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CHAPITRE PREMIER

Système lymphatique des membres

Les membres sont peu remarquables par leurs ganglions , ils n’en présentent que très peu en comparaison du tronc, et ils y sont d’autant plus nombreux et plus gros qu’on se rapproche davantage de leur partie supérieure.

ARTICLE PREMIER

Système lymphatique des membres thoraciques .

§ Ganglions.

Ordinairement on ne rencontre de ganglions lymphatiques ni à la main , ni à i’avaut-bias. Meckel , cependant, en a observé quelquefois de très petits sur le trajet des vaisseaux

radiaux el cubitaux superficiels. Sur plusieurs sujets , j’en ai trouvé un placé au-dessus du poij^^net, près du bord externe du radius.

Au coude, il existe superficiellement et profondément plusieurs ganglions très petits. Les premiers sont les plus importans; deux d’entre eux, assez constans , ( ganglions sus-épitrochléens^ Chauss.), sont placés un peu au-dessus de l’épitrochlée, vers l’extrémité inférieure de la veine basilicjue. Les seconds occupent le creux du coude sur le trajet des vaisseaux profonds (i).

Plusieurs ganglions existent au bras sur le trajet de l’artère brachiale.

Enfin , l’aisselle est surtout le siège des ganglions lymphatiques du membre thoracique; ils y sont, en effet, très nombreux. Presque tous occupent le creux de l’aisselle; quelques uns seulement sont engagés dans l’épaisseur de ses parois. Un de ces derniers appelé sous-claviculaire, est placé dans l’intervalle triangulaire formé par les muscles deltoïde grand pectoral et par la clavicule, en avant et au-dessus de l’aponévrose sous-claviculaire. Un autre occupe la paroi postérieure de l’aisselle , près du bord antérieur du scapulum, au-dessous du deltoïde et en arrière du muscle grand rond.

Les ganglions axillaires proprement dits sont situés plus ou moins profondément , autour et plus spécialement en dedans et en arrière des vaisseaux et des nerfs de l’aisselle. Us sont entourés d’un tissu cellulo-graisseux fort lâche, et forment une chaîne jusqu’au col, où, ils se réunissent avec les ganglions nombreux de la région sus-claviculaire. Ils sont eux-mêmes rangés en trois séries qu’il importe de bien distinguer : les uns accolés aux vaisseaux axillaires, font suite à ceux du bras; les autres placés au-dessous du bord inférieur du grand pectoral, sont en rapport avec la mamelle • d’autres longent le bord axillaire du scapulum, entourés par les rameaux de la branche descendante de l’artère scapulaire comm une.

(i) J’ai trouvé ces ganglions engorgés sur de jeunes enfans scrofuleux. Pour le dire en passant, les sujets scrofuleux sont très propres à la recherche des ganglions lymphatiques les plus petits.

DKS ORGA.NI'S CIRCULATOIRES.

§ 2^ Vaisseaux Irmphaliques des membres thoraciques.

Dans le membre thoracique, comme presque partout ailleurs, les vaisseaux lymphatiques forment deux plans distincts , l’un superficiel et l’autre profond , et se réunissent dans l’aisselle en un ou plusieurs troncs.

Vaisseaux lymphatiques superficiels (i). Les vaisseaux lymphatiques superficiels sont plus nombreux que les profonds. Ils sont placés sous la peau , dans le voisinage des veines superficielles. Les premiers d’entre eux naissent dans la pulpe des doigts , sur la face antérieure de ces appendices et à la paume de la main; mais à peine réunis en rameaux ils se portent obliquement sur la face dorsale de ces parties , en croisant leurs bords externe et interne. Près de la racine des doigts, ils forment de petits rameaux collatéraux qui viennent se réunir sur les muscles interosseux dorsaux en quatre branches déjà volumineuses ; deux autres branches suivent les bords externe du pouce et interne du petit doigt , et passent avec les premières sur le dos du carpe et de l’articulation radio-carpienne, pour gagner la face postérieure de l’avant-bras.

Parvenus à l’avant-bras , ces vaisseaux communiquent fréquemment ensemble , et forment un plexus postérieur qui s’étend jusque près du coude, mais dont les branches commencent de bonne heure à s’incliner obliquement en avant, les unes vers le bord externe , les autres vers le bord interne de la région. Cette séparation a lieu à peu près par parties égales, et de façon c{ue les lymphatiques externes de la main et des doigts , se portent vers le bord radial, les lymphatiques internes vers le bord interne de l’avaut-bras.

