II
55o ANATOMIE
très variable. Elles se répandent sur la partie antérieure et interne de l’avant-bras et se divisent , chemin faisant , en un grand nombre de rameaux qui forment un réseau compliqué. Ge réseau s’anastomose , en dedans , avec les cubitales superficielles postérieures, en dehors, avec la médiane commune quand elle existe, et la radiale superficielle, puis se prolonge par quelques rameaux jusqu’à la paume de la main, particulièrement jusqu’à l’éminence hypo-lhénar.
De la terminaison de la veine médiane basilique et de l’angle de réunion de cette veine avec la médiane céphalique naissent deux branches , l’une profonde^ l’autre superficielle.
La branche profonde descend entre les muscles rondpronateur et radiaux externes et , au bout d’un court trajet , se termine en se divisant en rameaux externes et internes , qui s’anastomosent , les premiers avec les radiales profondes , les derniers avec les cubitales profondes.
La branche superficielle prend le nom de médiane commune. Elle descend obliquement en dehors sur la face antérieure de l’avant-bras, fournit latéralement des rameaux qui s’anastomosent , en dehors, avec la radiale superficielle , en dedans, avec le réseau des veines cubitales antérieures, puis elle se termine plus ou moins bas, souvent à la paume de la main , mais le plus ordinairement en s’unissant en dehors avec la veine radiale superficielle.
Veine cubitale superficielle postérieure. La veine cubitale superficielle postérieure descend en avant et en dedans de l’épitrochlée, suit la partie interne et postérieure de l’avant-bras, envoie ou reçoit latéralement des rameaux qui la réunissent avec les veines cubitales antérieures et radiale superficielle , puis, parvenue au côté interne du dos de la main, elle prend le nom de salyalelle , et se termine en concourant à former sur le dos du métacarpe l’arçade qui fournit les veines digitales.
Veines digitales. Les veines des doigts ne sont pas disposées comme les artères; on ne trouve, en effet, sur le trajet des artères collatérales que des ramuscules veineux d’une excessive ténuité et sans presque aucune importance. Les veines des doigts procèdent par quatre grosses branches de l’arcade formée sur le dos du métacarpe par la terminaison des veines radiale et cubitale
postérieure superficielles. Ces branches descendent entre les os métacarpiens sur les muscles inter-osseux dorsaux , et près des articulations métacarpo-phalangiennes , elles se divisent en deux rameaux qui se portent latéralement sur les deux doigts voisins.
Chaque doigt reçoit ainsi , près de sa racine, en dedans et en dehors , deux divisions veineuses qui s’abouchent ensemble , s’avancent sur le dos de ces appendices , se partagent latéralement en plusieurs rameaux qui passent obliquement sur les côtés des articulations digitales, et vont se jeter dans un plexus à mailles très fines et très serrées qui règne sur la face antérieure des doigts , particulièrement au niveau de leur pulpe (i).
En résumé , la disposition des veines superficielles du membre thoracicjue qui vient d’être indicjuée est la plus commune, mais elle peut offrir beaucoup de variétés. Il n’est pas très rare , par exeînple, de voir manquer la veine céphalique ou de la trouver réduite à un très petit volume ; dans le premier cas, la veine médiane céphalique n’existe pas et la médiane basilique se con- V tinue avec la veine radiale superficielle; dans le deuxième cas, ^^•^^médiane céphalique manque aussi , ou n’offre que de très ^.'petites dimensions, etc.
Veines profondes du membre thoracique.
Les veines profondes du membre thoracique sont satellites des artères , et constituent les veines brachiales^ radiales et cubitales profondes.
Les ventes bmchvales , au nombre de deux , sont les deux branches de terminaison de l’axillaire. Elles descendent au côté interne du bras, l’une en dedans, l’autre en dehors de l’artère brachiale et s’envoient mutuellement des rameaux d’anastomose qui passent, soit en avant, soit en arrière de celle-ci. A.U pli du coude, elles se réunissent quelquefois en un tronc , plus souvent elles restent séparées et se divisent en radiales et cubitales profondes.
Les veines radiales et cubitales profondes sont quelquefois simples à leur origine, niais constamment elles sont doubles à
(i) Voyeï la description que j’ai donnée de ce réseau dans mon Aneit' top. 2* édit. , page 564»
peu de distance au-dessous de ce point. Elles communiquent bientôt par un rameau volumineux avec l’angle de réunion des veines médianes céphalique et basilique , accompagnent les artères radiale et cubitale dans tout leur trajet , placées en dedans et en dehors d’elles , communiquent avec les veines superficielles en dehors et en dedans du poignet , et se terminent à la paume de la main en foimant des arcades veineuses doubles et satellites des arcades artérielles superficielle
et profonde.
Mais il existe ici celte importante différence entre le système artériel et le système veineux, que tandis que l’arcade palmaire superficielle du premier est plus développée que la profonde, c’est l’inverse pour le second ; V arcade 'veineuse superficielle ou cubitale , tout-à-fait rudimentaire, fournit aux doigts des veines collatérales presque imperceptibles et plus rudimentaires encore. En effet, comme je l’ai dit précédemment, les veines des doigts appartiennent presque exclusivement à l’arcade superficielle et dorsale du métacarpe.
ARTICLE TROISIÈME
Système de la veine cave inférieure.
La veine cave inférieure, ascendante (i), ou abdominale^ commence à la partie postérieure et inférieure de l’oreillette droite du cœur. Elle se dévie ensuite un peu à droite, descend obliquement en avant, sort du péricarde en traversant l’aponévrose phrénique , et arrive dans la cavité abdominale sur le bord postérieur et sur la face inférieure du foie, entre le lobule de Spigel et le lobe droit, logée dans une échancrure profonde de cet organe qui quelquefois même est transformée en un véritable canal. Ensuite elle se porte^un peu à gauche, décrit une légère courbure , se porte sur la partie latérale droite du corps des vertèbres lombaires jusqu’à la quatrième, et se termine en se divisant en deux branches qui constituent les veines iliaques primitives.
(i) C'efet physiologiquement parlant que celte veine est ascendante \ elle est descendante pour l’anatomiste qui Téludie de son tronc vers ses branches.
Le calibre de la veine cave inférieure n’est pas le même sur tous les points de son étendue. Elle présente un renflement notable au niveau du bord postérieur du foie, au moment où elle reçoit les veines sus-hépatiques, et un second moins prononcé au point d’abouchement des rénales.
Dans le court trajet qu’elle parcourt dans le péricarde, la veine cave inférieure est recouverte par le feuillet séreux de cette membrane. Plus bas elle adhère intimement au cintre de l’ouverture aponévrotique du diaphragme. Dans l’abdomen, elle est en rapport, en avant avec le foie, la deuxième portion du duo>dénum, le pancréas, la veine porte dont elle est séparée par iTîiatus de Winslow, avec le péritoine, et tout-à -fait '‘inférieurement avec l’artère iliaque primitive droite ♦, elle répond en arrière k la colonne vertébrale et aux artères lombaires droites; à droite , elle est contiguë au feuillet du péritoine c[ui va concourir à la formation du mésentère; k gauche, elle touche l’artère aorte.
Le tronc de la veine cave inférieure ne renferme aucune valvule ; seulement son embouchure dans l’oreillette droite présente celle â’ Euslachi.
^ 1®^ Branches de la veine cave injérieure dans son trajet,
La veine cave inférieure fournit dans son trajet les veines hépatiques, diaphra gmatîques injérieures, capsulaires, renales, spermatiques , lombaires , et tout-à-fait en bas la sacrée moyenne. En outre elle communique indirectement, par les veines hépati* ques, avec la veine porte.
Veines diaphragmatiques inférieures .
Les veines diaphragmatiques inférieures sont ordinairement au nombre de deux de chaque côté. Nées de la veine cave infé^ rieure au moment où elle quitte le diaphragme pour s’engager dans la scissure du bord postérieur du foie, ou de l’une des veines hépatiques , elles n’offrent rien autre chose de particulier, et se comportent comme les artères de même nom.
Veines hépatiques.
Les veines hépatic|ues, sus- hépatiques, Chauss. ,
en nombré
très variable, naissent de la veine cave inferieure, les unes en avant, les autres sur les côtés de cette veine. Les premières descendent directement dans la partie mojenne du bord postérieur du foie. Les secondes , ordinairement très variables, se portent en divergeant, les droites dans l’épaisseur du bord postérieur du lobe droit, les gauches dans le lobe correspondant du foie.
Un cordon fibreux, qui vient du sillon antéro-;-postérieur du foie, réunit une des veines sus-hépatiques gauches ou la veine cave inférieure elle-même près de son embouchure, avec la branche gauche de la veine porte. Ce cordon est le reste du canal veineux qui mettait, chez le foetus, la veine ombilicale en communication directe avec la veine cave inférieure (i).
Dans l’intérieur du foie, les veines hépatiques ont une direction verticale qui les fait distinguer des autres vaisseaux. Elles divergent un peu du bord postérieur de l’organe à son bord antérieur. Elles ne sont pas recouvertes par la capsule de Glissom et adhèrent au tissu hépatique, de sorte qu’elles restent béantes quand on coupe le foie perpendiculairement à leur trajet. Leur surface intérieure est criblée de petits pertuis qui répondent aux embouchures des veines capillaires des grains glanduleux voisins.
Veines capsulaires .
