophthalmique (i).

L’artère ophthalmique se détache de la convexité' de la dernière courbure de Tarière carotide interne , en dedans de Tapopliyse clinoide antérieure. D’un volume médiocre, elle s’engage aussitôt après son origine , dans un petit canal fourni par la dure-mère, se porte en dehors et au-dessous du nerf ojitique, dans le trou de même nom, parvient dans Torbite, se place entre le muscle droit externe et le nerf optique , monte bientôt sur celui-ci, entre lui et le muscle droit supérieur, et se dirige en serpentant au-dessous du muscle grand oblique, jusque près de l’angle interne de l’orbite où elle se termine en se divisant en deux branches : \di frontale et la nasale.

Dans ce trajet , Tarière ophthalmique fournit un grand nombre de branches qu’on divise en celles qu’elle donne , en dehors du nerf optique, au-dessus de ce nerf, et en dedans du globe de Toeil.

Branches fournies par V ophthalmique en dehors du nerf optique.

L’ophthalmique donne seulement deux branches en dehors du nerf optique : la lacrymale et la centrale de la rétine..

Artère lacrymale.

L’artère lacrymale naît de Tophthahnique , au moment où celle-ci pénètre dans Torbite. Elle se porte aussitôt en dehors, le long de la paroi externe de celte cavité , un peu au-dessus du muscle droit externe , et parvient à la glande lacrymale où se perdent la plupart de ses rameaux.

Dans son trajet , l’artère lacrymale /listribue cjuelques ramuscules aux muscles droit externe , droit supérieur et droit inférieur de Toeil , à l’élévateur de la paupière supérieure , aux enveloppes du nerf optique et au périoste de Torbite. Assez souvent , aussi , elle donne un petit rameau qui se recourbe en arrière vers la fente sphénoïdale, et se termine dans la dure- i mère en s’anastomosant avec la méningée moyenne. Un autre j

(i) Pour préparer rartcre ophtalmique, enlevez d’abord le cerveau de | l’intérieur du crâne ; puis emportez la votïte orbilairc à l’aide de deux | traits de scie pratiqués d’avant en arrière, l’un en dedans , Pautre en dehors, j

DES ORGANES GIRCULAÎOIRES. 4o5

traverse Tos malaire et parvient dans la fosse temporale où il communique avec la temporale profonde antérieure. Enfin , après avoir donné un grand nombre de divisions à la glande lacrymale, l’artère de ce nom fournit des rameaux appelés palpébraux externes, les uns pour la paupière supérieure où ils s’anastomosent avec la palpébrale supérieure, les autres pour la paupière inférieure , où ils s’unissent , soit avec la teiU'porale superficielle , soit avec la palpébrale inférieure.

Artère centrale de la rétine.

L’artère centrale de la rétine , une des plus petites branches fournies par l’oplithalmique, s’en sépare près de son entrée dans l’orbite , et vient quelquefois aussi de l’une des ciliaires ou des musculaires. Elle se dirige obliquement vers le nerf optique , pénètre ses enveloppes à une distance variable du globe oculaire , parvient à son centre , et l’accompagne jusqu’à la face interne de la rétine où elle forme en se ramifiant un réseau re- ^marquable, que Ruysch considérait comme une membrane particulière. La plupart de ses rameaux peuvent être suivis jusqu’à la partie antérieure de la rétine. Un d’eux parcourt d’arrière en avant le canal hyaloïdien , fournit quelques ramuscules à la membrane du m^nie nom , et se perd dans la partie postérieure de la capsule cristalline.

Branches fournies par V ophthaliniqiie au-dessus du nerf

optique.

Les artères fournies par l’ophthalmique au-dessus du nerf optique, sont : la sus-orbi taire, les ciliaires musculaires.

Artère sus-orbitaire ou sourcilière.

\J artère sus-orbitaire, née de rophîhalmique au moment où elle croise le nerf optique, et quelquefois de la lacrymale, se porte horizontalement en avant, entre la paroi supérieure de l’orbite et les muscles droit supérieur de l’œil et élévateur de la paupière supérieure auxquels elle fournit quelques rameaux. Elle sort de l’orbite avec le nerf fj ontal par l’échancrure sourcilière, et se .réfléchit de bas en haut sur le front, où elle se termine en se divisant en deux branches, l’ime interne, l’autre externe.

4o6 ' ANATOMIE

La branche interne^ plus volumineuse que l’externe , remonte derrière les muscles sourcilier et orLiculaire des paupières , auxquels elle donne des rameaux , et se termine dans le muscle frontal , en s’anastomosant avec les artères frontale et temporale superficielle. La branche externe se dirige, au contraire, en dehors , se comporte à peu près comme la précédente, et s’anastomose en outre avec la iacrvmale.

Dans l’échancrure du frontal ,, l’artère sus- orbi.^ aire envoie ordinairement un rameau au diploë de cet os , et un peu plus haut elle en fournit un autre pour son périoste.

Artères ciliaires.

On réunit sous ce nom les nombreuses artères qui se distribuent à la choroïde, à l’iris et aux procès ciliaires. Toutes viennent de l’ophthalmique, les unes directement les ciliaires postérieures , les autres par l’intermédiaire des branches principales de ce vaisseau, les ciliaires antérieures .

Artères ciliaires postérieures. Les artères ciliaires postérieures sont beaucoup moins nombreuses qu’on le- dit généralement : deux troncs leur donnent presque exclusivement naissance. A la vérité chacun de ces troncs se divise bientôt en un petit faisceau d’artérioles, auxquelles se joignent quelques rameaux des artères lacrymale , sus-orbitaire , eîhmoïdale postérieure et musculaires. Toutes sc dirigent en serpeniaiit en dedans et en dehors du nerf optique , se subdivisent elles-mêmes , s’anastomosent entre elles et avec la centrale de la rétine , et traversent la sclérotique obliquement près de l’entrée du nerf opticjue.

Parvenues dans le globe de l’œil , entre la sclérotique et la clioroîde, les artères ciliaires postérieures s’anastomosent encore, se portent de plus en plus antérieurement et ne tardent pas à se terminer. ^

Deux d’entre elles , plus longues, plus grosses , plus importantes que les autres , et appelées ciliaires longues, sont placées dans l’œil à peu près au niveau des deux extrémités du diamètre transversal de cet organe, fournissent qucd(|ues rameaux à la ciîoroïde, puis à la baïUeur du cercle ciliaire, se bifurquent, embrassent la grande circonférence de l’iris, et forment ce qu’on appelle le ^rand cercle artériel de cette membrane. Ce cercle^

sorte de sinus commun aux artères de Tiris , reçoit extérieurement un grand nombre de rameaux venant des autres artères ciliaires , tandis que de sa partie interne il en envoie dWitres qui se bifurquent à leur tour près de la pupille , s'anastomosent entre eux latéralement, et forment \e petit cercle artériel de Viris, Les autres artères ciliaires postérieures, plus petites et plus nombreuses, pénètrent dans la choroïde, y deviennent très flexueuses, s’y anastomosent en un plexus dont les aréoles sont souvent quadrangulaires, forment la couche la plus extérieure de cette membrane , et parvenues au cercle ciliaire , se terminent les unes dans les procès ciliaires, les autres dans le grand cercle artériel dé l’iris.

Artères ciliaires antérieures . Ordinairement fournies par les musculaires et par les autres branches voisines de l’ophthalmique, \di sus - orbitaire y la lacrymale^ etc., les artères ciliaires antérieures sont très petites. Elles se dirigent vers la partie antérieure de l’œil, et après avoir donné quelques rameaux à la conjonctive, elles traversent la sclérotique près de son union avec la cornée, fournissent de nombreuses divisions au cercle ciliaire, à l’iris et à la choroïde, puis se terminent dans le grand cercle artériel de l’iris.

Jusqu’à sept mois de la vie intrà-utérine, les artères ciliaires longues , ou plutôt les rameaux qui émanent du grand cercle artériel de l’iris formé par elles , offrent une disposition remarquable que M. Gloquet a surtout bien décrite, et qu’il importe de faire connaître.

Ces rameaux se portent en convergeant vers la pupille , et se bifurquent à son niveau, comme chez l’adulte; ensuite ils dépassent le cercle de cette ouverture , se placent entre les deux feuillets de la membrane pupillaire, et près de son centre s’anastomosent latéralement, en formant des arcades qui se regardent par leur convexité, qui ne fournissent aucun rameau de ce côté , et qui laissent ainsi une petite partie de ce centre libre de vaisseaux et très disposé, par conséquent, à se rompre (t).

A riè res musculaires.

Les artères musculaires y peu constantes, peuvent provenir des diverses branches de l’ophthalmique, et offrir beaucoup de va-

(i) Voyez tome i , page 764,

4o8 ' ANATOMIE

riétés sons ie rappcnt du iioni}3re. Cependaiiî, le plus souvent on en trouve deux plus volumineuses que les autres , Tune supérieure, l’autre inférieure.

musculaire supérieure ^ qwdinà elle existe, naît de l’ophtîialmiqiie au-dessus du nerf optique, quelquefois de la sus-orbitaire ou de la lacrymale. Elle se dirige ensuite vers la face inférieure du muscle droit supérieur de l’œil , et se divise bientôt en plusieurs rameaux c|ui se portent successivement dans ce muscle , dans l’élévateur propre de la paupière supérieure et dans le grand oblique.

La musculaire inférieure, plus volumineuse, naît deroplitlialmique au-devant de l’artère lacrymale , se dirige obliquement en avant et en dedans , entre le muscle droit inférieur de l’œil et le nerf optique , et se divise en rameaux qui se portent au fur et à mesure dans ce muscle, dans le droit externe et dans le petit oblique. Quelquefois cette artère sort de l’orbite en dedans du globe oculaire, et se termine à la base de la paupière inférieure en s’anastomosant par arcade avec un rameau récurrent de la sous-orbitaire , et après avoir fourni quelques ramuscules au sac lacrymal , au muscle droit interne et à la paupière correspondante.

Branches fournies par V ophthalniique en dedans du globe de Vœil.

Les branches fournies par l’oplithalmique en dedans du globe de l’œil sont : les ethmoldales et les palpébrales.

Artères eihmdidales. •

Les artères etlimoïdales sont au nombre de deux , l’une antérieure, l’autre postérieure, la première plus constante que la seconde.

U artère ethnioïdale antérieure naît de l’ophthalmique près de la paroi interne de l’orbite. Elle se dirige aussitôt vers le trou orbitaire interne antérieur, s’y engage avec le nerf nasal interne, et parvient sur la gouttière ethiuoidale du crâne où elle se divise en plusieurs rameaux.

Dans ce trajet, l’artère eihmoïdale antérieure envoie quelques ramifications tenues au sinus frontal et aux cellules ethmoida- Ics antérieures. Dans la gouttière ethmoïdale , elle se termine

DES ORGAINES CIRCULATOIRE R 409

pni des laiiieaux qui s anasîoiiioseai avec i'etliiuoidale postérieure , se distribuent à la dure-mère voisine , ou se portent vers la pituitaire par les trous olfactifs.

artère ethmoïdale -postérieure, quand elle existe, est ordinairement très grêle et naît de l’ophtlialmique un peu en arrière de la précédente, quelquefois de la sus-orbitaire ou de la lacrymale. Dirigée en dedans , elle gagne bientôt le trou orbitaiie interne posteiieur, dans 1 intérieur duquel elle envoie quelques ïamuscules a la membrane des cellules etlimoïdales postéi ieures ; ensuite elle parvient dans la gouttière ethmoidale où elle se comporte absolument comme la précédente.

