CHAPITRE SECOND
Système lymphatique du tronc.
Le système lymphatique du tronc doit être étudié séparément dans V abdomen.^ dans la poitrine et dans 7a tete et le col,
ARTICLE PREMIER
Système lymphatique de V abdomen.
§ I . Ganglions lymphatiques .
Aucune partie du corps ne peut être comparée à Labdomen sous le rapport du nombre et du volume de ses ganglions. On les distingue en pelviens et en sus-peUnens ou abdominaux proprement dits.
Ganglions pelviens. Ces ganglions occupent le petit et le grand bassin, et sont désignés par les noms plus spéciaux àdiypogastriques et iliaques externes.
Les ganglions hypogastriques sont placés dans le petit bassin , les uns dans le mésorectum, les autres sur le trajet de l’artère hypogastrique, et chez la femme dans les ligamens larges. Ils sont continus les uns aux autres, et supérieurement ils se réunissent à la chaîne des ganglions iliaques externes.
Les ganglions iliaques externes,, au nombre de six à dix environ, sont situés sur le trajet des vaisseaux iliaques externes et
primitifs et forment une cliaîne continue, d^une part, avec ceHe des ganglions inguinaux, et d'autre part, avec les ganglions hypogastriques et lombaires.
Ganglions siis-peluiens ou abdominaux proprement dits. Ces ganglions sont beaucoup plus nombreux et beaucoup plus de'veloppés que les prëcédens. Ils forment au-devant de la colonne vertébrale une masse considérable de laquelle ils irradient dans toutes les directions, vers le mésentère, les mésocolons et les épiploons. On les distingue en lombaires ^ mésentériques y mésocoliques y gastro-épiploïques y hépatiques et spléniques.
Les ganglions lombaires sont très nombreux et très gros. Ils reposent au-devant de la région lombaire de l'épine, sur l'aorte, la veine cave inférieure, les piliers du diaphragme, autour du pancréas, et répondent à la racine du mésentère. Ils sont liés inférieurement à la chaîne des ganglions iliaques externes; tandis que supérieurement ils ont des relations directes avec l'origine du canal thoracique.
Les ganglions mésentériques occupent le mésentère, comme leur nom l'indique. Leur nombre est presque incalculable. Leur volume va croissant vers la racine du mésentère. Un d'eux, placé au centre de ce repli, présente un développement plus considérable que les autres, et a reçu le nom de pancréas d’ A sein.
Les ganglions mésocoliques y beaucoup moins nombreux et moins gros que lus précédens, sont placés dans les mésocolons, et plus ou moins rapprochés du bord concave du gros intestin.
ganglions gastro-épiploïques soni rangés dans les épiploons gastro-hépatique et colique, le long des deux courbures de l'estomac, et sont particulièrement destinés aux vaisseaux lymphatiques de ce viscère.
Les ganglions hépatiques sont placés autour des vaisseaux sousbépatiques , dans le bord droit de l’épiploon gastro-hépatique.
Les ganglions spléniques occupent l’épiploon gastro-splénic[ue, et font suite à ceux des ganglions lombaires qui entourent le pancréas.
§ 2. V aisseaux lympha tiques de V abdomen.
Les vaisseaux lymphatiques de Tabdomen se divisent nalurellement en ceux des parois et en ceux des organes de cette cavité.
V aisseaux lymphatiques des parois abdominales ,
Ces vaisseaux sont distingues en superficiels et en profonds. Parmi les premiers, ceux qui sont sous-ombilicaux se rendent dans les ganglions inguinaux ; tandis que ceux qui sont sus-ombilicaux convergent vers les ganglions axillaires.
Les vaisseaux lymphatiques profonds des parois abdominales suivent exactement le trajet des artères, et se rendent dans les ganglions hypogastriques, iliaques externes ou lombaires. Ceux des parois pelviennes suivent les artères fessières , sciatiques, honteuses internes, obturatrices, iléo-lombaires, sacrées latérales et se rendent dans les ganglions hypogastriques. Ceux des parois antérieure, latérales et postérieure de l’abdomen, accompagnent les artères épigastriques, circonflexes iliaques, lombaires, et se rendent dans les ganglions iliaques externes et lombaires.