Les veines capsulaires sont ordinairement au nombre de deux, une droite^ Tautre gauche. La droite naît le plus souvent de la veine cave inférieure et la gauche de la rénale correspondante. Elles arrivent ensuite , chacune de Uur côté , à la capsule surrénale et se ramifient dans son épaisseur par les divers points de sa surface.
Veines rénales ou émulgentes.
Les veines rénales ou émulgentes sont très volumineuses et diffèrent un peu Lune de l’autre à droite et à gauche. La gauche, en effet, est plus longue et plus grosse que la droite.
(ij Voyez Embrtjologie .
Les veines re'nales naissent à angle droit de la veine cave inférieure, la gauche un peu au-dessus de la droite. La première offre une direction un peu oblique de bas en haub dedans en dehors^ et croise en avant Taorte et la colonne vertébrale , ce qui explicpe son excès de longueur. La dernière, au contraire, se porte directement en dehors.
Parvenues à la scissure du rein, les veines rénales se divisent en plusieurs branches qui se distribuent dans le tissu de cet organe, en suivant les ramifications des artères de même nom, et après avoir formé, comme je l’ai dit, des arcades fort élégantes qui embrassent les cônes. Sous la membrane du rein et tout-àfait à sa surface , les dernières divisions des veines émulgentes ont une disposition stellaire (i).
Dans leur trajet , ces veines envoient quelques ramuscules aux capsules surrénales et au tissu cellulaire voisin. La gauche fournit ordinairement de plus que la droite la veine spermatique gauche et la diaphragmatique inférieure du mêmÆ côté; de là son plus grand volume.
Quelquefois la veine mésentérique supérieure qui appartient à la veine porte, envoie à la veine rénale gauche une branche anastomotique. Il n’est pas rare non plus de trouver de chaque côté plusieurs veines rénales qui s’ouvrent séparément dans la veine cave inférieure.
Veines spermatiques .
Les veines spermatiques, testiculaires chez l’homme, oÿariques chez la femme, naissent par une ou deux branches, la gauche de la veine rénale correspondante, la droite de la veine cave inférieure eUe-même, au-dessous de la rénale de ce côté , et descendent ensuite ob]ic][uement en dehors entre le péritoine et le muscle psoas. Parvenues à un ou deux pouces au-dessous des reins, elles se divisent en un certain nombre de rameaux c|ui s’anastomosent entre eux et avec d’autres veinules qui vont au tissu celîulo-graisseux abondant du voisinage , au mésocolon et au mésentère, et constituent ensemble un plexus remarquable connu sous le nom de corps pampiniforme.
Quelquefois ce plexus se continue long-temps au-devant du
(i) Voyez tom. 2, page 224*
psoas, mais le plus souvent il cesse promptement par îa réunion de ses rameaux en une seule branche qui passe à gauche sous l’S iliaque du colon, accompagne Tarière spermatique, et comme celle-ci , se comporte difFéremment chez Thomme et chez la femme. Du reste, le plexus pampiniforme iTest pas constant et on Tobserve plus souvent à gauche qu’à droite.
Chez l’homme^ les veines spermatiques ou testiculaires descendent le long du psoas et, arrivées au niveau de l’orifice supérieur du canal inguinal , elles s’y engagent avec l’artère homonyme et le conduit déférent. Bienlôi elles se divisent de nouveau en trois ou quatre branches qui entourent le canal déférent et qui, après avoir donné quelques ramuscules à la tunique vaginale et aux autres parties du cordon, se divisent encore près du bord supérieur du testicule, pour former \e plexus veineux spermatique. Une grosse branche se détache de ce plexus, descend vers la queue de Tépididyme à laquelle elle fournit un ou plusieurs rameaux, et pénètre en se ramifiant dans l’intérieur du testicule. Les autres, en nombre variable, se portent, au contraire, vers la tête de Tépididyme, pénètrent dans la tunique albuginée , la traversent obliquement dans de petits canaux particuliers , rampent tout près de sa surface interne, et envoient des rameaux nombreux dans le tissu propre de T organe. '
Chez la femme ,, les veines spermatiques ou ovariques^ parvenues au détroit supérieur du bassin, se dirigent obliquement en bas et en dedans, croisent en avant la direction des artères iliaques externes, plongent dans le bassin , s’engagent entre les deux feuillets des ligamens larges, envoient plusieurs branches à la trompe, au ligament rond et parviennent à l’ovaire. Près de cet organe elles se divisent en branches nombreuses qui l’entourent de leurs ramifications, pénètrent dans son épaisseur ou suivent son ligament, se portent de chaque côté sur la matrice et s’anastomosent avec les veines utérines.
Quelquefois les veines ovariques , par leurs divisions et leurs nombreuses anastomoses , forment un plexus remarquable daps Tepaisseur des ligamens larges.
V eines lombaires.
Les veines lombaires sont au nombre de trois ou quatre de chaque cote. Elles naissent de la partie postérieure de la veine cave inférieure , et se portent ensuite transversalement avec les aiteres de même nom , entre le corps des vertèbres et le muscle psoas. Celles du côté gauche, plus longues que celles du côte' droit, passent derrière Faorte. Parvenues au niveau des trous de conjugaison, les unes et les autres se divisent ordinairement en quatre branches , une antérieure ^ l’autre postérieure et deux latérales une ascendante l’autre descendante.
La branche antérieure ou abdominale se porte en dehors, avec la branche correspondante de l’artère , se divise dans Fépaisseur des parois abdominales et s’anastomose avec les veines épigastrique , circonflexe iliaque et intercostale inférieure.
, La branche postérieure se divise elle-même en deux, une spinale proprement dite, qui va par le trou de conjugaison correspondant communiquer avec les sinus vertébraux ; l’autre > dorsale., qui se perd dans les muscles postérieurs de la région !| lombaire et dans la peau voisine. -
Les branches ascendante et descendante se portent verticalement au-devant des apophyses transverses et s’anastomosent , la première avec la branche descendante, la seconde avec la branche ascendante des veines voisines ; de sorte que toutes les veines lombaires forment ainsi un tronc commun placé au-devant des apophyses transverses des vertèbres de cette région et dans jj 1 épaisseur du muscle psoas, tronc anastomosé , en haut avec les veines azygos;, en bas avec la terminaison de la veine iléo-
lombaire, et qui pourrait être justement appelé veine azj'gos lombaire.
Veine sacrée moyenne.
La veine sacrée moyenne d’un volume médiocre, naît ordinairement de 1 angle de réunion de la veine cave inférieure avec les iliaques primitives , quelquefois de la veine iliaque primitive gauche , d’autres fois de celle-ci et de la droite en ïnême temps par deux racines. Elle descend ensuite sur la face antérieure du sacrum et du coccyx, et se termine vers la pointe
de ce dernier , en s'anastomosant avec les sacre'es latérales.
Assez souveni, la veine sacrée moyenne est double dans toute rétendue de son trajet.
Veine porte.
La veine porte , vena porta , porta malorum^ forme dans le ventre, un système particulier séparé de celui des autrês veines de cette partie du corps , et qui , pour cette raison, mérite une description toute spéciale. Elle commence , il est vrai, comme elles par des radicules qui font suite aux artères , se réunissent en brancbeset celles-ci en un tronc; mais ce tronc, au lieu d’aller, comme les autres, se jeter dans un plus gros, se porte, supérieurement dans le foie et s’y divise en branches, rameaux et rarnuscules capillaires qui se continuent avec ceux des veines hépatiques ; en un mot cette veine , comme je l’ai dit précédemment , a des racines , un tronc et des rameaux^ tandis que les autres n’ont que des racines et un tronc sans ramifications. Elle se compose donc de deux portions distinctes, une 'veineuse , qui commence à la manière des veines dans les organes de la digestion , et une autre artérieuse ou hépatique qui se comporte dans le foie comme les artères. Elle est dépourvue de valvules.
Il suit de ce qui précède que l’on peut indifféremment décrire ce système veineux de ses raeines vers son tronc et ses rameaux , ou de ceux-ci vers celles-là. Je suivrai la première méthode, parce qu’elle est plus physiologique.
Tous les organes du ventre , excepté ceux des appareils urinaires et génitaux, donnent naissance aux radicules de la veine porte ; celles-ci se réunissent ensuite successivement^en rameaux et en branches , et forment en définitive trois troncs principaux qui sont: les veines mésenlérüiues ou mésar cliques grande et petite ou supérieure et inférieure et la veine splénique.
Grande veine mésentérique .
La grande veine luésentériqiie ou mésaroïque supérieure prend naissance dans toute l’étendue de l’intestin grêle et dans la moitié droite du gros intestin. Les branches qui la constituent répondent exactement à celles de l’artère de même nom : elles
forment même dans l’épaisseur du mésentère des arcades ana*^ logues à celles de cette artère, et vers le bord adkérent du mésocolon transverse se réunissent en un seul tronc , qui se porte obliquement de bas en haut et de droite à gauche, sous le bord inférieur du pancréas où il se termine en se réunissant avec la veine splénique.
Au-dessous du pancréas, la veine mésentérique supérieure reçoit quelques veines pancréatiques , duodénales et la gastro-épiploïque droite. Celle-ci est disposée comme l’artère de même nom , et s’anastomose sur la grande courbure de l’estomac avec la gastixi^épiploïque droite.
Chez le fœtus, la veine mésentérique supérieure reçoit la veine omphalo^més entérique qui rapporte le sang de la vésicule ombilicale, et qui disparaît après le troisième mois de la vie intra-utérine (i).