Artères palpébrales.

Les artères palpébrales varient beaucoup sous le rapport du volume. On en compte deux. Elles naissent de l’ophthalmique près de la poulie cartilagineuse du muscle grand oblique, et sont distinguées en et en inférieure.

L Al 1ère palpe orale supérieure fournit dès sa naissance de petits rameaux au sac lacrymal , à la caroncule, à la conjonctive et à la moitié supérieure et interne du muscle palpébral. Ensuite elle se recourbe en dehors , suit la face antérieure du cartilage taise, pies de son bord inferieur j et, après avoir envoyé des rameaux à ce cartilage , au muscle orbiculaire , à la conjonctive paipebrale et a la peau, elle se termine vers 1 angle externe des paupières en s'anastomosant avec les derniers rameaux de l'artère lacrymale.

Vartere palpébrale inférieure, produite quelquefois parla nasale, se porte perpendiculairement en bas, derrière le tendon du muscle orbiculaire des paupières , envoie quelques ïameaux au sac lacrymal, à la caroncule , puis se recourbe de^ dedans en dehors , pour gagner la paupière inférieure qu’elle parcourt dans toute son étendue , entre le muscle palpébral et le cartilage tarse, un peu au-dessous du bord libre de celui-ci, et se teimiiie vers 1 angle externe de i’œil en s’anastomosant avec la palpébrale supérieure et avec la transversale de la face. Au niveau de sa courbure, elle donne un rameau qui descend dans la moitié inférieure du muscle orbiculaire et s’anastomose avec la sous-orbitaire.

4io

Branches terminales de Vophthalmique,

L’artère ophlbalmique se termÎDe, comme je i’ai déjà dit, en se divisant en deux branches, la frontale et la nasale.

Artère frontale.

L’artère frontale, ordinairement moins grosse que la nasale , s’en sépare près de la paroi interne de la ca vité orbitaire. Se réfléchissant ensuite de bas en haut sur l’arcade orbitaire , elle monte sur le front , entre le muscle orbiculaire des paupières elle coronal, parallèlement à làsus-orbitaire et en dedans d’elle, puis se divise au bout d’un trajet variable en plusieurs rameaux qui se portent à la peau , aux muscles orbiculaire, sourcilier et frontal, ainsi qu’au périoste voisin. Elle s’anastomose, en dedanS;, avec celle du côté opposé, en dehors, avec la sus-orbitaire et la temporale superficielle.

Artère nasale.

, L’artère nasale , tantôt très petite , tantôt volumineuse , descend d’abord en avant , puis soét de l’orbite , au-dessüs du tendon du muscle orbiculaire se divise bientôt en plusieurs branches : les unes se portent au sac lacrymal et aux parties molles voisines ; les autres appartiennent au dos du nez et se distribuent aux muscles propres de cet organe et à la peau.

Un rameau plus volumineux que les autres semble continuer le tronc de l’artère descend sur le côté du nez et s’anastomose avec la fin de la faciale.

Artère communiquante de TFillis. (1)

L’artère communiquante de WiUis , communiquante postérieure^ se porte obliquement en arrière et un peu en dedans, cô-

(i) Etudiez en même tems les branches cérébrales de b) carotide interne et celles de la vertébrale; plus tard vous disséquerez le tronc de celte dernière au-dessous du trou occipital.

Je suppose ici que l’on a commencé la dissection des artères qui naissent j de la crosse de l’aorte par la carotide. Si au contraire on avait d’abord suivi j la so us-clavière , ce que je ne conseille pas , il conviendrait de ne préparer j la vertébrale oui en émane que jusqu’au crâne, et de renvoyer l’étude de | sa portion intra-crânienne à l’époque vers laquelle on doit ouvrir le crâne | pour y voir l’artère carotide interne. j

DES ORGANES CIRCULATOIRES. 4ii

to*e la partie externe de la tige pituitaire et des tubercules mamillaires, et va se jeter dans Tartère cérébrale postérieure , branche du tronc basilaire. Son volume est très variable. Dans son trajet, elle donne des ramifications très grêles aux éminences mamillaires , à la tige pituitaire, au plexus choroïde, au nerf et à la couche optiques.

Artère choroïdienne.

L’artere choroïdienne, moins volumineuse que la précédente, naît au-dessus d^èlle , se dirige obliquement en arrière et en dehors, le long du pédoncule cérébral auquel elle envoie quelques rameaux , pénétré dans le ventricule latéral correspondant par l’extrémité de la grande fente cérébrale, et se termine dans le plexus choroïde , après avoir fourni quelques rameaux à la corne d’aïnmon, à la bandelette frangée et à la couche optique correspondante.

Artère cérébrale antérieure.

L’artère cérébrale antérieure se dirige obliquement en arrière et en dedans, parvient à la scissure médiane qui sépare les deux lobes cérébraux, au dessous de l’extrémité antérieure du corps calleux, et communique en ce point avec celle du côté opposé par une branche transversale nommée communiquante antérieure .

Se recourbant ensuite en avant et en haut sur le corps calleux , l’artère cérébrale antérieure parcourt d’avant en arrière sa face supérieure sous le nom artère calleuse.^ et se termine à son extrémité postérieure en se subdivisant en un grand nombre de rameaux cjui descendent sur les circonvolutions du lobule cérébral postérieur , et qui s’anastomosent avec ceux de la cérébrale postérieure fournie par le tronc basilaire.

Avant de donner la communiquante antérieure, la cérébrale antérieure fournit quelques ramuscules aux nerfs optique et olfactif et à la pie-tinère.

La branche communiquante antérieure , ordinairement assez grosse, mais courte, parce qu’en ce point les deux cérébrales antérieures sont tiès rapprochées l’une de l’autre, se trouve quelquefois remplacée par plusieurs rameaux. Elle envoie des

4i2 anatomie

ramifications tenues à la voûte à trois piliers, à la commissure cérébrale antérieure et au troisième ventricule.

artère calleuse^ suite de la cérébrale antérieure^ est parallèle à celle du côté opposé et embrasse la faee supérieure du corps calleux dans une sorte d’arcade à concavité inférieure et à convexité supérieure. La concavité de celle arcade envoie inférieurement à ce corps un nombre variable de rameaux : sa convexité en fournit d’autres plus gros et plus nombreux qui se portent dans les anfractuosités de la surface interne des lobes cérébraux, s’y subdivisent et se prolongent jusqu’à leur surface externe, où ils s’anastomosent avec ceux des artères cérébrales moyennes.

Artère cérébrale moyenne.

L’artère cérébrale moyenne, plus volumineuse que la précédente, peut être considérée comme la continuation de la carotide interne. Dirigée en arrière et en dehors dans la scissure de Sylvius, avant de s’y engager, elle fournit des rameaux nombreux à la couche mince de substance cérébrale qu’on remarque en dedans de cette scissure, aux pédoncules cérébraux, à la pie-mère et souvent aux plexus choroïdes. Enfin après un court trajet elle se divise en trois branches, dont une se porte en avant au lobe antérieur, une autre à la saillie connue sous le nom d’i7e de la scissure de Sybius, et la dernière au lobe moyen. Chacune de ces branches se divise ensuite en rameaux nombreux c[ui s’engagent dans les grandes anfractuosités, puis dans les petites, et qui, après s’être recourbés et subdivisés maintes fois dans la pie-mère, pénètrent enfin dans la substance cérébrale elle-même.

Les branches terminales des carotides internes se réunissent avec celles d es vertébrales pour former sur la base du cerveau un cercle ou polygone appelé TbAUsien^ et auquel concourent spécialement, en avant, la communiquante antérieure et les cérébrales antérieures^ latéralement, le tronc meme de la carotule interne et la communiquante de JVillis ^ et en arrière, les deux cérébrales postérieures.

Placées entre la base du crâne et la face inférieure de Fencé-

DES ORGANES CIRCULATOIRES. 4i3

pliale, les troncs artériels de ce centre nerveux lui impriment des mouvemens isochrones à ceux du pouls (i).

Du reste, comme on Fa vu, les artères encéphaliques ne pénètrent au sein même de la substance nerveuse qu’après s’être beaucoup divisées, après avoir subi une grande diminution de volume, et avoir concouru par leurs réseaux à former la membrane pie-mère (2).

ARTICLE TROISIEME

Tronc brachial .

Le tronc brachial est représenté par la volumineuse artère qui se porte vers le membre thoracique. Il s’étend depuis le tronc brachio-céphalique à droite et la crosse de V aorte à» gauche jusqu’au pli du coude, au-dessous duquel il se divise en deux branches qui constituent les artères radiale et cubitale. Ce tronc porte différens noms, suivant les régions qu’il occupe : depuis son origine jusqu’à l’intervalle des muscles scalènes qu’il traverse, il forme Vartère sous-clarière; il prend le nom d’artère axillaire^ depuis le même point jusqu’au bas de Faisselle; enfin on l’appelle artère brachiale dans la dernière partie de son trajet.

§ F''. Jrtère sous-claaière [7)).

Les deux artères sous-clavières n’ont pas la même origine ; la droite commence au tronc brachio-céphalique , la gauche à la crosse de l’aorte, mais toutes deux se terminent dans l’intervalle des muscles scalènes. Il suit de là cjue la droite est plus

(1) Voyez tome 2 , page 62. ’

(2) Voyez tome 2 , page 72.

(3) Pour préparer l’artère sous-clavière, disséquez avec soin l’attache inférieure des muscles sterno-mastoïdiens, puis comme pour étudier la partie supérieure de la crosse aortique, enlevez la poignée du sternum avec grande précaution , de peur de léser les mammaires internes sur les côtés, en ménageant les clavicules et opérant leur désunion dans l’articulation sterno-claviculaire.

Le tronc de l’arière sous-clavière une fois à découvert, procédez à l’étude et à la préparation de ses branches, dans l’ordre suivant : Vartère mammaire interne^ la thyroïdienne inférieure^ la sus-scapulaire^ la cervicale transverse, la cervicale profonde^ la première intercostale et la vertébrale.

4i4 ANATOMIE

superficielle et plus courte que la gauche de toute la longueur du tronc innominé. Elles occupent la région supeTieure de la poitrine et la partie latérale et inférieure du col. Leur direction et leurs rapports diffèrent un peu.

artère sous-clavière droite se porte en dehors et un peu en arrière jusque dans l’intervalle des muscles scalènes , en de'crivant une légère courbure à concavité inférieure. La gauche, au contraire, monte d’abord verticalement , et se recourbe ensuite brusquement en pénétrant, comme la précédente , dans l’intervalle des deux scalènes.

La sous-clavière droite est recouverte en avant^ par l’extrémité interne de la clavicule 5 par l’articulation sterno-claviculaire, par l’attache claviculaire du muscle sterno-mastoïdien, par les muscles sterno-hyoïdien et slerno-thjroïdien, par la veine sous-cia vière correspondante, et, au niveau de l'angle de réunion de cette veine avec la jugulaire interne , par les nerfs diaphragmatique et pneumo-gastrique droits qui croisent sa direction. En arrière elle répond, en dedans, à la trachée et au nerf récurrent droit, en dehors, à la colonne vertébrale et aux muscles longs du col. En haut, elle laisse entre elle et la carotide primitive correspondante un espace celluleux triangulaire. En bas elle n’est séparée que par la plèvre du sommet du poumon droit.