Les organes génitaux extérieurs, engagés dans la paroi inférieure ou périnéale de l’abdomen, ont des vaisseaux lymphatiques c]ui se confondent avec ceux de cette paroi. Yiennentils de la partie superficielle des bourses et de la verge, de la membrane muqueuse du gland et de la partie antérieure de l’urètre chez riiomme , de la partie superficielle des lèvres de la vulve, des nymphes, du vestibule et du clitoris chez la femme, ils se lendent dans les ganglions inguinaux les plus internes j mais au contraire , naissent-ils dans la profondeur de ces parties (i), ils suivent leurs arteres et se rendent dans les ganglions hypogastriques.
Vaisseaux lymphatiques des organes contenus dans V abdomen.
Les vaisseaux lymphatiques de la cavité abdominale sont distingués en pelviens et abdominaux proprenicnts dits.
(x) Le corps caverneux de la verge ou du clitoris n’a pas de vaisseaux lymphatiques profonds; son tissu est entièrement veineux comme on l’a vu.
1° Les vaisseaux lympliatiques pelviens sont 'vésicaux , vaginaux , utérins et héniorrhoïdaux .
Les vaisseaux lymphatiques vésicaux naissent de tous les points de la vessie, se réunissent à ceux de la prostate et des vésicules séminales chez, l’homme , et se rendent dans les ganglions hypogastriques.
Les vaisseaux lymphatiques vaginaux se réunissent en partie aux précédens, en partie à ceux qui naissent du col de l’utérus, et gagnent les ganglions pelviens,
Les vaisseaux lymphatiques utérins sont très développés dans Tétât ordinaire , et le deviennent surtout pendant la grossesse. Ils forment deux couches, une superficielle, sous-péritonéale, et une profonde, qui occupe l’épaisseur des parois de Tutérus. Les vaisseaux lymphatiques du col de l’utérus vont se réunir avec ceux du vagin, comme je l’ai déjà dit ; ceux du corps de cet organe remontent dans les hgamens larges, s’associent aux vaisseaux lymphatiques du ligament rond, de la trompe et de l’ovaire, et se rendent dans les ganglions lombaires, en formant dans leur trajet un plexus très serré.
Les vaisseaux lymphatiques hémorriioïdaux sont très nombreux. Les plus inférieurs se rendent vers les ganglions hypogastriques; les plus élevés s’associent à ceux de Tutérus, des ovaires, et se jettent dans les ganglions lombaires.
2^ Les vaisseaux lymphatiques sus-pelviens ou abdominaux proprement dits sont distingués en testiculaires, rénaux, intestinaux, gastro-épiploïques, spléniques, pancréatiques et hépatiques.
Les vaisseaux lymphatiques testiculaires n’appartiennent à la cavité abdominale que par leur partie supérieure chez Tadulte. Mais chez le fœtus il en est autrement; car le testicule est alors placé tout entier dans l’abdomen, comme on Ta vu.
Ces vaisseaux forment deux plans, un superficiel et un autre profond. Le premier, place en dehors de Talbuginée, y représente, une sorte de tunique particulière que Panizza a surtout démontrée par ses belles injections. Le second est constitué par les vaisseaux qui sortent de Tîntérieur même de l’organe. Tous remontent dans le centre du cordon en formant un plexus, traversent le canal inguinal, suivent les vaisseaux sanguins du testicule, et se jettent dans les ganglions lombaires à la hauteur des reins.
5^4 xiNATOMlE
Les vaisseaux lymphatiques rénaux forment deux plans , un superficiel et l’autre profond. Ils s’associent à ceux des capsules surrénales et à quelques autres qui naissent du tissu adipeux voisin , et se rendent dans les ganglions lombaires.
Les vaisseaux lymphatiques intestinaux forment deux classes distinctes , suivant qu’ils appartiennent au gros intestin ou à l’intestin grêle.
Les vaisseaux lymphatiques du gros intestin sont beaucoup moins nombreux que ceux de l'intestin grêle. Ils se rendent dans les ganglions qui occupent les replis péritonéaux particuliers à chacune des portions de cet intestin.