Petite veine mésentérique,
La petite veine mésentérique ou mésaraique inférieure., moins volumineuse que laprécédente,commence sur la marge de l’anus, dans le rectum, le'colon lombaire gauche et la moitié gauche du colon transverse. Ses branches suivent les trois divisions de l’artère mésentérique inférieure, et leur tronc accompagne celui de cette artère jusqu’à son origine à l’aorte. Au-delà de ce point elle remonte verticalement au-dessous du péritoine , sur le côté gauche de la région lombaire , se rapproche successivement de la partie antérieure de la colonne vertébrale , et parvenue au-dessous du pancréas elle se termine , soit dans la veine splénique , soit dans l’angle de réunion de celle-ci avec la grande mésentérique. Dans le dernier cas elle s’infléchit directement à droite, au-devant de la colonne vertébrale. Dans le rectum, la petite veine mésaraïque s’unit aux veines hémorrhoidales inférieures et moyennes.
freine spléni que.
La Veine splénique prend naissance dans les cellules de la rate , comme je l’ai dit à l’occasion de cet organe (2) , par des
(1) \ oyez Embryologie.
(2) Voyez tom. 2, pag. 219.
54o ANATOMIE
rameaux nombreux. Ces rameaux se réunissent bientôt, forment trois ou quatre branches principales qui sortent par la scissure de Torf^ane , et se dirigent obliquement en bas et en dedans vers le pancréas, près duquel elles se réunissent en un seul tronc. Celui-ci se porte, avec Tarière splénique, un peu obliquement à droite et en bas, le long du bord supe'rieur de Torgane précédent et s’unit derrière son extrémité droite avec la grande mésentérique , pour former le tronc de la veine porte.
Au niveau de la scissure de la rate , la veine splénique ou plutôt ses branches d’origine, reçoivent la veine gastro-épiploïque gauche et celles qui répondent aux vaisseaux courts , veines qui se comportent exactement comme les branches artérielles de même nom. Au niveau du pancréas elle reçoit, en outre, quelques rameaux , duodcnaux et le plus ordinaire-
ment, comme on vient de le voir, la petite mésentérique.
Troîic de la veine porte.
Formé par la réunion des veines splénique et mésentérique supérieure, le tronc de la veine porte monte obliquement à droite et un peu en arrière vers la face inférieure du foie, et se termine dans le sillon transverse de cet organe en se bifurquant. Son étendue varie, chez Tadcdie, entre trois et quatre pouces. Il est successivement en rapport , en a^ant avec la tête du pancréas , la seconde portion du duodénum, Tartère hépatique, les conduits biliaires, les vaisseaux l^unphatiques du foie et beaucoup de filets nerveux. En arrière^ il est tapissé par la portion du péritoine qui pénètre dans Thiatus de inslow pour former l’arrière-cavité des épiploons , de sorte que cet hiatus le sépare de la veine cave inférieure.
Dans ce trajet le tronc de la veine porte reçoit à gauche , la veine coronaire stomachique , et en avant la pjlorique et quelques bî'anches duodénales , pancréatiques et cfstiques , qui toutes se comportent d’ailleurs comme les artères de même nom.
Les deux branches, veines sous-hépatiques ,, Chauss., qui résultent de la bifurcation de la veine porte dans le sillon transver.se du foie, se dirigent aussitôt dans ce sillon presque perpendiculairement au tronc qui les fournit, et constituent ainsi ce que les au-
DES ORGANES CIRCULATOIRES. 54t
leurs ont improprement nommé le sinus de la veine porte. Ces deux branches accompagnent les deux divisions de TarLère he'patique : la droite plus courte, mais plus volumineuse que la gauche, pénétre dans le lobe droit du foie et s’y ramifie • la gauche Qnwoie assez souvent une branche particulière au lobule de Spigel, et se termine dans le lobe gauche du foie. Suivant Mappus.^ les branches delà veine porte se divisent dichotomiquement dans l’intérieur du foie, et de manière qu’une de leurs ramifications est toujours plus grosse que l’autre.
Au niveau du sillon antéro-postérieur du foie, la branche gauche de la veine porte s’unit, en avant au ligament de la veine ombilicale, en arrière à celui du canal veineux.
Les branches de la veine porte se dirigent transversalement dans le foie, et sont entourées par un prolongement de la capsule de cet organe qui les empêche d’adhérer à son tissu. Elles sont accompagnées dans leur trajet par l’artère hépatique, parle canal hépatique, par les vaisseaux lymphatiques profonds, et se terminent dans les granulations du foie, comme je l’ai dit, en se continuant principalement avec les veines sus-hépatiques.
V ariétés. La veine porte n’est pas entièrement isolée de la ciréulation veineuse générale, puisque dans h s parois du rectum, les racines de la mésentérique inférieure s’anastomosent avec celles des hémorrhoïdales moyennes et inférieures, branches de l’hypogastrique ; mais en outre elle présente quelquefois des communications bien plus importantes encore. Ainsi Bauhin et Abernethy ont vu une ou plusieurs de ses branches directement ouvertes dans les rénales. MM. Manec et Ménière ont eu l’occasion d’observer un sujet sur lequel une branche de la veine iliaque externe droite remontait le long de la paroi antérieure de l’abdomen, s’ouvrait dans la veine ombilicale et transmettait le sang de celle-ci dans le tronc de la veine porte. M. le D*" Pegot ancien interne distingué des hôpitaux, a rapporté dans le bulletin de la société anatomique un fait plus curieux encore : sur le sujet dont il cite 1 observation, les veines sous cutanées abdominales dilatées outre-mesure, venaient aboutir à une tumeur volumineuse située au niveau de l’ombilic, et communiquaient ensuite, comme dans le cas précédent, avec la veine ombilicale qui était restée perméable, etc.
€ 2 Branches terminales de la ifeine cave infèideure,
Veines iliaques primitives. |
Les veines iliaques primitives font suite inférieurement à la j veine cave inférieure. Elles s’en séparent au niveau de Tinter- j valle de la quatrième et de la cinquième vertèbres lombaires, à j droite et un peu au-dessous de Tangle de bifurcation de Taorte. |
Elles se portent ensuite obliquement en bas et en dehors, accolées aux artères de même nom, un peu dilTérentes à droite , et à gauche. La passe d’abord derrière Tartère iliaque j
primitive droite, puis devant la dernière vertèbre lombaire, et | vient se placer en dedans de Tartère iliaque primitive de son j côté. La droite., au contraire, située d’abord un peu en dehors ’ de T artère iliaque primitive de son côté, lui devient tout-à-fait postérieure à sa terminaison. La gauche est plus longue, plus oblique, et en rapport avec le corps de la cinquième vertèbre lombaire dans une plus grande étendue que la droite. L’une et Tautre sont croisées en avant par Turetère.
Les veines iliaques primitives se terminent au niveau de Tarticulation sacro-vertébrale en se divisant chacune en deux
troncs, la veine h/pogastrique et la veine iliaque externe. Elles ne fournissent elles-mêmes ordinairement aucune branche ; | quelquefois cependant la gauche donne la veine sacrée moyenne.
i* Veine hypogastrique.
La veine hypogastrique, ou iliaque interne, descend dans le bassin en dedans de Tartère de même nom, au-devant de la symphyse sacro-iliaque. Un certain nombre de ses branches, suivent assez exactement le trajet de celles de Tartère et ne méritent pas de description particulière. Les autres, au contraire, en diffèrent à beaucoup d’égards, et doivent être minutieusement étudiées.
I® La veine ombilicale qui répond , chez le fœtus, aux deux artères ombilicales, et le ligament qui résulte de l’oblitération de ce vaisseau chez l’adulte , n’ont aucun rapport avec la veine hypogastrique (i).
(i) Voyez embryologie.
a- La veine obturatrice diffère de l’artère en ce qu’elle ne vient pas complètement de l’hypogastrique. EMe a, en effet, deux racines qui procèdent, l’une de celle-ci, l’autre de la veine iliaque externe (i).
5® La veine honteuse interne^ au lieu de fournir , comme l’artère de ce nom, la branche dorsale delà verge ou du clitoris, se termine dans le corps caverneux. Les veines dorsales de l’organe excitateur naissent, en effet, comme on le verra tout-à d’heure , au-dessous du pubis, du plexus qui entoure le col de la vessie.
4° Les veines vésicales et hémorrhoïdales , chez l’homme , et de plus les utérines et les vaginales chez la femme , naissent, comme les artères auxquelles elles correspondent, de la partie interne de l’hypogastrique, se dirigent vers les parties latérales du rectum, de la vessie, du vagin et de l’utérus chez la femme^ se résolvent en une foule de branches très flexueuses, fréquemment anastomosées ensemble, renflées dans certains points, rétrécies dans d’autres, et constituent un vaste plexus veineux qu’on pourrait appeler pelvi-périnéal. Ce plexus, logé en avant, dans l’épaisseur de l’aponévrose périnéale supérieure, fournit une foule de branches qui vont se perdre dans la vessie, le rectum et la prostate chez l’homme, dans Tutérus et le vagin chez la femme. Il envoie en outre sur le dos de l’organe excitateur deux branches qui, comme on l’a vu, constituent les veines dorsales de celui-ci, se terminent dans ses parties superficielles , spécialement dans le tissu de l’urètre chez l’homme, et s’anastomosent fréquemment entre elles dans leur trajet, mais sans communiquer ordinairement avec la veine caverneuse.