La sous’clavière gauche a les mêmes rapports que la droite, mais d’une manière différente : ainsi la veine sous-clavière, loin de lui être parallèle, passe au contraire perpendiculairement au devant d’elle; ainsi les nerfs pneumo-gastrique et diaphragmatique la croisent très- obliquement- Son côté interne est trèsrapproché de la carotide primitive gauche et lui est à peu près parallèle. Son côté externe est en rapport avec le sommet du poumon dans une étendue plus grande que cela a lieu pour la sous-clavière droite. Son côté postérieur repose sur le muscle long du col et sur la colonne vertébrale. Elle est en outre séparée par un espace assez considérable de la clavicule et du muscle sterno -thyroïdien.

Dans l’intervalle des muscles scalènes , la sous-clavière repose en bas sur la première cote ; elle répond, en avant, au scalène antérieur, en arrière, au plexus brachial.

DES ORGANES CIRCULATOIRES. 4i5

La sous-clavière fournit toutes ses branches sur le bord trachéal des scalènes. On les distingue en supérieures , inférieures et externes. i

1° Branches supérieures de V artère sous-clavière.

Ces branches sont au nombre de deux, la 'vertébrale et la thyroïdienne inférieure.

Artère vertébrale.

Cette artère naît de la partie postérieure et supérieure de la sous-clavière , quelquefois de la crosse de Taorte, surtout à gauche, et se termine dans le crâne. Elle monte verticalement derrière la thyroïdienne inférieure, à côté du muscle scalène antérieur , sur le muscle long du col , s’engage bientôt dans le trou de la base de l’apophyse transverse de la sixième vertèbre cervicale, quelquefois dans celui de la troisième ou de la quatrième, plus rarement dans celui de la septième, et continue ensuite à monter dans le canal forme' par ces trous, en décrivant une légère flexuosité dans chaque espace intertransversaire.

Parvenue à l’intervalle des apophyses transverses des deux premières vertèbres cervicales , l’artère vertébrale se dirige en arrière sous le muscle petit complexus, puis en haut et en dehors, traverse le trou de l’apophyse transverse de l’atlas et décrit ainsi une première et grande courbure à convexité supérieure et un peu postérieure. Continuant son trajet , elle arrive entre l'occipital et l’atlas, dans l’espace triangulaire circonscrit par les muscles grand droit postérieur et obliques de la tête, forme en ce point une nouvelle courbure transversale à convexité postérieure , et pénètre dans le crâne par le trou occipital.

Dans cette cavité, l’artère vertébrale se porte obliquement en haut et en avant vers la partie moyenne et antérieure du bulbe rachidien, parvient au sillon qui sépare ce bulbe de la protubérance annulaire, et se réunit à angle aigu avec celle du côté opposé pour constituer le tronc basilaire.

Les branches de Tartère vertébrale sont extra et intra-cra— niennes.

Branches exir 9.- crânienne s. Le long du canal des apophyses

4i6 ANATOMIE

transverses, cette artère envoie par les trous de conjugaison des rameaux qui se portent dans la dure-mère rachidienne et dans la moelle; quelques autres traversent les muscles inter-transversaires et se portent, en aux muscles scalènes, grand

droit de In tête et long du col, en arrière^ au petit coinplexus et au splénius.

De sa courbure , entre les apophyses transverses des deux premières vertèbres cervicales , elle envoie plusieurs rameaux peu importants; un d’eux, plus volumineux que les autres , descend au-dessous du muscle petit oblique de la tête , lui donne quelcjues ramusciiles ainsi qu’au petit complexus , puis se divise en deux rameaux secondaires., dont un se porte en bas dans les muscles transversaires épineux , tandis que l’autre, ascendant, gagne la dure-mère , en passant sous l’arc antérieur de l’atlas.

Dans sa courbure supérieure ou transversale , la vertébrale fournit des rameaux aux muscles droits et obliques postérieurs de la tête ; un d^’entre eux va derrière le muscle grand droit s’anastomoser par arcade avec celui de l’artère du coté oppose'; un autre, artère occipiio-ménmgienne Chauss. , pe'nètre dans le crâne par le trou occipital et va se perdre dans la dure-mère des fosses occipitales inférieures.

Branches intr a- crâniennes. En entrant dans le crâne, la vertébrale fournit quelques ramifications à la dure-mère voisine ; plus haut encore , elle donne les spinales antérieure et postérieure et la cérchclleusc inférieure; enfin , elle se termine en formant la basilaire avec celle du côté opposé.

Artère spinale postérieure.

Un peu moins volumineuse que l’antérieure , l’artère spinale postérieure naît de la vertébrale, près des éminences pyramidales et quelquefois de la cérébelleuse inférieure. Elle se porte en dedans , envoie un rameau qui remonte sur les côtés du quatrième ventricule , descend en serpentant sur la partie latérale de la face postérieure de la moelle, parallèlement à celle du côté opposé , et lui envoie des ramifications dans tous les sens. En dedans , elle s’anastomose avec celle du côté opposé. En dehors^ elle donne des rameaux c|ui se comportent comme ceux

de la spinale antérieure avec lesquels ils s'anastomosent.

Souvent, les deux spinales postérieures ne sont représentées que par un plexus formé de petites artérioles qui se répandent dans la moelle, et qui reçoivent latéralement les anastomoses indiquées.

Arlère spinale antérieure.

'Née ordinairement de la vertébrale près de sa terminaison , quelquefois de la cérébelleuse inférieure ou même de la basilaire , la spinale antérieure descend vers la face antérieure du jjulbe de la moelle, et, au bout d’un court trajet, elle se réunit sur la ligne médiane avec celle du côté opposé. Le tronc commun qui résulte de cette anastomose angulaire, continue à descendre au niveau du sillon médian antérieur de la moelle jusqu’à son extrémité inférieure, puis se mêle avec les filets nerveux de la queue de cheval, et se termine plus ou moins bas en s'anastomosant avec les artères sacrées.

Dans ce long trajet , l’artère spinale antérieure fournit de nombreux rameaux au névrilème de la moelle et serait bientôt épuisée, sans les anastomoses qui Fuuissent latéralement avec la vertébrale et la cervicale ascendante au col, les intercostales au dos, les lombaires aux lombes , les sacrées latérales et les iléo- lombaires dans le canal sacré. Ces anastomoses ont lieu par de véritables rameaux de renforcement très variables, quelquefois très grêles, d’autres fois très développés.

Arlère cérébelleuse inférieure.

Le volume de la cérébelleuse inférieure varie beaucoup , souvent même d’un côté à l’autre, chez le même individu. Née de la vertébrale entre les deux précédentes , et quelquefois du tronc basilaire , elle croise transversalement l’éminence pvramidale correspondante elles filets d’origine du nerf grand hypoglosse , monte au-devant des racines des nerfs pneumo -gastrique et spinal, passe entre elles, croise le corps restiforme, arrive en serpentant à la partie postérieure de la face inférieure du cervelet, près de la réunion du lobule médian avec le lobe latéral, et se termine en se divisant.

Dans la première partie de son trajet, la cérébelleuse infé- Jb in

^i8 ANATOMIE

rieure envoie des ramuscules aux diverses parties avec lesquelles elle est en rapport ainsi qu a la pie~meie du qualiième ventri* cule ; après quoi , elle se termine par d’autres branches , qui rampent sur la face inférieure du lobe correspondant du cervelet jusqu’à sa circonférence, et s’anastomosent avec celles delà cérébelleuse supérieure.

Artère basilaire.

L’artère ou le tronc basilaire, formée , comme je l’ai dit , par la réunion à angle aigu , des deux vertébrales , offre un volume moindre que celui de ces deux artères prises ensemble. Elle commence au niveau de la séparation du bulbe de la moelle et de la protubérance , occupe le sillon médian de la face inférieure de celle-ci, et repose en bas sur la gouttière basilaire.

Dans son trajet, l’artère basilaire fournit de nOtnbreux rameaux qui se distribuent a la pi'otuberance, au cervelet et aux nerfs trifaciaux. Quelques-uns suivent également les nerfs auditifs et les accompagnent jusque dans l’oreille interne, tandis que deux autres, plus volumineux, constituent les artères céiébelleuses supérieures.

Enfin au-devant dubord antérieur delà protubérance, le tronc basilaire se divise en deux branches, les cérébrales p oslérieufes.

I® Artères cérébelleuses supérieures.

Les artères cérébelleuses supérieures, au nombre de deux ", une pour chaque côté , naissent de la basilaire près de sa terminaison. Elles se portent ensuite transversalement en dehors sur la face inférieure de la protubérance annulaire, contournent les pédoncules du cerveau, et arrivent sur la face supérieure du cervelet où elles se divisent en un grand nombre de rameaux; Les uns remontent sur la face inférieure du lobe postérieur du cerveau, et s’y s’anastomosent avec ceux des artères cérébrales postérieures ; les autres descendent en arrière sur la face supérieure du c(rvelet,(t s’y distribuent comme ceux de la cérébelleuse inférieure : l’un d’entre eux suit latéralement le processus verni sformis superior et s’y ramifie.

Avant de se terminer, les artères cérébelleuses inférieures envoient successivement des rameaux à la protubérance, aux pé-

DES ORGANES CIRCULATOIRES. 4i^

doncules cérébraux, à la valvulcj de Vieussens , aux tubercules quadrijumeaux, à la glande pinéale et aux plexus choroïdes,

2® Artère cérébrale postérieure.

Dirigée en avant et en dehors , l’artère cérébrale postérieure se contourne sur le pédoncule cérébral presque aussitôt après sa naissance , en se portant d’avant en arriére et en décrivant une courbure à convexité antérieure. Elle parcourt ensuite dans le même sens la face inférieure dulobe cérébral postérieur jusqu’à son extrémité libre, et s’y termine en s’anastomosant avec les autres artères cérébi ales.

Près de son origine , l’artère cérébrale postérieure envoie un grand nombre de rameaux dans Fintervalle des pédoncules cérébraux et dans ces pédoncules eux-mêmcs. Au point où elle se recourbe, elle reçoit par sa convexité V artère communiquante de dont le volume présente beaucoup de variétés. Un

peu plus en arrière, elle donne une branche assez volumineuse qui se dirige d’arrière en avant sur les tubercules quadrijumeaux, pénètre dans le troisième ventricule et se perd dans la toile clioroïdienne , après avoir envoyé des rameaux aux tubercules précédens, à la grande pinéale, aux corps cendrés et aux couches optiques.

La cérébrale postérieure se comporte du reste à la face inférieure du lobe postérieur du cerveau, absolument comme les autres artères cérébrales, (i)

Artère thyroïdienne inférieure.