Les vaisseaux lymphatiques de l’intestin grêle sont très nombreux. Mascagni en distingue de deux espèces, les uns véritables lymphatiques ordinaires, les autres destinés à charrier le chyle et appele's chylifères ou lactés^ pour cette raison. Les premiers naissent à la fois de la surface extérieure et de la surface interne de Finlestin, et marchent d’abord parallèlement à celui-ci. Les seconds commencent sur les villosités de la membrane muqueuse par des ouvertures que j’ai précédemment signalées (i), et se dirigent aussitôt perpendiculairement à l’axe de l’intestin.
Quoi qu’il en soit , les uns et les autres se rendent vers les ganglions mésentériques, et vont ensuite concourir à former le canal thoracique (a).
Les vaisseaux lymphatiques gastro - épiploïques viennent y comme leur nom l’indique , des épiploons à la fois et de l’estomac , et se rendent dans les ganglions de même nom. Ceux du second organe, plus importans cjue les autres , forment un réseau superficiel et un autre profond , se dirigent en divergeant d’une manière radiée vers les ganglions des épiploons gastrocolique, gastro-hépatique et gastro-splénique, et les traversent avant d’arriver au canal thoracique.
(1) Voyez tome 2 page 182.
(2) On ne saurait mieux faire, pour voir les vaisseaux chylifères, que de sacrifier un chien pendant la digestion. Il e.t d^ailleurs facile, dans cette expérience, de constater que ces vaisseaux communiquent avec les veines dans les ganglions mésentériques ; en etfet la ligature du canal thoracique ne les empêche pas de se vider du chyle qu’ils contiennent ; ce phénomène n’est que ralenti dans sa marche par la ligatture en question.
DES ORGANES CIRCULATOIRES. AjS
Les vaisseaux lymphatiques spléniques sont tovis superfi • ciels; le tissu intérieur de la rate est presque exclusivement forme' par des veines. Ils se rendent dans les ganglions voisins de la scissure de cet organe.
Les vaisseaux lymphatiques pancréatiques sont très nombreux, et se rendent dans les ganglions qui entourent de toutes parts le pancréas.
Les vaisseaux lymphatiques hépatiques sont e'galement très nombreux ; on les distingue en superficiels et en profonds.
Les vaisseaux lympbatiques superficiels du foie appartiennent à sa face convexe ou à sa face concave.
Les vaisseaux lymphatiques de la face convexe du foie sont les plus nombreux et les plus gros ; le ligament suspenseur sépare nettement les uns des autres ceux des lobes droit et gauche. Presque tous, les plus gros surtout, se dirigent plus ou moins obliquement d’avant en arrière , vers le bord postérieur de l’organe ; quelques-uns cependant se portent d’arrière en avant , vers son bord tranchant. Lci plupart de ceux qui gagnent le bord postérieur du foie traversent les piliers du diaphragme et se jettent dans les ganglions intercostaux , dans ceux du médiastin ou même directement dans le canal thoracique ; quelques-uns seulement , appartiennent aux ganglions voisins de la veine cave et du pilier droit du diaphragme. Ceux qui se dirigent vers le bord ante'rieurdufoie, se comportent de deux manières différentes: les uns s’accolent au ligament suspenseur , traversent le diaphragme près de son bord antérieur , et se rendent derrière l’appendice xiphoïde dans les ganglions les plus antérieurs du médiastin; les autres se recourbent sur le bord tranchant du foie , glissent sur la face concave de cet organe jusqu’au sillon transverse, et se jettent dans les ganglions sous-hépatiques.
Les vaisseaux lymphatiques de la face concave du foie, distingués en hépatiques et en vésiculaires, se dirigent tous d’avant en arrière. Les premiers se rendent dans les ganglions lombaires supérieurs. Les seconds forment un réseau très beau autour de la vésicule biliaire , et se rendent dans les ganglions qui entourent la deuxième portion du duodénum.