Le plexus veineux pelyi-périnéal est très compliqué et peutetre subdivisé en plusieurs plexus secondaires, qu’on pourrait appeler vésical, hémorrhoïdal Qi utéro-va^inaL
Le plexus ^ esical entoure le col de la vessie d’une manière immédiate chez la femme et médiate chez l’homme. Chez le derniei , en effet, il est place en dehors de la prostate et dans la gaine fibreuse qui entoure ce corps* C’est lui qui fournit plus
(ij Cette disposition de la veine obturatrice est analogue à celle de Partè e de ce nom, dans certaine variété que j’ai précédemment décrite.
particulièrement les veines dorsales de l’organe excitateur. Il a une très grande importance chirurgicale pour la lithotomie.
Le plexus lie'morrhoïdal embrasse la partie inférieure du rectum et s’anastomose avec l’origine de la veine mésentérique inférieure.
Le plexus utéro-vaginal n’appartient qu’à la femme. Il occupe les ligamens larges et est formé par l’ensemble des veines de l’utérus et du vagin. Il communique en avant avec le plexus vésical, en arrière avec rhémorrhoïdal et en haut avec les veines ovariques. Il n’est bien développé que pendant la grossesse. Sa portion vaginale entoure surtout la partie inférieure du vagin, et forme par ses ramifications secondaires le tissu érectile qui entoure ce conduit. Sa portion utérine occupe les parties latérales de l’utérus, et envoie des branches vers l’ovaire, la trompe et le ligament rond ; mais ses divisions les plus remarquables forment les veines utérines proprement dites , veines appelées encore sinus utérins, d’une part, à cause des dilatations qu’elles subissent pendant la grossesse vers l’insertion du placenta surtout, et d’autre part, en raison de l’analogie qu’elles ont, sous certains rapports, avec les sinus des os, de la dure-mère, etc.
Les veines utérines sont réduites à la membrane interne du système veineux, comme les sinus indiqués et comme les veines sus-hépatiques; en outre, semblables à celles-ci, elles adhèrent intimement au tissu de l’organe auquel elles appartiennent. Placées, comme je l’ai dit (i) au centre des parois utérines et fréquemment anastomosées ensemble, elles y forment une sorte de tissu érectile; et , ce qui est plus remarquable encore, elles ont des ouvertures vers la face interne de la matrice, ouvertures très larges pendant la grossesse et abouchées avec les sinus du placenta, mais rétrécies, à parois contiguës, et difficiles à apercevoir dans l’état ordinaire.
2° Veine iliaque externe.
La veine iliaque externe s’étend depuis la fin de l’iliaque primitive jusqu’au-dessous de l’arcade crurale, où elle prend le
(i) Voyez, tome II, page 289.
DES ORGANES GIRGG LATOlliES. 545
nom de i^eine Jémorale. Elle est d’abord située en dedans et en arrière de l’artère de meme nom, puis lui devient tout-à-fait interne sur le pubis. Dans les premières parties de son trajet elle ne fournit que quelques veinules peu importantes au muscle psoas ; mais près de l’arcade crurale elle donne les veines épigastrique et circonflexe iliaque, qui sont quelquefois doubles, et qui se comportent exactement comme les artères de même nom. Dans le même lieU;, elle produit encore la racine supérieure de la veine obturatrice, qui descend derrière la branche horizontale du pubis et va se réunir à la racine inférieure au niveau du trou sous-pubien. Enfin, une autre petite branche s’en sépare également, pénètre par rorifice supérieur du canal inguinal, et va se perdre dans les bourses ou dans les lèvres de la valvule.
eine fémorale,
La veine fémorale commence à l’arcade crurale et se termine à l’anneau du troisième adducteur, où elle prend le nom de poplitée. Satellite de l’artère homonyme, cette veine, située en dedans d’elle tout-à-fait en haut, dans le canal crural, lui devient bientôt postérieure et interne, puis entièrement postérieure. Elle est déjà postérieure à cjuatre travers de doigt au-dessous de l’arcade Crurale, et conserve cette position jusqu’à sa terminaison.
La veine fémorale fournit des branches qui correspondent exactement pour le nombre et la disposition à celles de l’artêre de même nom. Il n’y a guère d’exception que pour la saphène interne et pour les honteuse interne et sous-cutanée abdominale', encore les deux dernières n’ont de particulier c[ue leur origine de la première. Celle-ci seule n’est satellite d’aucune artère, et mérite une description toute spéciale.
Pleine saphène interne.
La veine saphène finterne , uée de la fémorale à dix lignes environ au-dessous de l’arcade crurale , traverse aussitôt l’ouverture inférieure du canarcrural, se porte en bas , en dedans et un peu en arrière , entre la peau et l’aponévrose , parvient à la partie postérieure et interne du condyle interne du fémur, se dirige ensuite de plus en plus en avant, passe derrière la
tubérosité interne du tibia , puis sur le bord interne de cet os , côtoie sa face interne , se place au-devant de la malle'ole interne , longe la partie supérieure et interne du tarse et du premier os métatarsien, et parvenue à la base du gros orteil , se divise en deux branches, une interne et Tautre externe, La première suit le bord interne du gros orteil, La seconde se recourbe en dehors et va s’anastomoser avec la terminaison de la saphène externe, pour former X arcade veineuse dorsale du pied.
Dans ce long trajet, la veine saphène interne décrit une grande courbure à convexité postérieure et à concavité antérieure. Depuis l’articulation du genou jusqu’à la malléolè interne, elle est accompagnée par le nerf du même nom.
Au-dessous de l’arcade crurale, la veine saphène interne fournit les veines sous-cutanées abdominales , les honteuses externes et quelques branches superficielles externes qui se portent à la fesse.
Les veines sous-cutanées abdominales remontent avec l’artère de même nom dans l’épaisseur des parois abdominales. Elles sont au nombre de trois ou quatre, et se terminent plus ou moins haut en s’anastomosant avec l’épigastrique , les mammaires et les intercostales inférieures. Quelquefois elles sont très volumineuses, se prolongent jusque sur le thorax et dans le creux axillaire, et s’unissent avec les intercostales et les thoraciques ; c’est surtout dans les cas d’oblitération de la veine cave inférieure qu’on observe cette particularité.
Les veines honteuses externes suivent exactement les artères de ce nom. Elles se portent obliquement en haut et en dedans, et se terminent dans les bourses chez l’homme, et dans les lèvres de la vulve chez la femme.
Au-dessous des veines précédentes la saphène interne fournit une branche très volumineuse et très remarquable par son trajet, qui constitue une des origines de la saphène externe. Cette branche se porte, en effet, en bas , en dedans et en arrière, croise obliquement la direction des muscles adducteurs et droit interne, se place bientôt à la partie postérieure de la cuisse, descend ensuite suivant l’axe du membre jusqu’au creux du jarret, perce l’aponévrose et s’abouche avec la veine saphène externe. Chemin faisant, elle fournil une infinité de petits ra-
DES OIIGAISES CIBCULATOIRES. 547
meaux sous-cutanés qui se poi lent à la peau, au tissu ceilulograisseux de la partie postérieure de la cuisse et de la fesse , I et qui s'anastomosent supérieurement avec la fin de la veine I sciatique.
^ Après avoir donné ces diverses branches, la veine saphène interne en produit une autre assez volumineuse , qui descend avec elle le long de la partie interne de la cuisse, se termine au niveau du condyle interne du fémur en se ramifiant dans les j environs, et dont quelques divisions se prolongent quelquefois sur la partie antérieure et interne de la jambe , où elles s’anastomosent avec des rameaux fournis par le tronc même de la saphène interne.
A la jambe la saphène interne, quelquefois double, donne des rameaux qui descendent obliquement sur les faces antérieure et postérieure de cette région, et quis’anastomosentavec la saphène externe. Au niveau de l’articulation tibio-tarsienne il s’en détache un qui traverse l’aponévrose, se porte obliquement en dehors au-dessous du tendon du jambier antérieur, et va se jeter dans l une des veines tibiales antérieures.
Sur le tarse et le métatarse la saphène interne, a des rameaux externes qui s anastomosent avec la saphène externe et des rameaux internes qui se contournent sur le côté correspondant du pied et parviennent jusqu’à sa face plantaire ; l’un d^eux se dirige sous la voûte du calcanéum, tandis qu’un autre , plus antérieur , communique avec une branche qui l’a fournie.
La veine saphene interne communique, en divers points , avec les veines prolondes ; à la cuisse, deux ou trois branches venant de ces dernières, traversent l’aponévrose crurale et vont s aboucher avec le tronc meme de la saphène interne ou Tune de ses branches ; au genou , elle couïmunique avec une articulaire interne ; à la jambe, plusieurs rameaux de la tibiale postérieure traversent les insertions tibiales du soleaire et s’unissent a elle. Enfin, j ai signalé précédemment deux autres communications, une au niveau de l'articulation tibio-tarsienne, avec les veines tibiales antérieures ; l’autre, sur le bord interne du pied, avec la plantaire interne.
Veine poplitée.
La veine poplitée s’étend depuis Tanneau du troisième adducteur jusqu’à la partie inférieure du creux poplité, où elle se divise en deux branches, la tibiale antérieure^ et le tronc commun des tibiale postérieure et péronière. Dans la partie supérieure de son trajet, elle est située derrière l’artère du même nom, tandis qu’elle lui devient postérieure et externe inférieurement.