Plus superficielle que la vertébrale, la thyroïdienne inférieure naît de la sous - clavière, un peu en dehors et en avant d’elle , presque au niveau de la mammaire interne ; quelquefois cependant elle vient de la carotide primitive, du tronc bracliio-céphaüque , ou de la crosse de l’aorte ; d’autres fois elle est fournie par la mammaire interne , la vertébrale ou la cervi-

(i) Voyez ce qui a été dit à cet égard , page 4i5.

li importe, comme je l’ai dit plus haut, d’étudier en môme temps les branches cérébrales fournies par les carotides internes et les vertébrales.

cale transverse, etc. Elle est proportionnellement plus grosse chez l’enfant que chez l’adulte et le vieillard.

Aussitôt après son origine , elle monte verticalement et en croisant un peu l’artère vertébrale, au-devant du muscle scalene antérieur et du rachis. Au niveau de la cinquième vertèbre cervicale, elle se recourbe brusquement de dehors en dedans, passe derrière la carotide primitive, la veine jugulaire interne , les nerfs grand sympathique et pneumo - gastrique , croise en arrière le nerf récurrent, et parvient à l’extrémité inférieure du lobe correspondant du corps thyroïde. Dans cette deinieie portion de son trajet , l’artère thyroïdienne inférieure gauche repose sur l’œsophage dont elle croise transversalementla direc-

tion. (i)

En bas, la thyroïdienne inférieure fournit, des rameaux internes^ de nombre et de volume variables, qui se portent, les uns dans les muscles longs du col et l’œsophage , les autres dans la trachée qu’ils accompagnent jusque dans la poitrine 5 et où ils s’anastomosent avec les artères bronchiques ; 2° ci.es rameaux externes ou ascendans, qui vont aux muscles scalenes et long du col.Elle donne aussi, dans le même point, une branche plus volumineuse et plus constante, appelée cervicale ascendante :

U artère cervicale ascendante monte au-devant des muscles scalène antérieur et long du col auxquels elle fournit de nombreux ramuscules ; au niveau des trous de conjugaison, elle envoie sur chacun des nerfs cervicaux de petites branches qui pénètrent dans le canal vertébral, se répandent dans la dure-mere rachidienne et s’anastomosent avec les rameaux correspondans de la vertébrale. Le tronc lui-même de l artère se termine plus ou moins promptement sur le muscle grand droit antérieur de la tête.

Au niveau de l’extrémité inférieure du corps thyroïde , la thyroïdienne inférieure se diyise en deux ou trois branches qui se portent vers la face postérieure de ce corps , se subdivisent à leur tour et pénètrent dans sa substance en s’anastomosant avec les autres artères thyroïdiennes. Un de ces rameaux suit le bord

(1) Dans une opération qui consiste à ouvrir l’œsophage dans cette région ( l’œsophagoloniie ), il est important de bien se rappeler ce dernier rapport , pour ne pas couper cette artère.

supérieur de Tistlime de la glande et s’unit par arcade avec un rameau .semblable de l’artère opposée ; quelques autres pénètrent jusqu’à la membrane muqueuse de la trachée.

2® Branches inférieures de V artère sous-clavière.

Ces branches sont au nombre de deux , la mammaire interne et la première intercostale.

Artère mammaire interne.

L’artère mammaire interne, thoracique interne.^ sous- sternale Chauss. , naît de la sous-clavière vis-à-vis la thyroïdienne inferieure , quelquefois du tronc innominé , ou de la crosse aortique. Elle descend un peu obliquement en dedans , le long du bord interne du muscle scalène antérieur, en dehors du nerf diaphragmatique qui la croise supérieurement et derrière l’extrémité interne de la clavicule dont elle est séparée par la veine sous-clavière. Elle pénètre ensuite dans le thorax, descend au-dessous de la plèvre , se rapproche successivement du sternum , glisse au-devant de son muscle triangulaire et se termine vers l’appendice xiphoide en se divisant en deux branches. En haut elle est éloignée de deux lignes au moins du bord du sternum, tandis qu’en bas elle touche ce bord ou même lui est postérieure.

Près de son origine, la mammaire interne donne plusieurs rameaux aux attaches inférieures des muscles sterno-hyoïdien et sterno - thyroïdien, aux, ganglions lymphatiques voisins et au thymus. Elle fournit, en outre, la médiastine antérieure et la diaphragmatique supérieure.

Artère médiastine antérieure. Cette branche naît le plus souvent de la partie supérieure de la mammaire interne, quelquefois de la crosse de l’aorte, plus, rarement du tronc innominé. Elle descend dans la partie antérieure du médiastin , fournit quelques rameaux au thymus et au péricarde et se divise en deux branches : l’une d’elles remonte derrière le muscle de sterno-thyroïdien jusqu’au corps thyroïde, où elle s’anastomose avec les thyroïdiennes inférieures; l’autre , plus volumineuse, continue dans le médiastin le trajet primitif du tronc, et se divise à son tour en deux rameaux qui se portent chacun dans la

4ü2 anatomie

plèvre correspondante, et envoient des ramuscules au thymus, quand il existe, aux ganglions lyinphatiqaes et au tissu celluîograisseux voisins.

Jrtère diaphragmatique supérieure . Née de la mammaire interne un peu au-dessous de la précédente , cette bi anche trèsgrêle, flexueuse, descend accolée au nerf phrenique entre le péricarde et la plèvre jusqu’au diaphragme, où elle se divise cm plusieurs rameaux qui se perdent dans ce muscle et s’anastomosent avec les diapki agmaliques inférieures. Dans son trajet, Fartère diaphragmatique supérieure fournit des rameaux au péricarde, à la plèvre, aux veines pulmonaires, au thymus, âm nerf phrénique et aux ganglions voisins. Quelques-uns même se l ecourbent en arrière sur le péricarde, et se prolongent jusqu^à l’œsophage.

Ap rès avoir fourni les artères précédentes, la mammaire interne donne encore., sur les côtés du sternum, un assez grand nombre de rameaux divisés en internes et en externes.

Les rameaux internes , en nombre égal aux espaces intercostaux auxquels cette arlère correspond , se portent transversalement en dedans , envoient c^uelques ramuscules derrière le sternum, s’anastomosent avec ceux du côté opi)Osé, puis traversent d’arrière en avant les es[»aces intercostaux et vont sC perdre, en se recourbant en dehors, dans h s muscles grand pectoral, grand oblique , droit du venue, intercostaux, dans la mamcdle et dans la peau. Les supérieurs s’anasiomoseiii avec les artères thoraciques de raxillaire. Le rameau interne du sixième espace intecostal se porte transveisah. meut derrière l’appendice xiplioide , se réunit avec celui du côté opposé, et forme une arcade transversale, de la partie inferieure de laquelle partent ordinairement un ou plusieuis rameaux, qui descendent entre le péritoine et la ligne blanche, et juscpie dans le ligament suspenseur du foie où iis s’anassomosent avec des rameaux de l’artère hépatique et des diaplu agmatiques inferieures.

Les rameaux externes., artères intercostales antérieures , en nombre égal aux précédens, sont d’autant plus longs et plus volumineux qu’ils sont plus inférieurs. Ils se portent transversalement en dehors dans les espaces intercostaux, mais plus près du bord supérieur que du boid Inférieur de ces espaces ;

DES ORGANES CÎRCÜEATOIRES. 4a5

assez souvent même il y en a deux, dont un suit le bord supérieur de la côte inférieure, et l’autre le bord inférieur de la côte qui est au-djfâsstis. Tous se portent entre les iiaiiscles intercostaux, dans lesquels ils ^ terminent oa s’anastomosant ai?ae les artères interoosiales aortiques. Parmi eux , quelqmesHUiî* traversent les muscles intercostaux, et vont se distribuer aux p^toraux et grand oblique , à la maoielle et à la peau. rameaux qui vont à la - ntameMe acquièrent ordinairemeni un calibre très considérable cbez les femmes noîuvelleiïient ac*^ coudiées, surtout cbez celles qui nourrisseinit.

Enfin les denx branches terminales de la mammaire inteime sont distinguées en ih&raciqiæ et akdsmmede,

La branche thoracique , exÂeme ou postérieure , suit le bord cartilagineux des fausses côtes, et présente en avant des deruiers espaces intercostaux le même tfcrajet que le tronc même de la mammaire interne en avant des premiers. Elle descend obliquement en bas et en dehors, derr^id^ les cartilages des dernières rôles, el se ter mine près de l’épine en s’unis^

sant à la dm nière inîtercostale. Elle envoie en deliors des ra—

meaux intercostaux qui se comportent comme ceux de la mainmaire interne elle-mêiiiie, et en dedans des rameaux qui passent à travers les insertions du diaphragme , et vont se terminer dsuts les muscles iransverse et obliques .du ventre , en s’anastomosant avec les artères intercostales aortiques inférieures, avec les lombaires, les circonflexes idda-ques , et avec la branche suivante.

La branche abdominale , antérieure ou interne , plus petite que rexterne, descend derrière le muscle droit , pénètre dans sa gaine, et s’y divise en plusieurs rameaux , parmi lesquels les uns se perdent dans ce muscle et s’anaslojnosent avec ceux de l’artère épigastrique , tandis que les autres se ramifient en dehors dans les muscles larg- s de l’abdomen.

On trouve quelquefois deux artères mammaires internes, dont une suit la direction ordinaire, tandis que l’autre se dirige en dehors sous les côtes, et se termine plus ou moins bas. Cette branche s:ttrniiméraiire vient quelquefois du tronc même de là mammaiire interne , d’autres fois de la première intercostale.

Artère intercostale supérieure.

L'artère intercostale supérieure est très variable sous le double rapport de son calibre et de sa longueur. Née de la partie inférieure et un peu postérieure de la sous-clavière , au niveau de la cervicale profonde , quelquefois même d’un tronc qui lui est commun avec celle-ci, elle descend au-devant du col de la première côte, en dehors du ganglion cervical inférieur , et se termine assez souvent dans le premier espace in- .tercostal; mais ordinairement elle descend jusqu’au deuxième, quelquefois même jusqu’au troisième.

Au-devant de la première côte. Tarière intercostale supérieure donne un rameau transversal qui gagne l’insertioii inférieure du muscle scalène antérieur. Dans le premier espace intercostal , elle en fournit deux autres , l’un postérieur, l’autre externe.

Le rameau postérieur envoie en dedans, par le trou de conjugaison correspondant, un rameau à la dure-mère rachidienne et à la moelle, puis il traverse d’avant en arrière l’espace intertransversaire et se perd dans les muscles du dos.

Le rameau externe, ordinairement très petit, fournit quelques ramuscules aux vertèbres et au tissu cellulaire du médiastin , et se comporte ultérieurement comme la branche externe des intercostales aortiques (i).

Dans le second et quelquefois dans le troisième espace intercostal , le tronc de l’artère intercostale supérieure se réunit ordinairement avec un rameau qui vient de Taorte , et qui suit exactement la disposition des autres artères intercostales.

3° Branches externes de V artère sous-clavière.

Ces branches sont au nombre de trois : la cervicale transverse, la scapulaire supérieure et la cervicale projonde.

Artère cervicale tr ans ver se.