Les vaisseaux lymphatiques profonds du foie naissent dans le tissu même de cet organe , accompagnent les vaisseaux sous-
hépatiques , enveloppés comme eux par la capsule de Glisson , se dégagent par la scissuie transverse et se rendent dans les ganglions hépatiques proprement dits.
ARTICLE SECOND
Système lymphatique de la poitrine.
i®*" Ganglions.
Les ganglions de la poitrine sont très nombreux et appartiennent aux parois ou à l’inteaieur de cette cavité.
Ganglions des parois thoraciques. Ces ganglions sont très petits et forment plusieurs séries; les uns occupent les espaces intercostaux au niveau des vaisseaux de ce nom , les autres suivent le trajet des artères mammaires internes.
Ganglions de Viaièrieur de la poitrine. Tous ces ganglions , beaucoup plus gros et plus nombreux que les précédens, occupent le médiastin ; mais on les distingue en médiastins proprement dits, et en bronchiques ou pulmonaires ^
Les ganglions médiastins sont antérieurs ou postérieurs. Les premiers , peu nombreux, se trouvent au-devant du péricarde, sur le trajet des vaisseaux diaphragmatiques supérieurs, autour de la veine cave supérieure et de la partie ascendante de l’aorte. Les seconds , beaucoup plus abondans, entourent Teesophage , l’aorte , la veine azygos , le canal thoracique , et font suite latéralement aux ganglions intercostaux.
Les ganglions bronchiques ou pulmonaires sont placés autour de la trachée et des bronches, et jusque dans l’épaisseur meme du poumon. Leur nombre est presque incalculable. Leur volume va en diminuant à mesure cju’ils pénètrent dans les poumons ; les plus gros occupent l’espace lozangic|ue circonscrit par les deux premières bronches, et par les deux branches de l’artère pulmonaire. Blancs chez l’enfant, ils acquièrent, chez l’adulte et surtout chez le vieillard, une couleur noire de bistre très prononcée.
^ y aisseaux lymphatiques de la poitrine.
Comme les ganglions de la poitrine, les vaisseaux lymphatiques de cette importante partie du tronc appartiennent à ses parois ou à sa cavité.
V aisseaux lymphatiques des parois thoraciques.
Les vaisseaux lymphatiques des parois de la poitrine sont superficiels et profonds.
Les vaisseaux lymphatiques superficiels , parmi lesquels on doit compter ceux des mamelles, vont se rendre dans les ganglions axillaires. Ceux de ia partie antérieure de la poitrine glissent en avant du muscle grand pectoral ou le long de son bord externe, et gagnent les ganglions axillaires antérieurs; quelquesuns seulement se recourbent sur les clavicules et se jettent dans les ganglions cervicaux. Ceux de la région dorsale glissent sur le trapèze et sur le grand dorsal , s’associent aux vaisseaux lymphatiques superficiels de l’épaule, contournent le bord postérieur de l’aisselle , et atteignent les ganglions postérieurs de cette cavité.
Les vaisseaux ifmphatiques de la mamelle, en particulier , sont distingués en superficiels et en profonds. Ils vont presque tous se terminer dans les ganglions axillaires antérieurs. Quelques-uns cependant des plus profonds communiquent avec les ganglions intercostaux voisins, et avec ceux qui suivent l’artère mammaire interne (1).
Les vaisseaux lymphatiques profonds des parois de la poitrine suivent le trajet des vaisseaux intercostaux et mammaires internes , et se rendent dans les ganglions cjui les accompagnent. Quelques-uns viennent de la partie profonde de la paroi abdominale , en suivant la branche verticale de l'artère mammaire interne. Ceux du diaphragme se rendent, partie dans les ganglions intercostaux , et partie dans les ganglions sous-sternaux ou médiastins antérieurs. ,
V aisseaux lymphatiques inlérleurs de la poitrine.
Les vaisseaux lymphatiques intérieurs de la poitrine appartiennent aux poumons et aux organes renfermés dans le mé*
(1) Plus d’une fois les engorgemens de ces ganglions, ignorés des chirurgiens, ont été la cause de la repullulation de cancers du sein, dont PablatiüQ avait paru bien complète.
57S AISATOMIE
diastin. Le canal thoracique traverse, en outre, cette cavité de haut en bas, comme ou Fa déjà vu.