La veine poplitée fournit les veines jumelles ^ articulaires , et donne quelques rameaux au muscle poplité et au tissu cellulaire voisin ; surtout elle produit la veine saphène externe., la seule qui oftre une disposition spéciale et qui, pour cette raison , doive être décrite ici.
Veine saphène externe.
La veine saphène externe, saphène postérieure y née principalement de la poplitée, à un pouce au-dessus de sa division , reçoit cependant, de la saphène interne, comme on l’a vu plus haut, une branche assez volumineuse qui lui forme réellement une seconde racine, et qui établit ainsi une large communication entre les deux grandes veines superficielles du membre pelvien. Ensuite elle croise en dehors le nerf sciatique poplité interne, descend le long de la partie moyenne de la face postérieure de la jambe, entre la peau et le point de réunion des muscles jumeaux, s’infléchit en dehors inférieurement, suit le côté externe du tendon d’Achille, passe en arrière de l’articulation péronéo-tibiale inférieure, arrive sur la partie externe du calcanéum et du dos du pied, et se recourbe enfin en dedans derrière la tête des os métatarsiens , pour s’anastomoser avec la saphène interne et former l’arcade veineuse dorsale du pied.
Dans son trajet à la jambe, la veine saphène externe est souscutanée inférieurement, tandis que dans ses trois-quarts supérieurs elle se trouve logée dans une petite gaîiae fibreuse produite par un dédoublement de l’aponévrose jambière. Dans cette gaine elle contracte avec la racine interne du nerf saphène externe, des rapports qui varient suivant les points où on les considère : supérieurement, elle est placée en dedans du nerf;
mais, peu après, elle le croise en arrière, lui devient externe, puis le croise une seconde fois, et se place définitivement en dedans de lui dans le reste de son étendue.
A la jambe , la veine saphène externe envoie des rameaux à la peau , au tissu cellulaire sous-cutané et aux muscles superficiels avec lesquels elle se trouve en rapport. Près delà malléole externe, elle donne plusieurs branches, les unes postérieures y qui descendent sur la partie externe du calcanéum, et d’autres, antérieures , plus nombreuses , qui se répandent sur le côté externe du dos du pied où elles s’anastomosent avec la saphène interne. Enfin avant de se recourber pour former l’arcade veineuse dorsale du pied , elle fournit un rameau au petit orteil.
Arcade dorsale du pied. Constituée par la réunion des deux veines saphènes, cette arcade est placée sur le dos du pied, en arrière des têtes des os du métatarse , immédiatement audessous de la peau. Sa concavité regarde en arrière, et sa convexité est tournée en avant. Celle-ci fournit les troncs communs des veines des orteils qui, dans leur trajet et dans leur terminaison sur ces appendices, se comportent comme les veines digitales à la main.
Branches terminales de la veine poplitée. ^
Les branches de terminaison de la veine poplitée, les les antérieures et iibio-péronières , veines profondes de la jambe et du pied, ne méritent pas de description particulière , parce qu’elles se comportent exactement comme les branches artérielles dont elles sont les satellites ; seulement il y a généralement, pour chacfue artère, deux veines qui communiquent fréquemment entre elles par des anastomoses transversales ; seulement encore l’arcade plantaire, formée par la réunion des veines pédieuses et plantaires externes , ne fournit que quelques petites veines collatérales rudimentaires aux orteils , attendu que, par une disposition analogue à celle que j’ai déjà indiquée pour les doigts de la main, les veines des orteils viennent de V arcade veineuse dorsale qui résulte de la réunion des deux saphènes.
' anatomie
APPENDICE
V eines rachidiennes .
Les veines rachidiennes appartiennent à la fois au système de la veine cave supérieure et à celui cie la veine cave inférieure , entre lesquels elles établissent de larges et faciles communications. Aussi, dans un ouvrage méthodique, doivent-elles seulement trouver leur description après celle de ces deux grands arbres veineux.
Les veines rachidiennes naissent des grosses veines voisines des trous de conjugaison vertébro-sacrës , des vertébrales col, des intercostales au dos, du tronc commun des veines lombaires et il éo-lomb aires aux lombes et des sacrées latérales dans la légion du sacrum. Elles ont autant de racines qu’il existe de trous vertébro-sacrés. Ces racines pénètrent par les trous correspôndans, parviennent dans le canal vertébral, se divisent aussitôt en deux branches , une ascendante , l’autre descendante, s’anastomosent avec celles qui sont au-dessus et audessous, et concourent ainsi à former les veines vertébrales profondes:, mais auparavant elles envoient en arrière, dans les gouttières vertébrales , des rameaux qui ont été décrits par Dupuylren et par M. Breschet sous le nom de veines dorsispinales.
peines dors i- spinale s ou rachidiennes superficielles» Ces veines forment un plexus très-serré sur les lames des vertèbres et sur les ligaments jaunes. Elles communiquent eosemble, d’un côté à l’autre, vers le sommet des apophyses épineuses ou dans leurs intervalles, de manière à constituer une série de demianneaux postérieurs, dont la concavité embrasse la masse annulaire des vertèbres. En outre elles s’anastomosent, au col avec la grosse veine cervicale profonde, et dans les autres régions avec les branches postérieures des veines dorsales, lombaires et sacrées .
Veines rachidiennes profondes , ou inira -rachidiennes. Ces veines ont été ïin^voprement apptlées sinus rachidiens , car elles n’ont aucune analogie de disposition et de structure avec les cavités veineuses auxquielles cette dénomination a été imposée ;
DES ORGANES CIRCULATOIRES, d’un côté, étrangères à la dure-mère vertébrale , elles ne sauraient être comparées aux sinus crâniens ; d’autre part, pourvues de toutes les tuniques des veines , elles diffèrent , sous ce rapport, des sinus utérins ou sus-liépatiques qui sont réduits à la membrane interne de ce système.
Les veines rachidiennes profondes ont une disposition plexiforme très-prononcée, qui rappelle la manière d’être des veines profondes du périnée, et qui leur donne quelque chose de la structure érectile. Renflées et simples dans certains points , elles sont rétrécies et divisées en d’autres. Elles résultent, comme je l’ai dit, de la bifurcation et de l’anostomose réciproques des branches volumineuses qui pénètrent dans le canal vertébral par chaque trou de conjugaison, et représentent longues 'veines longitudinales^ étendues de la partie supérieure àla partie inférieureducanalrachidien, veines réunies ensemble antérieurement et postérieurement, au niveau de chaque vertèbre, par des branches transversales.
Les veines rachidiennes longitudinales sont placées en dedans et un peu en avant des pédicules des vertèbres. Elles s’étendent de l’atlas à la partie inférieure du canal sacré , entre la duremère et les vertèbres, en dehors du ligament vertébral commun postérieur, et en dedans des trous de conjugaison. Elles sont moins développées au col et plus grosses aux lombes que partout ailleurs.
Les veines rachidiennes transverses sont distinguées en antérieures et en postérieures. Les premières, placées en arrière du corps de chaque vertèbre, entre celui-ci et le ligament vertébral commun postérieur, réunissent en avant les deux grandes veines rachifiiennes longitudinales. Les secondes , placées entre la dure-mère ci’une part, les lames et les substances inter-laminaires des vertèbres de l’autre , forment un plexus à mailles larges qui réunit , en arrière, les deux grandes veines précédentes.
Les veines intra-rachidiennes reçoivent les veines de la moelle, de la dure-mère vertébrale , du tissu cellulo-graisseux extérieur à cette membrane, et les veines diploïques des vertèbres.
Les veines de la moelle sortent de ce centre nerveux par son sillon postérieur, et forment dans la pie-mère un réseau trèscompliqué, duquel partent des rameaux qui suivent à droite
552 ANATOMÏE
à j^auclieles nerfs rachidiens , gagnent les trous de conjugaison, et vont se jeter, soit dans les veines rachidiennes longitudinales elles-mêmes , soit dans les grosses veines qui leur servent d origine sur les côtés du rachis.
Les veines méningées du canal vertébral sont très-petites et se jettent au fur et à mesure dans les veines vertébrales transverses et loneritudinales.
Les veines diploïques des vertèbres , bien décrites par M. Breschet, appartiennent au corps ou aux lames de ces os. Celles des lames , beaucoup moins considérables que les autres , se rendent à la fois dans les veines qui recouvrent les faces antérieure et postérieure de ces parties , en dedans ou en dehors du canal rachidien. Celles des corps vertébraux, très-grosses, naissent de ces corps, s’anastomosent en avant et sur les côtés avec les veines voisines , marchent horizontalement en arrière , logées dans un conduit osseux qui a été décrit dans Tostéologie (i), se réunissent en un ou deux troncs qui traversent le trou ou les deux trous de la partie postérieure du corps des vertèbres , et se terminent dans la veine rachidienne transverse antérieure. Du reste, les veines diploïques des vertèbres ont la même disposition générale que celles des os du crâne.
SECTION DEUXIÈME
aisseaux lymphatiques. (2).
Les vaisseaux lymphatiques , vaisseaux centripètes blancs , vaisseaux ahsorhans naissent dans le système capillaire et vont se terminer dans les veines plus ou moins loin du cœur.
(1) Tome !, page 04.
(2) . Plus que tous les autres vaisseaux , les lymphatiques ont besoin d’ôtre distendus par une injection pour être étudiés; i’exiguité de la plupart d’entre euxet la transparence de leurs parois ne permettraient pas, sans cela , de les distinguer des lîlamens du tissu cellulaire.