L’artère cervicale transverse , ou scapulaire postérieure, naît ordinairement de la sous-clavière, un peu en dehors de la thy i

(i) Voye* plus loin.

roïdienne inférieure , quelquefois de celle-ci , d'autres fois de l’axillaire en dehors des muscles scalènes. Souvent aussi sa branche superficielle vient seule de la sous-clavière ^ tandis que la profonde se se'pare de l’axillaire près de son origine. Dans les deux premiers cas , elle se porte transversalement en dehors, en croisant les muscles précédens et les nerfs du plexus brachial au niveau du triangle sus-claviculaire , et recouverte par les muscles peaucier et scapulo-hyoïdien. Quand elle vient de l’axillaire , elle traverse, au contraire, le plexus brachial, et croise seulement la direction du" muscle scalène postérieur.

Quoi qu’il en soit, au-delà des scalènes cette artère se recourbe en arrière et en bas, sous les muscles trapèze et angulaire de l’omoplate, puis sous le rhomboïde, descend verticalement en côtoyant le bord postérieur de l'omoplate, et se termine vers son angle inférieur.

Au niveau des scalènes, la cervicale transverse envoie a ces muscles plusieurs rameaux. Un peu plus en arrière, au niveau du muscle angulaire , elle fournit une branche plus volumineuse et plus superficielle, qui remonte obliquement en arrière, et se perd en se divisant dans les muscles splénius, trapèze, angulaire, et dans la peau de la partie latérale du col. Plus loin encore, il en part d’autres rameaux qui descendent dans le muscle sus-épineux , ou ils s’anastomosent avec ceux de la scapulaire supérieure.

Sous le rhomboïde enfin , la cervicale transverse se divise ordinairement en deux branches : l’une, dirigée en dehors, va se distribuer exclusivement au grand dentelé et au sous-scapulaire ; l’autre, plus volumineuse, véritable continuation del artère , descend comme je l’ai dit, jusque vers l’angle inférieur du scapulum, et s’y termine en s’anastomosant avec la scapulaire commune de l’axillaire, après avoir fourni des rameaux aux muscles rhomboïde , grand dentelé, sous-scapulaire , petit dentelé supérieur, trapèze et grand dorsal.

Artère scapulaire supérieure.

Particulièrement destinée aux muscles des fosses sous et susépineuses , l’artère scapulaire supérieure offre une origine très variable : tantôt, en effet, elle vient de la précédente, et tantôt

de la cervicale ti-a ns verse , ée la mammaire interne ou de la thyimdienne inferieure; plus souvent encore, elle ne naît ni de la sous-clavière , ni d’aucune de ses brsmclies, mais bien de raxillaire au-dessus de la clavicule. Quand elle vient de l’artère sous-clavière, elle s’en détache au-dessous de la tiiyfx>adieîiBC inférieure. Quoi qu’il en soit , elle se porte obliquement en dehors et un peu en bas dans le creux* sus— claviculaire , acœlée au bord postérieur de la clavicule, au-dessous du muscle peaucier, dans l’épaisseur même de l’aponévrose cervicale, et audevant du plexus brachial dont elle croise la direction. Ensuite elle s’enfonce sous le muscle trapèze avee le nerf sms-scapulaire , arrive au bord supérieur de l’omoplate, passe au-dessus du ligament coracoïdien, plus rarement au-dessous de lui, glisse entre le muscle sus-epineux et la fosse du même nom , s’enfonce sous l’acromion et parvient au-dessous du muscle sous-épineux, où elle se divise en plusieurs rameaux,

Dams le creux sus-claviculaire, elle envoie des rameaux au muscle peaucier, à la peau , aux ganglions voisins , au plexus braciiial et au muscle sous-clavier; quelques-uns même traversent ce muscle et se porieut dans les pectoraux, où ils s’anastomosent avec les artères tlioraeupies»

Un peu au-dessus delà fo^se sus épineuse, elle donne une branche assez voluniim use qui se dirige en dehors, et qui se divise bientôt en pliisieui s rameaux, parmi lesquels les uns se perdeuît dans la face profonde du muscle trapèze , les autres dans la face superficielle du sus-épineux.

Dans la fosse s us- épineuse, elle nvoie encore plusieurs rameaux au muscle et au périoste île cette fosse.

Enfin, les rameaux qui leominent cette ailère dans la fosse so-ms- épineuse vont au muscle du meme iiotn, et s’anastomosent avec la branche postérieure de la scapulaire commune.

Artère cerAc.ale postérieure ou profonde, (l)

Née profondément de la sous-clavière près des muscles scalènes , quelquefois de la ihyroîdieniTe inferieure, ou de l’in-

(ij Pourvoir cette br nche, préparez en arrière le muscle grand com« plexus ; pviis renversez le en bas, e‘n le détachant de l’occipital vers ses attaches vertébrales.

tercostaîe supérieure ^ ou encore de la vertébrale , Uartèrc cervicale transverse se dirige en délions % derrière le muscle scâlène antérieur, glisse entre les apophyses transverses de la septième vertèbre cervicale et de la première dorsale, par** vient entre les muscles grand coinplexus et transvei'saire épineux ÿ puis i^nionte entre eux jusque près de la tête, et se termine en s’anastomosant avec des rameaux de la vertébrale et de l’occipitale.

Bans la première partie de son trajet, elle envoie des rameaux asceiidans aux muscles scalènes, long du col et grand droit antérieur de la tête. Au sortir de l’espace inler-transversaire, elle fournit une branche assez volumineuse qui descend entre les muscles longs du dos, et qui s’y termine plus ou moins bas. Enfin , derrière le col , elle en fournit un assez grand nombre d’autres aux muscles grand complexus et transversaire épineux.

§ 2® Artère axillaire (i).

L’artère axillaire fait suite à la sous-clavière, et s’étend depuis l’intervalle des muscles scalènes jusqu’au niveau du bord inférieur du tendon du muscle grand pectoral, où commence la brachiale.

Elle traverse le creux axillaire obliquement de haut en bas, de dedans en dehors et dans la direction d’une ligne tirée de la réunion du tiers externe avec les deux tiers internes de la clavicule, au côté interne du col de riiumérus. Elle décrit dans ce trajet une légère courbure à convexité supérieure et externe.

Pour faciliter l’indication de ses rapports , on peut la diviser en deux portions, Y ane sus-clariculaire., l’autre sous-claaiculoaxillaire.

Bans sa porlian sus-clai>iculaire.^ elle est en rapport, enhawt

(i) Pour préparer cette artère, disséquez d’abord avec soin le creux sus-claviculaire ; laissez la clavicule en place ainsi que le muscle sous-clavier; puis mettez à nu les muscles deltoïde et grand pectoral, en conservant les branches de l’artère acromiale qui parcourent l’intervalle ce lulaire qui les sépare ; et terminez en coupant le muscle grand pectoral à ses attaches claviculaire et thoracique, et le renversant vers le bras, sans léser cependant les branches qu’il reçoit par sa face profonde.

et en dehors^ avec la peau, le muscle peaucier, l’apone'vrose cervicale et les vaisseaux scapulaires supérieurs qui croisent transversalement sa direction. En bas et en dedans , elle est en contact avec la première côte , le premier espace intercostal et la digitation supérieure du muscle grand dentelé. En ai^anty elle est contiguë au muscle scalène antérieur, et en dehors de lui à la veine axillaire. En arrière^ elle répond aux nerfs du plexus axillaire.

Dans sa portion sous-cla^iculo-axiliaire^ elle est recouverte, en aidant y par le muscle sous-clavier, la clavicule , l’aponevrose sous-claviculaire , le muscle petit pectoral, et en bas, par quelques-uns des nerfs du plexus axillaire , comme on le verra plus tard. En arrière , elle est en rapport avec le premier espace intercostal , la première digitation du muscle grand dentelé et l’espace angulaire qui sépare ce dernier muscle du sous-scapulaire. En dedans, elle est contiguë à la veine axillaire dans toute son étendue , et plus bas , à quelques-uns des nerfs du plexus axillaire. iEn dehors, elle répond d abord à la masse du plexus axillaire, et plus bas, à quelques-uns de ses nerfs seulement , à la capsule scapulo-bumerale, aux tendons des muscles sous-scapulaire , grand dorsal , grand rond et a l extrémité supérieure du coraco-bracbial qui s’avance un peu sur elle.

A la partie supérieure de l’aisselle, l’artère axillaire est libre entre la veine qui est en dedans et la masse du plexus brachial qui est en dehors ; tandis qu’au milieu , elle est entourée comme dans un anneau par le plexus , qui la laisse inférieurement en dehors de lui. La veine conserve du reste partout sa position interne.

Ordinairement, l’artère axillaire ne fournit aucune branche dans sa portion sus-claviculaire; toutes naissent de son autre portion, à des hauteurs variables. Quelquefois cependant, on voit sortir de la première, comme je l’ai dit plus haut, une ou plusieurs des branches que donne normalement la sous-clavière.

Quoi qu’il en soit , les branches de l’artère axillaire peuvent être distinguées eu. antérieures , postérieures et externes,

1® Branches antérieures de V artère axillaire.

Ces branches sont V acromiale et les thoraciques.

Artère acromiale.

L’artère acromiale naît de la partie anterieure de l’axillaire, au niveau du bord supe'rieur du muscle petit pectoral, et presque toujours par un tronc commun avec la thoracique antérieure. Descendant ensuite obliquement en dehors, elle fournit quelcjues rameaux aux muscles sous-clavier et grand dentele', et parvient à l’espace celluleux qui sépare le grand pectoral du deltoïde, où elle se divise en deux branches, l’une supérieure., l’autre inférieure.

Sa branche supérieure se porte transversalement en dehors , le long du bord antérieur du tiers externe de la clavicule , envoie un ou plusieurs rameaux au muscle deltoïde sous lequel elle s’engage-, puis elle se termine un peu plus loin, en se ramifiant dans la face profonde de ce muscle et dans la capsule scapulo-humérale.

Sa branche inférieure descend dans l’intervalle des muscles grand pectoral et deltoïde , et s’épuise clans leur épaisseur par des ramifications latérales. Dans ce trajet, elle est accompagnée par la veine céphalique et s’anastomose , en dehors avec les artères circonflexes , en dedans avec les thoraciques.

Artères thoraciques.

Au nombre de deux , de trois ou même de quatre , les artères thoraciques se dirigent en dedans , vers les muscles pectoraux , la mamelle et la partie correspondante de la poitrine. On les distingue en antérieure et en postérieure,

artère thoracique antérieure , née le plus souvent, comme je viens de le dire , d’un tronc commun avec la précédente , descend obliquement en avant , entre les deux muscles pectoraux, et se distribue à l’un et à l’autre. Ceux de ses rameaux qui vont au grand pectoral , le traversent et vont se perdre dans la peau et la mamelle. Ceux qui sont, au contraire, destinés au petit pectoral, se prolongent jusqu’aux muscles intercostaux externes, où ils s’anastomosent avec les artères intercostales et la mammaire interne.

Uartère thoracique postérieure, thoracique longue ou mammaire externe, naît ordinairement de l’axillaire au-desso,us de la pré-

45o ANATOMIB

cédente , quelquefois cependant de l’acromiale ou de la scapulaire commune. Elle descend obliquement en dedans et en avant, derrière la veine axillaire , sur la partie latérale du thorax , entre le grand dentelé et le grand pectoral, suit le bord inférieur de ce dernier , puis se recourbe en dedans , pour devenir sous-cutanée et se terminer par plusieurs rameaux, au niveau du sixième espace intercostal, dans la mamelle et dans la peau.