V aisseaux Ifmphatiqnes pulmonaires. Les vaisseaux lymphatiques des poumons sont fort nombreux et divisés en superficiels et en profonds. . .
Les superficiels (i) forment sous la plèvre un réseau compii»que, dont les rameaux suivent les interstices lobulaires du poumon, et circonscrivent des aréoles polygonales, lis offrent des dilatations remarquables dans leur trajet, communiquent souvent avec les profonds et se terminent , partie en se continuant avec ceux-ci , partie en se rendant vers la face interne du poumon, dans les ganglions bronchiques.
Les profonds naissent des cellules pulmonaires, s’accolent aux bronches, et gagnent les ganglions placés à la racine des poumons.
Au delà des ganglions bronchiques , les vaisseaux lymphatiques pulmonaires se glissent sur les côtés de la trachée , traversent encore quelques ganglions voisins, et se terminent, à gauche dans le canal thoracique près de .sa terminaison, à droite d^ns la grande veine lymphatique. Peu d’entre eux se rendent dans le canal thoracique à l’intérieur de la poitrine.
aisseaux lymphatiques du médiasiin. Ces vaisseaux appartiennent au cœur, au thymus , à l’œsophage et à l’aorte.
Les vaisseaux lymphatiques du cœur sont distingués en superficiels et en profonds; les premiers sont séreux, les seconds naissent dans la substance même de l’organe et à la surface de ses cavités intérieures. Tous s’accolent aux vaisseaux sanguins , se rendent aux ganglions bronchiques et de là , pour la plupart, dans le canal thoracique. Quelques-uns seulement traversent les ganglions placés au-devant de la crosse de l’aorte.
Les vaisseaux lymphatiques du thymus et du péricarde se rendent aux ganglions mammaires internes ; tandis que ceux de l’œsophage et de Taorte gagnent le canal thoracique, après avoir traversé les ganglions qui l’entourent.
(1) On les trouve quelquefois injectés par <]u pus ou par d’autres produits anormaux»
DES ORGAINES CIRCULATOIRES.
ARTICLE TROISIEME
Système lymphatique de la tête et du col.
§ Ganglions.
Le col est très abondamment pourvu de ganglions lymphatiques placés sur les parties latérales de cette grande et importante région, suivant le trajet des vaisseaux carotidiens et jugulaires. Ces ganglions forment une série non interrompue, depuis le thorax jusqu’à l’oreille, et font suite inférieurement aux ganglions du médiastin et de l’aisselle. Ils sont distingués en superficiels et en profonds; les premiers, peu nombreux^, placés entre les muscles peaucier et sterno-mastoïdien, sur le trajet de la veine jugulaire externe ; les seconds, très abondans, au contraire, et sous-jacens au sterno-mastoïdien.
Inférieurement, les ganglions cervicaux se partagent entre les
régions sous-hyoïdienne, carotidienne et sus-claviculaire. Les
ganglions sous —hyoïdiens ou trachéaux.^ sont placés autour de la
trachee, au-dessous des trois lames de l’aponévrose cervicale; un
ou deux très petits occupent seulement l’intervalle des feuillets
superficiel et moyen de cette lame fibreuse. Les ganglions sus-
clanculairés appartiennent à l’espace triangulaire circonscrit
par la clavicule et par les muscles trapèze et sternc-masioïdien;
presque tous sont sous-jacens à l’aponévrose cervicale et placés
autour des veines de cette région.
Supérieurement , les ganglions cervicaux se partagent en quatre séries secondaires ; les uns^ ganglions sous-maxillaires , s’étendent dans la région sus-hyoïdienne , le long de la base de la mâchoire , autour de la glande salivaire sous maxillaire ; les autres, ganglions parotidiens, se placent plus ou moins supei ficieiiement , au oevant de 1 oreille, dans la région parotidienne ; ceux-ci , ganglions mastoïdiens , gagnent la partie postérieure de l’oreille et la région mastoïdienne ; ceux-là, carotidiens, peu nombreux, s engagent entre le pharynx, la glande parotide et la colonne vertébrale, et suivent l’artère carotide interne jusqu’à la base du crâne.