Matières à injection. Le mercure bien pur de tout alliage est la matière qu’on employé ordinairement, et pour ainsi dire la seule qu’on puisse employer dans ce but. Tous les vaisseaux lymphatiques, excepté celui qui constitue le canal thoracique, sont, en elFel , beaucoup trop petits, pour qu’il soit facile de les injecter autrement qu’à i’aide d’une matière liquide à la
Eropliile et Erasistrate paraissent avoir aperçu les lymphatiques ; mais ces vaisseaux n’ont été re'ellenient découverts et décrits que par Eustachi, Aselli, Yeslingius , Rudbeck, Th. Bar-
température ordinaire , et dont le poids considérable exempte du soin de la pousser avec le piston d’une seringue; or le mercure seul réunit ces conditions. Par malheur les circonstances qui font de ce métal la matière la plus pénétrante dans les injections, le disposent beaucoup trop à s’échapper des vaisseaux un peu plus tard ; ce qui fait que les préparations des lymphatiques se conservent avec grande difficulté, et qu’elles doivent être promptement utilisées pour l’étude.
Toutefois, à l’aide de l’appareil de M. Straus , que je décrirai dans quelques inslans, on peut remplacer le mercure, dans l’injection des vaisseaux lymphatiques, par quelques autres substances, par les huiles fixes et essentielles, Peau , l’alcool chargés d’une matière colorante particulière. Le lait proposé par M. Duroéril, est encore plus avantageux : en effet, il se coagule dans les vaisseaux quand on plonge la pièce dans un acide étendu d’eau, et tient mieux que les liquides précédons.
Le canal thoracique peut être distendu avec des matières à injection ordinaires, poussées avec une seringue; de l’eau chargée de plâtre est peutêtre la plus convenable de toutes ; j’ai souvent employé un mélange de suif et de thérébenthine coloré avec du blanc de plomb.
Appareils. On employé deux espèces d’appareils pour l’injection des vaisseaux lymphatiques: 1° de petites seringues en acier ou en verre, des bouteilles de caoutchouc à l’aide desquelles on exerce une pression sur la matière à injection ; 2° des tubes plus ou moins longs, dans lesquels on abandonne le liquide destiné à l’injection à son propre poids. Les derniers sont les plus convenables, et les plus usités.
Quoiqu’il en soit, de petits tubes d’une finesse proportionnée à la ténuité des vaisseaux que l’on veut injecter, doivent être adaptés aux précédons appareils. On les fait en verre , en acier ou en platine. Les tubes en verre ont l’avantage d’être plus piquants que les autres ; et s’ils se cassent avec facilité, ils peuvent aussi être très promptement réparés, car on les file très aisément soi-même à la flamme d’une simple bougie. Toutefois, les tubes en acier ou en platine bien confectionnés et bien fins , ceux en particulier de M. Gœrck d’Heidelberg, peuvent être d’une grande utilité. Mascagni se servait de tubes métalliques qu’il fabriquait lui-même. Les tubes métalliques, en raison de leur ténuité, doiveni être fixés avec de la cire dans de petites montures en ivoire , en buis ou en ébène, qui servent à les adapter au reste de l’appareil.
L’appareil le plus simple et le moins coûteux que l’on puisse employer pour l’injection des vaisseaux ^^lymphatiques , consiste en un tube de quarante pouces de longueur, recourbé à angle droit .à trois pouces de l’une de ses extrémités, et effilé de ce côté à la lampe à émailleur. Mais pour deux raisons cet appareil est très incommode : la première, parce que son
tholiii et Jolyf. Ils naissent dans le système capillaire comme les autres vaisseaux centripètes, marchent delà vers le centre
extrémité eflSlée faisant corps avec le tube, on est obligé de mouvoir celui’ titout entier, chaque fois que pour les besoins de Topéralion on changela posilion de la main qui le dirige; la seconde, parce que le défaut de robinet laisse écouler continuellement le mercure.
Un appareil aussi peu dispendieux que le précédent, très commode et que ’ai souvent mis en usage, est le suivant : i" un tube en verre, de six lignes de diamètre , long de trente ou quarante pouces , courbé à angle droit à trois pouces de Tune de ses extrémités , un peu effilé et dépoli de ce côté ; 2° un petit tube en verre dépoli à une de ses extrémités et filé à la lampe vers l’autre , ou un tube en acier fixé sur un montant muni d’une rainure circulaire ; 3« enfin , un morceau de la veine saphène interne, long de plusieurs pouces, et pris dans un point où cette veine ne fournit que peu de rameaux, afin de n’avoir que peu de ligaturesà y appliquer On fixe le morceau de veine avec un fil ciré à la fois, sur l’extrémité dépolie du grand et du petit tubes de verre, ou sur l’arrêt circulaire du montant du tube d’acier, si l’on en emploie un de cette espèce. On verse te mercure dans le grand tube, et un aide Ty retient ou le laisse à volonté filer par le petit, suivant qu’il exerce ou non une pression sur la portion veineuse de l’appareil.
Les appareils qu’on emploie ordinairement , ne diffèrent pas essentiellement de celui-ci; ils sont seulement plus solides et plus commodes; ils se composent: i° d’un !ube en acier, long de trente pouces environ , de huit lignes de diamètre, brisé à sa partie moyenne pour le rendre plus portatif, et articulé en ce point au moyen d^un double ajutage en acier muni d’une vis d’un côté et d’un écrou de l’autre , tube portant une cuvette à une extrémité , et un ajutage d’acier à vis vers l’autre ; 2° d’une canule élastique semblable aux sondes ordinaires, présentant d’un côté un ajutage à écrou en rapport avec la vis précédente et fixée de l’autre sur un tube d’acier à robinet pour'tu d’une vis; 3° d’un tube d’acier fort court, légèrement conique, susceptible d’admettre intérieurement les petits tubes de verre ordinaires, et pourvu, à son extrémité évasée , d’un écrou destiné à recevoir la vis du tube à robinet ; 4° enfin , d’un petit tube fin qui doit être reçu dans ie précédent, et de façon à s’y adapter exactement, soit que son volume égale celui de cette partie de l’appareil , soit qu’il ait été préalablement entouré d’un fil ciré.
M. Straus est l’inventeur d’un appareil qui peut servir parfaitement à l’injection de liquides autres que le mercure; on l’oz'ganise delà manière suivante: on se procure un flacon à quatre tubulures, une inférieure qui reçoit un tube en acier muni d’un robinet pour l’évacuation de la liqueur contenue dans le flacon , et trois autres supérieures ; à l’une des dernières, on iute un tube en verre de vingt-quatre pouces de longueur , que l’on enfonce dans ie flacon de nia bière qu’il en louche le fond , sans empêcher cependant compièteinent le passage de sa cavité dans celle du flacon ; dans une autre , on liite un tube en acier muni d’un entonnoir et
DES OïlGANES CIRGÜLATOIRES.
du corps , et se terminent plus ou moins promptement dans le système veineux.
d’un robinet; enfin, on adapte à la troisième un tube en acier coudé, auquel se réunit une canule élastique qui reçoit à son extrénûté opposée le conduit à robinet , le petit tube conique et le tube elHlé qui terminent l’appareil ordinaire que j’ai décrit. Quand on veut se servir de cet appareil, on remplit le llacon du liquide qu’on doit injecter en le versant par le tube à entonnoir; on ferme tous les robinets, et on verse dans le long tube une quantité plus ou moins grande de mercure, suivant la pression que l’on veut exercer. Si la colonne était trop élevée on la ferait baisser aisément en ouvrant le robinet de la tubulure inférieure.
Choix du sujet. Les cadavres maigres et très légèrement infiltrés sont les plus propres à l’injection des vaisseaux lymphatiques. Les sujets gras sont les moins convenables de tous; aussi , aux cadavres de femme.s et d’enfans doit-on ^i^énéralement préférer ceux d’hommes adultes ou même d’un âge avancé.
On rend les vaisseaux lymphatiques plus apparens et plus faciles à injecter, en appliquant peu de temps après la mort du sujet une ligature à la partie supérieure des membres que l’on veut injecter. La macération de la partie dans l’eau les grossit également, comme Cruiksank, Werner et
Feller l’on remarqué; mais ce procédé altère leurs parois et les dispose à
|a rupture.
Mode opératoire. Pour procéder à l’injection des vaisseaux lymphatiques, il faut placer son sujet sur une table dont le plateau, formé d’une seule pièce, est relevé par des bords saillans, de manière à pouvoir recueillir le mercure que l’on répard pendant l’opération. Cette table doit , en outre , être un peu inclinée et présenter un trou vers sa partie la plus déclive , pour faire tomber le mercure qui a été répandu.
Le poids et la hauteur de l’appareil que l’on emploie ordinairement exigent, pour la sûreté et la commodité de l’opération, qu’il reste suspendu au-dessus du sujet, à une hauteur convenable pour que le tube effilé puisse sans effort être porté dans la direction des vaisseaux que l’oo. veut injecter. Le moyen de suspen.sion le plus simple, le moins embarrassant et le meilleur, à mon avis, c’est un fil de fer tendu horizontalement au-dessus de la table et fixé aux deux côtés cpposés du laboratoire ; un second fil de fer qui embrasse lâchement le premier et qui joue à volonté sur lui, sert ensuite à retenir la partie supérieure du tube.