Dans son trajet , la thoraci(|ue postérieure fournit de nombreux rameaux aux muscles grand dentelé, grand pectoral, sous-scapulaire, intercostaux , aux ganglions de l’aisselle, et s’anastomose, dans les divers points de son étendue, avec les intercostales, la thoracique antérieure et la mammaire interne.

Cette artère peut offrir de nondai euses variétés : elle naît tantôt plus haut , tantôt plus bas que de coutume ; quelquefois ell e est multiple, mais alors une de ses branches suit ordinairement la direction naturelle.

^2® Branches postérieures de V axillaire.

Ces branches sont nombreuses, mais une seule , la scapulaire commune J mérite une description particulière.

.Artère scapulaire inférieure commune ou anterieure .

Cette artère est la branche la plus volumineuse fournie par l’axillaire Elle naît au niveau de la partie inférieure de la tête de l’humérus, derrière le plexus brachial, quelquefois par un tronc commun avec la circonflexe postérieure , la thoi'acique pos^ térieiire et même riiumérale profonde. Elle descend ensuite le long du bord inférieur du muscle sous-scapulaire, lui envoie quelques rameaux ainsi qu’aux ganglions et au plexus axillaires, et se divise bientôt en deux branches, l’ane antérieure., l’autre postérieure.

La branche antérieure opxe j’ai vu quelquefois appartenir à la thoracique postérieure, descend en arrière de celle-ci , sur le grand dentelé, le long du bord antérieur dè l’omoplate, et se divise en rameaux nombreux , les uns c^ui se portent en grande partie dans le muscle précédent , le grand dorsal et la peau , les autres , plus inférieurs, qui se recourbent sur l’angle de

DES ORGANES CIRCULATOIRES. 43t

Fomoplate , et s’anastomosent avec les rameaux de la scapulaire postérieure ou cervicale iransverse, et avec quelques-uns de la branche suivante.

La branche postérieure delà scapulaire commune descend oblicjuernent en arrière, le long du bord inférieur du muscle sousscapulaire, au devant de la longue ponion du triceps brachial, et jusqu’au-dessous de son insertion à l’omoplate ; là elle se divise ordinairement en trois branches : l’une se porte dans le muscle sous-scapulaire: l’autre contourne le bord axillaire de l’omoplate , glisse sous le muscle sous-épineux dans lequel elle se perd en s’anastomosant avec la sus-scapulaire; la troisième, enfin, descend quelque temps encore le long du bord antérieur de l’omoplate, passe entre les deux muscles ronds auxquels elle fournit de nombreux rameaux , devient postérieure , et se termine superficiellement en arrière , derrière le tiers inférieur de l’épaule, en s’anastomosant avec la cervicale transverse et avec les rameaux inférieurs de la branche précédente.

3*^ Branches externes de V axillaire.

Ces branches sont au nombre de deux, désignées sous les noms de circonflexes ou deltoïdiennes , l’une postérieure l’autre awtérieure,

Arûre circonflexe postérieure.

L’artère circonflexe postérieure naît en arrière de l’axillaire , un peu au-dessous de la scapulaire commune. Son volume est assez considérable. Elle se porte obliquement en dehors et en bas , accompagnée par le nerf axillaire , entre les muscles sousscapulaire grand dorsal et grand rond réunis, puis contourne le col chirurgical de l’humérus d’avant en arrière et de dedans en dehors , placée entre lui et la longue portion du triceps, dans l’intervalle des muscles grand et petit ronds.

Après avoir fourni des rameaux à chacun de ces muscles, ainsi qu’à la partie postérieure de la capsule scapulo-humérale , l’artère circonflexe postérieure continue sa direction, parvient sur la face firofonde du deltoïde , et s’j distribue en envoyant quelques ramuscules à la partie antérieure de la capsule précédente : l’un d’eux pénètre même dans l’intérieur de l’articula-

tion par la coulisse bicipitale, et s’y anastomose avec la circonflexe antérieure et l’acromiale.

Arlere circonflexe antérieure .

Plus petite que la précédente qui quelquefois la fournit, l’artère circonflexe anterieure naît de Taxillaire au-devant et un peu au-dessous d’elle. Placée d’abord au-dessus du tendon des muscles grand dorsal et grand rond, elle se porte horizontalement en avant et'en dehors sous le coraco-bracbial et la courte portion du biceps , en contournant le col de l’irumérus. Parvenue près de la coulisse bicipitale , elle se divise en un grand nombre de rameaux , parmi lesquels les uns, ascendans, se perdent dans la capsule fibreuse scapulo-liumérale et dans le deltoïde, en s’anastomosant avec l’artère acromiale ; tandis que les autres , continuant le trajet primitif du tronc, passent au-dessous du tendon de la longue portion du biceps, et remontent dans l’articulation; ou se perdent dans sa capsule en s’anastomosant avec la circonflexe postérieure.

§ 3® Artère humérale ou brachiale.

L’artère humérale continue l’axillaire, et s’étend depuis l’aisselle jusqu’à la partie inférieure du pli du coude, où elle se termine en se bifurquant. Elle est oblique de haut en bas , de dedans en dehors et un peu d’arrière en avant.

Son côté antérieur est recouvert, en haut, par le muscle coracobracbial dont la sépare une assez grande quantité de tissu cellulo-graisseux , et par le bord interne du biceps qui s’avance un peu sur elle^ au milieu du bras, par le nerf médian qui croise sa direction, et plus bas encore, par l’aponévrose brachiale et la peau.

Son côté postérieur, en rapport supérieurement avec le nerf ' radial, est séparé du triceps par une assez grande quantité de tissu cellulaire, et repose inférieurement sur la face antérieure du muscle brachial antérieur.

Son côté interne, côtoyé dans toute son étendue par une des veines brachiales, est en rapport, en haut, avec le nerf cubital qui s’en éloigne ensuite, et dans son tiers inférieur, avec le nerf médian. Dans cette dernière partie du trajet de l’artère bra-

cliiale, le nerf cutané interne et la veine basilique n’en sont séparés que par une mince lame aponévrotique.

Son côté externe^ en rapport supérieurement avec le nerf médian , se trouve seulement séparé de rimmérus au milieu par le tendon aplati du muscle coraco-bracliial (i), et répond inférieurement à l’espace celluleux intermédiaire aux muscles biceps et brachial antérieur.

Il résulte de ce qui précède que le nerf médian, véritable satellite de riiumérale , contracte avec elle des rapports qui varient suivant les points dans lesquels on l’examine : placé supérieurement en dehors d’elle , il lui devient antérieur au milieu , puis il la croise pour côtoyer son côté interne inférieurement; tandis que le nerf cubital, placé à son côté interne vers le tiers supérieur du bras, en est séparé inférieurement par un espace triangulaire à base inférieure.

Au pli du coude, en particulier, l’artère brachiale est située immédiatement au-dessous de l’expansion fibreuse du biceps et de la peau ; la veine médiane basilique la croise en avant à angle aigu , tandis qu’elle répond , en arrière , à l’extrémité inférieure du muscle brachial antérieur, en dedans, au nerf médian, en dehors, au tendon du biceps.

Variétés. Les anomalies de l’artère brachiale sont très importantes à connaître sous le point de vue chirurgical. A l’état normal, les deux branches de terminaison de la brachiale se séparent au pli du coude, mais il est loin d’en être toujours ainsi : assez souvent, en effet, cette séparation a lieu au milieu du bras ; d’autres fois on l’observe dès le creux mêiné de Taisselle ou dans des points intermédiaires. Ordinairement alors une des branches surnuméraires suit la direction normale de la brachiale , tandis que l’autre est placée en dedans d’elle. D’autres fois une de ces branches est plus superficielle que l’autre , quelquefois même sous-cutanée, au rapport de Meckel ; cependant sur vingt-trois cas de division anticipée de la brachiale, je n’ai pas constaté une seule fois cette dernière particularité. L’artère interosseuse naît aussi quelquefois de la brachiale en des

(i) C’est le poiart au niveau duquel on comprime l’artère brachiale dans les opérations que l'on fait sur le membre thoracique.

points divers de sa hauteur. Deux fois j’ai trouvé la brachiale bifurquée en haut et recomposée en bas.

On divise les branches de l’artère brachiale en antérieures , postérieures^ internes^ externes et inférieures ,

Branches antérieures ,

Ces branches sont très variables pour le nombre et la disposition. Elles se portent de haut en bas au muscle coraco^brachial, à l’extrémité inférieure du deltoïde, au biceps et à la peau.

Branches postérieures de V artère brachiale.

Aussi vaiiables que les piécedentes , ces branches se portent surtout dans 1 épaisseur des muscles triceps et brachial antérieur. L’une d’elles, très volumineuse, constitue la collatérale externe ou humérale profonde,

Artère collatérale externe.

L’artère collatérale externe ou humérale profonde naît de la brachiale au niveau du bord inférieur du muscle grand rond, quelquefois aussi de la circonflexe postérieure ou de la scapulaire commune. Placée au-dessus du nerf radial, elle se dirige avec lui en bas et en arrière, dans la gouttière radiale de Fhumérus;, contourne cet os, et parvient en dehors et en avant, dans l’intervalle qui sépare le muscle brachial antérieur et la portion externe du triceps, a un travers de doigt environ audessous de l’insertion inférieure du deltoïde. Là elle devient superficielle, se porte directement en bas, et au bout d’un trajet vaiiable, elle se divise en deux branches, l’une antérieure ^ l’autre postérieure.

La première branche se dirige en dehors , entre le muscle brachial antérieur et la peau , s’y distribue, ainsi qu’à l’extrémité supérieure du grand supinateur, et s’anastomose avec la récurrente radiale antérieure. La seconde suit le nerf radial, se perd en descendant dans le muscle triceps, près de son insertion inférieure, et s anastomose avec la récurrente radiale postérieure.

Avant de se diviser, l’artère humérale profonde fournit, sur-

tout près de son origine, des rameaux qui descendent dans le triceps ; un d’eux , plus volumineux et plus constant que les autres , arrive jusque près de l’olécrâne. Les autres se portent en dehors, dans la portion externe du triceps et donnent le rameau nourricier de l’humérus.

On voit quelquefois l’artère humérale profonde se recourber, d’arrière en avant et dé dehors en dedans, au niveau de l’épicondyle, et s’anastomoser avec une branche de la brachiale, pour constituer une arcade transverse qui envoie des rameaux aux muscles supinateurs et radiaux, ainsi qu’à l’articulation huméro-cubitale.

Branches internes de Vartère hrachiale.

Ces branches, peu nombreuses, se répandent dans la peau de la partie inférieure de l’aisselle et de la partie interne du bras : deux d’entre elles, plus grosses et plus constantes que les autres, ont reçu une dénomination particulière : Vartère du nerf cubital et la collatérale interne.

Artère du nerf cubital

L’artère du nerf cubital naît de la partie supérieure et interne de la brachiale, se dirige en bas et en dedans, accolée au nerf du même nom, passe avec lui entre l’olécrâne et l’épitrochlée , et se termine dans son épaisseur, en envoyant des rameaux dans les muscles voisins, et s’anastomosant avec la collatérale interne et la récurrente cubitale postérieure.

Artère collatérale interne.