Les premiers, radiaux superficiels croisent la direction des muscles radiaux et supinateurs, passent au-devant de l’épicondyle et se réunissent au pli du coude avec les suivans. Les seconds, vaisseaux cubitaux superficiels^ contournent obliquement

(i) Pour les injecter il suffît de piquer avec le tube trois des vaisseaux dorsauK du métacarpe, un à la racine du pouce, un autre dans le second, le dernier dans le quatrième espace interosseux,

en haut et en avant le bord interne de Tavant-bras , se placent supérieurement à la partie antérieure de cette région , reçoivent, en montant, un certain nombre de vaisseaux peu développés qui viennent de la face antérieure de la main , du poignet et de l’avant-bras , croisent le pli du coude en avant de Tépitrochlée, et se réunissent avec les précédons.

Un peu au-dessus du pli du coude, les vaisseaux lymphatiques superficiels du membre thoracique se partagent en deux faisceaux , l’un interne , l’autre externe et antérieur ; le premier beaucoup plus fourni que le second ; tous les deux réunis en arrière du bras , au moyen de branches qui montent obliquement de dehors en dedans.

Le faisceau externe , formé de vaisseaux très gros , monte en dehors du biceps, jusqu’au tendon du muscle deltoïde et se partage en trois faisceaux secondaires qui affectent trois directions différentes: certains vaisseaux, en effet, au nombre de trois ou quatre, croisent obliquement en dedans la face antérieure du biceps, pour aller se jeter dans les premiers ganglions axillaires; d’autres, plus rares, remonlent dans la gaine de la veine céphalique, entre les muscles deltoïde et grand pectoral, parviennent sous la clavicule, traversent le petit ganglion sous-claviculaire et sortent delà pour aller concourir à former le tronc commun des vaisseaux lymphatiques du membre thoracique ; d’autres enfin , se glissent le long du bord postérieur du deltoïde , en arrière des muscles grand dorsal et grand rond , parviennent au bord axillaire du scapulum , s’insinuent d’arrière en avant entre les muscles petit et grand ronds , puis entre celui-ci et le sous-scapulaire, etse terminent dans la série des ganglions axillaires postérieurs.

Le faisceau interne;, beaucoup plus fourni de vaisseaux que l’externe remonte à la partie interne du bras recevant , (diemin faisant , quelques uns des vaisseaux externes qui croisent obliquement en arrière la direction du triceps , arrive à l’aisselle et se jvtte dans les ganglions les plus inférieurs de celte région. Quelques-uns des vaisseaux de ce faisceau traversent les petits ganglions sus-épitrochléens et en sortent plus gros et moins nombreux ; deux ordinairement s’engagent dans la gaine de la veine basilique , puis parvenus à sa partie supé-

DES ORGA^iES CIRCULATOIRES. 56;

rieure. se dirigent en en ière eî gagnent les ganglions axillaires postérieurs.

V’aisseaux lymphatiques profonds, (i). Les vaisseaux lymphatiques profonds suivent le trajet des artères, depuis la paume de la main jusqu’aux ganglions axillaires. Ils sont très petits à la main et à Favant-bras , traversent les petits ganglions qui occupent ordinairement le creux du coude, s’accolent à l’artère brachiale, communiquent avec les vaisseaux superficiels, traversent les ganglions brachiaux et se rendent ensuite vers ceux de l'aisselle. Quelques-uns viennent directement des parties profondes des fosses sous-scapulaire et sous-ëpineuse , et se rendent dans les ganglions axillaires postérieurs , les derniers en suivant le trajet de l’artère scapulaire commune.

Tronc commun des vaisseaux lymphatiques des membres tho^ raciques. Après avoir traversé la série des divers ganglions de l’aisselle , les vaisseaux lymphatiques du membre thoracique diminuent beaucoup en nombre, mais augmentent graduellement de volume , et ne tardent pas à se réunir en un ou deux gros troncs qui remontent au-devant de la veine axillaire , passent sous la clavicule et se terminent dans la veine précédente, tantôt directement, tantôt après s’être réunis à la fin du canal thoracique h gauche, de la grande veine lymphatique à droite , et tantôt à la fois de l’une et de l’autre façon.

ARTICLE SECOND

Système lymphatique des membres pelviens.

§ Ganglions lymphatiques.

On trouve des ganglions lymphatiques dans le membre pelvien , à la jambe , dans le jarret et dans l’aine.

A la jambe , un petit ganglion , quelquefois double , comme Meckel l’a vu , est placé en avant, sur la partie inférieure du ligament interosseux, et a reçu le nom de tibial antérieur ; mais il manque quelquefois.

Les ganglions poplités varient de trois à cinq. Ils sont peu,

( 1 ) Pour les injecter, cherchez les petits vaisseaux qui accompagnent îe» artère» radiale et cubitale au poignet.

volumineux , et placés sur le trajet des vaisseaux et nerfs de cette région. Un d’eux, plus superficiel que les autres, n’est séparé de la peau que par une lame aponévrolique mince , et reçoit plusieurs des vaisseaux lymphatiques qui accompagnent îa veine saphène externe. Les autres sont accolés aux vaisseaux poplités.