Tout étant disposé , on remplit son tube de mercure à une haute ur convenable , quinze à vingt pouces ordinairement; on se p'ace soi-même le plus commodément possible , et de façon à ce que toute la longueur de Tavant bras droit soit appuyée sur la table, afin d’avoir plus de fixité dans la main chargée, de diriger le tube; on met l’appareil eu position; on tient avec les dents l ajutage à robinet qui termine celui-ci, pendant qu’on procède à la recherche des vaisseaux que l’on veut injecter ; si l’on a intention de prendre ceux du tissu cellulaire sous-cutané, on enlève la
On les distingue souvent en vaisseaux lymphatiques proprement dits et en chylifères. Mais cette division n’a aucune importance
peau avec précaution ; on reconnaît ces vaisseaux aux lignes demi-transparentes, noueuses et légèrement bleuâtres qu’ils forment; les petits nerfs, s’en distinguent par leur direction plus droite et leur couleur plus blanche *, les petites veines sont moins demi-transparentes, moins noueuses, et quand elles ont reçu un peu de mercure, leur surface ronde et lisse les fait aisément reconnaître; les petites artères sont plus opaques et plus jaunes; les fiîamens cellulaires ou même les intervalles qui les séparent, abusent souvent aussi , et ce n’est qu’avec une grande habitude , souvent même seulement après avoir vainement essayé de les piquer avec le tube, qu’on reconnaît leur véritable nature.
Quand on a découvert un des vaisseaux qu’on veut injecter , on le saisit du côte du système capillaire avec une pince à mors fins tenue de la main gauche ; on exerce sur lui une légère traction dans le sens de son trajet, de manière à le tendre un peu ; on ne le perd pas de vue un seul instant; on prend de la main droite le tube qui avait été placé entre les dents, comme je l’avais dit; on pique doucement le vaisseau au-dessus de la pince , du côté du cœur, en enfonçant et relevant à la fois la pointe du tube par un mouvement de bascule, pour l’empêcher de traverser celui-ci de part en part ; puis tenant le tube entièrement immobile , on fait ouvrir par un aide le robinet de l’appareil , ou bien, si l’on est seul, on lâche la pince pour la reprendre un instant après, on ouvre le tube de la main gauche , et le mercure descend avec rapidité dans le vaisseau si le tube y est bien placé.
Si le mercute s infiltre dans le tissu cellulaire voisin , il faut fermer son robinet , retirer le tube et recommencer l’opération , car c’est la preuve qu’elle n’a pas été bien faite.
Lorsque le tube est réellement dans un vaisseau, une fois le robinet ouvert, le mercure s’y porte presque toujours aussitôt ; de sorte que l’immobilité de ce métal est une grande probabilité contre sa position régulière. Cependant, comme il en est quelquefois autrement , quand le mercure ne coule pas , on doit doucement attirer le tube à soi, puis l’enfoncer de nouveau; cette manœuvre réussit quelquefois.
On a conseillé de faire une petite incision au vaisseau, avant d’y placer le tube ; cette précaution est nécessaire quand on emploie des tubes métalliques qui ne sont jamais aussi acérés et aussi piquans que les tubes de verre; mais elle est inutile quand on se sert de ceux-ci.
Shaw veut, quand ori éprouve de la difficulté dans le placement du tube, que 1 on mette un petit mandrin dans l’ouverture du vaisseau et que l’on glisse le tube de côté. Cette manœmvre n’est réellement admissible que lorsqu il s’agit d’injecter un gros vaisseau.
Pendant l opéialîon, il faut de temps en temps av'oir les 3'eux sur la colonne de mercure du tube, d’une part , pour constater si elle descend , ce qui est indiqué par la forme concave de sa partie supérieure , d’autre part,
en anatomie. Les chylifères , en effet , lymphatiques internes de l’intestin grêle , ne sont ainsi nommés que parce qu’ils charrient le chyle produit par la digestion.
L’origine des vaisseaux lymphatiques est un point sur lequel il règne encore une grande obscurité : commencent-ils par des orifices béans sur la surface libre des organes , comme l’a fait croire surtout leur qualification de vaisseaux absorbans ? se continuent-ils directement avec les artères ? On ne le sait pas bien. Toutes les parties du corps ne paraissent pas en fournir; en effet, c’est encore une question aujourd’hui, malgré les travaux de Fohmann, de savoir si le cerveau , la moelle épinière, l’œil et le placenta en sont pourvus.
Dans leur trajet les vaisseaux lymphatiques présentent beaucoup d’analogies avec les veines : ainsi, iis ont ensemble de très nombreuses anastomoses ; ils se divisent et se recomposent un grand nombre de fois avant de se terminer; ils forment deux plans dans chaque partie, un superficiel et un profond, le premier, toujours plus abondant en vaisseaux que le second , tous les deux plus spécialement en rapport avec les veines qu’avec les artères et les nerfs.
Les lymphatiques sont interrompus dans leur trajet par des renflemens, qui portent les noms ganglions ^ glandes conglohées ou conglomérées , renflemens dont le nombre va croissant à mesure qu’on se rapproche du point vers lequel les deux gros troncs lymphatiques principaux débouchent dans les veines. Leur volume offre une foule de variétés , depuis celui d’une
afin de verser de nouveau métal, quand il y en a eu une certaine quantité d’absorbée.
Ou peut d’ailleurs maintenir soi-inême l’appareil pendant toute l’opération, ou bien remplacer sa main par un fîxateiir particulier , plus ou moins semblable à celui qui a été imaginé par M. Erhmann de Strasbourg .
Sans contredit , le meilleur et le plus sûr moyen pour injecter les vais- ' seaux lymphatiques , consiste à en découvrir , à en isoler quelques uns dans lesquels on place ses tubes ; mais on peut aussi réussir en piquant au hasard ceux-ci dans des parties dont le système lymphatique est très développé, comme la peau, les membranes muqueuses, etc., surtout en choisissant des fœtus ou de jeunes enfans pour ces expériences. MM. Fohmann- Panizza , Cruveilhier et son habile préparateur M. Bonamy, ont quelquefois réussi de la sorte.
lentille jusqu à celui d’une amande. Ils sont obiongs et un peu aplatis. Ce sont de petits centres vers lesquels convergent et desquels sortent uo certain nombre de vaisseaux lymphatiques qui s’y divisent à l’infini j aucun ou presque aucun vaisseau lymphatique ne fait exception à cette règle posée par Til lustre Mascagni. Les vaisseaux lymphatiques qui arrivent du système capdlaire dans les ganglions sont appelés aj^ércns ,* ceux qui en sortent sont nommés efférens^ Les premiers sont plus nombreux et plus petits que les seconds.
Les vaisseaux lymphatiques sont fiexueux et renflés de distance en distance, au niveau de leurs valvules intérieures. Leuis renflemens ont la forme d’un cœur dont la base est tournée vers le système capillaire, et une disposition bilobée très remarquable.
Enfin , après un trajet plus ou moins long , les vaisseaux lymphatiques se terminent dans le système veineux. IVÏais comment cette terminaison a-t-elle lieu ? Ce problème est de la plus haute importance , et sa solution me paraît très avancée dans l’état actuel de la science. Les vaisseaux lymphatiques se terminent de deux maniérés dans le système veineux ^ pai de gros troncs et à l’état capillaire j et surtout, ce qu’il importe de bien retenir , cette communication a toujours lieu dans des^ points déterminés.
La terminaison des vaisseaux lymphatiques dans les veines par de gros troncs est la moins contestée , et la seule qui soit admise parla plupart des anatomistes. Elle n’a lieu qu’au voisinage clu cœur, vers le confluent des veines sous-clavières et jugulaires, au moyen àvL canal thoracique à gauche et de la grande 'reine ly mphatique a droite. A la vérité, le docteui Lippi de Florence, a cherché à établir, en 1826, que ces larges communications ne sont pas les seules, et qu’on en observe d’analogues au niveau del^veineporte^ de \a veine cave inférieure, àe^irénales, de Yazy^os^etc. Mais sur le cadavre il n a jamais pu fournir la preuve de ces assertions , aux commissaires de l’Institut qui furent chargés 'd’examiner son travail. Il est d’ailleurs démontré ejue cet anatomiste a pris pour des vaisseaux lymphatiques de petites veines qui sortent des ganglions lombaires ou mésentériques, et qui se rendent directement dans les gros troncs veineux du voisinage. Cette erreur, du reste , est d’autant plus facile à
concevoir, que ces veines s’injectent habituellement quand on pousse du mercure vers les ganglions auxquels elles appartiennent, et que leur exiguité leur donne quelque peu l’apparence de vaisseaux lymphatiques ; il ne faut rien moins qu’une grande habitude des travaux anatomiques et beaucoup de circonspection , pour reconnaître le véritable état des choses.
La terminaison des vaisseaux lymphatiques à l’état capillaire dans les veines a lieu , dans toutes les parties du corps suivant M. Lauth et Fohmann, et dans le« ganglions lymphatiques seulement suivant Bogros ancien prosecteur à la Faculté de médecine de Paris. Qu’à leur origine les vaisseaux lymphatiques communiquent avec les veines dans le système capillaire, c’est un fait généralement admis , ef qu’il ne faut pas confondre avec le précédent ; mais ce n’est pas là une terminaison, c’est une origine, au contraire, de ces vaisseaux. Il n’en est pas de même de leur communication avec les veines dans les ganglions. Ce véritable mode de terminaison me paraît aujourd’hui incontestable ; il a été vérifié depuis Bogros , par Béclard , Fohmann , Lauth et tous les anatomistes qui se sont occupés de l’injection des lymphatiques. M. Cruveilhier seul en conteste la réalité : il croit que le passage du mercure des ganglions dans les veines qui en sortent , est le fait d’une extravasation opérée dans le tissu des premiers. Mais il me paraît impossible d’admettre l’opinion de ce savant professeur, si l’on réfléchit que ce passage est une chose constante (i), et qu’il a lieu sous l’influence de la pression la plus faible.