Ordinairement d’un volume médiocre, quelquefois double, l’artère collatérale interne naît de la partie interne de la brachiale à une distance variable de l’épitrochlée, mais le plus souvent à un pouce seulement au dessus d’elle. Elle se porte alors transversalement en dedans, en croisant en arrière le nerf médian, traverse l’intersection aponévrotique commune au muscle brachial î^ntérieur et au bord interne du triceps, fournit plusieurs ramet^ux à chacun d’eux, puis se divise en deux branches, l’une desccfdante, l’autre transverse.

La première brmche descend sur l’humérus, jusqu’à l’épî-

troclilée, où elle se divise en deux rameaux, dont un se porte en avant et s’anastomose avec la récurrente cubitale ante'rieure, tandis que Tautre accompagne le nerf cubital, envoie quelques ramifications à rextrémité supérieure des muscles superficiels de Favant-bras, et s’anastomose avec l’artère du nerf cubital et la récurrente cubitale postérieure. La seconde se dirige directement en arrière vers la cavité olécranienne, et se distribue à l’extrémité inférieure du triceps et à la partie postérieure de l’articulation huméro-cubitale.

Branches externes de V artère brachiale.

Peu importantes, ces branches se distribuent aux muscles coraco-bracliial et biceps, ou traversent l’espace celluleux qui sépare le brachial antérieur dû biceps, et se terminent dans la peau du côté externe'du bras.

Branches inférieures ou terminales de V artère brachiale.

Ces branches sont au nombre de deux : la radiale et la cubitale. - I

Artère radiale.

L’arlère radiale, plus superficielle que la cubitale, se dirige obliquement en bas et en dehors, sur la face antérieure de l’avantbras, et vers la partie inférieure de cette région, elle se porte en dehors, contourne le sommet de l’apophyse styloïde duradhtô en passant sous les tendons des muscles extenseurs du pouce, parvient sur le dos du carpe , s’enfonce d’arrière en avant, dans le premier espace inter-osseux, traverse dans le même sens le premier muscle inter-osseux dorsal, se place entre lui et l’adducteur du pouce, et se partage là en deux ou trois branches, suivant les sujets. Quoi qu’il en soit, on peut avec avantage diviser l’artère radiale en trois portions ; une anti-brachiale., une autre carpienne, la troisième palmaire.

Portion anti-brachiale. Dans cette partie de son trajet, l’artère radiale repose sur la face antérieure du radius, dont elle est séparée, en haut, parle muscle petit supinateur, au milieu, par le rond pronateur, plus bas par le fléchisseur propre du pouce, et plus bas encore par le carré pronateur ; elle n’fst en contact immédiat avec l’os que près du poignet. En a^ant, elle est recouverte supérieurement par le bord interne da muscle long su-

DES ORâANES CIRCULATOIRES. 45;

pinateur , et se trouve sous-aponévrotique dans le reste de son étendue. En arrière^ elle est en rapport, de haut en bas, avec les muscles rond pronateur, grand palmaire et fléchisseur superficiel des doigts. En dehors, elle répond au muscle long supinateur, radiaux externes et au nerf radial supérieurement.

Cette portion de l’artère radiale fournit des branches antérieures^ postérieures, internes et externes»

Les branches antérieures , de nombre et de volume variables, se portent en haut dans le long supinateur; tandis que plus bas, elles traversent l’aponévrose et vont se ramifier dans la peau.

Les branches postérieures descendent successivement sur la face antérieure des muscles rond pronateur, fléchisseur propre du pouce, carré pronateur, et se perdent dans chacun d’eux après un trajet plus ou moins long.

Les branches internes, très nombreuses, se portent obliquement en dedans et en bas dans les muscles rond pronateur, grand et petit palmaires et cubital antérieur. Deux d’entre elles plus constantes, naissent de la radiale près du poignet.

La première suit transversalement de dehors en dedans le bord inférieur du muscle carré pronateur, et s’anastomose avec une branche semblable de la cubitale, pour former une arcade qui envoie des rameaux, en haut, au muscle précédent, en bas, aux ligamens du carpe.

La seconde, plus superficielle que la précédente, et connue sous le nom d’artère radio-palmaire, traverse obliquement en dedans, l’extrémité supérieure du muscle court abducteur du pouce, passe au-devant du ligament annulaire antérieur du carpe, et parvient à la paume de la main , où elle se comporte d’une manière différente, suivant les sujets : quelquefois très petite, elle s’épuise promptement en ramifications qui se por- 'tent aux muscles du pouce, à l’aponévrose et à la peau de la main, et s anastomose avec des rameaux tenus de l’arcade palmaire superficielle; plus souvent, après avoir donné des ramifications a.ux parties precedentes, elle conserve^ucore un certain volume, et s’anastomose largement avec la fin de l’arcade palmaire superficielle, qu’elle concourt à former, et qu elle égale quelquefois en volume; par fois aussi elle constitue près que à elle seule l’arcade palmaire, et fournit les artères collatérales des doigts.

Les branches externes^ généralement nombreuses, mais peu constantes, se portent obliquement aux muscles supinateurs, radiaux, et inférieurement au grand abducteur et petit extenseur du pouce. L’une d’elles a reçu le nom de récurrente radiale antérieure.

La récurrente radiale antérieure se détache de la radiale près de son origine, se porte d’abord transversalement en dehors, puis se recourbe en haut en décrivant une arcade à convexité inférieure et externe, passe entre les muscles supinateurs d’une part, et le brachial antérieur de l’autre, et se termine prèsde l’olécrâne en s’anastomosant avec la collatérale externe. De la convexité de sa courbure cette artère fournit des rameaux descendans qui se portent dans les muscles voisins , et particulièrement dans les supinateurs et les radiaux externes.

Portion carpienne. Cette portion de l’artère radiale s’étend depuis l’apophyse styloïde du radius jusqu’à l’intervalle des deux premiers os du métacarpe. Elle repose sur les ligainens et les os externes du carpe, et passe derrière la première articulation carpo-inétacarpienne, recouverte successivement par les tendons des muscles long abducteur, court extenseur et long extenseur du pouce. Dans la dépression comprise entre ce dernier muscle et les deux premiers, elle est seulement sous-jacente à la peau, à l’aponévrose dorsale de la main et à quelques veines et nerfs superficiels. Dans ce trajet, assez court, l’artère radiale fournit trois branches, Xd^ dorsale du pouce, la dorsale du carpe, et la dorsale du métacarpe.

Uartère dorsale du pouce, généralement peu volumineuse, naît de la radiale dans le premier espace inter-osseux, passe sous le tendon du muscle long extenseur du pouce, et se répand dans les parties molles de la face dorsale de ce doigt, en s’anastomosant avec ses collatérales.

artère dorsale du carpe, liée de la radiale au niveau du carpe, se porte transversalement en dedans, sur la face dorsale des os de la deuxième rangée, en avant des tendons des muscles radiaux externes, et se termine plus ou moins loin en s’anastoinosant avec un rameau de la cubitale, ou bien en se subdivisant en plusieurs ramuscules qui se portent aux parties voisines. Dans ce trajet, elle donne des rameaux supérieurs qui vont s’anastomoser avec la fin de l’artère inter-osseuse antérieure, et

des rameaux inférieurs , en nombie variable, qui descenden entre les os métacarpiens, envoient des filets anastomotique aux artères perforantes de V arcade palmaire profonde^ et se ter ^ minent dans les muscles inter-osseux. '

\J artère dorsale du métacarpe , improprement nommée ainsi , car elle n’appartient ordinairement qu’au premier espace interosseux, naît de la radiale au moment où elle s’enfonce dans cet espace. Tantôt grêle, tantôt volumineuse, elle descend obliquement en dedans, le long de la partie externe du deuxième os du métacarpe et sur la face dorsale du premier muscle interosseux, auquel elle fournit quelques rameaux. Parvenue au niveau de l’articulation métacarpo-phalangienne de l’index, elle se termine en se ramifiant dans les parties molles environnantes et s’anastomosant avec la collatérale externe de l’index. Il est très rare qu’elle se prolonge, comme le disent les auteurs, jusqu’au milieu de la face dorsale de la main.

Portion palmaire. A peine parvenue à la paume de la main , la radiale se divise en trois branches. La première descend entre les muscles adducteur du pouce et abducteur de l’index, et, au niveau de la première phalange du premier de ces doigts, se divise à son tour en deux rameaux qui constituent la collatérale interne du pouce et la collatérale externe de Vindex. La seconde, collatérale externe du pouce , se dirige obliquement audevant du premier os du métacarpe , entre lui et le court fléchisseur du pouce, passe entre les deux faisceaux de ce muscle, au-dessous du tendon du long fléchisseur, et se ramifie sur le côté externe du doigt dont il s’agit. La troisième , enfin, se porte transversalement en dedans , et s’anastomose, au niveau de la base du doigt annulaire, avec une branche de la cubitale pour former V arcade palmaire profonde.

\J arcade palmaire profonde, placée dans la partie la plus profonde de la paume de la main, décrit une courbure légère dont la convexité est inférieure. Elle repose en arrière sur l’extrémité supérieure des os du métacarpe, sur les muscles inter-osseux , et est recouverte en avant par le muscle addueteur du pouce , par les tendons des muscles fléchisseurs , les lombricaux et les nerfs de la main.

Les rameaux fournis par cette arcade sont distingués en supérieurs , inférieurs , antérieurs et postérieurs. Les premiers,

44o ANATOMIE

généralement grêles et peu nombreux , vont se distribuer aux ligamens du carpe et aux muscles profonds de rémiaence Tbéiiar. Les seconds, au nombre de trois ou quatre, descendent dans les espaces inter-osseux, depuis le deuxième jusqu’au dernier, envoient des rameaux aux muscles compris dans ces espaces, et parvenus au niveau de l’extrémité inférieure des os métacarpiens , se divisent chacun en plusieurs rameaux secondaires qui se portent, les uns dans les articulations métacarpophalangiennes, les autres sur les côtés des doigts, où ils s’anastomosent avec le tronc commun des artères collatérales correspondantes ; le plus interne d’entre eux s’engage obliquement entre les muscles petit fléchisseur et opposant du petit doigt , et s’y épuise presque entièrement. Les rameaux antérieurs sont très grêles, très court», et se portent aux muscles lombricaux. Les rameaux postérieurs, connus sous le nom à' artères perforantes , sont au nombre de trois : aussitôt après leur origine, ils traversent d’avant en arrière la partie supérieure des trois derniers espaces inter-osseux , envoient des rameaux aux muscles du même nom, puis s’anastomosent au dos de la main avec la dorsale du carpe ^ la branche qui résulte de cette anastomose descend quelquefois jusqu’aux doigts, où elle communique avec les collatérales.

Variétés de la radiale. Quelquefois la radiale manque ; d’autres fois elle est seulement représentée par un rameau très grêle qui suit la direction ordinaire. Il n’est pas très rare de lui voir fournir de très bonne heure sa branche radio-palmaire; alors elle se contourne plus haut que de coutume sur le radius, pour gagner la face postérieure de l’avant-bras.

Artère cubitale.