Les ganglions inguinaux sont plus gros, plus nombreux et plus importans que tous les autres. Ils occupent l’espace inguinal et se continuent supérieurement avec la chaîne des ganglions iliaques. On les distingue en superficiels et en profonds. Les uns, effectivement, sont placés en dehors du canal crural, au-devant de sa paroi antérieure , tandis que les autres occupent ce canal lui-même. Un de ces derniers, placé en dedans de la veine fémorale, se trouve à l’orifice supérieur du canal crural, près du bord concave du ligament de Gimbernat.

§ 2. aisseaux Ij^mphaliques des membres pelviens.

Les vaisseaux lymphatiques des membres pelviens sont disposés à peu près comme ceux des membres thoraciques. On les distingue en superf ciels et en profonds, tous réunis ensemble, au-dessus de l’aine, en un ou deux gros troncs.

V aisseaux Ifmphatkpies superf ciels (i). Les vaisseaux lymphatiques superficiels sont disposés comme les veines sapliènes, et suivent à peu près le même trajet.

Us conimeneent sur la face inférieure des orteils et à la plante

du pied par des radicules très fines, et se dirigent vers la lace

dorsale de ces parties en passant obliquement sur leurs bords

externe et interne. Au niveau du métatarse ils forment auatre

ou cinq troncs placés au-dessus des tendons extenseurs, se divisent, se réunissent ensuite, et forment sur le tarse un plexus qui se sépare au niveau de rarticiilation tibio-tarsîenne en deux faisceaux qui accompagnent les deux veines saphènes.

Le faisceau interne le plus fourni en vaisseaux, passe en avant et en dedans de la malléole interne, et recouvre la partie

(i) Pour les injecter il faut piquer avec le tube les troncs qui recouvrent le dos du métatarse, ou aller les chercher en avant de la malléole intern et en arrière de rexterne.

interne et antérieure de la jp.inbe. Parvenu au-dessous du genou, il devient tout-à-fait interne et même un peu poste'rieur; ceux de ses rameaux qui étaient primitivement antérieurs se dirigent obliquement en dehors, et se serrent contre les autres et contre la veine saphènehnterne. Au-dessus du genou, ils se réfléchissent comme la saphène, d’arrière en avant, glissent audevant du muscle couturier, gagnent ainsi le pli de Paine, et se jettent dans les ganglions les plus superficiels et les plus inférieurs de cette région.

Le faisceau externe, formé de vaisseaux peu nombreux et assez gros, passe derrière la malléole externe avec la veine saphène correspondante, communique en dedans et en dehors avec le faisceau précédent, et se place dans la gaine de la veine saphène externe à la partie postérieure de la jambe. Parvenus au creux du jarret, les vaisseaux c|ui forment ce faisceau se jettent dans les ganglions superficiels de cette région , et envoient seulement quelques rameaux en haut et en dedans vers le faisceau précédent.

V aisseaux lymphatiques profonds (1). Les vaisseaux lymphatiques profonds du membre pelvien suivent tout-à-fait le trajet des artères. Ils naissent à la plante du pied, s’accolent en petit nombre aux artères plantaire et pédieuse et gagnent les deux faces de la jambe. Un ou deux accompagnent l’artère tibiale antérieure, traversent le ganglion tibial antérieur, passent à travers le trou supérieur du ligament intevosseux et se jettent dans les ganglions poplités profonds. Un ou deux accompagnent les artères tibiale postérieure et péronière, gagnent tlirectement le creux poplité et parviennent à ses ganglions.

Au-delà du creux poplité, les vaisseaux lymphaticjues profonds des membres pelviens, devenus plus gros et réduits ordinairement à deux troncs, entourent de leurs flexuosités la veine fémorale, se portent avec elle vers le canal crural et se rendent dans les ganglions inguinaux profonds. Ils ne cominunicjuent guère c{u au coude-pied, dans le jarret et à la partie supérieure de la cuisse avec les vaisseaux superficiels.

Les ganglions inguinaux ne sont pas seulement traversés par

f Pour les injecter il faut les chercher sur le trajet des artères pédieutibiale postérieure.

les vaisseaux lyiiiphatiques des membres pelviens, ils reçoivent encore, comme on le verra pins loin, tous ceux qui viennent des parties superficielles de la fesse, de la portion sous-ombilicale des lombes et des parois antérieure et latérale de Tabdomen, des régions sacrée, fessière, périnéale et des organes génitaux.

Tronc commun des 'vaisseaux lymphatiques du membre pelvien. En traversant les ganglions inguinaux , les vaisseaux lymphatiques du membre pelvien diminuent en nombre, augmentent de volume, et se réunissent en un ou deux gros troncs qui suivent les vaisseaux iliaques externes, envoient latéralement des rameaux qui traversent les ganglions voisins, en reçoivent d^autres plus volumineux, et se jettent dans les ganglions lom* baires,

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