Quoiqu’il en soit , les vaisseaux lymphatiques sont plongés dans le tissu cellulaire commun, et logés dans de petites gaînes très fines que leur forme ce tissu. Intérieurement ils sont interrompus par de très nombreuses valvules , disposées deux à deux, et au-dessus desquelles ils présentent cette dilatation cordiforrne que j’ai précédemment signalée.
Structure. C’est surtout sous le rapport de la structure qu’on doit distinguer deux choses distinctes dans le système lymphatique, les vaisseaux elles ganglions placés sur le trajet de ceux-ci.
(i) Je n'ai pas une seule fois injecté les gauglions lombaires sans obtenir ce résultat. C'estlà surtout qii’estfacile U communication ganglionnaire des lymphatiques et des veines.
56o ANATOMIE
Les vaisseaux lymphatiques ont leurs parois demi-transparentes, très légèrement grisâtres et formées par la superposition de trois membranes, distinctes surtout dans les gios troncs. La membrane extérieure est cellulaire, très mince et très peu importante. La membrane moyenne est formée de fibres élastiques, longitudinales et très analogues à celles des veines. La membrane interne est lisse et séreuse, en quelque sorte,
comme celle des autres vaisseaux.
Les ganglions ont une couleur rosée et une consistance assez grande, qu’on ne peut comparer qu a celle de certaines glandes véritables , du pancréas en particulier. Ils sont entourés d’une membrane cellulaire très fine qui leur est fournie par le tissu cellulaire général. Leur tissu propre présente un grand nombre de cellules communiquant entre elles, et qui ont la plus grande analogie , suivant Béclard , avec celles des tissus érectiles. Ces cavités contiennent une humeur lactescente, et paraissent être les points de terminaison et d’origine des vaisseaux afférens et
cftcrcns*
Les vaisseaux et les ganglions lymphatiques reçoivent des vaisseaux et des nerfs pour leur nutrition. Les vaisseaux des ganglions présentent surtout un développement remarquable; leurs veines communiquent à leur origine avec les cavités cellulaires qui servent d’intermédiaire aux lymphatiques afterens et eftérens, et en reçoivent sans doute de la lymphe pendant la vie , comme ils admettent après la mort une partie du mercure qui traverse les ganglions.
Action. Les vaisseaux lymphatiques concourent avec les veines , à rapporter vers le cœur le fluide nutritif qui ii a pas été dépensé dans les organes pour la nutrition et les sécrétions. Ils ne sont pas les agens exclusifs de l’absorption , comme on le croyait avant les expériences de M. Magendie; mais ils concourent à cette importante fonction avec les veines et même les artères. Quelques uns d’entre eux, ceux delà muqueuse de l’intestin grêle, absorbent particulièrement le chyle et le trans-
portent vers le système veineux.
Quoiqu’il en soit, le système lymphatique appartient au tronc et aux membres, étudions le d’abord dans ceux-ci ; mais auparavant portons notre attention sur les troncs principaux par lesquels il débouche dans les veines.
DES OUGAiNES GIRGULATOIBES.
Troncs principaux des 'vaisseaux lymphatiques.
Les vaisseaux lymphatiques se terminent ostensiblement par deux gros troncs dans les veines sous-'clavières, le canal thoracique et la grande xcine lymphatique droite,
1° Canal thoracique (i).
Le canal thoracique ainsi nommé de sa position dans le thorax , est le tronc commun des vaisseaux lymphatiques de toutes les pafties•^shus-diaph•l:^agmatique^^*t)«^j^e^^ moitié gauche des parties sus- diaphragmatiques du coî^)s> "■ *
Il commence entre les piliers du diaphragme , au niveau de la deuxième vertèbre lombaire , par la réunion de cinq ou six gros troncs qui convergent les uns vers les autres, et forment , en se rencontrant , une ampoule qui constitue le réservoir de Pecquet, cisterna chyli, sur l’existence duquel on a bien gratuitement élevé des doutes. Ce réservoir ne manque jamais , au moins je l’ai toujours renconti é. Très variable sous le rapport du volume et quelquefois double, il est placé entre les piliers du diaphragme , en arrière de l’aorte.
A partir de ce point, le canal thoracique pénètre dans la poitrine par l’hiatus aortique du diaphragme et se porte en haut, à peu près verticalement, au-devant de la colonne vertébrale, entre l’aorte et la veine azygos , au milieu du tissu cellulograisseux lâche du médiastin. Arrivé à la hauteur de la quatrième vertèbre du dos , il passe en arrière de la crosse de l’aorte , de la bronche gauche et de l’œsophage , en s’inclinant un peu à gauche , s’accole à la partie postérieure et interne de l’artère sous-clavière gauche , remonte avec elle vers le col, se
(i) Sur un animal qu’on sacrifte pevidant le travail delà digestion, Je canal thoracique est rempli de chyle et peut facilement être aperçu ; mais si l’on veut profiter de ce moment pour l’étudier, il faut le faire de suite parce qu’il se vide promptement. On peut injecler ce canal, en piquant avec un tube à mercure un des vaisseaux abdominaux qui s’y rendent, ou bien en le prenant lui-même entre les piliers du diaphragme. 11 faut auparavant injecter la veine sous-clavière gauche, pour empêcher le mercure de filer de cc côté ; l’eau chargée de plâtre ou la matière à injection ordinaire sont plus convenables ici que le mercure.
glisse entre la dernière vertèbre cervicale et la veine jugulaire interne gauche , s’élève encore , puis se recourbe en dehors et un peu en bas, en formant une sorte de crosse à convexité supérieure et externe, et se termine au confluent des veines sousclavière et jugulaire interne gauches, tantôt par une seule, tantôt par deux, quelquefois par trois branches distinctes (i).
Le canal thoracique offre beaucoup de variétés dans son trajet. Il est rare de le trouver simple dans toute son étendue; presque toujours, au contraire, il se divise un certain nombre de fois et se recompose ensuite , pour se diviser souvent encore près de sa terminaison dans la veine sous-clavière ; il circonscrit ainsi de petites îles,' dans lesquelles sont engagés des pelotons cellulo-graisseux ou des ganglions lymphatiques. J’ai vu quelques unes des branches de ce canal se résoudre en un réseau de rameaux très fins, et se recomposer ensuite pour retourner dans le tronc principal, «le manière à donner l’image de la décomposition et de la recomposition des vaisseaux lymphatiques dans les ganglions (2). Presque toujours il décrit des flexuosités plus ou moins nombreuses; cjuelques unes, semblables à celles des vaisseaux ombilicaux dans le cordon, forment des espèces de nœuds et résultent d’une double et brusque réflexion du canal sur lui-même, réflexion par suite de laquelle il se porte d’abord en bas, et reprend ensuite sa direction primitive.
La capacité du canal thoracique ne va pas en augmentant à mesure qu’il s’élève et qu’il reçoit de nouvelles branches latérales ; loin delà, il se rétrécit constamment vers les parties moyenne et supérieure de la poitrine , pour se renfler un peu vers le col avant de se terminer. Cette circonstance porte d’autant plus à penser que reinbouchure de ce canal dans la sousclavière n’est pas son seul point de terminaison dans le système veineux , qu’il est impossible de l’injecter au mercure , sans faire passer une grande quantité de ce métal dans les veines voisines, et particulièrement dans les deux azygos et dans les intercostales.
(1) J’ai donné à la Faculté une pièce qui présente un exemple de cette dernière disposition.
(3) Cette curieuse disposition que je ii’ai vu signalée par aucun auteur , f orme réellement le passage des réseaux lymphatiques ordinaires aux gan» glions. Une pièee que j’ai donnée à la Faculté en fournit un exemple.
DES OHGÂINES CIRCULATOIRES. 563
Flandin et M. Hyppolite Cloqiiet, ont vu le canal thoracique divisé à sa partie supéiieure eu deux grosses branches, une qui se rendait à la veine sous-clavière gauche dans le lieu ordinaire , l’autre destinée à la veine sous-clavière droite. Chez les sujets qui présentent une inversion des organes, le canal thoracique se rend dans la veine sous-clavière droite.
2° Grande veine lymphatique droite.
La grande veine lymphatique droite ( tronc brachio-céphalique., Chauss. ) , est le tronc commun des vaisseaux lymphatiques de la moitié droite des parties sus-diaphragmatiques du corps. Il est très court et représente assez bien la partie recourbée du canal thoracic[ue. 11 commence par la réunion de six ou sept gros troncs qui descendent du col ou qui remontent de l’aisselle correspondante , et va s’ouvrir au bout d’un trajet très court au confluent des veines sous-clavière et jugulaire interne droites.
La grande veine lymphatique manque quelquefois, les troncs qui doivent la former, se jetant isolément dans les veines sousclavière et jugulaire interne; d’autres fois, elle prend une importance insolite par son union avec une branche considérable du canal thoracique.