La tête, à proprement parler, n’a de ganglions lymphatiques
58o ANATOMIE
que ceux qui occupent la région mastoïdienne; comme on vient de le voir , l’intérieur du crâne en est absolument de-
pourvu.
§ 7.'^^ Vaisseaux lymphatiques de la tête et du col,
I® Vaisseaux lymphatiques de la tete.
Les vaisseaux lymphatiques de la tête appartiennent au crâne et à la face.
Vaisseaux lymphatiques crâniens. Le crâne abonde en vaisseaux lymphatiques à l’extérieur , tandis qu’il en présente très
peu à l’intérieur.
Les vaisseaux lymphatiques superficiels ou extérieurs du crâne, naissent vers le sommet de cette partie , l embrassent d un vaste réseau sous-cutané, et se partagent en trois faisceaux distincts : un frontal , un autre temporal et un dernier occipital. Le faisceau frontal suit la veine préparale , descend à la face, accompagne la veine haciale et gagne les ganglions sous-maxillaires. Le faisceau temporal accompagne l’artère de ce nom et se rend dans les ganglions parotidiens. Le faisceau occipital suit le trajet de l’artère auriculaire postérieure et se jette dans les ganglions mastoïdiens. Quelques rameaux de ce dernier suivent aussi l’artère occipitale , et gagnent les ganglions cervicaux profonds. I
La petitesse et le nombre peu considérable des ganglions lymphatiques voisins de la base du crâne, sont la pieuve théorique la meilleure qu’on puisse fournir du peu de développement du système lymphatique intérieur du crâne. En effet , malgré les travaux de Kuisch , de Mascagni et de M. Fohmann sur ce sujet , il paraît aujourd’hui démontré que l’encéphale est dépourvu de vaisseaux lymphatiques. Les méningés seules en ont quelques-uns, qui se rassemblent en un petit faisceau qui traverse le trou sphéno-épineux, et qui va se terminer dans les ganglions cervicaux les plus élevés et les plus profonds.
y aisseaux lymphatiques faciaux. On les distingue en superficiels et en profonds ; les premiers , très nombreux, forment plusieurs troncs qui suivent le trajet de la veine faciale et se
rendent dans les ganglions sous-maxillaives , ou se portent en arrière et gagnent les ganglions parotidiens. TjCS seconds^ beaucoup moins bien connus et distingues en ^gomatiques, buccaux et linguaux^ se rendent dans les ganglions parotidiens et sous-maxillaires. Les vaisseaux lymphatiques delà pituitaire et de l’œil sont encore ignorés.
2® Vaisseaux lymphatiques du col.
Les vaisseaux lymphatiques du col doivent etre distingues en postérieurs et en anterieurs.
Les vaisseaux lymphatiques postérieurs ou de la nuque^ sont beaucoup moins nombreux que les autres. Les superficiels descendent vers le dos et se rendent dans les ganglions axillaires. Les profonds accompagnent les artères cervicales profondes et transverses , et gagnent les ganglions sus-claviculaires.
Les vaisseaux lymphatiques antérieurs sont remarquables par leur nombre et leur développement. Ils émanent principalement du pharynx , de rœsopbage , du larynx , du corps thyroïde et des organes voisins , se rendent dans les ganglions latéraux du col, et en sortent ensuite pour se jeter, à gauche dans le canal thoracique au niveau de sa courbure ^ a droite dans la grande veine lymphatique de ce côté.
AKATOMIl'i
APPENDICE
Nerfs ou cordons nerveux.
Les nerfs ou cordons nerveux, sont les prolongernens à l’aide desquels le système nerveux central, l’axe cérébro-spinal, établit ses relations avec le reste de l’organisme.
Il existe deux classes de nerfs, comme je l’ai déjà dit(i): les uns qui émanent directement de l’axe cérébro-spinal; les autres, qui n’ont avec lui que des relations éloignées, et par l’intermédiaire des premiers ; ceux-ci , appelés nar Bichat nerfs de la vie animale ; ceux-là , nommés nerfs de la vie organique.