L’artère cubitale s’étend du pli du bras à la paume de la main. Plus volumineuse que la radiale , elle descend d’abord un peu obliquement en dedans et en arrière, entre les deux couches musculaires de la région anti-brachiale antérieure, et décrit ainsi une légère courbure à convexité interne et supérieure. Vers le milieu de l’avant-bras , elle devient verticale entre les muscles fléchisseur superficiel et cubital antérieur. Enfin, parvenue â l’os pisiforme , elle passe en dehors de lui sur le ligament an-

DES ORGANES CIRCULATOIRES. Ui

nulaire antérieur du carpe, puis décrit au-dessous de l’aponévrose palmaire une grande courbure à concavité inférieure qui constitue Varcade palmaire superficielle , et se termine en s’anastomosant avec un rameau de l’artère radiale , la radio~paU maire.

En avant , l’artère cubitale est recouverte, à l’avant-bras, et de haut en bas , par le nerf médian qui croise obliquement sa direction, puis par les muscles rond pronateur, grand et petit palmaires, fléchisseur superficiel, cubital antérieur, et, à la main, par le muscle palmaire cutané et l’aponévrose palmaire.

En arrière, elle repose , en haut, sur le brachial antérieur , au milieu , sur le fléchisseur profond , en bas , sur le carré pronateur , et à la main , sur le ligament annulaire anterieur du carpe et les tendons des muscles fléchisseurs des doigts.

En dedans , ell. cépond au muscle cubital antérieur et à l’os pisiforme. Accolée dans ses deux tiers inférieurs au côté externe du nerf cubital, elle en est séparée supérieurement par un espace triangulaire à base supérieure.

En dehors^ elle est en rapport, à dater du milieu de l’avantbras , avec le bord interne du muscle fléchisseur superficiel commun des doigts.

On divise les branches de la cubitale en celles de sa portion anti-bracbiale et celles de sa portion palmaire.

1° Portion anti^brachiale. La portion anti-brachiale de l’artère cubitale fournit des branches internes ^ externes antérieures et postérieures .

Branches internes. Les branches internes de l’artère cubitale sont très variables pour le nombre et la distrib? tion ; deux d’entre-elles , constantes et plus volumineuses que les autres, les récurrentes cubitales antérieure et postérieure^ s’en séparent près de son origine.

La récurrente cubitale antérieure descend d’abord un peu obliquement en dehors , entre le muscle brachial antérieur et le rond pronateur , envoie des rameaux aux muscles qui s’insèrent à l’épitrochlée, et vient s’anastomoser au-devant de cette éminence avec la collatérale interne de la brachiale.

artère récurrente cubitale postérieure naît ordinairement de la cubitale au-dessous delà précédente, cjuelquefois par un tronc qui lui est commun avec elle. Un peu plus volumineuse,

elle descend obliquement en dedans , au-devant du muscle fléchisseur profond des doigts ; puis elle remonte en arrière , à côté du nerf cubital , entre l’oléci âne et répitroclilée, s’engage entre les deux attaches supérieures du muscle cubital antérieur^ et s’anastomose avec la collatérale interne du bras et l’artère du nerf cubital. Par la convexité de la courbure qu’elle dé-^ crit, la récurrente cubitale postérieure envoie des rameaux aux muscles fléchisseur profond, cubital antérieur et triceps, ainsi qu’à l’articulation buméro-cubitale. Un d’eux remonte plus ou moins haut avec le nerf cubital et se perd dans son intérieur.

La plupart des autres branches internes de la portion antibrachiale de la cubitale se portent le long de l’avant-bras, dans les muscles fléchisseur profond et cubital antérieur ; l’une d’elles , tout-à-fait inférieurement, passe sur la partie interne de la face dorsale du carpe, au-dessous des tendons voisins, et s’anastomose avec une branche correspondante fournie par la radiale.

Branches externes. Les branches externes de l’artère cubitale sont très nombreuses et se portent particulièrement dans les muscles fléchisseurs des doigts. Une d’entre elles suit le bord inférieur du muscle carré pronateur, et s’anastomose par arcade avec une semblable fournie par la radiale.

Branches antérieures. Les branches antérieures de la cubitale, également nombreuses , se portent aux muscles rond pronateur, grand et petit palmaires, fléchisseur superficiel commun. Aucune ne mérite de description particulière, si ce n’est celle qui accompagne le nerf médian. /

artère du nerf médian est bien constante et vient quelquefois de l’inter- osseuse. Elle côtoie le nerf médian, et, après lui avoir donné des rameaux , se termine vers la partie inférieure de l’avant-bras; quelquefois même, elle se prolonge jusqu’à l’arcade palmaire superficielle.

Branches postérieures . Les branches postérieures de l’artère cubitale se portent au muscle fléchisseur profond ; une seule mérite d’être décrite à part, V inter-osseuse.

\a artere inter-osseuse naît de la cubitale, un peu au-dessous de la tubérosité bicipitale du radius, quelquefois de la brachiale, d’autres fois de la radiale. Ordinairement assez volumineuse, dirigée en arrière et en bas, elle fournit quelques

rameaux aux deux muscles flécliisseurs communs , puis se divise en deux brandies : Tune antérieure , l’autre postérieure.

\J artère inter-osseuse antérieure descend verticalement audevant delà partie moyenne du ligament inter-osseux, et répond à l’espace celluleux qui sépare les muscles fléchisseur propre du pouce et fléchisseur profond des doigts. Parvenu au bord supérieur du muscle carré pronateur , elle passe derrière lui , traverse le ligament inter- osseux et arrive sur la face dorsale du carpe où elle s'anastomose avec l’artère de ce nom. Dans tout ce trajet, l’artère inter-osseuse envoie des rameaux aux muscles grand fléchisseur du pouce , au fléchisseur commun profond et au carré pronateur. Quelques-uns traversent le ligament inter-osseux, vont aux muscles profonds de la partie postérieure de l’avant-bras, et s’anastomosent avec l’inter-osseuse postérieure. Enflu, avant de traverser le ligament interosseux, l’artère inter-osseuse antérieure envoie en avant du poignet, plusieurs rameaux grêles qui communiquent avec la petite arcade des artères radiale et cubitale, sur le bord inférieur du muscle carré pronateur.

L'artère inter-osseuse postérieure^ aussitôt après son origine, se porte en arrière, traverse la partie supérieure du ligament inter-osseux et arrive à la partie postérieure de l’avant-bras. Là elle se recourbe , descend verticalement , d’abord entre le long abducteur du pouce et le court supinateur , puis entre les deux couches musculaires de la partie postérieure de l’avantbras , et se divise en un grand nombre de rameaux qui se rendent aux divers muscles de cette région ; quelques-uns descendent jusqu’à la face postérieure du carpe, et s’anastomosent avec l’inter-osseuse antérieure et la dorsale du carpe. Peu après avoir traversé le ligament inter -osseux, cette artère fournit une branche assez importante connue sous le nom de récurrente radiale postérieure.

La récurrente radiale postérieure se dirige en haut entre les muscles ancôné et cubital postérieur, souvent dans l’épaisseur du premier, ou au-devant de lui , parvient à la partie postérieure de répicondyle, et se termine en s’anastomosant avec la collatérale externe de la brachiale, après avoir envoyé quelques rameaux aux muscles précédens, à l’articulation du coude et à l’attache inférieure du triceps.

2® Portion palmaire. Le tronc de l’artère cubitale se termine à la main, comme je l’ai dit, en formant \ arcade palmaire superficielle', mais auparavant il fournit plusieurs rameaux aux muscles de l’hypothénar. Un d’entre eux s’engage avec la branche profonde du nerf cubital, sous une arcade appartenant à l’extrémite' supe'rieure du muscle opposant du petit doigt , se dirige en dehors sous les tendons des muscles fléchisseurs des doigts, et va s’anastomoser avec la fin de l’arcade palmaire pro" fonde.

arcade palmaire superficielle est placée entre l’aponévrose palmaire elles tendons des muscles flexhisseurs des doigts, à la hauteur de la partie moyenne des os du métacarpe. Sa concavité regarde en haut et sa convexité en bas. Elle est principalement formée par l’artère cubitale, ce qui lui a fait donner aussi le nom arcade palmaire cubitale; mais elle est complétée en dehors par une branche de l’artère radiale. Les rameaux qu’elle fournit sont distingués en ceux qui émanent de sa concavité et ceux qui naissent de sa convexité.

Les rameaux qui naissent de la concavité de l’arcade palmaire superficielle se rendent aux muscles lombricaux et au ligament annulaire antérieur du carpe. '

Les rameaux de la convexité de l’arcade palmaire superficielle , au nombre de quatre, se portent vers les doigts. Le premier, en comptant de dedans en dehors, se dirige en bas et en dedans sur les muscles de l’éminence hypotliénar auxquels il donne des ramifications, gagne le bord interne du petit doigt, et forme sa collatérale interne. Les trois derniers constituent les troncs communs des artères collatérales moyennes, se portent dans les trois espaces inter-osseux internes, et, parvenus au niveau des têtes des os métacarpiens, se divisent chacun en deux rameaux secondaires qui forment les artères collatérales correspondantes.

Les artères collatérales des doigts sont fournies , comme on le voit, presque exclusivement par l’arcade palmaire superficielle; trois seulement en dehors appartiennent à l’artère radiale. Toutes se portent sur les parties latérales et antérieure des doigts, et se terminent dans leur pulpe en s’anastomosant entre elles, et en décrivant des arcades dont la convexité, tournée vers leur extrémité onguéale, envoie une infinité de ramifications

dans le tissu cellulaire et la peau. Quelques-unes d’entre elles gagnent la face dorsale des doigts pour se perdre dans la matrice de l’ongle.

Dans leur trajet, les artères collatérales des doigts fournissent, en outre, des rameaux aux gaines tendineuses , aux articulations phalangiennes, et s’anastomosent entre elles par d’autres rameaux transverses au niveau du corps de chaque phalange.

Enfin l’arcade palmaire superficielle se termine en dehors d’une manière variable: tantôt , en effet, elle se divise en plusieurs rameaux qui se portent dans les muscles de l’éminence thénar ; tantôt elle va former la collatérale externe de l’indicateur et la collatérale interne du pouce ; le plus souvent cependant elle s’anastomose, comme je l’ai dit , avec une branche de la radio-palmaire.

V ariétésJJdixXhve cubitale est quelquefois très petite, ou meme tout-à ‘fait nulle ; ses branches sont alors remplacées par des rameaux fournis par la radiale. D’autres fois elle se détache de l’artère brachiale plus haut que de coutume, au milieu du bras ou vers l’aisselle ; et lorsqu’elle parvient à Tavant-bras, tantôt elle se place en son lieu oïdinaire, tantôt elle passe superficiellement entre l’aponévrose et les muscles, et ne gagne Tinterstice qui lui est propre, que vers la partie inférieure de l’avantbras.

Lorsque l’artère cubitale se détache de la brachiale plus haut que de coutume, elle ne fournit pas l’artère inter-osseuse ; celle-ci vient de la brachiale, qui se divise ordinairement au pli du coude en deux branches, la radiale et l’inter-osseuse.

La petite artère du nerf médian acquiert quelquefois un volume considérable au détriment des artères cubitale et radiale, et va concourir à former l’arcade palmaire superficielle. Dans deux cas que j’ai eu occasion d’observer, cette artère était le seul tronc volumineux de l’avant-bras^ pour la direction et le volume, elle représentait réellement l’artère brachiale, et fournissait dans la main toutes les artères collatérales.

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